Agra Business | Cerea/Demeter, Bayer, Inari, Maïsadour, Syngenta/TraitSeq

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Agtech/foodtech : fusion des sociétés de capital-risque Cerea et Demeter

Après une chute des investissements de capital-risque, notamment en agtech, les sociétés d'investissement Cerea Partners, dans l’agroalimentaire, et Demeter Investment Managers, dans la transition énergétique, l'écologie et l'agriculture, ont annoncé le 13 janvier leur fusion «entre égaux». Cette opération, prévue «au premier semestre 2025», donnera naissance à Demea Invest, d’après un communiqué commun. En 2018, Demeter avait lancé un fonds d’investissement intitulé Agrinnovation, doté de 100 millions d’euros, puis en 2022 le fonds Vitirev dédié à la viticulture, de 72 millions d’euros. Au printemps 2023, elle cherchait à constituer un nouveau fonds dédié à l'agtech et à la foodtech de 200 M€, avait-on appris auprès de l'ancien député LREM Grégory Besson-Moreau, qui avait récemment intégré leurs équipes. Son lancement est finalement reporté à avril prochain, avec une première tranche d'une centaine de millions d'euros pour un montant final de 250 M€. «Les investisseurs sont de retour en 2025», explique à Agra Presse Lionel Cormier (Demeter). Le nouvel ensemble représente 2,8 milliards d’actifs sous gestion, un réseau de 250 investisseurs institutionnels, industriels et family offices, 450 start-up, PME, ETI, projets d’infrastructure accompagnés, et plus de 70 nouveaux investissements réalisés par an. Il ambitionne de doubler ses capitaux sous gestion pour atteindre «plus de 5 milliards d’euros à l’horizon 2030». Déjà présent en France, en Espagne, en Allemagne et au Canada, Demea Invest a l’ambition de poursuivre son expansion en Europe, notamment en Italie et au Royaume-Uni.

Semences/biocarburants: Bayer se lance dans la caméline

Bayer a annoncé l’acquisition de matériel génétique de caméline, ainsi que des actifs de propriété intellectuelle auprès de la société canadienne Smart Earth Camelina Corp. L'objectif avancé par Bayer est d’«étendre sa position de leader mondial sur les marchés des matières premières basées sur la biomasse». L’opération s’inscrit dans une stratégie de diversification du groupe allemand dans le secteur des biocarburants. La caméline, qui sera proposée par Bayer dès 2025, est un oléoprotéagineux qui pousse rapidement (entre 90 et 100 jours) et requiert peu d’intrants et peu d’eau. Elle peut être implantée en automne ou au printemps, et son huile pourrait servir de biocarburant pour l’aviation. Le groupe allemand vient également de signer un protocole d’accord avec Neste, un producteur de carburant renouvelable, pour développer conjointement le canola d’hiver, une variété de colza, dans les grandes plaines du Sud des États-Unis. Bayer estime que la demande du marché en diesel renouvelable et en carburant d'aviation durable pourrait atteindre 150 millions de tonnes en 2040. (Elena Blum)

Semences : l'américain Inari lève 144 M€ pour financer ses activités d'édition génomique (presse)

La start-up états-unienne Inari, spécialisée dans la production de semences à l’aide de la technologie de l’édition génomique, est parvenue à lever 144 millions de dollars (M$) afin de financer ses activités, relate le média AgFunderNews le 7 janvier. Inari travaille essentiellement sur la réduction de l’empreinte carbone des cultures de soja, de maïs et de blé, tout en améliorant leur productivité. Ces fonds seront notamment utilisés pour améliorer l’outil phare d’Inagri, la plateforme dénommée SEEDesign, « qui utilise l’analyse de données pour découvrir de nouvelles voies génétiques et prédire où et comment effectuer des modifications dans l’ADN des plantes pour améliorer leurs performances», détaille l’article. Cristof Traudes, porte-parole d'Inari, a indiqué à AgFunderNews que la plateforme «a le potentiel pour fonctionner avec n’importe quelle culture, dans n’importe quelle zone géographique». Il explique par ailleurs que la société travaille actuellement avec des clients semenciers sur des parcelles de démonstration afin de tester de nouveaux produits.

Coopératives : Sofiprotéol et Crédit Agricole en soutien financier de Maïsadour

Sofiprotéol et le Crédit Agricole (via ses filiales IDIA Capital Investissement et Grand Sud-Ouest Capital) ont annoncé, dans un communiqué commun du 13 janvier, qu'ils allaient investir dans le groupe coopératif Maïsadour. Concrètement, il s’agit «d’un prêt participatif, qui intégrera ses fonds propres», explique Grégoire Coly, directeur participations d’IDIA Capital. Les détails financiers de l’opération n’ont pas été communiqués. La finalité est de soutenir le plan Ambition 2030 de Maïsadour, et «de faire en sorte que le groupe coopératif accélère sur le développement de l’agriculture régénératrice. Les fonds permettront notamment de lancer de nouvelles variétés afin de répondre aux défis climatiques et environnementaux, et de développer des solutions digitales innovantes, afin d’accélérer la recherche dans la sélection variétale», précise Luc Ozanne, directeur associé de Sofiprotéol. Le secteur semencier constitue effectivement une activité clé dans le cadre de l’adaptation au changement climatique, et a été affecté par deux dernières années compliquées en France sur le plan météorologique, rappellent les représentants de Sofiprotéol et de Crédit Agricole. Par conséquent, une partie des fonds servira à financer les activités de la filiale semencière de Maïsadour, MAS Seeds.

Biostimulants: Syngenta s’associe à TraitSeq pour développer des produits grâce à l’IA

Syngenta Crop Protection, leader mondial de la protection des cultures, a annoncé une collaboration stratégique avec TraitSeq, une société spécialisée dans l’intelligence artificielle (IA). Cette alliance vise à développer de nouveaux biostimulants en s’appuyant sur les capacités de TraitSeq en IA avancée et les connaissances de Syngenta sur le fonctionnement biologique des végétaux. Le partenariat s’appuie sur l’identification de biomarqueurs, des indicateurs spécifiques de l’état cellulaire des plantes. Ces biomarqueurs permettent de mieux comprendre les interactions moléculaires complexes qui influencent la capacité des végétaux à s’adapter à des stress abiotiques, comme la sécheresse ou les excès de chaleur, et à optimiser l’utilisation des nutriments présents dans le sol. Grâce à cette approche, Syngenta pourra accélérer l’évaluation de l’efficacité de biostimulants, et faciliter leur développement. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale, illustrée par un partenariat avec la société américaine Enko annoncé en janvier 2024, qui utilise également l’IA pour élaborer de nouveaux herbicides et fongicides. (Elena Blum)

Machinisme: AGCO investit 87 M€ pour une nouvelle plateforme logistique à Amnéville

Le fabricant de matériels agricoles AGCO a annoncé la construction d’un centre de distribution de pièces détachées à Amnéville, en Moselle. Cette plateforme logistique, dont le budget prévisionnel atteint 87 M€, devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année 2026. Le groupe, qui fabrique notamment les tracteurs des marques Massey Ferguson et Fendt, a précisé que la plateforme logistique occupera une surface de 84 000 m² sur un site de 200 000 m². Les employés du site historique d’Ennery, situé à 12 km, seront progressivement transférés vers le nouveau centre de distribution, où ils pourront traiter jusqu’à cinq millions de commandes par an. «Ce nouveau centre joue un rôle essentiel dans le processus de transformation d'AGCO, qui vise à renforcer la fourniture de pièces détachées aux concessionnaires et aux agriculteurs d’Europe et du Moyen-Orient», a déclaré Jena Holtberg-Benge, vice-présidente du service après-vente chez AGCO. L’ensemble de la toiture du futur centre AGCO sera couvert de panneaux photovoltaïques, et le parc manutentionnaire sera entièrement électrifié, a annoncé Philippe Gehl, directeur général d'AGCO en France. Le chiffre d’affaires 2023 d’AGCO s’élève à 14,4 Md€. (Elena Blum)

Fièvre aphteuse : Berlin multiplie les mesures de biosécurité

L'Allemagne multiplie les mesures destinées à stopper toute propagation du virus de la fièvre aphteuse après la détection de 
trois cas vendredi sur des buffles d'eau, craignant également pour les exportations agricoles du pays. Une interdiction du transport d'animaux d'élevage a été prolongée jusqu'à mercredi soir dans la région du Brandenbourg qui entoure Berlin, a annoncé le ministère régional de l'Agriculture. Les bovins, moutons et chèvres seront absents du salon de l'agriculture allemand, la "Grüne Woche", qui s'ouvre vendredi à Berlin. La capitale a fermé ses deux zoos pendant le week-end. «Les marchés d'exportation vont disparaître» si la fièvre aphteuse se propage, a alerté le président du DBV (syndicat agricole majoritaire) Joachim Rukwied dans une interview au journal Rheinische Post. «La vaccination peut être un moyen» et la production de vaccins «mise en place très rapidement», a ajouté le porte-parole, mais ce sont les Länder allemands qui en décident, avec l'aval de la Commission européenne. À l'occasion de son entretien avec François Bayrou le 13 janvier, la Coordination rurale a demandé des mesures pour empêcher la diffusion de la maladie en France ; la ministre de l'Agriculture aurait répondu que le sujet serait abordé lors des Assises du sanitaire, qui doivent débuter en fin de mois.

Egalim 4: pas de projet de loi avant la fin des négociations commerciales

Dans son entretien accordé le 2 janvier au Journal du dimanche, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard avait indiqué que les lois Egalim seraient «complétées au printemps», et n'a pas précisé cette annonce lors de l'entretien des syndicats agricoles avec le Premier ministre le 13 janvier. Il n'en reste pas moins qu'après cette annonce le calendrier d'examen du texte semble différé par rapport aux annonces de la ministre en octobre, qui annonçait un texte «avant avril», pour être effectif avant la fin de l'expérimentation relèvement du seuil de revente à perte de 10 %, qui s'achève au 15 avril. En tous les cas, le texte ne sera pas prêt avant la fin des négociations commerciales, qui s'achèvent au 1er mars. Fin octobre, Annie Genevard avait annoncé que le texte contiendrait notamment le «maintien du SRP+10» (relèvement du seuil de revente à perte de 10 points), une mesure qui «semble faire l’unanimité», selon Annie Genevard. La ministre avait reçu le 10 octobre le rapport des anciens députés Anne-Laure Babault et Alexis Izard, qui contient 27 propositions. Les auteurs y suggéraient notamment de simplifier la transparence sur la matière première agricole (MPA), et y avançaient deux options pour modifier le calendrier des négociations commerciales.

Emballages : la filière papier-carton répond à l’étude du CLCV

Dans un communiqué de presse du 9 janvier, le Comité français de l’emballage papier-carton (Cofepac) remet en cause l’étude du CLCV publiée le 7 janvier et portant des emballages fabriqués à partir de fibres végétales utilisés en restauration hors domicile (bagasse, carton, carton kraft brun, papier kraft brun). Selon l’association, la composition des emballages étudiés posait question : migration non maîtrisée de substances délétères vers les aliments, présence de bisphénol A dans une boîte à pizza, de fluor organique total dans une barquette en bagasse. Le Cofepac, regrette «une méthodologie reposant sur un très faible nombre d’analyses, qui ne permettent aucunement de présenter des conclusions générales», «des tests non concluants» et des «approximations dans les analyses». Le CLCV s’attaque aussi à la recyclabilité ou la compostabilité des emballages, «à relativiser du fait de l’ajout nécessaire de revêtements barrières non recyclables» ; les professionnels de l’emballage papier-carton partagent la conclusion et considèrent que «l’incitation au tri en vue du recyclage doit être préférée à une promesse mal maitrisée de biodégradation ou de compostage».

Climat : le seuil de 1,5°C de réchauffement dépassé en 2024 (Copernicus)

Selon les données publiées par l’observatoire européen Copernicus le 10 janvier, la température moyenne mondiale de 2024 a dépassé le seuil de 1,5°C de réchauffement climatique par rapport à l’ère préindustrielle. Un record qui «exige une action climatique novatrice en 2025», a exhorté le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. L’organisation internationale qu’il dirige a confirmé, via l’Organisation météorologique mondiale (OMM), que 2024 est la première année au-dessus du seuil de 1,5°C de réchauffement, avec une température moyenne à la surface de la planète supérieure de 1,55°C à la moyenne de la période 1850-1900. À noter que ce seuil symbolique correspond à la limite la plus ambitieuse fixée par l’accord de Paris de 2015 (COP21). «Il est important de souligner qu’une seule année à plus de 1,5°C ne signifie pas que nous avons échoué à atteindre les objectifs de température à long terme de l’accord de Paris, lesquels portent sur des décennies», a relevé Celeste Saulo, secrétaire générale de l’OMM. Mais «cela souligne le fait que des températures mondiales grimpent au-delà de ce que les humains modernes ont connu», indique Copernicus. Le bilan intervient à quelques jours du retour au pouvoir de Donald Trump, ouvertement climatosceptique, à la tête des États-Unis, deuxième pollueur mondial.