Agra Business | LCA, taxe poids lourds, USA, Bonduelle, Unigrains/Ñaming

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Séparation vente/conseil: les coops veulent une loi «compétitivité et transitions», après la LOA

À l'occasion de son entrevue avec la nouvelle ministre de l'Agriculture Annie Genevard, le 7 octobre, le président de la Coopération agricole (LCA), Dominique Chargé, lui a demandé de travailler, dans la foulée de l'examen de la loi d'orientation agricole (LOA) – qui devrait reprendre au Sénat en janvier – à une loi dédiée à «la compétitivité et aux transitions». Ce texte aborderait notamment les questions de la séparation de la vente et du conseil sur les pesticides, mais aussi «le renforcement économique de la production», notamment par une incitation à la contractualisation, explique Dominique Chargé. Une proposition qui fait écho à celle du sénateur Les Républicains, Laurent Duplomb, qui plaide pour une loi sur «les entraves», incluant la suppression de la séparation de la vente et du conseil, mais aussi la réautorisation de l'acétamipride – il souhaite toutefois qu'elle soit adoptée avant la LOA, et aura l'occasion d'en faire part à la ministre lors d'un débat ce 8 octobre au Sénat sur la «crise agricole». Charge au personnel politique de se mettre d'accord, indique le président de LCA, qui répète son objectif du moment: faire en sorte que la Ferme France produise ce que les Français mangent, notamment les produits bon marché. Il décrit une ministre souhaitant «engranger rapidement les avancées de la LOA, et passer à d'autres sujets». Le vice-président de Terrena a par ailleurs souligné les difficultés rencontrées par les coopératives à la suite des problèmes sanitaires en cours, à la mauvaise moisson et à la crise viticole.

Transport: en Alsace, opération escargot contre un projet de taxe poids lourds

Plusieurs dizaines de routiers ont mené le 7 octobre une opération escargot pour protester contre le projet de taxe poids lourds R-Pass que l'Alsace souhaite instaurer à partir de 2027 afin de faire baisser le trafic sur la principale autoroute du secteur, rapporte l'AFP. Dans leur viseur, la taxe poids lourds sur laquelle la Collectivité européenne d'Alsace (fusion des conseils départementaux du Bas-Rhin et du Haut-Rhin), doit se prononcer le 21 octobre: un péage que devront payer les camions (à partir de 3,5 t) en fonction de la distance parcourue sur certains axes, et qui devrait rapporter 64 M€ par an. Selon le Collectif pour la compétitivité de l'économie alsacienne, «ce ne sont pas seulement les transporteurs qui s'opposent fermement à cette mesure, mais bien l'ensemble des filières économiques». «Le monde de l’agroalimentaire pourra difficilement répercuter cette charge», abondent la FDSEA et les JA du Bas-Rhin, parties prenantes de la manifestation avec l’AVA (viticulteurs) et LCA (coopératives). «Dans ces conditions, les perdants tout désignés seront les agriculteurs», alertent les syndicats dans un communiqué le 4 octobre, ajoutant: «Les élus de la CEA (collectivité, NDLR) nous parlent régulièrement de compensation au monde agricole mais sans jamais préciser les processus».

Grève des dockers aux USA: fin du blocage, retour rapide à la normale escompté à New York

L'autorité portuaire de New York-New Jersey, le plus important port de la côte Est des États-Unis et le deuxième du pays en nombre de conteneurs réceptionnés chaque année, s'attend à un retour à la normale en quelques jours après la fin de la grève des dockers, a indiqué le 4 octobre sa directrice. Les trente-six ports gérés par l'USMX (Alliance maritime des États-Unis) étaient bloqués depuis le 1er octobre, tout juste passé minuit, à cause du débrayage de leurs 45 000 salariés adhérents à l'ILA (syndicat des dockers), faute d'accord sur leur nouveau contrat-cadre. Les deux parties ont annoncé le 3 octobre au soir que «dès maintenant, toutes les actions en cours cesseront et tous les postes couverts par le contrat-cadre reprendront». Il faudra simplement «quelques jours» pour un retour à la normale, a-t-elle assuré, en soulignant que les fermetures du port pendant plusieurs jours n'étaient pas inhabituelles (tempêtes hivernales, ouragan Sandy en 2012, attentats du 11-Septembre). Le port gère 400 000 conteneurs par mois, et environ un milliard de dollars en valeur de marchandises par jour. Mme Rooney a par ailleurs indiqué qu'un millier de conteneurs réfrigérés attendaient sur les quais au moment où la grève avait commencé, renfermant des produits alimentaires, des équipements médicaux et photographiques, ou encore des fleurs, du vin et des spiritueux. «Ils sont tous restés branchés. (...) Je ne m'attends pas à une détérioration de ces produits», a signalé Mme Rooney.

Légumes d’industrie: aux États-Unis, Bonduelle sous sa propre marque en 2025

À l'occasion de sa conférence de presse annuelle le 7 octobre, Bonduelle a annoncé introduire sa propre marque sur le marché américain à partir de 2025. «Les États-Unis représentent un chiffre d’affaires de 600 millions. Je ne vois pas de raison pour laquelle Bonduelle ne pourrait pas réussir là où Danone ou Savencia ont réussi», a argumenté Xavier Unkovic, directeur général du groupe. Dans les rayons, cela passera par une évolution de l’offre de salades complètes en bols, passant de la marque Bistro Bowls (acquise en 2017) à Bonduelle à partir de janvier 2025. Le groupe entend développer aussi sa proposition au-delà du frais, avec par exemple des repas végétaux en doypacks (sachets souples). Depuis quelque temps, les activités de Bonduelle sur le marché américain connaissaient des difficultés. En 2022, le groupe nordiste avait engagé une forte évolution de sa stratégie outre-Atlantique. Il avait cédé 65% de ses activités conserves et surgelés en Amérique (Canada et États-Unis), essentiellement tournées vers la MDD, au Fonds de solidarité FTQ et à la Caisse de dépôts et placement du Québec (CDPQ). Sans regret particulier, selon Xavier Unkovic: «Nous ne sommes pas un spécialiste de la MDD. Nous sommes ravis d’en faire, mais nous n’avons aucune volonté de développer ce segment», a -t-il expliqué.

Snacking: Unigrains Iberia investit dans le leader espagnol Ñaming

Ñaming, principal industriel espagnol du sandwich et de l’alimentation nomade, a cédé une part de son capital à Unigrains Iberia, annonce un communiqué commun entre l'entreprise, la filiale ibérique d’Unigrains fondée en 2023 et Dea Capital, l’actionnaire majoritaire. L’opération vise à soutenir l’innovation et le taux de service (efficience à la livraison) de cet industriel de plus de 40 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 350 salariés. Le potentiel de l’entreprise est qualifié de «hautement performant» par Álvaro Hernández, p.-d.g. d’Unigrains Iberia, s’exprimant dans le communiqué; sur le marché espagnol du snacking ayant connu une croissance à deux chiffres ces dernières années, est-il précisé. L’industriel produit dans deux usines des sandwiches et wraps, salades, smoothies, fruits coupés, yoghourts et autres desserts, à raison de plus de 200 000 unités par jour. Il s’apprête à lancer une nouvelle gamme, annonce le communiqué. L’entrée au capital de Ñaming est un premier investissement pour Unigrains Iberia, mais pas pour Dea Capital, qui, à travers le fonds Taste of Italy 2, a aussi investi, depuis son établissement en Espagne en 2019, dans Pizzerías Carlos et Alnut (aliments pour chiens et chats).

Volailles/influenza aviaire: passage imminent en risque «modéré» (professionnels)

Selon plusieurs organisations professionnelles, le niveau de risque IAHP en France passerait de façon imminente du niveau «négligeable» à «modéré». Le contexte épidémiologique incite les autorités à en décider ainsi, notamment la détection dans une basse-cour du Pas-de-Calais «d’une souche influenza dont le génotypage est identique à ce qui peut être retrouvé dans le nord-est de l’Europe», selon un message du GDS de Bretagne à ses adhérents. «Pour l'Anses-LNR, cela pourrait indiquer l'arrivée en France d'oiseaux migrateurs infectés par le virus IAHP», explique la DGAL (ministère) dans un autre courriel envoyé aux organisations professionnelles. L'administration y précise que l’arrêté devrait paraître cette semaine. Le niveau de risque «modéré» implique la mise en œuvre des mesures prévues aux articles 7 à 15 de l'arrêté du 25 septembre 2023, notamment la mise à l'abri des canards de moins de 42 jours en ZRD (zones à risque de diffusion, soit les bassins denses), la mise à l'abri des volailles en ZRP (zones à risque particulier, soit les zones humides) et des mesures cynégétiques (transports/emploi d'appelants, mise en nature de gibier à plumes). La zone littorale Manche-Atlantique fera exception, restant soumise aux mesures prévues en risque «élevé», les pouvoirs publics y ayant mis en place une «zone littorale à protection renforcée» à la mi-septembre.

Œufs: nouvelle progression de la consommation d’œufs d’élevages au sol et en plein air

Les ménages achètent en magasin toujours davantage d’œufs de poules élevées au sol et en plein air, a constaté l’interprofession CNPO en conférence de presse le 3 octobre. Selon Kantar Worldpanel pour FranceAgriMer, les Français ont acheté entre janvier et août 9,3% de plus d’œufs d’élevages au sol (code 2) et 7,7% de plus d’œufs d’élevage en plein air (code 1, hors Label rouge) qu’au cours de la même période en 2023. L'année dernière, les achats d'œufs de poule au sol étaient déjà supérieurs de 22,4% à ceux de 2022 – année affectée par l’influenza aviaire – et ceux issus de poules en plein air de 13,2%. Ces deux catégories ont propulsé de 4,4% les achats d’œufs coquilles des huit premiers mois de l’année 2024. Ce faisant, la part des œufs d’élevages au sol, dans les achats des huit premiers mois, frôle les 20%; celle des œufs d’élevage en plein air (hors Label rouge) atteint 43%. De leur côté, les achats d’œufs bio ne redécollent pas, malmenés par la baisse de pouvoir d’achat et la chute de la production, selon le CNPO. Ils ne représentent plus qu’un œuf sur dix (11,6%), contre 11,9% l’an passé. De même, la part du Label rouge stagne à 5,4% (contre 5,8% en 2023).

Biosourcé: l'industrie alerte sur le risque d'un décrochage face aux États-Unis et à la Chine

Les industriels de la chimie du végétal (ACDV) ont publié, le 7 octobre, un livre blanc, dans lequel ils alertent les pouvoirs publics sur le «risque de décrochage face à la concurrence internationale». Ils y indiquent que l'Europe n'aurait déposé, en 2020, que 18% des brevets biotechnologiques, «loin derrière les États-Unis qui en ont déposé 39%». Ils soulignent également les objectifs (p.ex. «90% des plastiques au biosourcé d’ici vingt ans») et les moyens («plan de 2 milliards de dollars pour stimuler la bioéconomie en 2023») mis en œuvre pour le secteur outre-Atlantique sous l'administration Biden, mais également en Chine, où les investissements y seraient encore supérieurs. Pour éviter que l'écart ne grandisse, les industriels proposent aux pouvoirs publics français de mettre en œuvre un plan de soutien centré autour des mesures suivantes: davantage de soutiens publics, par la fiscalité («pérenniser le crédit impôts recherche», «cadre équitable» avec les importations), les acheteurs publics (objectifs d'achat contraignants), les financeurs publics («aides et prêts à l'innovation pour la pré-industrialisation et l'industrialisation»); et la communication, en introduisant par exemple la mention du biosourcé dans les référentiels existants comme Ecolabel ou NF.

Kiwis: le landais Sikig annonce des rémunérations «records» pour les producteurs

La Société internationale de kiwis des Gaves (Sikig), installée à Saint-Étienne-d’Orthe (Landes), a annoncé des «résultats records» pour ses producteurs de kiwis dans un communiqué du 11 septembre. À l'issue de la saison 2023-2024, leur rémunération atteint ainsi 2,07 €/kg pour les kiwis verts, «permettant de compenser la baisse des rendements et l'augmentation des coûts de production». De leur côté, les producteurs de la variété «Zespri Sungold» bénéficieront d’une rémunération «exceptionnelle» de 2,40 €/kg cette saison. «Nous n’avons jamais rémunéré les producteurs de manière aussi forte au cours des vingt dernières années», souligne l’entreprise landaise au quotidien régional Sud-Ouest (article payant). Désormais, l’entreprise landaise prévoit l’implantation de nouvelles plantations sur plus de 50 ha de kiwis jaunes et verts. L’objectif étant de réduire les coûts, et d’attirer de nouveaux producteurs vers la filière. Dix mois auparavant, Sikig avait annoncé la signature d’un partenariat avec la coopérative Maïsadour pour le développement de la culture du fruit dans le bassin de l’Adour, première zone de production en France (20 000 t par an, 600 ha).

Grandes marques: deux tiers de MPA française dans les produits alimentaires (Ilec)

Les produits alimentaires des adhérents de l’Ilec (grandes marques) sont aux deux tiers constitués de MPA (matières premières agricoles) d'origine française; et, lorsque c'est le cas, elles ont été acquises majoritairement dans le cadre de contrats, selon les premiers résultats d’une étude de l'organisation, présentée le 25 septembre à la Direction générale des entreprises (ministère de l'Économie). Dans le détail, les approvisionnements sont majoritairement français en blé, maïs, légumes et volailles, et très majoritairement en lait et sucre. La contractualisation, souligne l'Ilec, porte sur les deux tiers des approvisionnements des marques en France, une proportion qui monte à 75% et au-delà pour les céréales et le sucre, à 95% pour la volaille et à 100% pour le lait. Elle est en revanche minoritaire pour le porc et le bœuf. Les contrats sont majoritairement pluriannuels dans le lait et la volaille, souligne l’Ilec. Concernant les engagements environnementaux des marques, 87% d’industriels ont mis en place des programmes de formation auprès de leurs fournisseurs «en vue de les accompagner dans l’amélioration de leurs pratiques environnementales».

Vin: dans le Bordelais, une serre expérimentale prépare les vignes du futur

La chambre d’agriculture de Gironde a inauguré, le 4 octobre à Blanquefort, une serre de production de plants hermétique aux insectes visant à «relever les défis actuels de la viticulture face au changement climatique, à la réduction des produits phytosanitaires et à la menace croissante des maladies émergentes». Cet investissement de 2 M€, cofinancé par la région et le Programme d’investissements d’avenir (PIA), poursuit un double objectif de sécurité sanitaire et d’adaptation, selon le communiqué. La serre de 1000 m2 est destinée à produire un matériel végétal indemne de tout parasite, jusqu'à 100 000 greffons et 100 000 porte-greffes annuellement. Elle permettra d’accélérer la mise au point de cépages adaptés aux nouvelles conditions climatiques, ainsi que des variétés résistantes aux maladies telles que le mildiou et l’oïdium. L'installation girondine, dont une petite partie est dévolue au vignoble de cognac, est vouée à être agrandie ou déplacée à l'horizon 2026. Un projet similaire, baptisé Qanopée, a vu le jour près d'Épernay (Marne) avec une serre dédiée aux cépages de Champagne, Bourgogne, Jura et Beaujolais. D'autres sont envisagés dans le Val de Loire et en Occitanie pour faire tourner une page à la viticulture du pays.

Vin: le producteur californien Duckhorn racheté par le fonds Butterfly pour 1,78 Md€ (presse)

Le producteur américain de vin de luxe Duckhorn Portfolio, basé à Saint-Helena (Californie), a annoncé le 7 octobre être en cours de rachat par le fonds de capital-investissement Butterfly Equity. Cette opération représente 1,95 Md$  (1,78 Md€), dont le versement est prévu en numéraire. Approuvée à l'unanimité par le conseil d'administration de Duckhorn, la transaction devrait être «finalisée cet hiver», sous réserve notamment de l'approbation des autorités réglementaires, précise le communiqué de presse. L’entreprise californienne a réalisé un chiffre d’affaires de 405 M$ (369 M€) au cours de l’année fiscale 2024.

Distribution: au Japon, Seven & i s'apprèterait à céder des activités pour résister à Couche-Tard

Le géant japonais de la distribution Seven & i Holdings a grimpé en Bourse le 7 octobre, des médias évoquant son projet de céder plusieurs activités pour se concentrer sur ses supérettes 7-Eleven et compliquer ainsi une potentielle prise de contrôle par son rival canadien Couche-Tard. L'entreprise, qui possède 84 000 supérettes 7-Eleven dans 19 pays, a vu son titre bondir de plus de 3% dans les échanges matinaux à la Bourse de Tokyo, finissant en hausse de 2,55%, à 2250 yens à la mi-journée. Seven & i Holdings est visé par une offre de rachat par le canadien Alimentation Couche-Tard (ACT), auquel il avait demandé début septembre de revoir son offre, la jugeant sous-évaluée. Si l'opération se concrétisait, elle donnerait naissance à un mastodonte mondial de la distribution: aux enseignes de Seven & i s'ajouteraient les 16 700 magasins de Couche-Tard dans 31 pays, qui incluent la marque Circle K. Ce serait aussi la plus grosse acquisition étrangère jamais réalisée d'une entreprise japonaise, évaluée à environ 35 milliards d'euros. Or, selon plusieurs médias, le groupe japonais projette de se défendre activement en cédant des «activités non essentielles» pour se concentrer sur 7-Eleven. Selon le Financial Times, il envisage notamment d'accélérer la cession de ses parts dans sa branche financière Seven Bank, ce qu'indique également la radio japonaise NHK.