Agra Business | CSRD, BASF, Danone, Lactalis, SPMS, Mutti, Biocoop

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RSE: la Coopération agricole publie un guide pour appliquer la directive CSRD

La Coopération agricole (LCA) a publié, le 24 septembre, un guide afin d’accompagner les coopératives dans la mise en œuvre de la directive CSRD («Corporate sustainability reporting directive»). À partir de 2025, plus de 150 coopératives et groupes coopératifs doivent réaliser un rapport de durabilité, d’après les estimations de LCA. Et, de nombreuses autres coopératives pourraient être indirectement concernées, en tant que partie prenante de la chaîne de valeur d’une plus grande entreprise. Les sociétés devront publier leur rapport de durabilité dans les six mois suivant la clôture de leur exercice comptable. «Il s’agit de publier des informations sociales, sociétales, environnementales et de gouvernance», résume le guide de LCA. Une obligation de transparence donc, mais pas de résultat. «Il va falloir mettre sur le papier ce que nous faisons déjà, c’est un gros chantier qui demande de l’expertise», souligne Jean-François Monod, président du comité RSE de LCA. La grande nouveauté de cette directive est d’imposer des normes européennes sur la durabilité (méthodologie, thématiques, indicateurs). Le rapport sera examiné par un «auditeur de durabilité» afin «de vérifier que les informations de durabilité sont bien conformes aux normes adoptées par l’Union européenne», explique LCA. 

Pesticides: BASF projette d'introduire sa division agrochimie en Bourse (presse)

D'après les informations de Bloomberg, publiées le 18 septembre, le patron du groupe BASF, Markus Kamieth, devrait dévoiler, à l'occasion d'un évènement dédié aux investisseurs le 26 et 27 septembre, qu'il projette d'introduire sa division agrochimie en Bourse «d'ici quelques années». En France, BASF s'est distingué, en 2023, en lançant avec huit distributeurs – dont les coopératives Cérèsia, Eureden, Agrial, Oxyane et deux négoces – un nouveau modèle de vente de pesticides au forfait et au résultat. Pour la récolte 2023, l'offre avait été déployée sur 12 000 ha de blé et d'orge. Le service est facturé 85 €/ha en moyenne, incluant le coût des produits. BASF pilote les traitements fongicides grâce à un OAD (outil d’aide à la décision), basé sur des modèles prédictifs de maladies. Le rôle du technicien de coop se limite à l’observation des parcelles. Si l’objectif n’est pas atteint, à savoir 80% de feuilles vertes, BASF indemnise l’agriculteur, à hauteur de 180 €/ha en 2023. Une baisse de 20% de l’IFT (indicateur de fréquence de traitement) fongicide aurait été mesurée depuis le lancement en 2019-2020.

Produits laitiers: Danone fait une offre d’achat pour les kéfirs de Lifeway Foods aux Etats-Unis

Selon les informations de Reuters, le groupe Danone a annoncé, le 23 septembre, avoir fait une offre pour acquérir la totalité de l'américain Lifeway Foods, dont il détient déjà une participation de 23,4% au capital. Lifeway Foods est un fabricant de kéfir (boisson au lait fermenté). La proposition du géant de l’agroalimentaire français valorise Lifeway Foods sur la base d'une valeur d'entreprise totale de 370 millions de dollars. A la suite de cette annonce, l'action de l’industriel américain a grimpé de presque 20% à 25,7 dollars, le 24 septembre au matin, à la Bourse de New York pour dépasser le prix unitaire proposé par Danone. Le groupe français a proposé 25 dollars par action. 

Produits laitiers: Lactalis a investi 154 M€ dans l’énergie et l’environnement en 2023

Au niveau mondial, le groupe Lactalis, présent plus de 60 pays avec 270 sites de transformation, a investi 154 millions d’euros (M€) dans l’énergie et l’environnement en 2023 sur son scope 1 et 2, soit 15% des investissements du groupe, a indiqué le directeur «énergies et environnement» du groupe, Emmanuel Gros, en conférence de presse, le 25 septembre. En moyenne, ces investissements représentent «environ 140 M€ par an». L’empreinte carbone du groupe est de 45 millions de tonnes équivalent CO² en 2023. Ses émissions directes (scope 1 et 2) représentent 6% des émissions de gaz à effet de serre (GES) de Lactalis et ses émissions indirectes (scope 3) représentent les 94% restant (dont 80% émis par les exploitations laitières). Le groupe s’est doté d’une feuille de route pour atteindre le «net zéro» carbone d’ici 2050. Il vise une réduction de 46% pour ses émissions directes par rapport à 2019 et une réduction de 30% des émissions de ses éleveurs «partenaires» d’ici 2030. En juillet, ces objectifs ont été validés par SBTi (organisation indépendante), annonce la directrice générale RSE de Lactalis, Agnès Baudet-Barbezant. Entre 2019 et 2023, les émissions du groupe sur son scope 1 et 2 ont diminué de 10% au niveau mondial. Sur le seul périmètre français, elles ont baissé de 15%.

Lait/réutilisation des eaux: Lactalis estime pouvoir réduire de 10% ses prélèvements en France

Sur les 64 sites de transformation Lactalis en France, la réutilisation des eaux usées traitées et des eaux issues du traitement du lait pourrait permettre de réduire de 10% les prélèvements d’eau de l’entreprise, a indiqué Lactalis en conférence de presse, le 25 septembre. «Les décrets parus cet été offrent des possibilités de réduction très importantes, nous ne manquerons pas d’en faire usage à l’avenir», a expliqué le directeur «énergies et environnement» du groupe, Emmanuel Gros. «Nous n’irons probablement pas jusqu’à l’usage alimentaire, dont nous n’avons vraisemblablement pas besoin», nuance-t-il néanmoins. L’entreprise a effectué des tests de retraitement de l’eau sur son site de Retiers (Ille-et-Vilaine). Sur les 64 usines, 21 sont en situation de «stress hydrique moyen». A l’échelle mondiale, le groupe Lactalis prélève et rejette 67 milliards de litres d’eau par an. «Nous utilisons trois fois plus d’eau que nous ne collectons de lait», précise Emmanuel Gros. Sur dix ans, Lactalis a investi 350 millions d’euros dans les stations de traitement des eaux usées, dont 90 millions d’euros en France pour des projets livrés en 2025. 

Viandes bio : en 2023, l’inflation a accentué la baisse de production (Interbev)

L’année dernière, la baisse de production de viandes rouges bio s’est accentuée, selon l’observatoire 2023 d’Interbev: toutes espèces confondues (bœuf, agneau, porc), les abattages ont reculé de 18% (à 52 011 téc), contre -6% en 2022. L’inflation a provoqué le «détournement des consommateurs» et des «difficultés de valorisation des animaux en bio» (déclassements, congélation, arrêts d’élevages), rappelle l’interprofession. Dans un contexte de prix porteur en conventionnel, les abattages de gros bovins allaitants chutent de 18% et ceux de veaux de 12%. Les gros bovins laitiers, eux, affichent une relative résistance (-7%), grâce à «un écart de prix plus important entre bio et conventionnel, ce qui a permis de mieux alimenter le marché du steak haché». Le porc bio subit aussi une baisse sévère (-23%) et voit son cheptel diminuer (-11,6% de truies). Quant aux ovins bio, leurs abattages reculent de 12%. La filière fait exception avec sa capacité de production en hausse (+3,3% de brebis viande, +5,6% d’éleveurs), mais qui n’empêche pas «une difficulté persistante à valoriser correctement la production bio». Côté débouchés, il n’y a qu’en vente directe que la consommation progresse (+4%); elle stagne en RHD (-1%) et s’affaisse partout ailleurs (-26% en GMS, -25% en boucheries et -12% en magasins spécialisés).

Porc : la Fict demande l'exclusion des charcuteries du champ des centrales Epic et Everest

La Fédération des industriels de la charcuterie et produits traiteurs (Fict) réagit dans un communiqué le 25 septembre au fait que la nouvelle centrale d’achats Aura Retail, alliance entre Intermarché, Auchan et Casino, rejoindrait les centrales européennes Epic et Everest. Elle demande que les produits à forte composante agricole, comme les charcuteries, soient exclues du champ des affaires des centrales européennes. Elle fait référence à une étude de l’interprofession Inaporc selon laquelle une charcuterie sur cinq en rayon en France est fabriquée hors de France. Or, rappelle le communiqué, «75% de la production porcine française est transformée en charcuterie, et 85% des matières premières utilisées par les entreprises sont origine France». La Fict annonce une prochaine étude Banque de France, attendue pour le 1er octobre 2024, qui devrait «confirmer la dégradation des comptes des entreprises [du secteur] avec 26 défaillances relevées par la Banque de France en 2023», selon son communiqué. La précédente étude de la Banque de France, en 2022, montrait que le taux moyen de marge nette était négatif pour les entreprises charcutières de plus de 250 salariés.

Poulet Label Rouge : le Synalaf tente de convaincre les GMS de faire place aux découpes

Le Synalaf (labels avicoles) a envoyé un courrier à une cinquantaine de distributeurs (exploitants de grandes surfaces) cet été pour promouvoir les découpes de poulet Label Rouge après avoir convaincu en 2023 les responsables d’enseignes de faire une place au poulet Label Rouge entier (Prêt à cuire : PAC). Le filet de poulet fermier se vend plus difficilement que les cuisses, constate le Synalaf. Son prix de détail est rendu prohibitif par «un coefficient multiplicateur incohérent», a fortiori du fait des hausses de matières premières et de la main d’œuvre – la découpe étant généralement manuelle en poulet label. Bernard Tauzia, président, a répété cette conviction de la filière à un déjeuner de presse le 25 septembre à Paris. «Au-delà de 20 euros/kg les gens n’achètent plus», a-t-il estimé. En démarchant les distributeurs, les responsables du Synalaf expliqueront qu’un magasin doit trouver son équilibre entre sa marge et le volume de filets fermiers écoulés. Si la GMS a représenté 76,5% des volumes de poulet PAC Label Rouge vendus au détail en 2023, elle n’a représenté que 56% des filets de poulet Label Rouge, a établi le Synalaf grâce aux données Kantar. 

Déforestation importée : des demandes de report de plus en plus pressantes

«À moins de 100 jours de l’entrée en vigueur du règlement sur la lutte contre la déforestation importée», une trentaine d’organisations professionnelles – agriculteurs (Copa-Cogeca), forestiers, alimentation animale, emballage, papeterie, presse… –  appellent, dans un communiqué commun du 25 septembre, la Commission européenne à reporter l’entrée en vigueur de ce texte adopté en 2023. Faute d’éclaircissements «la mise en œuvre de ce règlement d’ici fin 2024 est tout simplement irréalisable et entraînerait la disparition de nombreuses petites entreprises et des pertes d’emplois dans les zones rurales», estiment-elles. Ces opérateurs réclament de la clarté pour adapter leurs pratiques en conformité avec le règlement. Un ajustement qui «ne peut pas être réalisé à la dernière minute». En marge du conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE le 23 septembre à Bruxelles, l’Allemand Cem Ozdemir a réitéré sa demande à la Commission européenne de reporter de six mois l’entrée en vigueur du règlement. Une demande soutenue par cinq autres ministres. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen aurait laissé entendre au sein de son groupe le Parti populaire européen qu’elle envisage un réexamen du calendrier de mise en œuvre de la législation. Mais, officiellement, Bruxelles continue de travailler pour que ses lignes directrices soient prêtes d’ici la fin de l’année.

Céréales: au Canada, grève dans le port de Vancouver, les exportations bloquées

Les travailleurs des terminaux céréaliers du port canadien de Vancouver ont débuté le 24 septembre une grève bloquant la moitié des exportations de céréales du Canada, en pleine période des récoltes. Les négociations pour une nouvelle convention entre le syndicat, le Grain Workers Union, et l'employeur, Vancouver Terminal Elevator Association, ont été rompues la semaine dernière. Si la grève dure, l'impact sur les exportations du pays, le premier exportateur mondial de canola et le troisième de blé, sera important. La Grain Worker Union, qui représente 650 employés – dont notamment ceux des entreprises Cargill, Richardson International et Veterra – a accusé la direction «d'avoir fait très peu d'efforts lors des négociations». L'année dernière, 52% de la production de grains au Canada ont transité par ce port de la côte Pacifique. L'association des producteurs de grains du Canada, qui compte 65 000 fermiers, a demandé au gouvernement d'intervenir pour mettre un terme à cette grève qui risque d'avoir un «impact dévastateur sur les fermes de céréales». Près de 100 0000 tonnes de céréales canadiennes arrivent quotidiennement à ces terminaux, a affirmé l'association dans une déclaration, et un arrêt des opérations entraînerait une perte de 35 millions de dollars canadiens (23 M€) d'exportations par jour.

Tomate/fruits rouges : au Maroc, un fonds sudafricain investit 14 M€ dans la SPMS

Le gestionnaire de fonds sud-africain Vantage Capital a annoncé le 23 septembre un investissement de 14 millions d’euros dans l’entreprise marocaine SPMS (Société de production maraîchère Samir). Basée à Agadir, la SPMS est spécialisée dans la production de tomate cerise et s’est diversifiée en 2014 dans les fruits rouges (framboises, myrtilles et mûres) grâce à un partenariat avec le groupe américain Driscoll’s. Elle entretient aussi un partenariat au long cours avec Salad Time, un leader marocain du marché de l’emballage et de l’exportation de tomates cerises. SPMS gère une surface cultivée de 101 hectares et emploie plus de 2 000 personnes. La société précise être engagée dans la recherche de nouvelles variétés et l’optimisation des systèmes de culture, comme par exemple, l’utilisation de double systèmes d’irrigation et d’eau dessalée pour l’agriculture pour répondre aux problèmes de pénurie d’eau, des solutions digitales pour la gestion des serres, et la mise en œuvre des meilleures mesures de prévention contre les menaces biologiques. SPMS a souligné que l’investissement de Vantage Capital financera sa stratégie de développement pour tripler sa superficie cultivée, à plus de 300 hectares.

Tomate d’industrie : la Chine renforce sa production, Mutti appelle l'UE à se protéger

Dans une interview donnée au quotidien italien Corriere Ortofrutticolo, reprise par le site Tomato News, Francesco Mutti, directeur général du groupe éponyme, appelle à un renforcement de la réglementation européenne à l’encontre des importations de produits à base de tomates chinois. Il explique que, depuis deux ans, la Chine a très fortement augmenté sa production de tomates pour la transformation «allant bien au-delà de ses besoins de production, tant en termes de capacité de vente que de besoins de transformation mondiaux. Et ce avec l'objectif très clair et déclaré de devenir le premier opérateur mondial». S’il évoque une interdiction d’entrée des produits à base de tomates chinoises sur le marché européen, comme l’a fait les Etats-Unis, il plaide plutôt pour «mettre en œuvre une série de mesures pour protéger avant tout le consommateur, mais aussi notre filière». La première est d’imposer une indication claire de l’origine de la matière première sur l’étiquette. «L’autre mesure, déjà dans la législation italienne, serait que les purées ne puissent pas être produites en diluant du concentré de tomates, comme c'est le cas dans d'autres pays où elle est souvent produite à partir de produits chinois». Pour Francesco Mutti, il faut une approche concertée au niveau européen.

Banane: l'origine Martinique et de Guadeloupe élue marque de banane préférée des Français

La banane de Guadeloupe et Martinique est arrivée en tête du classement Marque préférée des Français dans la catégorie «marques de bananes», avec un écart «significatif» devant neuf marques concurrentes, rapporte un article de France-Antilles du 19 septembre. Pour ce faire, la cabinet OpinionWay a réalisé une étude auprès d’un échantillon représentation de 1 051 personnes de la population française âgée de 18 an et plus du 28 au 29 août. Résultat : la marque obtient la première place en matière «de goût, d’utilité, d’engagement, de confiance, de qualité et de proximité», souligne un communique de Marque préférée des Français.

Bio: Biocoop s'approche du 100% origine France sur sa marque distributeur

Biocoop, enseigne de distribution coopérative spécialisée en bio, annonce avoir atteint le cap de «100% de matières premières bio et françaises» pour sa marque distributeur (MDD) «quand elles peuvent l’être», dans un communiqué le 23 septembre. Interrogé, le distributeur précise que «les produits qui ne sont pas origine France sont du type : chocolat, produits chocolatés, café, produits à base de fruits exotiques». Ainsi, «89% des produits à marque Biocoop sont origine France versus 33% en moyenne pour les marques distributeurs bio», nous confie l'enseigne. Cet «objectif fort est le fruit d’un travail de long terme», se réjouit le distributeur coopératif dans son communiqué. Biocoop souligne le travail déployé pour «la construction voire la reconstruction de filières (…) sur le principe du commerce équitable» ; pour garantir «un sourcing rigoureux» ; et pour assurer une «transparence totale vis-à-vis des consommateurs». L’enseigne annonce par ailleurs qu’elle intégrera «dès novembre» le logo Origin’Info sur ses produits, pour indiquer l’origine des ingrédients.  

Jeux olympiques: pas de bonnes affaires en Île-de-France pendant les JO pour les grossistes

Un quart des grossistes livrant la restauration et le petit commerce d’Ile-de-France a enregistré une hausse de l’activité pendant les jeux olympiques, et 26 % ont connu une forte baisse d’activité, selon une enquête flash de la CGF (Confédération des grossistes de France) menée entre le 1er juillet et le 15 aout 2024. Principales raisons invoquées : contraintes d’exploitation en restauration commerciale, suppression de marchés de plein vent parisiens.

Erratum : l’abaissement des limites maximales de résidus d’acétamipride a bien été adopté

Contrairement à ce que nous indiquons dans Agrafil du 24 septembre, les États membres ont bien adopté, le 24 septembre, à la majorité qualifiée, l’abaissement des limites maximales de résidus d’acétamipride. Cette erreur est due à une information erronée communiquée par les services de la Commission européenne que la France et l’ONG PAN Europe ont depuis réfuté. Ce sont les votes sur deux autres molécules, le dithiocarbamate et l’isopyrazam, qui ont, eux, été reportés.