Bioéthanol : un milliard d'euros d'amende pour six compagnies pétrolières en Italie
Six compagnies pétrolières opérant en Italie, dont Eni, ont écopé de près d'un milliard d'euros d'amende au total pour s'être entendues pendant trois ans sur le prix du bioéthanol intégré aux carburants, a annoncé le 26 septembre l'Autorité italienne de la concurrence (AGCM). « L'enquête, lancée grâce à un lanceur d'alerte, a montré que les principaux opérateurs pétroliers se sont coordonnés pour déterminer la valeur du composant bio inclus dans le prix du carburant », a précisé l'Autorité dans un communiqué. Plus en détail, Eni, Esso, Ip, Iplom, Q8, Saras et Tamoil ont été sanctionnées à hauteur de 937 millions d'euros, dont 336 millions pour le géant Eni. Selon l'Autorité, les entreprises ont mis en œuvre des augmentations de prix contextuelles, largement coïncidentes, déterminées par des échanges directs ou indirects d'informations entre les entreprises concernées. L'entente a débuté le 1er janvier 2020 et s'est poursuivie jusqu'au 30 juin 2023. La valeur de cette composante importante du prix du carburant est passée d'environ 20 euros/m3 en 2019 à environ 60 euros/m3 en 2023. L'entente a été facilitée par la communication de la valeur du bioéthanol dans de nombreux articles publiés dans le journal sectoriel « Staffetta Quotidiana », selon l'AGCM.
Huile de palme : Ferrero accusé de ne pas respecter ses engagements responsables (presse)
Dans un article paru dans la revue mensuelle « Planète Investigation » de septembre, des journalistes allemands du média public ZDF accusent le géant italien de l’agroalimentaire Ferrero de ne pas respecter ses engagements RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil). Pour rappel, le label est censé garantir que les fournisseurs d’huile de palme de la compagnie adoptent une production «responsable et durable». Les journalistes de ZDF se sont rendus sur l’île de Bornéo, où le groupe malaisien IOI, principal fournisseur de Ferrero, y cultive d’importantes surfaces de palmiers à huile depuis 2003. Alors que le label est censé reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones sur leurs terres, la cheffe d’un village locale situé au milieu des palmeraies, Minis Manggih, a expliqué qu’un péage a été imposé aux habitants : « IOI a construit une grande barrière. Pour entrer et sortir du village, nous devons acheter une sorte de vignette : 15 ringgits (3 €) pour une voiture et 10 ringgits (2 €) pour une moto. Pas de vignette, pas d'entrée ». Par ailleurs, des villageois rencontrés ont indiqué que IOI a planté des palmiers à huile sur des centaines de mètres au bord d’une rivière. Ce que confirment des images satellites analysées par Disclose, rapporte l’article. Or, le label RSPO interdit toute plantation à proximité de cours d’eau.
Sucre bio : les mutuelles de santé, potentiel financeur de La fabrique à sucre
La micro-sucrerie bio La fabrique à sucre devrait finalement voir le jour près de Cambrai (Nord) « en 2026 », a indiqué son chargé de développement Aimé Duyck lors d’un point presse le 23 septembre. Toutefois, le financement n’est pas encore clos. Le budget du projet est de « 15 millions d’euros (M€) » dont 6 M€ qu’il reste à trouver, a détaillé Martin Rieussec-Fournier, président de l’association Mutuelles pour la santé planétaire qui est intéressée pour soutenir le projet afin d’œuvrer pour la sortie des pesticides et le développement de l’agriculture biologique. « Les mutuelles de santé ont, dans le code de la mutualité, une responsabilité d’agir en prévention. Elles ont aussi 50 milliards (d’euros) de trésorerie. (…) Nous allons réfléchir à d’éventuels placements financiers des mutuelles pour aider le projet de sucrerie bio », a-t-il annoncé. D’où, l’étape de la caravane européenne « L’odyssée pour notre santé » à Cambrai, le 6 octobre. De son côté l’Agence bio apportera une aide de 900 000 euros, sous réserve d’acceptation de dossier complet par le Fonds avenir bio, a confirmé à Agra Presse la directrice de l’Agence bio, Laure Verdeau. Présenté en 2022, ce projet de coopérative avait été initialement annoncé pour 2025. « On a 50 producteurs engagés, ce sera 85 à terme, pour au moins 500 ha de betterave bio », a précisé Aimé Duyck. « On sortira à peu près 2500t de sucre ».
Lait/emballages : l’usine belge de recyclage de pots de yaourts est fonctionnelle
Citeo (éco-organisme des emballages ménagers) a annoncé le 25 septembre sur Linkedin l’inauguration, le même jour en Belgique, de l’usine Indaver ayant développé un procédé « capable de transformer les pots de yaourt en polystyrène en nouvelle matière grâce au recyclage chimique ». Cette matière recyclée, apte au contact alimentaire, peut à nouveau donner des pots de yaourt en polystyrène, selon le principe de la « boucle de recyclage ». Citeo salue la collaboration avec les acteurs de la filière Syndifrais au sein du groupe PS25 ayant permis l’émergence de économie circulaire. L’industriel européen du recyclage Indaver avait été lauréat de l’appel d’offre de Citeo pour recycler du polystyrène à la fin 2022. Le consortium PS25 a été fondé en 2020 entre Agromousquetaires, Eurial Ultra frais, Lactalis, Triballat Noyal, Yeo Frais, Yoplait ainsi que les industriels des produits carnés Bigard, Cooperl Arc Atlantique et LDC. Afin d’encourager la collecte de pots de yaourts, Syndifrais avait lancé une communication en février 2025 auprès des consommateurs : pendant 6 mois des messages sur les opercules invitaient à jeter le pot dans le bas des emballages à recycler.
Lait : Les Maîtres laitiers du Cotentin maintiennent leur performance
Les Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) ont communiqué le 25 septembre les résultats de l’exercice 2024/2025 approuvés lors de l’assemblée générale du 9 septembre. « Les comptes consolidés approuvés font état d'un chiffre d'affaires à 2,659 milliards d'euros et d'un résultat net part du Groupe à 44,7 millions d'euros », selon la coopérative de la Manche, contre 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un résultat net de 45,2 millions d’euros lors de l’exercice précédent. La présidente du groupe coopératif Valérie Blandin a souligné « le maintien de la performance malgré une période anxiogène ». « Au cours de la campagne, la recette laitière fait ressortir un prix payé aux producteurs à 503,67 €/Ml pour 100 % des volumes collectés en lait segmenté, et un prix de 551,96 €/Ml en agriculture biologique », souligne les MLC. 476,8 Ml de lait ont été collectés en 2024/2025 auprès de 951 associés coopérateurs, contre 472 Ml en 2023/2024. En dépit d’un contexte économique et géopolitique complexe, MLC dit poursuivre ses « investissements conséquents » engagés dans la production et être toujours ouvert à des croissances externes. Elle a notamment intégré cette année sa dernière acquisition, la fromagerie Les Terres d'Auvergne à Besse (Puy-de-Dôme).
Lait bio : le Cniel craint un record de déconversions en 2025-2026
A l’occasion du salon Tech&Bio, la filière laitière a fait un point sur la baisse de l’offre en bio. Corentin Puvilland, économiste au Cniel a indiqué que l'interprofession anticipe, en 2025-2026, un nombre record de cessations d’activité en agriculture biologique (arrêt de l’exploitation ou déconversion), qui pourrait aller jusqu’à 7 % par an. Toutefois, le lait conventionnel pourrait ne plus être aussi attractif, alors que les signaux sont plutôt baissiers, du fait d’une forte production mondiale. L'économiste a rappelé que la filière bio laitière avait atteint un record de 40 % de déclassements en 2021, en raison de la baisse de la consommation, et de la hausse du prix du lait conventionnel. Cela a poussé des éleveurs à se déconvertir sur les années qui ont suivi, « voire à cesser leur activité ». Après avoir atteint un record en 2022, le nombre d’éleveurs laitiers bio avait a chuté, passant de 4003 à 3688 aujourd’hui, soit une baisse de 15 %. La collecte s’en est ressentie, avec une baisse équivalente, passant de 1,3 MdL à 1,13 MdL. Corentin Puvilland ajoute que la crise du lait bio est une spécificité française, les autres pays européens rémunérant le bio via une prime indexée sur le conventionnel. « Mais la valorisation à l’export est insuffisante pour constituer un débouché pour les éleveurs laitiers français », conclut-il. (Elena Blum)
Lait : Bénédicte Rolland nommée directrice générale de Yéo Frais
Yéo Frais, filiale des Maîtres laitiers du Cotentin, a annoncé le 25 septembre la nomination de Bénédicte Rolland comme directrice générale. Elle succède à Jérôme Servières qui a occupé ce poste pendant 18 ans. Titulaire d’un Master 2 en droit européen de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et diplômée de la Toulouse Business School (programme CPA), Bénédicte Rolland a été secrétaire générale du groupe coopératif Arterris. « L’entreprise doit davantage consolider son action sur l’amont en tant que collecteur de lait, dans une région, le Sud-Ouest, en forte déprise laitière. Nous devons développer des partenariats à l’instar de ceux que nous avons instauré avec les agriculteurs de la Brique Rose et de l’OP Sunlait », indique la nouvelle directrice générale.
Céréales : le port de Dunkerque inaugure un nouveau silo
Nord Céréales a inauguré, le 26 septembre à Dunkerque, son nouveau silo portuaire, dénommé « silo 9 », dédié aux céréales, à l’occasion de ses 40 ans d’existence. « Avec huit cellules supplémentaires offrant 30 000 tonnes de capacité, et une tour dimensionnée pour pouvoir traiter un volume pouvant monter jusqu’à 105 000 tonnes, le site atteint désormais330 000 tonnes de capacité de stockage », relate un communiqué. L’installation est en service depuis avril dernier. En plus du silo, plusieurs innovations sont annoncées. La première : le chargement des conteneurs, des camions et des trains est désormais automatisé, afin de fluidifier et de maintenir en continu les flux. Par ailleurs, les capacités de traitement de grains sont modernisées, « en intégrant nettoyeurs et émotteurs sur les deux lignes, d’une capacité de 600 tonnes chacune, supprimant des étapes logistiques intermédiaires ». Enfin, l’installation est située près d’une voie d’eau, permettant de réceptionner les péniches, mode de transport plus écologique et économique. Le port de Dunkerque constitue l’un des fleurons français du grand export de céréales, avec La Pallice et Rouen. En 2023-2024, 2,07 Mt de grains ont été exportés, via les infrastructures portuaires dunkerquoises.
Energies renouvelables: Lecornu dément tout moratoire sur le solaire et l'éolien
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a nié le 26 septembre toute volonté de moratoire sur les énergies renouvelables, démentant une information de presse selon laquelle il s’apprêterait à prendre un décret en ce sens. «Cette information est complètement fausse et mensongère : il n’est pas question de revenir sur nos ambitions énergétiques car la décarbonation est une priorité pour notre souveraineté. Il faut sortir de certaines dépendances», a-t-il affirmé au Parisien. «En revanche, comme pour tout euro d’argent public dépensé, aucune rente ne sera tolérée», a-t-il ajouté. Selon un article du média en ligne Contexte diffusé jeudi, Sébastien Lecornu était prêt à publier par décret la nouvelle feuille de route énergétique de la France (dite "PPE") en y incluant un «moratoire sur le solaire et l’éolien terrestre», afin d’éviter une censure du Rassemblement national. Cette perspective avait provoqué jeudi un tollé chez les partisans des renouvelables et les acteurs du secteur. Vendredi la FNSEA aussi avait dénoncé un possible moratoire sur des énergies «représentant une grande opportunité pour le développement de l’agriculture française».