Agra Business | Éléphant vert/Bio3G, Ceva, Eureden et Limagrain

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Biocontrôle: Éléphant vert détient désormais 100% du capital de Bio3G

Le fabricant suisse de produits de biocontrôle Éléphant vert est désormais propriétaire à 100% du français Bio3G après l’acquisition des 49% du capital qui lui manquaient, peut-on lire dans Agra Innovation. Éléphant vert avait pris une participation de 51% au capital de Bio3G en 2018. Bio3G (40 M€ de chiffre d’affaires en 2023) est spécialisé dans la conception, fabrication et commercialisation de produit de biocontrôle. Son catalogue rassemble 45 produits, six brevets et trois AMM. La société détient deux sites de production à Salindres (Gard) et Bellevigne-les-Châteaux (Maine-et-Loire) par l’intermédiaire de sa filiale Bios Développement. «L’enjeu de cette acquisition est de jouer sur la double complémentarité produits et géographiques des deux groupes pour accélérer le développement des sociétés», peut-on lire dans un communiqué publié le 17 décembre 2024. «Le projet comprend aussi des investissements au niveau industriel et informatique pour développer le potentiel de croissance de Bio3G au service du groupe.» À l’occasion de ce changement au tour de table, Pierre-Gilles Gérard, ingénieur agronome de formation et ancien d’Eliard-SPCP, Roullier et Véolia pôle agriculture, a été nommé directeur général, succédant à Marc Guillermou, fondateur et président de Bio3G. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)

Biostimulants/légumes: le CTIFL n'observe pas d’effet significatif sur les rendements

Mené de 2022 à 2024, le projet Reccable, consacré à la résilience au changement climatique par l’application de biostimulants, a livré ses résultats, qui ont été présentés le 14 janvier au Sival, à Angers, par le CTIFL et le Comité départemental de développement maraîcher de Loire-Atlantique. 34 produits ont été testés sur salade, épinard, radis, tomate et concombre, en provoquant dans certains cas un stress thermique chaud ou froid, ou un stress hydrique. «Sur 145 combinaisons testées en chambre de culture, 24 ont généré une réponse positive», chiffre Charlotte Berthelot, ingénieur CTIFL. Selon les produits et les conditions de stress, elle relève également des effets négatifs vis à vis du témoin. Passé l’étape des chambres de culture, les tests au champ des 34 biostimulants n’ont, eux, généré aucune réponse positive. Même constat pour le concombre sous serre hors-sol: «Aucun biostimulant n’a permis d’améliorer le rendement» souligne à propos de cette culture Landry Rossdeutsch, ingénieur CTIFL. Un produit, à base d’algues, a là aussi révélé des effets négatifs, notamment en conservation post-récolte. «Nous ne disons pas qu’ils sont tous à jeter, mais ces résultats posent la question de comment rendre le mode d’action plus effectif», interprète Charlotte Berthelot à propos des biostimulants. (Tanguy Dhelin)

Céréales: le CIC abaisse son estimation de production mondiale de maïs

Le Conseil international des céréales (CIC) a revu en nette baisse son estimation de la production mondiale de maïs entre décembre et janvier pour la campagne commerciale 2024-2025, passant de 1225 Mt à 1219 Mt, peut-on lire dans le résumé de son dernier rapport mensuel. Le document ne mentionne pas la raison de cette correction baissière. Mais rappelons que l'USDA (ministère états-unien de l'Agriculture) avait drastiquement réduit son évaluation de la production américaine la semaine passée, de 7 Mt, entre ses rapports de décembre et janvier. Le CIC a également revu à la baisse sa prévision concernant les stocks globaux de fin de campagne, de 3 Mt d'un mois sur l'autre, pour tomber à 272 Mt. Les modifications des bilans concernant les autres espèces (blé, soja) s'avèrent mineures. Notons que l'institution a publié une première projection de production mondiale de blé pour la campagne commerciale 2025-2026. Elle est attendue à un niveau record de 805 Mt (contre 796 Mt en 2023-2024), conséquence d'une augmentation des surfaces. Néanmoins, le CIC craint une croissance de la consommation supérieure à celle de l'offre, et par ricochet un nouveau recul des stocks.

Semences de tournesol: quelques problèmes de qualité, mais pas de rupture à attendre

À l’automne, la récolte des semences de tournesol s’est faite dans des conditions très humides, avec des risques de dormance plus importants, et donc une germination altérée. «Pour lever cette dormance, nous plaçons nos semences au frigo», explique Hervé Ancillon, chef produit tournesol chez Limagrain (15% de parts de marché). «Mais cela ne fonctionne pas toujours. Pour certains semenciers qui travaillent en flux tendu, le risque de manquer de doses pour certaines variétés est réel. Ce n’est pas le cas chez Limagrain, d’autant que nous avions encore des stocks de l’an passé et que nous répartissons notre production de semences dans différents pays: Turquie, Europe de l’Est, Californie...» Même écho rassurant chez le leader du marché, Syngenta (35% de parts de marché). «Oui, la qualité diffère selon les zones de production mais au global, les volumes récoltés seront suffisants pour approvisionner le marché», rassure Sylvain Lascabettes, chef de marché oléagineux. Quant aux projections de surfaces pour les prochains semis, les deux semenciers évoquent une possible baisse des surfaces, de 2 à 3%, «avec certainement un recul plus fort dans le grand quart Nord-Est», note Sylvain Lascabettes. Reste l’incertitude de l’état des colzas et des blés tendres en sortie d’hiver: d’éventuels retournements pourraient libérer de la place pour le tournesol, dont les cours sont actuellement très porteurs. (Anne Gilet)

Pesticides: vers une clarification des dérogations 120 jours, «plans d'action» si demandes répétées

Dans un «objectif de transparence», le ministère de l'Agriculture a élaboré un projet de «lignes directrices» précisant les démarches à suivre pour obtenir une dérogation dite «120 jours» (autorisation provisoire de mise sur le marché en cas d'urgence sanitaire au titre de l'article 53) pour l'usage d'un pesticide. Mis en consultation du 13 janvier au 3 février, le texte décrit en détail les démarches à suivre (formulaire, description du problème, accord préalable du fabricant ou détenteur de l'autorisation) et les conditions d'approbation ou de rejet des demandes. Le texte inscrit notamment noir sur blanc qu'en cas de «demande répétée» pour un même bioagresseur ou adventice, le ministère peut demander un «plan d’action détaillant les mesures prises pour pouvoir contenir le danger à l’avenir par d’autres moyens». Ce plan doit inclure «inclure l'examen de différentes approches alternatives, en favorisant autant que possible les techniques de lutte intégrée (y compris les techniques de culture biologiques et physiques, les rotations de cultures, des mesures améliorées d'hygiène végétale, la sélection de variétés végétales résistantes, etc.).» À l'occasion des Rencontres phytosanitaires le 6 novembre à Bergerac, la DGAL (ministère de l'Agriculture) et le CTIFL (institut technique) avaient fait état d'une augmentation des «usages critiques» (une ou aucune solution de lutte efficace) dans les productions de fruits et des dérogations. Le nombre de demandes de dérogations 120 jours est passé de 102 en 2022 à 117 en 2024, et le nombre de dérogations signées de 66 à 92 sur la même période, dont la moitié en insecticides.

Logiciels agricoles: Assolia veut financer son développement commercial sur Sowefund

Avec son outil d’aide à la décision (OAD) permettant de concevoir ses assolements, la start-up toulousaine Assolia mène actuellement sa première opération de financement participatif sur Sowefund. L’objectif est de collecter 400 000 €, seuil qui peut être dépassé, et de compléter ce montant en s’adressant à des «business angels» et à des fonds d’investissement qui pourraient apporter entre 200 et 300 000 € supplémentaires. «Nous prévoyons de boucler ce financement participatif au cours du premier trimestre de 2025», explique Rémy Dangla, cofondateur d’Assolia dans Agra Innovation. La société travaille avec plusieurs coopératives, négoces, chambres d’agriculture et réseaux de conseillers agricoles, chez qui il faut désormais déployer l’outil à grande échelle. En 2025, de nouveaux modules de l’OAD doivent être lancés pour répondre aux attentes des agriculteurs qui veulent mieux gérer leur exploitation mixte (conventionnelle et biologique), ainsi que les inter-cultures et les doubles cultures, et mieux prendre en compte le temps de travail. Et, en 2026, Assolia prévoit également que son OAD prenne en charge les risques liés au climat et à la volatilité des prix des matières premières agricoles, des sujets sur lesquels la start-up travaille actuellement avec Groupama. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)

Santé animale: accord entre Ceva et Touchlight sur la production de vaccins ADN

Dans un communiqué du 16 janvier, le groupe français Ceva santé animale et l’entreprise britannique Touchlight annoncé avoir conclu un «accord pour le développement et la fabrication de nouveaux vaccins issus de la technologie dbDNA». Ce partenariat vise aussi la production de «traitements pour un large éventail d'indications dans le domaine de la santé animale». Ce partenariat se concrétisera par un «vaste programme de développement» qui sera mené «sous la direction du Dr Ian Thompson, expert de renommée mondiale dans le domaine des vaccins». Développée par Touchlight, la technologie dbDNA permet de copier des séquences d’ADN grâce à des enzymes, là où la méthode habituelle utilise des bactéries E. coli. Selon le communiqué des partenaires, le procédé enzymatique se distingue par sa vitesse et son coût, permet de produire de l'ADN «d'une grande pureté» et «d'éliminer par la même occasion les gènes de résistance aux antibiotiques». Dans le détail, Ceva a acquis «les droits de développement et de fabrication de nouvelles solutions utilisant la technologie dbDNA de Touchlight en santé animale», précise le communiqué.

Coopératives: Eureden lève 520 M€ pour assurer son avenir à cinq ans

La coopérative bretonne Eureden annonce avoir levé avec succès un financement de 520 millions d’euros (M€) finalisé le 8 janvier, d'après un communiqué de presse du 15 janvier. Il sera consacré au refinancement de sa dette («dimensionnement adapté à la poursuite de la stratégie de performance») et à de nouveaux besoins généraux, mais servira aussi au financement de futurs investissements. Il est à noter que, à côté du pool de banques françaises historiques de la coopérative, est apparu un nouvel opérateur: la banque espagnole BBVA (Banco Bilbao Vizcaya Argentaria). «Ce nouveau partenaire souligne la dimension internationale du groupe agricole coopératif», est-il indiqué dans le communiqué. Le groupe est implanté en Espagne, en Hongrie et en Allemagne. Indexé sur des critères RSE, l’utilisation de ce prêt à terme devra répondre «à des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de développement de solutions alternatives aux produits phytosanitaires et d’accompagnement à l’installation d’agriculteurs». Pour Alain Perrin, directeur général d'Eureden, «ce nouveau financement illustre la confiance renouvelée des banques dans notre ambitieux projet coopératif breton ainsi que la crédibilité de notre business plan pour les cinq ans à venir». Le groupe Eureden a réalisé un chiffre d’affaires d’environ 3,8 milliards d'euros (Md€) sur l’année 2024.

Coopératives: Limagrain publie sa première «étude d’impact socio-économique»

Le groupe coopératif céréalier et semencier Limagrain, basé dans le Puy-de-Dôme, revendique la création de 10 240 emplois directs et indirects en France, selon une étude qu’il a lui-même commandée auprès du groupe Xerfi, d'après un communiqué du 16 janvier. L’enquête se base sur des données collectées lors de l’exercice fiscal 2022-2023. Parmi ces 10 240 emplois, 4900 sont directs, soit «5,2% des emplois en France sur les filières agricoles et agroalimentaires», se targue le semencier. Les 5340 restants constituent donc des emplois indirects. Le communiqué précise que, parmi ces derniers, «1690 sont soutenus auprès des agriculteurs adhérents, 2620 auprès des fournisseurs et 1030 par la consommation (…). Pour 10 emplois directs créés en France, Limagrain soutient 11 emplois indirects et induits», peut-on lire. Le groupe coopératif rappelle avoir dégagé un chiffre d’affaires de 1,76 Md€ lors de l’exercice 2022-2023, dans l’Hexagone et à l’export, engendrant 330 M€ de valeur ajoutée. La valeur ajoutée a par ailleurs permis la collecte de 97,6 M€ de recettes fiscales (hors TVA) par l’État, précise l’étude.

Financement: une nouvelle garantie de prêt pour les agriculteurs normands

La région Normandie propose aux agriculteurs locaux un nouvel outil de garantie de prêt, intitulé Normandie Garantie Agri, afin de faciliter leur financement, rapporte un communiqué du 16 janvier. L’outil est en partie financé par le Fonds européen d’investissement (FEI), dans le cadre du Feader 2023-2027. Plus en détail, cette nouvelle garantie est constituée d’un fonds de 35 M€, dont 21 M€ proviennent du Feader, et le reste de la Région. Hervé Morin, son président, espère que la solution «va permettre de lever 260 M€ en prêt et d’accompagner entre 1000 et 2000 projets d’ici 2028», a-t-il déclaré dans le communiqué. Trois banques sont partenaires du projet: le Crédit agricole, le Crédit mutuel-CIC, et la Bred-Banque populaire. Le fonds de garantie a pour finalité de financer les investissements corporels, incorporels et les besoins en fonds de roulement des agriculteurs. «L’achat de foncier est non éligible, sauf pour les jeunes agriculteurs et les nouveaux agriculteurs bénéficiaires des aides à l'installation. L’achat de foncier est dans ce cas limité à 150 000 euros», précise le communiqué.

Vin: la stratégie de «premiumisation» s’essouffle, d'après une étude internationale

La «premiumisation» du vin s’essouffle, a indiqué le 16 janvier l’université de Geisenheim (Allemagne), voyant «un tournant décisif» pour le secteur, qui doit «s’adapter à l’évolution rapide des préférences des consommateurs». «Au cours des deux dernières décennies, la "premiumisation" a été un moteur de succès dans le secteur du vin, permettant une croissance en valeur quand les volumes stagnaient», d’après cette étude internationale pour le salon ProWein (du 16 au 18 mars). «Toutefois, les experts se demandent de plus en plus si cette stratégie est pérenne.» Seule la moitié du panel (1300 professionnels dans le monde) pense que les vins premium et super premium résistent aux ralentissements économiques. 50% reconnaissent que les prix actuels des vins de très haute qualité ont atteint des niveaux intenables, limitant leur potentiel de croissance. «L’industrie du vin doit innover et développer des stratégies pour attirer les jeunes générations», poursuit l’étude. La majorité des experts s’accorde sur le besoin d’adapter le marketing et la communication pour attirer de nouvelles catégories de consommateurs. «Il sera essentiel de renforcer les liens entre les produits haut de gamme et la durabilité, l’intégration du style de vie et les expériences uniques pour maintenir la pertinence et assurer une croissance à long terme sur un marché concurrentiel.»

Plats cuisinés: What’s Cooking achète le fabricant Sveltic (Agromousquetaires)

Le charcutier-traiteur belge What’s Cooking (ex-Ter Beke) prévoit de réaliser au cours du premier semestre 2025 l’achat auprès d’Agromousquetaires de la société française Sveltic, produisant près de Rennes des plats cuisinés frais et surgelés. Dans son communiqué du 8 janvier, il estime cette entreprise à environ 35 millions d'euros (M€), pour un chiffre d’affaires de plus de 50 M€ et une marge d'Ebitda estimée à 10%. Sur le site internet de Sveltic, l’usine compte «sept lignes de production à la pointe de la technologie» et produit annuellement quelque 300 millions d’unités avec 172 salariés. En parallèle de cette acquisition d’une gamme complémentaire de plats cuisinés, What’s Cooking se défait de son activité charcutière Savoury, dans l’intention d’«accélérer la croissance organique de [son] activité de plats préparés», selon le p.-d.g. Piet Sanders, cité dans le communiqué. Savoury, présente en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Allemagne, représentait 464 M€ au sein chiffre d'affaires consolidé de 832 M€ de What's Cooking pour l'exercice 2023. Et sa vente rapporte environ 100 M€ nets à l’industriel.

Agenda de la semaine agricole du 20 janvier 2025

Vendredi 17 janvier
Les sénateurs examinent la mission agriculture de la partie dépense du PLF
Le Modef organise une conférence de presse après sa rencontre avec François Bayrou

Lundi 20 janvier
Les députés examinent le projet de loi d'urgence pour Mayotte
Salon Sirha (restauration) à Lyon, jusqu'au 27
Conférence de presse de France Stratégie sur une étude prospective de la demande en eau à horizon 2050
Conférence de presse des Viandes Limousine Label rouge

Mardi 21 janvier
Rencontres nationales de l'agriculture bio de conservation à Calais, jusqu'au 23
Conférence de presse du Port de Dunkerque
Conférence de presse de la Noriap (coopérative)
Conférence de presse du salon du machinisme allemand Agritechnica
Les députés examinent la PPL Démocratie agricole 
Les députés auditionnent (à huis clos) Emmanuel Commaut, d.g. de la Cooperl sur le recul des cheptels
Panorama des stratégies climat dans le secteur alimentaire

Mercredi 22 janvier
Observatoire des entreprises de l’horticulture et des pépinières de FranceAgriMer
Conférence de presse de la SNFM (fermiers, FNSEA)
Séance de l'Académie de l'agriculture sur les pesticides et la santé des agriculteurs
Les députés auditionnent  (à huis clos) Jean-Paul Bigard, p.-d.g. de Bigard sur le recul des cheptels
Les députés auditionnent la DGAL sur le pastoralisme
Table ronde organisée par Sanders (nutrition animale) sur la transition agroécologique
Cérémonie des vœux de l'Inao

Jeudi 23 janvier
Conférence de presse d'Adermatt (biocontrôle)
Visioconférence de présentation d'une étude sur les fleuristes
Visioconférence de l'Idele sur la santé des ovins
Les députés examinent une PPL pour plus de sport et moins de sucre

Erratum sur la localisation d'une sucrerie de Cristal Union

Contrairement à ce que nous avons indiqué par erreur dans l'Agrafil daté du 15 janvier, la sucrerie Cristal Union de Corbeilles-en-Gâtinais se trouve dans le Loiret, et non en Essonne.