Pesticides : le suisse Ecorobotix lève 105 M$ pour sa pulvérisation de précision
Après une levée de fonds de série C de 45 M$ (38,8 M€) en 2024, le suisse Ecorobotix vient de lever 105 M$ (90,5 M€) supplémentaires en financement de série D pour sa technologie de pulvérisation de précision basée sur l’IA (lire l'article complet dans Agra Innovation). Sa technologie peut distinguer et traiter chaque plante individuellement, en utilisant une empreinte de pulvérisation de quelques centimètres. D’après le communiqué d’Ecorobotix du 13 octobre, cette approche « réduit l’utilisation de produits phytosanitaires jusqu’à 95 % tout en maintenant l’efficacité ». L’entreprise a déjà mis au point plus de 25 algorithmes de culture avec ARA, son pulvérisateur à « ultra-haute précision » polyvalent, capable de s'adapter à plusieurs cultures, et différents types d’adventices. « Ces derniers cycles d’investissement nous ont permis d’accélérer notre innovation, de nous déployer sur de nouvelles cultures, d’élargir notre gamme de produits et apporter nos algorithmes de culture avancés sur le marché plus rapidement », explique le p.-d.g. d’Ecorobotix Dominique Mégret. (Irina Lafitte, Agra Innovation)
Protéines alternatives : The Very Aquafaba lance son blanc d'œuf végétal sous forme de poudre
La start-up française The Very Aquafaba a annoncé le 13 octobre le lancement de la première alternative au blanc d’œuf à partir de pois chiche et sous forme de poudre. Ce nouveau produit est confectionné à partir de l’eau de cuisson des pois chiches selon un procédé exclusif mis au point par la société. Cette matière première, généralement non valorisée, est obtenue auprès des conserveurs ou des traiteurs fabricant du houmous. La présentation sous forme de poudre permet de répondre aux attentes des industriels des desserts ou des sauces habitués à utiliser le blanc d’œuf déshydraté dans leurs recettes. L’alternative végétale permet d’obtenir des produits finis végans et sans allergènes. The Very Aquafaba avait lancé en janvier 2024 son premier produit : un substitut végétal au blanc d’œuf à partir de pois chiches sous forme liquide et prêt à l’emploi (pour pâtisseries et cocktails). La société pilotée par Arnaud Delacour est actuellement en cours de levée de fonds pour sa série A et poursuit la R&D pour mettre au point une alternative végétale au beurre de tourage, un projet soutenu par BPI France dans le cadre du programme France 2030. La société est soutenue par les fonds Big Idea Ventures et Apok Invest, ainsi que par des business angels.
Viande : la société d’exploitation de l’abattoir de Bazas (Gironde) est liquidée (presse)
Le tribunal de commerce de Bordeaux a prononcé le 8 octobre la liquidation judiciaire de l’abattoir multi-espèces prestataire de services de Bazas (Gironde), informe France 3 Nouvelle-Aquitaine le 10 octobre. Les usagers, qui apportaient leurs porcs, vaches ou agneaux de Gironde, des Landes ou du Lot-et-Garonne, doivent faire abattre ces bêtes dans d’autres abattoirs, en particulier celui de Bergerac, en Dordogne, rapporte le journal. Bergerac est à 2 h de route de Bazas, déplore une éleveuse interrogée, expliquant ne pas pouvoir consacrer une demi-journée par semaine au transport des animaux et au retour des carcasses. Des éleveurs envisagent de constituer une coopérative dans le sud de la Gironde afin de reprendre l’exploitation de cet outil, dont les murs appartiennent à la ville de Bazas et l’outil de production à la communauté de communes. L’outil serait en bon état selon un responsable municipal. Afin de réduire les frais de fonctionnement, une solution consisterait à partager la charge de travail entre le personnel et les éleveurs.
Produits laitiers : le Petit Basque investit 750 000 € dans son usine de Gironde
La laiterie Le Petit Basque, qui transforme exclusivement du lait de brebis, a investi 750 000 € dans son usine de Saint-Médard-d’Eyrans (Gironde) en 2024, peut-on lire dans son dossier de presse publié en octobre 2025. Cet investissement a été réalisé pour fabriquer une gamme de fromages frais, une nouveauté pour cette laiterie spécialisée dans les yaourts, caillés et desserts lactés. Plus précisément, l’investissement a consisté à créer « un atelier de 300 m², doté de cuves de dernière génération et d’une conditionneuse » et à mettre en place « deux process distincts : l’un dédié au fromage fouetté, l’autre au tartiné, avec des emballages adaptés à chaque recette », indique l’industriel. La marque Le Petit Basque, acquise en 1995 par Sill Entreprises (Le Gall, Malo) est « leader sur le marché de l’ultra-frais de la brebis avec une croissance en volume de 6,8 % et une part de marché volume de 33 % (+0,8%) », selon les données Circana arrêtées à octobre 2025. Le Petit Basque collecte dans le Sud-Ouest 17,5 millions de litres de lait de brebis par an, dont 7 millions en bio, sur les 320 millions de litres de lait de brebis produits chaque année en France.
Alimentation animale : les entreprises européennes reculent au classement mondial (presse)
Plusieurs industriels européens ont reculé dans le classement 2024 des producteurs mondiaux d’aliments pour animaux (en tonnage) publié le 9 octobre par la revue américaine FeedStrategy, Le géant hollandais De Heus, leader européen, sort du top 10 des plus gros producteurs, et tombe à la 13e place. Son concurrent local Royal Agrifirm passe de la 39e à la 52e place, le danois DLG Group de la 43e à la 55e place, et le français Eureden de la 86e à la 96e place. Le média justifie le déclin européen par une combinaison de facteurs : « épidémies animales, défis liés au climat et pressions économiques et réglementaires ». Le classement comprend environ 200 entreprises, dont près de 150 dépassent les 1 Mt/an de production. En 2023, la première entreprise française dans ce classement était le groupe Avril (2,76 Mt de production), suivi d’Eureden (1,8 Mt), puis Terrena (1,65 Mt), Cooperl Arc Atlantique (1,327 Mt), Le Gouessant (0,773 Mt) et Nutréa Nutrition animale (0,770 Mt). Le top 10 est dominé par des acteurs chinois et américains pour l’essentiel. Le premier était le chinois New Hope Group il y a deux ans, dépassé cette année par son compatriote Haid Group, qui revendique une production de 26,5 Mt en 2024.
Frites surgelées : la grève toujours en cours chez l’industriel belge Clarebout (presse)
Selon les informations du média La Libre du 13 octobre (article payant), la grève des salariés du producteur belge de frites surgelées Clarebout est toujours en cours, ralentissant sa production. Pour rappel, l’entreprise emploie environ 3 000 salariés, travaillant dans ses usines basées en France et en Belgique. Le mouvement de grève a démarré le 2 octobre. Les salariés jugent insuffisante la première proposition de prime faite par la direction, s’élevant à 500 € annuels nets. Le groupe belge a été racheté par l’américain Simplot pendant l’été, pour un montant qui se compterait en milliards d’euros. Une deuxième proposition de la direction est arrivée sur la table le 9 octobre : 500 € nets de base, 750 € à partir de 10 ans d’ancienneté et 1 000 € à partir de 20 ans d’ancienneté. Cette dernière a également été rejetée par les employés. Rappelons que Clarebout est également contesté en France par les producteurs de pommes de terre pour ses pratiques commerciales agressives, revenant unilatéralement sur certains contrats. Les prix des pommes de terre se sont par ailleurs effondrés depuis des mois, en raison de l’abondance de l’offre.
Cidre : Coopérative U passe au 100 % agroécologique, en partenariat avec les Celliers associés
Trois ans après le lancement de sa démarche, le groupement de commerçants Coopérative U a annoncé dans un communiqué le 9 octobre que l’ensemble des cidres Filière U, soit 3 millions de litres, sont désormais issus d’une production agroécologique. Ce modèle repose sur un partenariat avec la coopérative Les Celliers associés (qui réunit plus de 60 producteurs de Bretagne et de Normandie) et l’association Pour une agriculture du vivant (PADV). L’objectif : offrir aux arboriculteurs un accompagnement technique renforcé et une meilleure rémunération. Concrètement, plusieurs pratiques agroécologiques ont été mises en place dans les vergers, dont l’enherbement, la plantation de haies bocagères, le pâturage ovin ou encore l’installation de nichoirs pour chauves-souris et mésanges. En plus de réduire les intrants et de réguler la présence d’insectes, ces pratiques « permettent une meilleure absorption du carbone indispensable au développement des sols et de la biodiversité naturelle », précise Coopérative U dans son communiqué. « Grâce à des sols plus fertiles et à une gestion raisonnée de l’eau, les producteurs assurent des récoltes régulières et de qualité », ajoute-t-elle. La transformation est réalisée dans deux sites situés à proximité des vergers, ce qui contribue, selon Coopérative U, à limiter l’empreinte carbone liée au transport tout en préservant la qualité des fruits.
Vin : pour renouer avec la croissance, le caviste Nicolas revoit ses gammes et son logo
Le caviste Nicolas – désormais Maison Nicolas – a annoncé le 13 octobre un plan stratégique sur cinq ans afin de retrouver de la croissance. « Le marché du vin décroît, donc c'est la même tendance pour Nicolas », explique sa d.g. Cathy Collart Geiger, arrivée en avril aux manettes du groupe détenu depuis 1988 par la famille Castel, à la tête de l'empire viti-vinicole du même nom. Nicolas, qui compte 478 magasins en France, revendique 10 % de part de marché. L'enseigne au chiffre d'affaires d'environ 300 M€ souffre depuis l'après-Covid. La période d'inflation élevée a pesé sur les arbitrages des consommateurs, a expliqué à l'AFP sa dirigeante. « Et puis un certain nombre de virages qu'on n'a pas pris, le « digital », les nouvelles gammes... Tout ça cumulé fait qu'effectivement on est en perte de vitesse là où on a tout le potentiel d'aller redresser la barre. » Son « plan de transformation » sur cinq ans vise à lui faire gagner 5 % de clients par an et à « renouer avec la croissance dès 2026 », explique Mme Collart Geiger. L'enseigne explique vouloir coller à une demande qui évolue, avec un plus grand nombre de produits d'entrée de gamme dans les vins tranquilles comme dans les effervescents, champagnes, etc., plus de bières ou encore de boissons sans alcool. La direction veut aussi développer davantage le commerce en ligne.
Évènementiel : faute de bovins, fréquentation en baisse de 13 % au Sommet de l’élevage
La 34e édition du Sommet de l’élevage, qui s’est tenue du 7 au 10 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), a reçu 104 000 visiteurs, soit « une baisse de fréquentation de 13,4 % par rapport à 2024 », annonce-t-il dans un communiqué le 10 octobre. Ce cru 2025 a été marqué par l’absence de bovins (exposition et concours) en raison de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « La baisse relative a été compensée par un climat d’affaires favorable », relativise le commissaire général du salon, Benoît Delaloy, cité dans le communiqué. Fin septembre, le Sommet avait annoncé un nombre « record » d’exposants cette année (1 770). La prochaine édition se tiendra du 6 au 9 octobre 2026 ; elle « accueillera le concours national de la race limousine et mettra à l’honneur le pastoralisme », 2026 ayant été proclamée « l’année internationale des pâturages et du pastoralisme » par les Nations unies.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 13 octobre
Mardi 13 octobre
Présentation du PLF (budget de l'État) et du PLFSS (sécurité sociale) en Conseil des ministres
Jeudi 16 octobre
Assemblée générale de la CFA (aviculteurs, FNSEA)