Agra Business | Sénalia, Déméterre, Sakata, ValFrance, Mondelez

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Céréales : Sénalia prévoit d'exporter 1,6 Mt en 2024-2025, contre 4 à 5 Mt habituellement

Sénalia, l'opérateur portuaire céréalier de Rouen, prévoit d'exporter «seulement 1,6 Mt de céréales environ» pour la présente campagne commerciale 2024-2025, contre 4 à 5 Mt habituellement, a annoncé son directeur général Gilles Kindelberger, lors d'une conférence de presse le 10 janvier. Un chiffre qui s'explique par la récolte française 2024 en très net retrait par rapport à 2023, tant sur le plan des volumes que sur la qualité, par une concurrence internationale particulièrement agressive (Russie, Roumanie, Ukraine, Australie…), et par le boycott algérien des origines hexagonales, en raison du récent alignement de la France sur la position marocaine au sujet du Sahara occidental. L’Algérie a été pendant longtemps le principal importateur de blé tendre français. Afin de faire face à la baisse de ses activités, Sénalia a recours à l’activité partielle. «Nous avons mis en place des ouvertures des sites une semaine sur deux, ou quinze jours – quinze jours», précise Gilles Kindelberger. À plus long terme, et afin de pallier l’intensification de la concurrence internationale, «il faut trouver de nouveaux débouchés et diversifier notre offre», pointe le directeur général. Il mise notamment «sur la croissance du marché du sans insecticide de stockage (SIS)». Les États-Unis, constituant pourtant un exportateur majeur de blé, ont par exemple fait l’acquisition de 70 000 t de marchandises hexagonales SIS (soit deux bateaux) lors de la campagne commerciale 2023-2024.

Blé tendre: l'Inrae lance une variété «agroécologique», avec un objectif de 30000ha en 2026

L'Inrae et sa filiale Agri Obtentions ont annoncé, dans un communiqué du 9 janvier, la mise en marché d'une nouvelle variété française de blé tendre, dénommée Géopolis, qui sera disponible pour les travaux de semis 2025. «Cette variété se caractérise non seulement par un rendement très élevé et un excellent taux de protéines, mais est aussi l'une des premières variétés de blé considérée comme agroécologique», permettant de répondre aux objectifs du plan Ecophyto II+, déclare l'institut de recherche. Résultant d'un travail de recherche de dix ans et de tests en plein champ depuis deux ans à Estrées-Mons (80), Le Rheu (35) et Crouël (63), elle est dotée «d'une forte résistance aux maladies telles que la septoriose, la rouille brune et le piétin-verse, et une tolérance à la cécidomye orange», d'après l'institut. Les rendements s'affichent à 113,6 % de la moyenne des témoins dans la zone Nord suite aux deux années d'essai. Par ailleurs, ils s'élèvent à «110,7 % lors de la campagne 2023-2024 en conduite traitée fongicide, et à 125% en conduite non traitée fongicide», fait valoir l'Inrae. L'organisme projette, en France, une surface d'environ 30 000 ha de cette variété pour la récolte 2026. Pour la campagne culturale 2024-2025, la production de semences s’étend sur 600 hectares.

Céréales: la production américaine de maïs et soja révisée en baisse (USDA)

Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu en baisse le 10 janvier ses estimations de production de maïs et de soja aux Etats-Unis, à cause notamment d'une baisse des rendements. «Les surprises viennent encore une fois des productions américaines de maïs et de soja», a commenté auprès de l'AFP Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtages. Côté maïs, l'USDA prévoit désormais une récolte de 377,63 millions de tonnes de grain jaune pour la campagne américaine 2024-25, soit environ 7 millions de moins qu'annoncé lors de sa précédente projection publiée en décembre, selon le rapport mensuel WASDE (World agricultural supply and demand estimates). En outre, «il n'y a eu aucun changement sur l'Argentine ou le Brésil, malgré les conditions séches», a relevé M. Le Molgat, selon qui ce sont bien «les Etats-Unis (qui) font bouger les lignes sur le marché mondial du maïs». Dans le même temps, les estimations de production de soja américain ont aussi été révisées en baisse, de 2,58 millions de tonnes, ce qui vient peser sur la production à l'échelle mondiale. Là encore, ce repli est notamment dû à une baisse des rendements aux Etats-Unis (-1,93%), et provoque une contraction de stocks attendus en fin de période aux Etats-Unis (-2,46 millions).

Elevage : trois cas de fièvre aphteuse en Allemagne, les premiers en UE depuis 2011

Un foyer de fièvre aphteuse a été détecté en Allemagne sur des buffles d'eau près de Berlin, ont annoncé le 10 janvier les autorités, soit les premiers cas dans l'UE depuis 2011. «Il s'agit des premiers signalements de cette maladie en Allemagne depuis 1988», a indiqué un porte-parole du ministère allemand de l'Agriculture, Michael Hauck. Selon les autorités régionales, trois buffles d'eau sont atteints. «Des zones de restriction ont été mises en place» autour du foyer concerné, a précisé M. Hauck. D'origine virale, Il s'agit de l'une des maladies animales les plus contagieuses. De ce fait, elle peut entraîner des pertes économiques importantes. Lors des précédentes épidémies en Europe, plus de 2.000 animaux ont été abattus pour lutter contre la maladie au Royaume-Uni après une épidémie en 2007, selon le gouvernement britannique, et des centaines ont été abattus en Bulgarie après une épidémie en 2011, le dernier cas connu dans l'UE, selon l'organisation mondiale de la santé animale (WOAH). Des buffles d'eau sont élevés en Allemagne depuis les années 1990, selon le gouvernement du Land de Berlin. Ils sont élevés pour leur lait et leur viande et utilisés pour maîtriser la croissance de l'herbe dans les champs.

Lait : sortir du soja déforestant est «complexe» en bovin lait, selon un cabinet d'étude

Le cabinet de conseil en stratégie bas-carbone Carbone 4 considère que les groupes laitiers peuvent difficilement se limiter au soja non déforestant pour l’alimentation des vaches sans se heurter à la compétition d’usage des sols, devoir réduire leur production ou perdre en compétitivité. C’est une des conclusions de son étude sur les leviers de la décarbonation du secteur bovin lait intitulé «Sortir du soja exposé à la conversion d’écosystèmes». La publication examine toutes les limites de l’amélioration de la traçabilité du soja importé, à travers différents types de certification. Elle propose d’actionner deux autres leviers: la relocalisation des protéines végétales et le changement du «mix alimentaire» des animaux. Toutefois les cultures alternatives devraient occuper 5% de la surface agricole utile française ; une option semblant peu réaliste aux yeux de ces spécialistes des stratégies de décarbonation. Transformer les rations alimentaires semble prometteur. L’une des plus efficientes, parmi celles étudiées par l’Idele (institut de l’élevage), serait la réduction significative de l’utilisation d’ensilage de maïs au profit de l’ensilage d’herbe, ce qui nécessiterait des politiques sur l’usage des sols. En somme, le cabinet conclut qu'il est «indispensable d’envisager la baisse relative dans l’alimentation humaine de la part protéique d’origine animale.»

Machinisme : les immatriculations de tracteurs ont baissé en France l'an passé (fabricants)

Le syndicat français des fabricants de machines agricoles, Axema, signale, dans un communiqué du 10 janvier, un effritement du nombre des premières immatriculations de tracteurs agricoles nationaux, de 5,8 % en 2024, pour tomber à 39 189 unités. Il s’agit d’un plus bas depuis 2020 (37 412 unités), et d’un repli de 2,8 % par rapport à la moyenne établie sur les quatre dernières années. Les baisses annuelles les plus notables concernent les tracteurs pour les vignes et vergers (-24,6 %, à 2 531 unités) et standards (-8,4 %, à 23 976 unités). «Ces résultats sont à nuancer. En effet, les statistiques d’immatriculation des tracteurs et chargeurs télescopiques ont été affectées par la nouvelle réglementation européenne sur le freinage des véhicules agricoles, entrée en vigueur au 1er janvier 2025. Une échéance qui a incité la profession à pré-immatriculer les tracteurs (ou chargeurs) concernés avant la fin de l’année», tempère le syndicat. Parmi les tracteurs standards et ceux destinés aux vignes et vergers, la marque John Deere reste la plus prisée, avec 5 541 unités immatriculées en 2024, soit 20,9 % de parts de marché (22,6 % l’an dernier). Viennent ensuite Fendt (4 223 immatriculations, 15,9 % de parts de marché), et New Holland (3 784 immatriculations, 14,3% de parts de marché).

Machinisme: en Franche Comté, croissance externe et changement de marque chez Déméterre

Filiale de la coopérative Terre Comtoise, le concessionnaire de machines agricoles Déméterre vient d'annoncer, dans un communiqué, qu'il allait changer de marque distribuée (passant de John Deere à Massey Ferguson), et «agréger» cinq sociétés de la région: Avenir Motoculture (Arc-sur-Tille et Ménétreux-le-Pitois), Claudagri (Auzainvillers), Georges Équipement (Bellefontaine), R. Brun & Fils (Lons-le-Saunier) et Vallet (Arbois, Dole et Levier). Ce faisant, elle intègre huit nouvelles bases, pour atteindre 24 bases en Bourgogne, Franche-Comté et Vosges. Déméterre est né en 2022 de la fusion de la filière machinisme agricole de la Terre Comtoise et de la SA Gauvain, tous deux distributeurs de la marque John Deere à cette époque. La société était initialement présente sur treize bases réparties dans quatre départements de Bourgogne-France Comté (Doubs, Jura, Haute-Saône, Territoire de Belfort). En vingt ans, le constructeur John Deere a divisé le nombre de ses concessions par trois en France. Il n’est pas le seul. Depuis quelques années, le terrain de jeu des concessions s’étend de plus en plus à l’échelle des régions, plus seulement des départements (voir notre enquête).

Légumes : Sakata lance la première variété de butternut résistante au Didymella bryoniae

Le semencier Sakata annonce, dans un communiqué de presse le 10 janvier, avoir créé la première variété de butternut résistante au Didymella bryoniae, baptisée Orionit F1. Ce champignon présent dans les sols français se manifeste sur les cucurbitacées et plus fortement sur la courge butternut. Des tâches concentriques brunes apparaissent sur les fruits et se développent lors de la conservation. Ces tâches empêchent la commercialisation des fruits en première catégorie, avec des conséquences économiques importantes pour le producteur. Le manque de traitement efficace contre cette maladie ferait que «l’amélioration variétale est l’unique réponse à ce problème», avance le semencier. Il considère que l’Orionit F1 devrait permettre aux producteurs de réduire ses coûts de traitement mais aussi de proposer à la distribution, un butternut uniforme d’un calibre allant de 1,2 kilo à 1,7 kilo, présentant une bonne conservation et un peau exempte de tâches. «Nous avions à coeur d’apporter une solution à l’ensemble des producteurs de butternuts, fortement affectés par le Didymella bryoniae, notamment dans le Sud de la France», explique Hervé Bos, promoteur des ventes senior en France. Distribué dans l’hexagone par Voltz Maraîchage, Orionit F1 a reçu un Sival Argent (catégorie innovation variétale) qui sera décerné lors du salon angevin à partir du 14 janvier prochain. 

Coopératives : Valfrance dévoile ses chantiers stratégiques pour 2035

À l’occasion de son assemblée générale du 9 janvier, la coopérative Valfrance (175 salariés, 1392 adhérents) a présenté les dix chantiers qui composent son plan stratégique à l’horizon 2035. Ces axes visent «à conjuguer performance économique et préservation de l’environnement, tout en mettant l’accent sur la santé des sols et la valorisation du carbone», détaille le directeur général Laurent Vittoz. Parmi les pistes évoquées pour atteindre ces objectifs : pérenniser les outils de production (7 M€ investis dans la modernisation des sites l’an passé), accroître le positionnement de la coopérative dans les semences (près de 40 000 tonnes produites en 2023/24 par la nouvelle usine de Senlis), déployer des pratiques agricoles bas carbone (60 diagnostics carbone réalisés et 50 000 ha en transition) et continuer à investir dans des solutions innovantes comme la génétique ou le numérique. L’an passé, Valfrance a par exemple développé Val’OO un outil pour «offrir une autonomie plus grande aux agriculteurs dans la gestion de la commercialisation de leur collecte». Les résultats de l’exercice passé (334 M€ de chiffre d’affaires, 7,6 M€ d’Ebitda, 835 000 t de collecte), «à la hauteur de nos ambitions», devraient permettre, selon le directeur général, «d’assurer la trajectoire pour les années à venir». (Anne Gilet)

Négociations commerciales: critiqué, Mondelez assume demander des hausses de prix

Le géant américain des biscuits et chocolats Mondelez a assumé le 10 janvier demander des «augmentations de prix en France» en raison de charges toujours élevées, plusieurs distributeurs lui reprochant des hausses excessives. L'entreprise qui commercialise les marques LU, Milka, Belin et Côte d'Or, met en avant la flambée du prix du cacao notamment, et dit faire face à des coûts de production toujours élevés (énergie, emballage, transports), dans un communiqué transmis à l'AFP. Elle assume en conséquence devoir «procéder à des augmentations de prix en France soigneusement étudiées». Mondelez plaide n'avoir «pas répercuté toutes les augmentations de coûts subies» sur les prix négociés avec les distributeurs depuis 2022, ce qui «impacte significativement (sa) profitabilité en France». Trois distributeurs avaient auparavant assuré sous couvert d'anonymat à l'AFP que l'industriel avait demandé à être payé beaucoup plus cher que l'année précédente pour ses biscuits et ses chocolats notamment. «Il y a des frictions avec Mondelez depuis un petit moment déjà, mais ils se distinguent particulièrement avec des demandes hors normes par rapport à leurs concurrents et confrères» a expliqué à l'AFP l'un des distributeurs. Un autre a évoqué une hausse du tarif, point de départ de la négociation, de 24% par rapport à l'année précédente. Le troisième a confirmé des demandes en très forte hausse, tout en observant qu'il y avait effectivement «un sujet» pour «les fournisseurs qui utilisent beaucoup de cacao et de café».

Etiquetage: des risques d’abus à travers les systèmes de notation (Autorité de la concurrence)

Dans un avis publié le 9 janvier, sur le fonctionnement de systèmes de notation (nutritionnels ou environnementaux) de produits ou de services, l’Autorité de la concurrence considère qu'il existe des risques inhérents d’abus de position dominante, de collusion, de concurrence déloyale ou de dénigrement. Elle rappelle aux concepteurs de tels systèmes de notation la nécessité d’intérêts légitimes, de fiabilité des notations et encore de transparence (quant aux données, aux calculs, au financement…). Se faisant, l’Autorité reconnaît l’utilité de ces notations pour l’arbitrage des consommateurs et leur influence sur les marchés. L’abus de position dominante est un fil directeur de l’avis, qui rappelle son principe : «le fait pour un opérateur dominant sur un marché d’imposer des conditions de transaction non équitables à ses partenaires ou de mettre en œuvre des pratiques discriminatoires». Il en va ainsi par exemple d’un distributeur qui impose son système ou favorise ses marques. L’abus de position dominante peut aussi servir de fondement à une plainte contre un système dénigrant une substance autorisées par les autorités sanitaires. L’autorité s’était auto-saisie de ce sujet en février 2024, puis avait interrogé «un grand nombre d'acteurs», notamment dans l’alimentaire où les systèmes de notations sont très répandus. 

Exportations: nouveau président au CNPA, étude d’impact régionale en février

Le conseil d’administration du Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires (CNPA) réuni le 7 janvier a élu, pour une durée de trois ans, Yannick Fialip à sa présidence. Il succède à Jérôme Despey (FNSEA), à l’origine de la création du Collectif Export & Souveraineté alimentaire, qui n’était pas candidat à sa succession. Eleveur de bovins en Haute-Loire, Yannick Fialip préside la commission économique de la FNSEA et est pour l’heure président de la Chambre d’agriculture du département où il est implanté. Lors de son élection, Il a annoncé la publication en février une étude d’impact régionale des exportations: «nous formulerons série de propositions afin que la France retrouve son rang de grande puissance exportatrice». Le CNPA considère que le déclin des exportations agroalimentaires françaises en Europe et dans le monde est lié «à une perte de compétitivité qui est à la fois une conséquence et un accélérateur de la crise agricole française. Et la perte de nos positons sur les marchés alimentaires mondiaux entraîne des répercussions directes sur l’ensemble de l’économie, des territoires et des consommateurs français». Le Collectif Export et Souveraineté Alimentaire, fédère les principaux acteurs de la filière alimentaire, dont le syndicalisme agricole majoritaire (Ania, Anivin de France, Chambres d’Agriculture France, CNIPT, CNMCCA, FNSEA, Inaporc, Interbev, Intercéréales, Interfel,  la Coopération Agricole, Medef).