Agra Business | RTG/Concordis, Sofiprotéol/Flanquart, moissons et Heineken

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Grande distribution : l'allemand RTG rejoint Carrefour et U pour leurs achats

L'alliance Concordis dans la grande distribution, formée en juillet par Carrefour et la Coopérative U pour négocier leurs achats depuis Bruxelles, va accueillir la coopérative allemande RTG, ont annoncé les partenaires le 13 août. RTG fédère huit distributeurs allemands, dont la chaîne de droguerie Rossmann, le groupe de supermarchés à bas coût Netto et les enseignes Globus, Bartels‑Langness, Bünting, Tegut, Kaes et Klaas & Koc. Ensemble, ils cumulent environ 31 Md€ de chiffre d'affaires, avec 570 hypermarchés, 770 supermarchés et quelque 2 230 magasins de droguerie. RTG, Carrefour et Coopérative U – respectivement 2e et 4e distributeur de France –, cumulent désormais plus de 125 Md€ de ventes en France, Allemagne et Espagne. Objectif de l'alliance, qui sera effective en 2026 : « améliorer les conditions d’achat auprès des principaux fournisseurs multinationaux de marques nationales » notamment pour « réduire les coûts », explique le communiqué. L'arrivée de la coopérative allemande dans l'alliance « conforte sa capacité de négociation à l'échelle continentale », a commenté Alexandre Bompard, le p.-d.g. de Carrefour, cité dans le communiqué.

Ingrédients : Sofiprotéol investit dans le spécialiste de la graine Flanquart

Sofiprotéol, société de financement et de développement d’Avril, a annoncé le 8 juillet sa prise de participation minoritaire dans le nordiste Flanquart, spécialiste des graines alimentaires. Cette opération permettra notamment de « poursuivre les investissements en cours afin de développer les capacités de production de l’usine d’Annezin dans des produits à plus forte valeur ajoutée en réponse aux demandes des clients agroalimentaires, tout en confortant la trajectoire de développement durable de l’entreprise », selon le communiqué. Expert de la valorisation des graines, Flanquart propose tout une gamme (graines, flocons, farines, purées, mélanges et granolas) à destination de nombreux secteurs agroalimentaires : BVP (boulangerie, viennoiserie, pâtisserie), biscuiterie, chocolaterie, glaces, traiteur, snacking et nutrition spécialisée. Le nordiste développe des ingrédients naturels aux propriétés fonctionnelles (épaississants, texturants, stabilisants…). Fondée en 1992 par Olivier et Marie-Laëtitia Dusaussoy, l’entreprise familiale est implantée à Annezin (Pas-de-Calais) sur un site de plus de 7 000 m2. Une deuxième génération a pris les commandes en 2019, avec la reprise par le fils Gatien.

Moissons : rebond amplifié des volumes, les qualités « satisfaisantes » (instituts)

Les derniers chiffres officiels sur la moisson 2025, diffusés le 8 août par Agreste, montrent un rebond amplifié des volumes, alors que les qualités sont « satisfaisantes », selon une autre publication le 13 août de FranceAgriMer et des instituts techniques. En blé tendre, le ministère de l’Agriculture table sur 33,1 Mt (contre 32,6 Mt au 1er juillet). « Les teneurs en protéines moyennes sont généralement comprises entre 10,5 et 11,5 %, selon un axe croissant ouest-est », les poids spécifiques (PS) « majoritairement élevés », selon le communiqué de l’établissement national, d'Arvalis et et de Terres Inovia. En blé dur, 1,3 Mt sont attendues et « le mitadinage semble limité » en l’absence de pluies. Côté orge d’hiver, la récolte est estimée à 8,4 Mt. « Les teneurs en protéines oscillent entre 9,5 et 10,5 % sur une large partie du territoire », quand les PS et calibrages s’avèrent « bons voire très bons ». L’orge de printemps est chiffrée à 3,5 Mt (contre 3,4 Mt précédemment), avec des protéines entre 9,8 et 10,8 %, et des PS et calibrages « excellents ». En colza, l’estimation bondit à 4,5 Mt (4,2 Mt précédemment). « La qualité des graines est remarquable avec une teneur en huile à plus de 45 %, en nette hausse par rapport à 2024. » La récolte de pois protéagineux est, elle, chiffrée à 0,5 Mt.

Bière : fuite d'ammoniac dans une usine Heineken dans le Nord, évacuée par précaution

Une fuite d'ammoniac s'est produite le 13 août dans la brasserie du géant néerlandais Heineken à Mons-en-Barœul, près de Lille, conduisant à l'évacuation de l'usine ; mais, selon la préfecture du Nord, son odeur ne présente pas de danger pour les riverains. Les taux d'ammoniac dans l'atmosphère « ont été calculés à l'intérieur et à l'extérieur de l'usine » et ont démontré qu'il n'y avait « aucune dangerosité pour la population », même si une odeur peut être ressentie, selon une porte-parole de la préfecture interrogée par l'AFP. Utilisé dans l'usine Heineken pour ses fonctions réfrigérantes, l'ammoniac est un gaz inflammable et toxique quand il est inhalé à hautes doses. Il peut aussi provoquer des brûlures de la peau et des lésions oculaires. La fuite a été signalée vers 14h30, dans une partie de l'usine qui est actuellement en travaux, a précisé à l'AFP un porte-parole du service départemental d'incendie et de secours (Sdis). En fin d’après-midi, son origine précise n'avait cependant pas encore été localisée, selon la préfecture et les pompiers. Cette usine (260 millions de litres de bière en 2024) est la plus grande de Heineken en France en termes de superficie, de capacité de production et en nombre de marques brassées (Heineken, Pélican, Pelforth, gamme Desperados...), peut-on lire sur le site français du groupe.

Bio : une étude prospective pointe la « possible marginalisation » en 2040 (ministère)

Une étude prospective Ceresco/Crédoc sur l’évolution de l’agriculture biologique (AB) d’ici 2040 fait apparaître que « la question d’une possible marginalisation de l’AB se pose, face à d’autres démarches mettant elles aussi en avant des promesses environnementales », indique le Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture dans une note d’analyse publiée le 13 août. L’étude fait aussi apparaître « l’importance, pour la consommation des produits biologiques, des prix, de la perception des labels et des bienfaits attendus (santé, environnement…) ». Réalisée par les bureaux d’études Ceresco et Crédoc à la demande du ministère, elle examine quatre scénarios qui illustrent des « évolutions probables » du secteur bio français. Un premier scénario décrit un futur où la bio est en repli, parfois produite de manière « intermittente », ce qui aboutit à de nouveaux cahiers des charges AB locaux avec des « pratiques et (…) soutiens éventuels (…) hétérogènes selon les territoires ». Le deuxième scénario esquisse une prise de conscience globale des enjeux environnementaux qui ouvre une « troisième voie » moins exigeante que l’AB, tandis que la bio s’enfonce dans la crise. Le scénario 3 décrit « un nouvel essor » de l’AB grâce à une rationalisation du marché et un cahier des charges assoupli. Enfin, le quatrième scénario esquisse un futur où l’AB « devient progressivement la norme » et « la référence pour la politique agricole commune ».

Carottes/désherbage : les producteurs précisent leurs attentes en matière d’agroéquipement

L’AOPn Carottes de France a annoncé le 16 juillet sur LinkedIn la publication de son « cahier des charges du désherbage de précision de la filière carotte ». Disponible sur demande auprès de Carottes de France et destiné notamment aux agroéquipementiers, il vise à accompagner le développement de nouvelles technologies en phase avec les attentes des producteurs face aux impasses de désherbage. « L’identification de nouvelles techniques de désherbage constitue un axe de recherche prioritaire pour les producteurs de carottes françaises », évoque en préambule Christian Letierce, président de Carottes de France. Parmi les technologies attendues, les auteurs listent le laser, les micro-ondes, l’électrique, ou encore la lumière pulsée. Toutes permettant « d’intervenir à un stade précoce et de limiter le resalissement » (lire notre enquête sur le désherbage des légumes). Dans le détail, ces solutions sont attendues dans un délai de trois à cinq ans, avec un taux d’efficacité et de sélectivité de 95 % en un passage prioritairement sur le rang, tout en étant compatible avec des tracteurs de 100 à 120 ch. À long terme, ces technologies doivent permettre de remplacer les produits phytosanitaires dont les autorisations sont progressivement retirées. (Tanguy Dhelin)

Fromages : 40 lots rappelés, « possible contamination » à Listeria (ministère)

Plus de 40 lots de fromages au lait pasteurisé (camemberts, crémeux, bûches de chèvre, etc.) produits par la fromagerie Chavegrand (Creuse) ont fait l’objet d’un rappel les 11 et 12 août, en raison de suspicion de contamination à la bactérie Listeria monocytogenes. Dans un communiqué du 12 août, le gouvernement et Santé publique France évoquent « un lien possible » avec une série de 21 récents cas de listériose, ayant provoqué deux décès. 18 de ces cas remontent à début juin. Chavegrand avait déjà procédé à un précédent rappel après une contamination « détectée par un distributeur le 12 juin », précise le ministère de l’Agriculture à la presse. Après un mois de contrôles renforcés, « aucune contamination des produits par la listéria n'a été détectée et la production a pu se poursuivre », de même source. Par la suite, la « surveillance officielle des cas humains [de listériose] menée par Santé publique France » a montré que la bactérie détectée le 12 juin présente « la même carte d'identité génétique que celle isolée sur plusieurs cas humains de listériose ». D’où le second rappel déclenché en août par la fromagerie, « par précaution ». Selon Chavegrand, les fromages rappelés en juin et août ont été produits sur une ancienne ligne de production, fermée début juin, remplacée par une nouvelle ligne et soumise à « un plan d'analyse très renforcé », qui n'a toujours pas permis de trouver de trace de Listeria au sein de la fromagerie.