Agra Business | Trump, Global Bioenergies, Carrefour/U, Cniel

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UE/Etats-Unis: Trump surenchérit avec 30% de droits de douane pour l'UE et le Mexique

Donald Trump a annoncé le 12 juillet l’imposition de droits de douane de 30% pour les produits de l’Union européenne et du Mexique importés aux Etats-Unis, une nouvelle surenchère sur fond de négociations avant l’échéance du 1er août qui sème l’inquiétude en Europe. Le président américain a justifié, dans une nouvelle lettre publiée sur sa plateforme Truth Social, cette décision en se plaignant du déficit commercial américain avec les 27 pays de l’UE. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen se dit «prête à poursuivre le travail» pour trouver un accord avec Washington d’ici à l’échéance du 1er août, Ursula von der Leyen menace d’adopter des «contre-mesures proportionnées si cela s’avère nécessaire». Bruxelles avait déjà préparé, sans l’appliquer, un train de surtaxes sur des produits américains. Donald Trump a prévenu qu’en cas de mesures de rétorsion, il augmenterait d’autant ses droits de douane sur les produits européens entrant aux Etats-Unis, en plus des 30%. Début avril déjà, le chef de l’Etat américain avait menacé l’UE d’infliger 20% de droits de douane aux produits européens exportés aux Etats-Unis. Fin mai, frustré par le manque d’avancée dans les négociations, il avait relevé ce taux à 50%, avec effet annoncé au 1er juin, finalement repoussé au 1er août, jusqu’à sa lettre de samedi. Selon des sources diplomatiques, les discussions menées jusqu’ici se faisaient sur la base de droits de douane américains de 10%, avec exceptions.

UE/Indonésie: Von der Leyen annonce un «accord politique» sur les barrières commerciales

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé le 13 juillet un «accord politique» avec l’Indonésie sur la conclusion de négociations visant à assouplir les barrières commerciales, après avoir rencontré le président Prabowo Subianto à Bruxelles. Bruxelles a intensifié ses efforts pour améliorer les relations avec des partenaires potentiels dans le monde entier alors que M. Trump a ouvert une guerre commerciale avec des droits de douane généralisés. La question de l’huile de palme est un sujet de tensions entre l’UE et l’Indonésie ayant entraîné des contentieux à l’OMC. Dans le cadre de la directive européenne Énergies renouvelables, l’UE a décidé de limiter fortement le recours à l’huile de palme dans sa production de biodiesel d’ici 2030. Des mesures compensatoires définitives sur les importations de biodiesel originaire d’Indonésie, allant de 8 à 18 % selon les entreprises, ont également été mises en place par l’UE. « L’Indonésie et l’UE souhaitent profiter de la situation actuelle, pleine d’incertitude et d’imprévisibilité. » Il faut dire que la nouvelle politique douanière américaine touche Djakarta de plein fouet. L’Indonésie pourrait être soumise par un taux 32 % en cas de mise en œuvre des droits de douane « réciproque » de Donald Trump.

Biocarburants aéronautiques : de «potentiels repreneurs» pour Global Bioenergies

«De potentiels repreneurs» ont manifesté leur intérêt, le 9 juillet, pour les activités de Global Bioenergies, indique l'entreprise spécialiste des biocarburants aéronautiques dans un communiqué le 11 juillet. «Deux offres et trois lettres d’intention» auraient été reçues. Les candidats ayant exprimé le souhait de bénéficier de plus de temps pour évaluer le dossier, le date de remise des offres préliminaires est repoussée au 18 juillet. L'audience d'examen au tribunal de commerce d'Evry reste fixée à septembre-octobre. La société souligne que la probabilité que les actions de Global Bioenergies soient reprises est «extrêmement faible, et qu'aucune discussion en ce sens n’a actuellement lieu.» Pour rappel, Global Bioenergies prévoyait en juin 2023 la construction d’une usine de biocarburants aéronautiques à horizon 2028. Mais «malgré un projet de partenariat prometteur avec un grand industriel souhaitant rester anonyme à ce stade, avec lequel une term sheet non engageante a été signée en février 2025, la société n’a pas réussi à financer le chapitre suivant dans sa configuration actuelle de société cotée en Bourse, avec des dettes significatives (13M€)», rapporte Marc Delcourt, co-fondateur et p.-d. de Global Bioenergies, cité dans le communiqué.

Céréales/engrais: l'accord entre la Russie et l'ONU va prendre fin le 22 juillet

L’accord entre la Russie et les Nations unies visant à faciliter les exportations de denrées alimentaires et d’engrais russes vers les marchés internationaux va prendre fin le 22 juillet, a indiqué l’ONU vendredi. L’accord avait été signé le 22 juillet 2022 pour trois ans, et «il ne sera pas renouvelé» en raison de désaccords, a indiqué à l’AFP une source proche des discussions. Il visait à faciliter les exportations de denrées alimentaires et d’engrais russes vers les marchés internationaux, afin notamment de réduire les prix mondiaux. De fait, les sanctions économiques qui frappent la Russie, depuis son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, épargnent engrais et céréales, mais la crainte de franchir accidentellement une ligne rouge et de se retrouver du mauvais côté de la loi avait paralysé les transporteurs et fait exploser les primes d’assurance. Après d’intenses discussions, Russie et ONU avaient établi un cadre en matière notamment d’assurance et de transactions financières qui soit compatible avec les trois systèmes de sanctions en vigueur (Etats-Unis, Royaume-Uni et Union européenne). Moscou s’est plaint à plusieurs reprises du fait que l’accord soit resté plus ou moins lettre morte. Le 22 juillet 2022, la Russie et l’Ukraine avait également signé un accord, sous l’égide des Nations Unies et de la Turquie, portant sur l’exportation des céréales ukrainiennes. Moscou avait refusé de le prolonger en juillet 2023, en dénonçant les entraves au commerce des produits agricoles russes.

Moissons: les basses eaux du Rhin menacent le transport de céréales

La sécheresse de ces derniers mois impacte le débit du Rhin : habituellement enregistré autour de 1200 m3 par seconde à Strasbourg, il est passé, le 11 juillet, sous la barre des 800 m3. « Un débit normal permet aux bateaux d’emporter trois mètres de marchandises dans leurs cales, explique Vincent Steimer, directeur des unités territoriales à Voies navigables de France (VNF). Autour de 800 m3, ils ne peuvent embarquer que les deux-tiers de leurs chargement, et en dessous de 600 m3/seconde, seulement un tiers. » Dès lors, le fret fluvial perd largement de sa rentabilité. Et le situation ne semble pas près de s’améliorer : outre les précipitations, le Rhin est surtout alimenté par la fonte des glaces alpines et le lac de Constance. Or, les neiges accumulées en hiver ont déjà toutes fondues, et le lac est très bas, proche de ses records historiques. Une déconvenue pour les nombreux stockeurs et amidonniers présents le long du Rhin, qui exportent leurs produits en direction de la Mer du Nord. D’autant que les bons rendements de la moisson obligent les stockeurs à vider leurs silos. En 2025, le trafic agricole sur le Rhin était jusque-là au beau fixe, avec 615 000 tonnes de produits transportés lors du premier semestre, en hausse de 15 % par rapport à 2024. (Elena Blum)

Céréales : le Maroc, première destination du blé français depuis le port de Rouen

Suite à la mauvaise récolte 2024, le port de Rouen a exporté, de juillet 2024 à fin juin 2025, 5,21 millions de tonnes de céréales, contre 8,7 Mt un an plus tôt. Haropa Port voit toutefois sa part de marché, dans l’export de céréales françaises par voie maritime, légèrement augmenter, à 54 %. Dans le détail : 3,21 Mt de blé, 1,91 Mt d’orge et 90 000 t de maïs ont quitté le port, notamment à destination du Maghreb qui, à lui seul, totalise 1,67 Mt avec en haut du podium, le Maroc. L’Union Européenne a représenté 1,53 Mt des céréales exportées, dont 0,67 Mt vers le Portugal, et l’Afrique de l’Ouest 0,53 Mt. Contrairement aux années précédentes, la Chine a été beaucoup moins présente : 0,38 Mt importées contre 2,5 Mt l’année passée. La marchandise française a également été sollicitée par des acheteurs moins habituels comme la Lybie, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte ou la Thaïlande. La campagne d’export a été rythmée en deux temps : un premier semestre, de juillet à décembre 2024, en fort repli et une seconde partie plus dynamique, soutenue par la demande et par des prix français plus attractifs. Autre fait marquant : les exportations d’oléagineux et de protéagineux qui, elles, ont fortement augmenté, de + 74 %, pour atteindre 290 000 t. (Anne Gilet)

Maïs: stocks mondiaux révisés à la baisse, en raison de la production américaine (rapport Wasde)

Anticipant une baisse de la production aux Etats-Unis, le ministère américain de l’Agriculture (USDA) a revu le 11 juillet à la baisse ses estimations de stocks de maïs à l’échelle mondiale. Pour la campagne 2025-2026, l’USDA a abaissé ses prévisions de réserves mondiales de plus de trois millions de tonnes (à 272,1 Mt). Cet ajustement s’explique en partie par une réévalution des stocks de la campagne actuelle, qui diminuent de près d’un million de tonnes, selon Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. Mais surtout, l’USDA «révise à la baisse la perspective de production mondiale de maïs, et ce, en grande partie aux Etats-Unis», souligne auprès de l’AFP M. Le Molgat. La production américaine devrait être plus importante lors de la campagne 2025-2026 que lors de la précédente. Mais alors qu’elle devait tutoyer les 402 millions de tonnes, l’USDA estime désormais qu’elle s’établira à près de 399 Mt. «Ce n’est pas une surprise» pour les marchés, souligne Gautier Le Molgat. Les fonds se concentrent sur les stocks américains qui, en dépit de cette production moins importante que prévu, devraient gonfler de près de 24% d’une année sur l’autre.Côté soja, le ministère américain de l’Agriculture anticipe des réserves en légère augmentation.

Œufs/USA : Trump attaque la politique californienne favorable à l’élevage hors-cage

L’administration Trump a attaqué cette semaine l’Etat de Californie accusé de contribuer au renchérissement des œufs sur ce territoire du fait de « contraintes bureaucratiques » à la production, rapporte nos confrères américains du Hagstrom Report, le 11 juillet. « Par une combinaison d’initiatives électorales, de textes législatifs et de règlements, la Californie a effectivement empêché les agriculteurs du pays d’utiliser un certain nombre de méthodes de production agricole qui étaient largement utilisées — et qui ont aidé à maintenir les œufs [à des prix] abordables », énonce la plainte. L’administration s’appuie sur une « clause de suprématie » fédérale, datant de 1970, supposée empêcher un Etat d’imposer des normes supplémentaires en termes de qualité des œufs. Wayne Pacelle, président d’Animal Wellness Action met en garde contre l’élimination des normes de bien-être animal dans les États qui « ouvrira les vannes aux œufs bon marché des fermes industrielles au Mexique », mettant ainsi en danger les élevages hors-cage qui produisent selon lui près de la moitié des œufs aux Etats-Unis. Il impute la flambée des prix des œufs à l’influenza aviaire et à « l’abattage excessif » de 130 millions de poules sur les 330 millions en production avant l’épizootie.

Lait : moins de ressources pour le Cniel en 2024, débat en cours pour 2026-2028

Les ressources du Cniel (interprofession laitière) se sont amoindries en 2024 par rapport à 2023, selon les données publiées en juin dans le rapport annuel 2024. La contribution nationale obligatoire des éleveurs (1,22 €/1000 litres) et des transformateurs (0,442 €/1000 litres) est passée de 40 M€ à 36 M€, à cause de la baisse de la collecte de lait. La cotisation du 4e collège (distribution), dont le calcul ne repose pas sur les volumes vendus, est stable à 1,6 M€. Quant au cofinancement de l’Union européenne pour les actions de communication à l’international, il passe de 11 M€ à 6 M€. Ces actions ont été moins nombreuses, notamment à cause d’un changement des règles d’attribution pour les campagnes récurrentes sur la zone Amérique. 200 à 300 K€ sont aussi versés au titre du crédit d’impôt recherche. La baisse de la collecte, si elle devait être pérenne, pose la question du financement du Cniel qui devrait soit augmenter ses ressources, soit baisser ses dépenses et donc ses actions. La moitié des dépenses concerne la communication en faveur du lait et des produits laitiers. C’est un des enjeux du plan triennal pour 2026-2028 qui doit être finalisé au niveau du Cniel d’ici la fin août avant d’être transmis à l’Etat pour publication au Journal officiel avant le 31 décembre 2025.

Agtech/foodtech: nouvelle chute des investissements, aspirés par l'intelligence artificielle

Après s'être stabilisé à un niveau très bas, à 16 milliards de dollars en 2024, le montant des investissements placés à travers le monde dans les start-up de l'agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l'agriculture et l'agroalimentaire) continue de dévisser, constatent les analystes américains d'Agfunder dans une note publiée le 3 juillet. Sur le premier semestre 2025, le nombre d'opérations a été plus que divisé par deux, passant de 1187 à 551. Les start-up ont levé 5,1 milliards de dollars, en baisse de 37% par rapport à l'an passé (8,4 milliards de dollars au premier semestre), revenant ainsi à son niveau de 2015. A son pic en 2021, le secteur avait levé 36 milliards de dollars en une année. Pour les analystes, la tendance tient à plusieurs facteurs : cycle du capital risque, confoncture économique et géopolitique, essor de l'intelligence artificielle. «De 2013 à 2021, nous avons observé une gentrification de nouveaux secteurs dont l'agtech et la foodtech, attirant les plus grands fonds et poussant les valorisations à la hausse», explique l'un des fondateurs d'Agfunder, Rob Leclerc. «Désormais, nous voyons les sociétés de capital risques se retirer de tout ce qui n'est pas de l'intelligence artificielle». Et de souligner que les start-up d'intelligence artificielle ont capté 100 milliards de dollars cette année, soit un tiers du marché du capital-risque.

Distribution : Carrefour cède neuf magasins à la Coopérative U et à Intermarché

Carrefour a annoncé le 10 juillet la cession de neuf magasins en France. « Le groupe annonce aujourd'hui la signature de deux accords portant sur la cession de neuf magasins (…), incluant cinq hypermarchés Carrefour (dont trois ex-Cora et un ex-Casino), deux Carrefour Market, un Carrefour City et un magasin Match », affirme ainsi Carrefour dans son communiqué. « Ces deux opérations restent soumises à l'approbation de l’ADLC ainsi qu’aux conditions usuelles », précise Carrefour, et « devraient être effectives d’ici la fin du premier semestre 2026 » pour une valorisation totale de quelque 70 M€. En mars, Carrefour a été autorisé par l'Autorité de la concurrence (ADLC) à racheter les enseignes Cora et Match sous réserve de se séparer de magasins. Pour la Coopérative U, ces magasins représentent un chiffre d’affaires de 265 M€ et 40 000 m2 de surface commerciale en plus. « Avec les récents agrandissements et ralliements, dont l’intégration progressive du groupe Schiever, le parc de Coopérative U a gagné 140 000 m² à fin juin, contre 102 000 m² sur l’ensemble de l’année 2024 », indique la coopérative de commerçants. Son objectif affiché est d’atteindre 15 % de part de marché d’ici 2030.