Coopératives : chiffre d'affaires en recul chez Axéréal, mais résultat en hausse de 10 %
A l’occasion de son assemblée générale le 12 décembre, le groupe Axéréal (11 000 adhérents et 3 200 salariés) a présenté un chiffre d’affaires en recul de 19 % pour l’exercice 2023/24, à 4,086 Mds€ : il avait dépassé les 5 Mds€ l’an passé. Même si la collecte a progressé de 7% en 2023, à 4,5 Mt (elle est attendue autour de 3,2 Mt pour 2024), c’est la baisse du cours des céréales qui a affecté le CA, dont 57% est réalisé à l’international. Pourtant, le résultat d’exploitation du groupe poursuit sa croissance. En hausse de 10%, il atteint 157 M€ au 30 juin 2024. Le pôle «malt & orges de brasserie» réalise une bonne année (2,6 Mt de malt vendues), dans un contexte de contraction du marché de la bière en lien avec l’inflation. Le groupe souhaite poursuivre le développement de son activité malt, Boortmalt, via notamment l’extension de la capacité de plusieurs usines. Au travers de son projet «Oser», et plus de 1000 initiatives programmées dans les deux ans à venir, Axéréal mise sur la simplification et la recherche de nouveaux leviers de croissance. Le groupe souhaite également maintenir sa dynamique autour du bas-carbone : 45 000 ha sont déjà engagés, principalement en blé et orge, chez 240 adhérents. (Anne Gilet)
Céréales: l'union de collecte Atlantique Céréales a doublé ses volumes en cinq ans
Fin novembre, l’union de collecte Atlantique Céréales a fêté ses quinze ans, entourée de 150 personnes : ses 50 négoces adhérents mais aussi tous ses partenaires de la filière. L’union commercialise désormais 2,2 millions de tonnes de céréales (dont 54 % de blé, 16 % de maïs , 10 % d’orge, 8 % de colza et 5 % de tournesol) sur plus de la moitié de la France, soit un doublement du volume en cinq ans. La moitié des volumes part à l’export et à l’intra-communautaire (Espagne et Belgique notamment). L’autre moitié alimente le marché français : meunerie, fabrication d’aliments pour animaux, trituration ou industrie (éthanol). «Pour le prochain exercice, au vu du recul de la collecte nationale, le volume devrait s’échelonner entre 1,8 et 2 Mt», confie Jean Simon, le directeur général, interrogé par Agra Business. Dernier adhérent à avoir rejoint l’union : les Ets Casaus (65) et ses 200 000 t. Si les volumes des négociants oscillent entre 5 000 et 200 000 t, «sept structures dépassent les 100 000 t» poursuit-il. L’équipe commerciale compte désormais cinq personnes : Matthieu Théry ayant rejoint le groupe pour la région Sud-Ouest. De nouveaux projets sont actés pour 2025 avec, notamment, la mise en ligne de la troisième version de l’application AC Grains, lancée en août 2021, pour faciliter les échanges entre agriculteurs et négociants. (Anne Gilet)
Machinisme : les distributeurs voient des commandes à -10 % jusqu’au début 2025
Les prises de commande de matériel agricole sont prévues autour de -10 % jusqu’au début 2025 dans les concessions, a indiqué le 13 décembre leur organisation professionnelle Sedima, y voyant «la confirmation d’un ralentissement de la demande déjà observé au premier semestre». Au vu de l’enquête auprès des adhérents, elles sont estimées à mi-octobre en «recul de l’ordre de -10 à -11 %» au deuxième semestre 2024, a déclaré en conférence de presse Sylvie Domenech, la secrétaire générale adjointe. Une appréciation qui se prolonge sur les mois à venir, les prises de commandes étant projetées à -10% au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024. Tous les matériels sont concernés. Au second semestre 2024, une baisse est ressentie pour les tracteurs (78% des répondants), les automoteurs (77%), les matériels d’accompagnement (67%), les équipements d’élevage (58%). Le marché de la vitiviniculture est particulièrement touché, avec -21% pour le matériel neuf et -18% pour le matériel d’occasion, après un premier semestre déjà en berne (entre -10 et -15%). Et dans une moindre mesure, ceux des grandes cultures (-10% pour le neuf, -13% pour l’occasion) et de la polyculture élevage (-8% et -7%).
Bio: l’Autorité de la concurrence valide le rachat de Pronadis par Organic Alliance
Par une décision du 5 décembre, l’Autorité de la concurrence a donné son feu vert à la reprise du grossiste bio Pronadis au groupe Organic Alliance (Pronatura et Vitafrais). Ce projet de reprise, repéré par le média Plan bio (voir cet article), fait suite à la mise en redressement judiciaire de Pronadis le 8 octobre. Le tribunal de commerce de Bordeaux avait validé l’opération le 26 novembre, sous réserve de validation par l’Autorité de la concurrence, indiquaient alors nos confrères. Organic Alliance, dont le siège est dans le Vaucluse, possède neuf sites logistiques pour un total de 22 000m2. Par ce rachat, le groupe s’agrandit de deux entrepôts d’un total de 9 800m2 situés en Gironde, et étend ainsi sa présence dans le sud-ouest. Le groupe étoffe aussi son activité sur les produits secs, Pronatura étant spécialisé en fruits et légumes et fruits secs, Vitafrais étant spécialisé en produits frais. Pronadis avait été créé en 1981. D’après Plan bio, l’entreprise a connu une forte expansion juste avant la crise du marché bio, puis elle a décroché la reprise des magasins Bio c’Bon par Carrefour en 2020. Les investissements engagés, puis le recul du marché l’avait contrainte à une première restructuration en 2022.
Distribution: Carrefour autorisé sous conditions à racheter 25 magasins Casino
L'Autorité de la concurrence a autorisé a posteriori le rachat de 25 magasins sous enseigne Casino par son concurrent Carrefour, sous réserve que ce dernier cède deux points de vente situés à Argenteuil et dans le deuxième arrondissement de Paris, selon un communiqué le 13 décembre. L'instance, notamment chargée de s'assurer que la concurrence entre les distributeurs n'est pas trop faible au niveau local, avait avalisé fin novembre la reprise de 200 magasins Casino par un autre distributeur, Les Mousquetaires/Intermarché, à condition que celui-ci en cède onze. Casino avait dû vendre en début d'année la quasi-totalité de ses grands magasins en raison d'une situation financière devenue intenable. Un autre de ses concurrents, Auchan, a racheté une centaine de magasins et l'avis de l'Autorité de la concurrence concernant cette opération n'a pas encore été annoncé. En outre, Carrefour a racheté cette année les enseignes Cora et Match, ce qui devra aussi faire l'objet d'une autorisation de l'Autorité de la concurrence, attendue en début d'année 2025. Toutes ces opérations avaient pu être menées sans attendre les décisions finales de l'Autorité de la concurrence, grâce à une «dérogation à effet suspensif» accordée par cette dernière «afin de tenir compte de la situation économique difficile des magasins». Dans la très grande majorité des zones examinées où Carrefour disposait déjà de magasins, l'Autorité a écarté tout risque d'atteinte à la concurrence», à l'exception des zones où Carrefour s'est engagé à céder des magasins.
Agrivoltaïsme/élevage : l’Idele et Qair lancent un site expérimental en production ovine
L’Institut de l’élevage (Idele) et l’énergéticien Qair ont annoncé, le 11 décembre au salon EnerGaïa, un projet en Haute-Vienne combinant production ovine et photovoltaïque. Baptisé Ovilab, le site vise à établir des références techniques, selon un communiqué. Une parcelle de 16 ha est prévue sur la ferme expérimentale Ciirpo (Centre Interrégional d’information et de recherche en production ovine) du Mourier, avec 20 % couverts de panneaux. La mise en service, «à l’automne 2025 », d’une première tranche inférieure à 300 kWc doit permettre d’« étudier les différentes configurations, comprenant des structures fixes et mobiles (trackers) ». Suivra une deuxième tranche de 7 MWc, « au second semestre 2027 ». « Ovilab sera à la fois un site de démonstration, de recherche des meilleures solutions techniques et de productions de références fiables », déclare le d.g. de l’Idele Joël Merceron. Le projet répond à « un manque de références techniques » des éleveurs sur les aspects fourragers (pousse de l’herbe sous panneaux, choix des variétés fourragères…), zootechniques (comportement et performances des animaux, bien-être animal…), sociaux (temps de travail et pénibilité, travail du chien, contraintes…), agronomiques (impacts sur la structure du sol, piégeage carbone…) et performances économiques.
Volaille/foie gras : l’influenza se calme en Hongrie, après la flambée
La flambée d’influenza aviaire qui a touché le bassin de production de foie gras de Hongrie depuis octobre touche à sa fin, selon le bulletin de veille sanitaire internationale de la plateforme Esa (épidémiosurveillance) édité le 10 décembre. Ce bulletin hebdomadaire rapporte quatre nouveaux foyers détectés dans le pays dans des élevages de palmipèdes et un élevage de dindes (de source Commission européenne Adis). La semaine précédente, l’incidence était en baisse, avec 11 nouveaux foyers détectés entre les 21 et 27 novembre, majoritairement en productions palmipèdes et «toujours dans les provinces du bassin de production de foie-gras (Bács-Kiskun et provinces voisines)». L’incidence est en baisse depuis trois semaines dans le premier producteur mondial de foie gras d’oie (750 tonnes produites en 2023 de source officielle) et troisième producteur mondial de foie gras de canard (1230 tonnes produites en 2023). L’influenza s’est propagée depuis la fin septembre dans des zones avicoles à forte densité. La Hongrie est de loin le pays d’Europe le plus touché depuis le début de la saison : 186 cas contre 24 en Italie, 20 en Pologne, 15 en Allemagne et 12 en France parmi les dix-sept pays touchés
Gouvernement: François Bayrou, un nouveau Premier ministre «très intime» des agriculteurs
Fils d'agriculteurs des Pyrénées-Atlantiques et maire de Pau, François Bayrou a été nommé Premier ministre le 13 décembre par le Président de la République. Leader de plusieurs formations centristes depuis 2007 dont aujourd'hui le Modem, plusieurs fois candidat à l'élection présidentielle, ancien ministre de l'Education nationale et de la Justice, François Bayrou a commencé sa carrière politique comme chargé de mission au cabinet de Pierre Méhaignerie, ministre de l'Agriculture de Raymond Barre, de 1979 à 1981. M. Bayrou met souvent en avant ses origines paysannes. Il posait d'ailleurs au volant d'un tracteur lors de sa campagne présidentielle en 2007. Lors d'une visite au salon de l'agriculture en 2018, le président du MoDem s'était défini comme «très proche, très intime» des agriculteurs. Il partageait alors au moins en partie leurs craintes d'un éventuel accord de libre-échange UE-Mercosur -- sujet six ans plus tard à nouveau au coeur de la colère agricole. «Je pense qu'ils ont raison sur un point: on ne peut pas fixer aux agriculteurs européens des règles qui ne sont pas respectées par les autres», avait-il dit. Lors de la passation de pouvoir avec son prédécesseur Michel Barnier, François Bayron a rappelé qu'il était issu «de milieux sociaux et de villages qui n'ont pas la chance d'être protégés, favorisés». Il a promis se faire «un devoir sacré» de «rendre des chances à ceux qui n'en ont pas».
Addendum à l’agenda
Jeudi 19 décembre
Lancement du projet IGP bio de l’AVVB (Association pour la valorisation des vins de Bretagne) au Conseil régional