Distribution/climat : un « accord RSE inédit » entre Carrefour et Coca-Cola (presse)
Les patrons de Carrefour et de Coca-Cola ont signé le 26 mai un accord RSE inédit entre un distributeur et un industriel », révèle le journal Les Echos le même jour (article payant). Selon le quotidien économique, ce « sustainable linked business plan » comprend « des objectifs à tenir sur cinq ans » sur la « réduction de l'empreinte plastique de Coca-Cola », sur le « réemploi avec la mise en place de bouteilles en verre consignées » et sur l’« électrification de la flotte de livraison ». Coca-Cola Europacific Partners va proposer des bouteilles en verre réemployables de 1 litre issues de son site de Grigny, où une ligne de production dédiée a été ouverte pour environ 165 M€ d’investissement. De son côté, Carrefour s’engage à proposer son système de consigne dans 4 000 magasins (contre 400 actuellement). Applicable « dans un premier temps » en France, Brésil et Roumanie, le partenariat s’étendra « progressivement à la Belgique, la Pologne, l'Espagne, l'Italie et l'Argentine », d’après Les Echos. Le quotidien affirme que le distributeur français « vise 200 contrats équivalents avec d'autres fournisseurs clés d'ici à 2030 » ; une dizaine seraient déjà en cours, « notamment avec un acteur du petit-déjeuner, un leader de la viande porcine, et un géant de la beauté » (L'Oréal, selon les Echos).
Distribution : Casino va ouvrir 210 Monoprix et Franprix au Maroc à partir de 2026
Le groupe Casino et H&S Invest Holding vont ouvrir 210 magasins de proximité sous les enseignes Monoprix et Franprix au Maroc, ont-ils annoncé le 26 mai. Ces ouvertures se feront dans le cadre d’un contrat de franchise et s’étaleront sur dix ans. « D’ici 2030, nous ambitionnons de créer plus de 1 000 emplois directs et indirects à travers le royaume grâce au déploiement des enseignes Franprix et Monoprix », déclare dans un communiqué Moncef Belkhayat, président de H&S Invest Holding. Ces enseignes absentes du royaume jusqu’à aujourd’hui seront déployées dans tout le pays par « H&S Invest Holding, groupe multisectoriel opérant dans l’industrie, la logistique, l’immobilier et les médias et la communication ». H&S Holding, qui réalise un chiffre d’affaires annuel de 400 M$, est « un acteur clé dans la production et la distribution de produits alimentaires, d’hygiène, de beauté et de santé » à travers sa société Dislog. « Ce partenariat marque une étape décisive dans la nouvelle stratégie d’expansion internationale du groupe Casino, qui mise sur la franchise pour renforcer la présence de ses marques emblématiques à l’international », indique Casino. Le groupe est présent en France avec ses enseignes Monoprix, Naturalia, Franprix, Vival et Spar, et à l’étranger hors métropole à travers 472 magasins et 20 pays.
PPL Entraves: les députés adoptent largement la motion de rejet
Comme annoncé la veille, le rapporteur Les Républicains (LR) Julien Dive a déposé, le 26 mai, une motion de rejet préalable de la proposition de loi Entraves, qui a été largement adoptée en séance publique (274 voix pour, 121 contre), dans le but de contourner la masse d'amendements écologistes et insoumis. À 15 h, avant la séance, la conférence des présidents de l'Assemblée n'était pas parvenue à un accord pour que les débats se tiennent – Aurélie Trouvé (LFI) avait proposé un vote sur temps législatif programmé, notamment soutenu par M. Taupiac (Liot) et M. Fesneau (Modem), qui a été repoussé. Cosignée par les présidents des quatre principaux groupes du bloc central, Laurent Wauquiez (LR), Marc Fesneau (Modem), Gabriel Attal (Ensemble), et Paul Christophe (Horizons), la motion a reçu le soutien des députés Rassemblement national (RN), qui ont permis de dégager une majorité. Elle a été dénoncée par la gauche, y compris le Parti socialiste – durant le débat, les députés LFI ont brandi des pancartes mentionnant des maladies liées aux pesticides. Le texte est dès lors considéré comme rejeté par l’Assemblée nationale sans examen dans l’hémicycle. Il fera désormais l’objet d’une commission mixte paritaire (CMP), qui pourrait se réunir la semaine du 10 juin, indique Julien Dive.
Pesticides/betterave : dérogation pour un produit de lutte contre la cercosporiose
Dans un communiqué du 26 mai, le groupe italien Sipcam, spécialisé dans la production et la distribution de pesticides, annonce l'obtention d'une dérogation de 120 jours d'autorisation de mise sur le marché pour l’un de ses produits de lutte contre les maladies foliaires de la betterave, notamment la cercosporiose. L’autorisation est applicable à partir du 1er juin. Il s'agit du fongicide Airone RC, contenant deux formes de cuivre : l'hydroxyde et l'oxychlorure de cuivre. Sipcam précise que son produit est également applicable en agriculture biologique. Il s'utilise en tant que traitement préventif, permettant « un gain de rendement pouvant aller jusqu’à 20 tonnes de betteraves par hectare en condition de forte pression cercosposriose, comme en 2023 et 2024 », se targue le groupe italien. Pour rappel, Sipcam avait annoncé en mars le lancement d'un nouvel herbicide de lutte contre les graminées indésirables de type vulpin et ray-grass affectant les parcelles de céréales. Néanmoins, Arvalis jugeait l'efficacité du produit discutable, étant composé de substances actives originellement destinées à agir contre les dicotylédones. L'association avec d’autres matières actives de type anti-graminée était nécessaire afin d'obtenir des résultats probants.
Céréales : rendements 2025 attendus comme acceptables dans l'UE
Dans son rapport mensuel du 26 mai, l’observatoire des cultures de la Commission européenne, Mars, s’attend à des rendements « acceptables » en grandes cultures pour 2025 dans l'UE, malgré des inquiétudes liées à la sécheresse dans certains secteurs. Les régions concernées sont essentiellement le nord de la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Suède et une petite partie de la Pologne. Les rendements des blés (moyenne établie sur le blé tendre et le blé dur) sont attendus par la Commission à 5,83 t/ha en moyenne dans l’UE, contre 5,82 t/ha en avril, et 5,55 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. En orge, ils sont attendus à 5,14 t/ha, contre 5,08 t/ha le mois antérieur, et 4,76 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années. En France, le rendement moyen en blé tendre est projeté par l'organisme à 7,05 t/ha, contre 6,09 t/ha en 2024, et 6,94 t/ha en moyenne sur 2020-2024. En orge d’hiver, il est pour l’instant espéré dans l'Hexagone à 6,45 t/ha, contre 5,56 t/ha l’an passé, et 6,34 t/ha sur 2020-2024. Notons une révision à la baisse de la prévision de rendement 2025 de colza dans l’UE entre avril et mai, passant de 3,2 t/ha à 3,17 t/ha (3,16 t/ha en moyenne lors des cinq dernières années).
Engrais : les Amis de la Terre soutiennent les médecins contre la contamination au cadmium
La fédération des Amis de la terre soutient l’union des médecins libéraux dans leur mobilisation contre le cadmium, métal jugé comme l’un des plus toxiques existants pour la santé humaine, dans un communiqué du 26 mai. L’union des médecins libéraux alerte, à la veille de la Journée mondiale de l’environnement le 5 juin prochain, sur le doublement de l’imprégnation moyenne au cadmium mesurée entre les périodes 2006-2007 et 2014-2016 chez les adultes français. La raison de cette hausse de la contamination est l‘importation d’engrais phosphatés « riches en cadmium » en provenance du Maroc, qui imprègnent les sols et par ricochet l’alimentation de la population, dénoncent les Amis de la Terre. L'ONG se prononce contre la réduction de la teneur en cadmium des engrais, arguant que « les technologies de décadmiation sont difficilement transposables à échelle industrielle ». Elle réclame ainsi aux autorités d’inclure dans le Plan engrais, annoncé le 31 mars lors du Conseil de planification écologique, des mesures prônant une réduction de l’usage d’engrais chimique, « comme le préconise l’Anses ».
Santé : un « plan obésité » attendu en France en septembre
Le gouvernement veut « sortir en septembre » un « plan obésité » pour prendre en charge cette maladie au niveau « éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux », a déclaré Yannick Neuder, ministre de la Santé, le 26 mai, en visite à Chartres (Eure-et-Loir) au site de production du champion de l'insuline Novo Nordisk. Il a fait état de « discussions en cours avec [l’Anses] pour faire face au fléau des maladies métaboliques, du diabète et de l'obésité », qui touchent « près de 20 % de nos enfants et adolescents ». Interrogé sur la possibilité d'élargir la prescription des nouveaux traitements anti-obésité aux généralistes, M. Neuder a répondu vouloir « avancer sur ce sujet si possible avant l'été », soulignant que « l'obésité est un grand pourvoyeur de maladies cardiovasculaires ». Pour l'heure, la prescription initiale de ces médicaments (scrutés par des industries agroalimentaires aux États-Unis pour leurs possibles effets sur la consommation), dont le Wegowy (Novo Nordisk) et le Mounjaro (Eli Lilly), doit être faite par un spécialiste en endocrinologie-diabétologie-nutrition ; le renouvellement par tout médecin. Wegovy et Mounjaro ne sont pas remboursés en France, comme dans de nombreux pays européens, hormis en Suisse et Angleterre. Les prix sont en négociation pour un éventuel remboursement.
Alcool : une agence de l'OMS établit un lien avec le risque accru de cancer du pancréas
Il existe « une association modeste mais significative » entre la consommation d'alcool et le risque d'avoir un cancer du pancréas, indépendamment du tabagisme et de son sexe, souligne le 26 mai le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Chaque augmentation de 10 g/jour de la consommation d'alcool, soit un verre standard d'alcool pur, est associée à une augmentation de 3 % du risque de cancer du pancréas, conclut ce travail porté par l'agence de l'OMS. L’étude, publiée dans la revue scientifique américaine « Plos Medicine » le 20 mai, fournit « de nouvelles preuves que le cancer du pancréas pourrait être un autre type de cancer associé à la consommation d'alcool, un lien sous-estimé jusqu'à présent », a commenté le Dr Pietro Ferrari, auteur principal. Un lien direct entre consommation d'alcool et cancer a été établi pour sept cancers (côlon-rectum, œsophage, foie, cavité buccale, pharynx, larynx, sein). Mais les preuves la liant spécifiquement au cancer du pancréas étaient jusqu'à présent jugées limitées ou non concluantes. Pour cette nouvelle étude, les scientifiques ont regroupé et harmonisé les données de 30 cohortes de population sur quatre continents, soit quelque 2,5 millions de personnes, à l'âge médian de 57 ans entre 1980 et 2013, dont 10 067 ont développé un cancer du pancréas.
Influenza aviaire : au Brésil, un tiers des volumes d’exportation sous embargo total (Itavi)
Alors que le ministère de l’Agriculture du Brésil a annoncé le 22 mai la désinfection d’un unique foyer d’influenza aviaire, les embargos de différents pays importateurs sur l’ensemble du pays pèsent sur un tiers des exportations du premier fournisseur mondial en viandes de volaille, selon une note de l'Itavi (institut technique) publiée sur LinkedIn le 22 mai. Ces embargos totaux, dont ceux des deux premiers clients que sont la Chine et l’UE, équivalent à une perte mensuelle estimée à 265 millions d'euros (M€) et 150 000 t de produits (sur la base des quatre premiers mois de 2025). L’embargo de l’UE correspond à 65 M€ et 22 000 t. À ces embargos totaux s’ajoutent les embargos partiels du fait d’accords de régionalisation avec le Japon, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, etc., qui représentent 29 % des exportations brésiliennes de poulet de 2025. Le ministère a mis en marche le compte à rebours des 28 jours au bout desquels, sans nouveau foyer, le Brésil pourra se déclarer à nouveau indemne d’influenza aviaire en vertu des protocoles internationaux. Il précise que, dans un rayon de 10 km autour du foyer de Montenegro (Rio grande do Sul), un total de 540 établissements ruraux ont été inspectés, dont deux élevages avicoles professionnels.
Porc : les industriels du jambon de Parme prêts pour le « Made Green in Italy »
Le Consortium du jambon de Parme a fait annoncer en France le 12 mai que ses industriels disposent désormais d'un logiciel qui les accompagne dans la réduction de l’empreinte environnementale (élevage compris) de cette AOP et d’obtenir la certification « Made Green in Italy ». C’est là l’aboutissement d’un projet démarré en 2022 avec l'école d'ingénieurs Politecnico di Milano – dont la start-up Enersem a développé un logiciel dédié – et avec le CSQA, organisme italien indépendant de certification spécialisé dans l'agroalimentaire. Ce logiciel, validé par le CSQA, « permet aux producteurs de recevoir des recommandations personnalisées pour améliorer leur performance écologique, réduire leur consommation énergétique et comparer leurs résultats avec ceux d'autres entreprises du même secteur », explique le communiqué du Consortium. Le « profil environnemental » du secteur a été établi selon la méthodologie officielle de la Commission européenne PEF (Product Environmental Footprint), puis enregistré par le ministère italien de l'Environnement et de la Sécurité énergétique (Mase) qui délivre le label « Made Green in Italy » aux produits italiens à faibles émissions. Le jambon de Parme Devodier l’arbore déjà.
Plastiques : les sols agricoles davantage pollués que les océans (étude)
La pollution plastique des sols agricoles est « un sujet majeur de préoccupation », indiquent l’Inrae et le CNRS dans une expertise collective publiée le 23 mai. Une trentaine de scientifiques français et européens ont épluché plus de 4 500 publications sur les plastiques utilisés en agriculture et pour l’alimentation en France, en Europe et dans le monde. Ils concluent que la contamination mondiale de la surface des sols agricoles est « supérieure à celle des océans », avec un taux d’environ 1 000 particules de microplastiques (1 µm à 5 mm) par kilo de sol, dans le premier mètre de profondeur. Les plastiques les plus abondants sont le polyéthylène et le polypropylène, deux polymères parmi « les plus utilisés dans les chaînes de valeur alimentaire ». Leur présence dans les sols vient de différentes sources, identifiées mais « difficiles » à hiérarchiser faute de données. Ils proviennent de l’usage d’intrants agrochimiques, d’infrastructures en plastique, de déchets organiques (dont compost, digestat, boues, fumier) et de l’irrigation. S’ajoutent l’usage de déchets organiques et d’eaux d’irrigation contaminés « en amont de l’activité agricole, par le biais d’autres activités humaine », ainsi que le « dépôt atmosphérique » de microplastiques.