Agra Business | Le Duff, Océalia/magasins U, Carré, Lactalis

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Boulangerie : le groupe Le Duff (Bridor) se renforce aux États-Unis

Le groupe agroalimentaire français Le Duff (3,5 Md€ de CA, 19 000 salariés) a annoncé le 23 avril ouvrir un nouveau site de production aux États-Unis, à Dallas, notamment pour « desservir le marché sud-américain » et doubler la capacité de production d'une autre usine située près de Philadelphie. Figurant parmi les leaders mondiaux de la boulangerie et de la restauration, le groupe breton prévoit d'ouvrir le site de Dallas en 2027, « qui permettra de desservir le marché sud-américain et de renforcer la présence du groupe sur l'ensemble du territoire américain », selon un communiqué. « En parallèle, l’actuel site de production Bridor situé près de Philadelphie (Vineland) double sa capacité de production », ajoute le groupe Bridor, qui produit des pains et des viennoiseries surgelés. Le Duff avait déjà annoncé en 2024 un nouveau site de production à Salt Lake City en 2026. Le montant des investissements n'est pas précisé. Parallèlement, Le Duff a annoncé un investissement de 100 M€ en Normandie pour transformer un site de production à Falaise (Calvados) de la marque Frial (plats cuisinés surgelés) qui appartient au groupe, en un site de production Bridor, avec à la clé la création de 150 emplois.

Blé : Océalia propose des baguettes responsables et locales dans les magasins U

Le 17 avril, le groupe coopératif Océalia (932 M€ de CA, 930 000 t de collecte, 7 000 adhérents) a signé un contrat tripartite avec les magasins U et le moulin Bellot Minoteries (Deux-Sèvres) pour « la production et la commercialisation d’une baguette régionale 100 % locale ». Les 500 tonnes de blé utilisées pour produire deux millions de baguettes proviennent de six exploitations adhérentes d’Océalia, engagées dans la démarche « Sillon Responsable » du groupe. Lancée en 2021, elle vise à valoriser les pratiques agroécologiques des agriculteurs sans oublier la performance économique de leurs exploitations. Ces baguettes seront proposées sous deux déclinaisons : la baguette « Poitou-Charentes » dans les magasins U de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne ; et la baguette Nouvelle-Aquitaine en Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne, Pyrénées-Atlantiques, Corrèze, Creuse et Haute-Vienne. Ce partenariat, acté pour trois ans, garantit une traçabilité totale des blés, une juste rémunération des producteurs et des actions pour préserver la qualité de la ressource en eau ; Océalia travaillant par ailleurs ce dossier avec Eau 17 et l’EPTB (Etablissement public territorial de bassin) de Charente. (Anne Gilet)

Machinisme : le constructeur vendéen Carré placé en redressement judiciaire

Le fabricant de machines agricoles Carré a annoncé le 23 avril son placement en redressement judiciaire. Jugement du tribunal de commerce de La-Roche-sur-Yon (Vendée), l’enclenchement de la procédure « intervient dans un contexte économique difficile », selon un communiqué de presse. Carré est, « depuis plusieurs mois », confronté à « des défis économiques importants qui ont affecté sa trésorerie et sa capacité à honorer ses engagements financiers ». Le syndicat Axema avait fait état, le 13 novembre, de carnets de commandes « au plus bas depuis 2010 » chez les industriels. Basé à Saint-Martin-des-Noyers, le constructeur vendéen est spécialisé dans les outils de préparation du sol (déchaumeurs, vibroculteurs, etc.), de semis et fertilisation, d’entretien des cultures (bineuses, herses, houes rotatives, etc.). Carré bénéficie, depuis 2016, d’une procédure de sauvegarde. Son chiffre d’affaires a atteint 19,1 millions d’euros en 2023. L’entreprise emploie 105 personnes, indique-t-elle sur son site internet.

Lait : Lactalis investit 13 M€ pour moderniser sa laiterie de Mayenne

Le groupe Lactalis met la main à la poche pour moderniser son usine de Mayenne (420 millions de litres de lait) et réduire son empreinte environnementale. Près de 12,7 millions d’euros ont ainsi été investis depuis le début des travaux, fin 2023 : la fin du chantier est prévue dans quelques semaines. Parmi les investissements, l’installation d’une chaudière biomasse, pour remplacer la précédente fonctionnant au gaz, et ainsi réduire de près de 83 % les émissions annuelles de CO2 d’origine fossile. La vapeur issue de la combustion du bois est utilisée pour concentrer les sérums et perméats, sécher les poudres, produire de la caséine ou encore chauffer l’eau nécessaire au nettoyage des installations. L’approvisionnement en bois de la chaudière se fera via des filières locales, avec 40 % de ressources provenant des Pays de la Loire, 40 % de Normandie et 20 % de Bretagne. Portée par ces investissements, la laiterie de Mayenne renforce ses équipes et ouvre 15 nouveaux postes dans des métiers variés allant de conducteur d’installation à technicien de maintenance, en passant par des conducteurs d’utilités industrielles, en charge notamment de l’exploitation de cette nouvelle chaudière. (Anne Gilet)

Porc : l’interprofession espagnole salue le nouveau protocole d’export avec la Chine

Le nouveau protocole d’exportation de viandes porcines vers la Chine, signé par l’Espagne, pour cinq ans renouvelables, promet des marchés plus valorisants, selon l’interprofession espagnole du porc blanc, Interporc. Le 11 avril, jour de l’annonce de ce protocole par le ministère de l’Agriculture, Interporc a salué dans un communiqué ce « nouveau cadre [qui] permettra d’élargir la liste des produits autorisés à exporter depuis l’Espagne, comme les estomacs, qui ont une forte demande parmi les consommateurs chinois, ainsi que d’augmenter les ventes de produits déjà présents, tels que les jambons à forte valeur ajoutée ». En 2024, souligne le communiqué, les exportations de produits porcins vers ce pays ont atteint 540 000 tonnes, pour une valeur de plus de 1,097 Md€, soit « près de 20 % du volume total des exportations du secteur et 12,5 % de la valeur de ses ventes à l’étranger ». Ce protocole sino-espagnol est signé dans un contexte commercial mouvant. En effet, la Chine vient d’imposer des droits d’entrée de 131 % sur les viandes et abats de porc des États-Unis, et elle avait lancé en juin 2024 une enquête antidumping d’un an sur le porc de l’Union européenne, en réponse à la taxation par l'UE des batteries et véhicules électriques en provenance de Chine.

Viandes : en Espagne, pas plus de trois portions par semaine pour les scolaires (gouvernement)

Par un décret royal daté du 15 avril, le gouvernement espagnol impose à tout établissement de restauration scolaire ou éducatif un maximum de trois portions de viandes au cours d’une semaine (dont une seule portion de viande rouge), ainsi qu'un maximum de deux portions de viande transformée en un mois. L’association des industries des viandes, l’Anica, met en cause la justification nutritionnelle de ce décret dans un communiqué du 16 avril. « Le gouvernement ignore l’évidence scientifique », accuse-t-elle, en relevant que celui-ci privera les enfants et adolescents des nutriments essentiels des viandes et les soumettra à un excédent d’amidon. L’Anica déplore « un message biaisé et négatif sur la viande (…) qui peut affecter à la fois la perception publique et la qualité nutritionnelle de l’alimentation des enfants ». En limitant les viandes servies au cours d’une semaine, le décret fait la part belle aux salades (3 à 4 rations), aux préparations apportant des protéines végétales (1 à 5 rations) et au poisson (1 à 3 rations). En dessert, le texte limite aussi tout ce qui n’est pas fruit à une portion par semaine (de préférence de produits laitiers sans sucre).

Fruits et légumes/francisation : Genevard va assister à un contrôle des Fraudes en GMS

Les ministres Annie Genevard (Agriculture) et Véronique Louwagie (Commerce) iront dans un E.Leclerc à Osny (Val-d’Oise) assister à un contrôle de l’origine des fruits et légumes par la DGCCRF (Fraudes), le 24 avril dès 9h, prévient un communiqué. Symboliquement, il s’agit de montrer une « pleine mobilisation » pour la « souveraineté alimentaire », qui inclut la lutte « contre les pratiques trompeuses de " francisation " » (des produits étrangers présentés comme français). Des fraudes qui « portent atteinte à la confiance des consommateurs » et « pénalisent les agriculteurs français » Étiquetage non-conforme, marquage trompeur, non-respect des règles de traçabilité ou de facturation, etc. Une enquête de la DGCCRF de 2020 soulignait que, « en matière de fruits et légumes ou de champignons », « la francisation est répandue dans le cadre particulier d’entreprises de production et de commercialisation lorsqu’elles sont détenues par le même gérant ». En commerce de gros, « certains produits se prêtent moins que les autres à la fraude » ; « contrairement au kiwi par exemple, certains produits ont une durée de vie très courte et leurs spécificités » (fragilité, marketing…) laissent moins de marge de manœuvre « pour manipuler librement les colis et modifier les emballages ». Sur LinkedIn, le BIK (interprofession du kiwi) a justement récemment fait le point sur sa lutte contre la francisation.

Export/restauration : trois entreprises ligériennes sur la rampe du catering aérien

D'après un article publié le 22 avril sur son site web, FoodLoire (service d’aide à l’export de la chambre d’agriculture des Pays de la Loire) a fait son retour sur le salon allemand du catering aérien et de la restauration à bord (WTCE, du 8 au 10 avril à Hambourg), où elle a fait exposer trois entreprises ligériennes : Groupe Gendreau (plats cuisinés), Brioche Pasquier et le domaine Herbauges (vins, dont en cannettes). Son communiqué présente la restauration dans les avions comme un marché valorisant à l’export. En particulier parce qu’elle donne de la « visibilité internationale sur des produits à forte valeur ajoutée » et procure « des référencements durables auprès de grands opérateurs ». FoodLoire argumente que le trafic aérien a repris après la pandémie de Covid-19 et qu’il devrait croître de 4 à 5 % jusqu’en 2020, selon l’Association du trafic aérien international. Ce canal de distribution « sous-exploité » demande des produits régionaux ou premium, des plats végétariens gourmets ou des douceurs « made in France », en portions réduites, dans des conditionnements allégés ou à longue conservation, pratiques. Le vin en canette du domaine Herbauges est un bon candidat, selon FoodLoire.

Agroalimentaire : les États-Unis vont interdire les colorants artificiels

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé le 22 avril son intention d'éliminer des denrées alimentaires tous les colorants artificiels actuellement autorisés aux États-Unis d'ici fin 2026. En tout, ce sont huit colorants artificiels soupçonnés d'être à l'origine de cas d'hyperactivité, de diabète ou encore de cancer, présents dans des milliers de produits alimentaires comme des bonbons, des céréales, des sauces et des boissons, qui vont être progressivement interdits. Cette annonce suit celle, mi-janvier, de la précédente administration démocrate de retirer des denrées alimentaires un autre colorant artificiel nommé « Red3 » en Amérique du Nord et E127 en Europe, connu depuis plus de 30 ans pour provoquer des cancers chez les animaux. Selon un communiqué du ministère de la Santé, l'agence américaine de contrôle alimentaire et pharmaceutique (FDA) va d'abord révoquer l'autorisation de deux des huit colorants « dans les prochains mois », puis « travailler avec l'industrie afin d'éliminer » les six autres, bien plus répandus, comme le rouge « Red40 » (E129 en Europe) et les jaunes « Yellow5 » (E102) et « Yellow6 » (E110). En parallèle de ce travail, les autorités sanitaires vont « autoriser quatre nouveaux colorants naturels dans les semaines à venir » et accélérer les processus d'approbation d'autres.