Agra Business | Danone, Mars, Alicoop, Diageo et Medfel

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Produits laitiers : aux États-Unis, Danone lance sa première boisson protéinée enrichie

Danone a annoncé le 13 mai le lancement aux États-Unis de sa première boisson protéinée sous la marque Oikos, nommé Oikos Protein Shake. Cette marque qui propose déjà dans le pays des yaourts de style grec enrichis en protéines lance cette nouvelle boisson fonctionnelle enrichie notamment de « 30 g de protéines complètes pour soutenir les muscles forts et vous permettre de vous sentir rassasié » et de «  5 g de fibres prébiotiques pour soutenir la santé digestive »,  selon un communiqué. La boisson, proposée en trois arômes (chocolat, vanille et caramel salé), est lancée d’abord sur Amazon et chez certains détaillants à l'échelle nationale, puis chez d’autres enseignes. « Trois quarts des consommateurs américains souhaitent augmenter leur apport en protéines, et les médicaments de type GLP-1 (traitements contre l'obésité, NDLR) ne font qu'accélérer cette demande », a expliqué Shane Grant, directeur général adjoint de Danone à Reuters. Le groupe ambitionne de s'imposer sur un marché estimé à 7 Md$, où sont déjà présents ses concurrents comme Fairlife et Chobani. Nestlé ou Conagra lancent aussi de nouveaux produits riches en protéines ou bien reformulent leurs gammes existantes pour répondre à cette demande accrue.

Fromages de brebis : le marché français en recul, mais les exportations progressent

En 2023-2024, la production française de fromages au lait de brebis a légèrement reculé (-2 %) par rapport à 2022-2023, selon le dossier annuel ovin de l'Institut de l'élevage paru en mai. Le roquefort connaît une baisse de 6 % et les fromages à pâte pressée non cuite reculent de 1 %. Le marché français, en baisse en volume depuis 2021, est à -3 % en 2024 par rapport à 2023. Les ventes de roquefort reculent de 11 %, tandis que l’ossau-iraty progresse de 3 %, comme les fromages de type feta. Les ventes de produits ultra-frais au lait de brebis en France cèdent 7 % en 2024 comparé à 2023, tandis que la production est quasiment stable. À noter en revanche que les prix progressent sur le marché hexagonal : les fromages sont en hausse de 1 % et l’ultra-frais de 2 %. Face à un marché domestique déprimé, les exportations poursuivent leur progression d’année en année, surtout pour les fromages de type feta, (+4 % en 2024 par rapport à 2023), atteignant 11 324 t. Les exportations de roquefort se stabilisent en volume, à 3 911 t, et progressent en valeur (+4 %), enregistrant même de très bons scores sur certains marchés comme les États-Unis, avec 20 % de croissance annuelle en 2024.

Lait de brebis : en 2023-2024, collecte en baisse et prix en hausse

La collecte de lait de brebis en France au cours de la campagne 2023-2024 s’inscrit une nouvelle fois en recul, à 288 millions de litres (296 ML en 2022/2023), selon les données publiées par l’Idele dans son dossier annuel ovin paru en mai. Depuis les 303 ML de 2020-2021, on collecte moins de lait à chaque campagne. « La collecte a diversement évolué dans les trois principales régions de production : -3,5 % en Occitanie, +0,4 % en Nouvelle-Aquitaine et +0,2 % en Corse », note l’Idele. Un cheptel baissier, une campagne de reproduction compliquée et des fourrages de qualité médiocre ont entraîné des lactations tardives, et donc un recul de la production globale. La FCO-8 (fièvre catarrhale ovine) apparue au second semestre 2023 pourrait affecter la collecte, qui est « pour le moment en hausse de 5 % sur les quatre premiers mois de la campagne 2024-2025 », note l’Idele. Le prix payé au producteur est toujours en hausse, à 1 237 €/1 000 litres en 2023/2024 (+4,8 % par rapport à la campagne précédente). Le prix standard a grimpé de 4 % (1 192 €/1 000 l) combiné à un enrichissement de la teneur en matière grasse et en matière protéique. La collecte de lait bio est quant à elle en recul de 3 % en 2023-2024 (à 32,12 ML), après trois campagnes successives quasiment au même niveau.

Agroalimentaire : Mars investit plus de 100 M€ sur ses sites français

Dans un communiqué du 19 mai, le groupe Mars, spécialisé dans l'alimentation humaine et des animaux de compagnie, a annoncé une série d'investissements dépassant les 100 M€ dans ses installations implantées sur le territoire français. Dans le détail, 43 M€ seront destinés à ses trois sites en Alsace. Parmi ces 43 M€, 16 M€ serviront à la finalisation de la construction d’un nouveau bâtiment pour la production des cacahuètes de M&M’S Peanut à Haguenau (Bas-Rhin). Viennent ensuite 7 M€ pour la modernisation d’une ligne de production de barres glacées à Steinbourg (Bas-Rhin) et 13 M€ pour financer la transformation digitale de l’usine de production d’aliments pour chiens et chats à Ernolsheim-Bruche (Bas-Rhin). En Occitanie, 32 M€ seront dédiés, entre autres, à la construction d’un pilote industriel sur le site de production Royal Canin basé à Aimargues (Gard). Dans les Hauts-de-France, 23 M€ seront mobilisés pour « moderniser l'usine qui est aujourd’hui le plus gros site de production de Royal Canin au niveau mondial ». Enfin, 7 M€ serviront à la modernisation du siège social de sa filiale Petcare basé à Saint-Denis-de-l’Hôtel (Loiret).

Oléoprotéagineux : première usine de trituration d’Alicoop en service à l’automne 2025

Les travaux de la première usine de trituration d’Alicoop (355 000 t d’aliments produits sur cinq sites, 128 salariés, 122 M€ de chiffre d’affaires) ont débuté à Pamproux (Deux-Sèvres). La mise en service est prévue pour l’automne 2025. À la clé, une capacité annuelle de trituration de 20 000 tonnes de graines : du soja, colza et tournesol produits par les adhérents des coopératives actionnaires dont ceux d’Océalia, d’Oxagri et de Cap Faye. Montant de l’investissement : 8,5 M€. L’enjeu est de renforcer la production locale de protéines végétales en valorisant la production des agriculteurs de la région, tout en réduisant la dépendance des élevages aux importations et en limitant la déforestation. Depuis toujours, Alicoop s’engage pour des filières de qualité au travers notamment des certifications AOP, IGP et Label rouge. Avec cette usine, Alicoop franchit une nouvelle étape en lançant sa première filière protéine régionale, du champ à l’animal : les graines produites sur le territoire, sans OGM, seront transformées et consommées localement dans les élevages. (Anne Gilet)

Blé : Annie Genevard veut limiter les exportations ukrainiennes vers l’UE

La ministre de l'Agriculture Annie Genevard s'est dite favorable le 19 mai à l'élargissement au blé des « freins d'urgence » déjà mis en place sur les exportations de certains produits agricoles ukrainiens vers l'Europe. Pour soutenir Kiev face à l'invasion russe, l'Union européenne a instauré depuis 2022 une exemption de droits de douane sur des produits agricoles ukrainiens, à laquelle s'opposent les agriculteurs européens, dénonçant une concurrence jugée « déloyale » et une pression à la baisse sur les prix. Au sujet de ces accords commerciaux, « on les a durcis de facto parce qu'en 2024, on s'est aperçus que la levée des droits de douane avec l'Ukraine pour soutenir l'effort de guerre ukrainien allait déstabiliser, déstabilisait de fait profondément nos filières, notamment la volaille, notamment l’œuf, notamment le miel, le maïs », a souligné la ministre sur France info. « Donc on a mis ce qu'on appelle des freins d'urgence pour diminuer les importations ukrainiennes, parce qu'on allait beaucoup souffrir », a-t-elle rappelé. À la question du journaliste « Est-ce suffisant ? », la ministre a répondu qu'il fallait « continuer effectivement à contrôler les importations ukrainiennes ». Il faut même élargir » ces freins d'urgence « là où [ils] ne sont pas, notamment au blé », a jugé la ministre.

Spiritueux : Diageo anticipe un impact de 134 M€ des droits de douane américains

Diageo, le premier producteur mondial de spiritueux, a annoncé le 19 mai prévoir de subir un impact annuel de 150 millions de dollars (M$), soit 134 millions d'euros (M€) lié aux droits de douane imposés par le président américain Donald Trump, ainsi que le lancement d’un plan visant à économiser 500 M$. « Nous considérons que les pressions actuelles sur le secteur sont principalement liées à des facteurs macroéconomiques, l’incertitude persistante pesant à la fois sur le calendrier et le rythme de la reprise », a déclaré la directrice générale Debra Crew dans un communiqué de presse. Un programme d'économies d'environ 500 M$ est prévu sur trois ans, qui permettra à la fois « de réinvestir dans la croissance future et d'améliorer le levier opérationnel ». Diageo, dont le portefeuille inclut notamment Johnnie Walker et Guinness, a par ailleurs fait état d’une hausse de 5,9 % de ses ventes organiques au troisième trimestre, à 4,4 Md$, et a confirmé ses prévisions annuelles.

Relations commerciales : Arnaud Rousseau écarte tout « prix minimum ou administré »

Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a tenu à préciser la position du syndicat majoritaire sur la question des prix plancher pour les agriculteurs. Dans une réponse au président de la Fnil (industriels du lait), François-Xavier Huard, publiée sur LinkedIn, M. Rousseau a souligné : « Si la FNSEA ne porte pas la logique de prix minimum ou administré, n’omettez surtout pas de dire que la défense d’un prix rémunérateur pour les agriculteurs est bien le cœur de notre action. » Et de rappeler que « notre combat, c’est celui du revenu pour les producteurs. » Dans son post, François-Xavier Huard cite Arnaud Rousseau : « Les prix minimum, c’est du populisme. On ne peut pas vouloir un prix minimum quand les marchés baissent et les prix du marché quand les cours augmentent ». Des propos tenus lors d’une réunion au siège de l’Ania le 15 mai. Pourtant, la semaine dernière, la FNSEA semblait pousser pour que le coût de production (fixé par les interprofessions et instituts techniques) constitue un prix minimum, mais seulement pour les filières qui le souhaiteraient, comme l’indiquait Yannick Fialip, président de la commission économique du syndicat. Ces débats interviennent dans le cadre plus large de la préparation d’une loi Egalim 4, qui pourrait être présentée après l’été.

Méthanisation : la région Normandie va mettre un terme à ses subventions (presse)

La région Normandie a annoncé le 15 mai qu’elle mettra un terme aux subventions accordées aux futurs projets de méthaniseurs, dont ceux agricoles, d’après nos confrères de Ouest-France (article payant). « Les retours sur investissement des méthaniseurs sont convenables. Comme nous avons des contraintes financières, la Région finance les derniers méthaniseurs sur lesquels nous avons pris des engagements et nous arrêtons le financement des prochains. Je le fais dans un schéma où je dois réduire de 150 à 200 millions d’euros mon budget », s’est exprimé son président Hervé Morin lors d’une réunion publique au Pin-la-Garenne (Orne). Selon Métha’Normandie, le nombre d’installations régionales à la ferme est passé de 23 en 2015 à 112 en 2025 (et de 56 à 211 sur la même période tous secteurs confondus). Pour rappel, fin 2023, Hervé Morin avait dénoncé des « dérives » dans la méthanisation issue des activités agricoles, notamment l’incorporation de maïs, engendrant une concurrence avec la nutrition animale. En conséquence, les aides à l’activité avaient été suspendues, avant d’être dégelées l’année suivante.

Score nutritionnel/environnemental : les consommateurs plus sensibles à la santé (étude)

Alors que le gouvernement prépare un affichage environnemental sur l’alimentation, des chercheurs de Paris-Saclay ont étudié les interactions entre différents types de notations, comme le montre un brief publié en avril. Par exemple, une enquête en ligne en 2021 portait sur une pizza (présentée comme fictive), avec trois scores testés : le Nutri-Score, un score écologique et un score global (qui synthétise les deux). Résultat : pour chaque score, « l'effet dominant vient de la réduction des intentions d'achat liée à la couleur orange » (lettres D ou E). Surtout, avec l’orange foncé, « le score nutritionnel entraîne des baisses des intentions d'achat plus importantes que celles liées au score écologique ou au global-score, montrant une plus forte sensibilité donnée à la dimension de santé par rapport à celle de l’environnement ». Quand on combine « deux scores de couleurs opposées », « l'impact négatif » de l’orange foncé sur les intentions d'achat « n'est pas compensé par l'impact positif de la couleur verte pour l'autre score ». Selon une autre étude (2025), en laboratoire, « lorsqu'un score est défavorable, le consentement à payer (CAP) des consommateurs diminue de manière significative, même si un autre score est favorable ». Par ailleurs, « un seul score favorable (vert) n'augmente pas significativement le CAP des consommateurs, mais l'apposition conjointe de deux scores favorables le fait ». 

Fruits et légumes : « bilan très positif » pour le salon Medfel 2025 (organisateurs)

Dans un communiqué du 19 mai, les organisateurs du Medfel se réjouissent d’un « bilan très positif » pour le 15e édition du salon : 3 523 professionnels s'y sont rassemblés les 23 et 24 avril, des producteurs à 40 %, mais aussi des distributeurs, transformateurs, institutionnels et experts. Les acheteurs européens et internationaux représentaient 29 nationalités avec « pour la première fois » des Belges et des Suisses. « Près de 50 exposants » ont porté les couleurs de la bio. Côté business, les rendez-vous d’affaires ont augmenté de 1,3 % par rapport à 2024 ; côté conférences, celles-ci ont été « très suivies ». 75 % des exposants ont confirmé aux organisateurs leur volonté de revenir l’année prochaine (28 et 29 avril 2026). Comme habituellement, le salon a été l’occasion d'annoncer des prévisions de récolte (abricots et prunes) et de plantations (melons). Pour rappel, les organisateurs du salon sont la région Occitanie, l’Agence régionale de développement économique Ad’Occ et Spas Organisation.

Formation continue : nouvelle présidente pour le fonds Vivea

Vivéa, le fonds professionnel agricole dédié à la formation continue, a élu une nouvelle présidente pour son conseil d'administration jusqu'en 2023 en la personne de Fabienne Garel, qui remplace Marianne Dutoit, comme elle issue de la FNSEA. Le bureau est par ailleurs composé de Julien Rouger (Jeunes agriculteurs), Pierre Collin (chambres d'agriculture), Christine Gandon (CNMCCA), Emmanuelle Billard (Confédération paysanne) et Gonzague Bachelier (Coordination rurale).