Agra Business | Cérésia, Natup, Ackermann/ACS Andelfinger, Le Gouessant

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Coopératives céréalières : le HCCA travaille sur la création d'un fonds de 1 Md€ d’ici à 2030

Le HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole) travaille sur la création d'un «fonds de 500 millions d'euros (M€) à 1 milliard d'euros (Md€)» destiné à financer les besoins d'investissement des coopératives céréalières françaises, a annoncé François Macé, président de sa section économique et financière le 31 janvier à Paris. «Nous avons lancé un appel à manifestation d'intérêt le 20 décembre 2024», précise-t-il. Plus en détail, il s'agirait de réunir entre 450 à 500 M€ «dès que possible», et d'atteindre les 1 Md€ «d'ici à 5 ans». Les objectifs du fonds sont multiples: aider les coopératives dans la mise en place de leur Plan infrastructure 2030, moderniser leurs outils de transformation (meunerie, boulangerie etc.), ou encore accélérer leur décarbonation. Les contributions au fonds émaneraient de coopératives, mais aussi d'institutions telles que Sofiprotéol, Crédit Agricole, Unigrains, Natixis, Groupama, la Banque Européenne d'Investissement (BEI), la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), ainsi que d'autres fonds privés. 

Coopératives céréalières : santé financière stable en moyenne en 2023/24, dégradation en vue

Le président de la section économique et financière du HCCA (Haut Conseil de la Coopération Agricole), François Macé, a déclaré, lors d’une conférence de presse le 31 janvier, que la situation financière des coopératives céréalières «ne s’était pas dégradée en moyenne» entre les campagnes 2022-2023 (récolte 2022) et 2023-2024 (récolte 2023). En revanche, «les plus grosses structures ont mieux résisté que les petites à la hausse des charges», précise-t-il. Le meilleur indicateur, d’après l’expert, pour illustrer ces observations est la marge d’Ebitda, qui passe de 3,28 % à 3,31% en moyenne annuellement. Les structures dépassant les 500 M€ de chiffre d’affaires constatent une hausse de ce taux, passant de 3,23 % à 3,29 %. Celui des entités de moins de 100 M€ passe de 3,08 % à 2,44 %. «Les plus petites structures ont des charges incompressibles plus importantes en rapport avec leur chiffre d’affaires, les rendant plus vulnérables», justifie François Macé. La hausse des coûts (salaires, taux d’intérêt, énergie etc.) cumulé au recul des cours des céréales entre 2022-2023 et 2023-2024 a donc davantage frappé les sociétés les plus modestes, selon le HCCA. Sans surprise et au vu de la mauvaise récolte 2024, la situation financière des coopératives céréalières en 2024-2025 devrait se dégrader, selon les représentants de la Coopération Agricole-Métiers du grain. 

Coopératives: Cérésia se réorganise pour faire des économies, 33 silos fermés d'ici 2027

Face à l'inflation, et à un contexte économique maussade pour les agriculteurs, après les mauvaises récoltes de l’été 2024, la coopérative champenoise Cérésia a annoncé avoir engagé un plan de transformation lui permettant de réaliser près de 9 M€ d’économies par an, d’ici 2027. 33 silos sur les 141 que compte la coopérative, seront fermés. L’objectif est de conserver un point de collecte à vingt minutes de tracteur maximum des exploitations des adhérents. D’autre part, les régions commerciales passeront de cinq à trois. Enfin, le nombre d’administrateurs va passer de 32 à 23, et 44 postes salariés seront progressivement supprimés. «Nous allons conduire cela sans licenciement», a cependant rassuré Antoine Haccard, président de Cérésia. Les postes supprimés seront issus de départs en retraite et du turnover de l’entreprise. Après un résultat net record de 14,7 M€ en 2022-2023, dû à la cession des titres détenus dans Tereos agro-industrie, Cérésia a été à l’équilibre lors de la dernière campagne, avec un résultat net de 0,4 M€. La coopérative escompte des volumes en retrait de 30 % environ sur la dernière récolte, ce qui aura un impact conséquent sur l’exercice 2024-2025. (Elena Blum)

Pomme de terre : Natup lance une nouvelle ligne de production de frites précuites

En partenariat avec l‘entreprise normande Pierre et Lucas, le groupe coopératif Natup et sa filiale Lunor (spécialisée dans la transformation de pommes de terre et de légumes) lancent une nouvelle ligne de production de frites fraîches précuites à Luneray (76), ont-ils annoncé dans un communiqué le 31 janvier. Natup «proposera des contrats spécifiques à ses adhérents (producteurs de pomme de terre), offrant une garantie de rémunération optimisée» pour alimenter la ligne de production, peut-on lire dans le communiqué. Le projet comprend un investissement (dont le montant n’a pas été divulgué) destiné à moderniser un bâtiment déjà existant, qui accueillera donc la nouvelle ligne, sur plus de 1 000 m². Le groupe coopératif espère démarrer la production à partir du printemps 2025, qui nécessitera l’embauche de 15 personnes. «La frite fraîche est une première étape, suivie prochainement de la construction d’une nouvelle usine Lunor, également à Luneray (76), dédiée à la production de plats préparés à base de pommes de terre», ajoute le communiqué. L’ouverture de cette dernière usine est prévue pour fin 2026.

Machinisme : dans le Grand Est, le concessionnaire Ackermann acquiert ACS Andelfinger

Le groupe Ackermann, concessionnaire New Holland et sociétaire Promodis, qui opère dans le Grand ESt, a annoncé l’acquisition d’ACS Andelfinger, entreprise située dans le Haut-Rhin. À compter du 1er janvier 2025, la société Ackermann a été rebaptisée ACS Agriculture, et a poursuivi ses activités historiques, au sein du groupe Ackermann, et aux côtés des trois autres entreprises que sont Ackermann, Niess Agriculture et Niess Mac. Cette acquisition permet au groupe de renforcer sa présence en Alsace et de consolider sa position de leader dans la vente et le SAV d’équipements agricoles, pour l’agriculture mais aussi des espaces verts. Le groupe Ackermann dispose désormais de 200 employés, répartis sur les deux sites d’ACS Anderlfinger, situés dans le Haut-Rhin, ainsi que sur neuf autres sites répartis entre le Bas-Rhin, la Moselle et la Meuse. (Elena Blum)

Boissons sucrées: l'industrie du sucre dénonce une hausse de taxe «injuste et disproportionnée»

Plusieurs organisations professionnelles de l'industrie sucrière, de l'agroalimentaire et de l'hôtellerie-restauration ont protesté le 1er janvier contre l'augmentation prévue de la taxe sur les boissons sucrées, jugée «injuste et disproportionnée», alors que le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) sera réexaminé à partir de lundi à l'Assemblée nationale. «Le doublement incompréhensible de la taxe sur les boissons sucrées (...) imposerait 400 millions d'euros de prélèvements supplémentaires à nos entreprises», ont estimé dans un communiqué commun la Confédération générale des planteurs de betteraves, le Syndicat national des fabricants de sucre, le Syndicat des boissons sans alcool, l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), la Fédération nationale des boissons (FNB), l'Union des métiers de l'hôtellerie-restauration (UMIH) et le Groupement des hôtelleries et restaurations de France. Lors de la discussion du PLFSS au Sénat, en novembre, les sénateurs ont alourdi, avec le soutien du gouvernement, la fiscalité sur les "boissons à sucres ajoutés" déjà votée par les députés, avec un barème croissant en fonction de la teneur en sucre. Le ministère de l'Economie et des Finances avait estimé le 23 janvier que cette mesure pourrait rapporter 300 millions d'euros. 

Taxes américaines: le Mexique annonce des mesures tarifaires de rétorsion

Le Mexique, qui a récemment conclu un accord commercial avec l'Union européenne, a répondu par la fermeté le 2 février aux droits de douane de 25% imposés par le président américain Donald Trump, qui menacent ses exportations, sa croissance et sa monnaie, d'après les analystes. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a immédiatement annoncé «des mesures tarifaires et non tarifaires en défense des intérêts du Mexique», dont 83% des exportations partent chez le voisin américain (automobiles, ordinateur, produits agricoles). Le Mexique enregistre de forts excédents dans son commerce avec les Etats-Unis, ce qui a conduit M. Trump à affirmer que son pays «subventionne le Mexique». La présidente de gauche nationaliste n'a cependant pas détaillé ces «mesures tarifaires» ni donné de calendrier, à la différence du Premier ministre canadien Justin Trudeau avec qui elle s'est entretenue samedi.La taxation à 25% des importations par les Etats-Unis «représente une menace directe pour la compétitivité de l'Amérique du Nord et la stabilité économique de notre pays», s'est inquiété le syndicat patronal Coparmex. «Les exportations d'automobiles, de pièces détachées, d'ordinateurs, de produits électro-ménagers et de produits agricoles seront sérieusement affectées, ce qui pourrait se traduire par un sévère ralentissement économique».

Haies: unanimité au Sénat pour la PPL écolo, pas de crédit d'impôt (presse)

Examiné le 30 janvier au Sénat, la proposition de loi (PPL) des écologistes Daniel Salmon (Ille-et-Vilaine) et Joël Labbé (Morbihan) «en faveur de la préservation et de la reconquête de la haie» a été adoptée - fait rare - à l'unanimité des votants présents. Le sénateur Salmon a d'ailleurs invité tous les sénateurs présents à prendre un pot à la fin de la séance. Purgé de sa proposition de crédit d'impôt, le texte définit, dans la lignée du Pacte pour la haie du gouvernement, ce qu'est la «gestion durable» des haies, sa certification, et fixe des objectifs au gouvernement (p.ex. 500 000 t/an de MS, dont 70% gérés durablement d'ici 2030). Réunis en commission mixte paritaire (CMP) depuis le 30 janvier, les parlementaires ont, selon le quotidien Le Monde, rejeté le crédit d'impôt pour les haies dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2025, une disposition qui avait été adoptée par amendement à l'Assemblée, avec sagesse du gouvernement, avant la motion de censure. L’amendement transpartisan instaurait un crédit d’impôt pour la «gestion durable» des haies. Son montant est de 60% des dépenses engagées pour les frais de certification et de gestion durable. Par ailleurs, le budget consacré au Pacte pour la haie est passé à 30 millions d'euros, contre 89 millions en 2024, souligne Le Monde.

Lait: conférences de Le Gouessant dans le grand Ouest pour rassurer éleveurs et étudiants

Le Gouessant (800 M€ de chiffre d’affaires, 2500 producteurs de lait) a organisé, les 15, 29 et 31 janvier, une série de conférences rassemblant au total plus de 360 éleveurs et étudiants pour «réfléchir à l’avenir de la production laitière dans le grand Ouest». «Notre région est une terre de lait, avec de nombreux atouts – maillage, production de fourrage... –», rappelle Muriel Johan, responsable Conseil et outil de pilotage pour l’activité ruminants au sein de la coopérative. «Pourtant, certains adhérents se posent, souvent à tort, des questions sur la durabilité de leur exploitation et les jeunes, sur l’intérêt de s’installer.» Lors de la première journée, Vincent Chatellier, ingénieur à l’Inrae, a rappelé que «le contexte mondial actuel est porteur: la demande en lait ne cesse de croitre.» La France, et plus particulièrement le grand Ouest, a donc une carte à jouer. Pour Le Gouessant, «la production laitière doit rester attractive au sein de notre territoire». Pour cela, trois leviers doivent être actionnés, explique la coopérative: le revenu, notamment en optimisant l'alimentation; les conditions de travail, en les aidant à recruter ou à automatiser leur ferme; et l'accompagnement face aux contraintes environnementales. «Ces journées ont séduit, rassuré et donné des pistes pour l’avenir», conclut Muriel Johan. (Anne Gilet)

Vin: Stéphane Zanella, nouveau directeur général de Terre de Vignerons

Le groupe coopératif Terre de Vignerons a nommé Stéphane Zanella à sa tête. Le nouveau directeur général prend également les rênes du négoce Producta Vignobles, ainsi que de la filiale de commercialisation Vignerons mais Autrement. Stéphane Zanella avait piloté le Conseil Interprofessionnel des Vins du Roussillon (CIVR), en tant que trésorier de 2017 à 2020 puis en tant que président de 2020 à 2024. Il dirigeait depuis 2016 Vica Vignes Coopératives (ex-Vignerons Catalans), à Inter Caves, Henri Maire dans le Jura et le Club français du vin. (Elena Blum)