Négociations commerciales : Lactalis accuse la centrale Everest de déréférencements
Lactalis a accusé la centrale d'achat européenne Everest, regroupant Intermarché, Auchan et Casino de retirer certains de ses produits des rayons pour obtenir des baisses de tarifs, selon un courrier envoyé la veille par le PDG du groupe, Emmanuel Besnier, à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard. Emmanuel Besnier y accuse les centrales d’achat de produits Everest et de services Epic (représentant les enseignes Intermarché, Auchan et Casino) de « négocier hors de France le lait produit, transformé et commercialisé sur le territoire français ». Face au refus de Lactalis de baisser ses prix, il affirme que Gianluigi Ferrari, PDG d'Everest, a décidé « unilatéralement » de déréférencer certains produits Lactalis dans les magasins Intermarché, Auchan et Casino, « faisant peser un risque immédiat sur l'équilibre économique de la filière ». Un porte-parole d'Intermarché a réagi en accusant Lactalis « d'instrumentaliser le prix de la matière première agricole pour éviter toute négociation sur les coûts industriels », c'est-à-dire l'électricité, le transport et les emballages « qui sont pour la plupart en baisse ». « Everest ne négocie en aucun cas la matière première agricole sur le lait français », a-t-il ajouté.
Agroalimentaire : Kersia acquiert l'activité food & beverage du polonais Radex
Le français Kersia, spécialiste des solutions d’hygiène industrielle, a fait l’acquisition de l’activité food & beverage de la société polonaise Radex, a-t-il annoncé le 20 janvier. « Fondée en 1989, Radex est une entreprise familiale polonaise reconnue pour ses solutions complètes d’hygiène à destination de l’industrie agroalimentaire. L’activité nettoyage et désinfection repose sur une équipe commerciale dédiée de 14 collaborateurs, au service d’un portefeuille de 750 clients », précise le communiqué. Cette acquisition, dont le montant n’est pas communiqué, permettra à Kersia de renforcer significativement sa position en Europe de l’Est et à l’international, tout en accélérant son développement sur des segments clés de l’industrie agroalimentaire, notamment la transformation des viandes, les produits laitiers et les brasseries. Kersia, basé à Dinard (Ille-et-Vilaine) fournit des solutions combinant produits et services afin de prévenir les maladies et les contaminations à chaque étape de la chaîne alimentaire. La société est présente plus de 140 pays et emploie plus de 3 300 collaborateurs. Son chiffre d’affaires atteint 695 millions d’euros par an.
Produits laitiers : Bel renforce ses capacités de production en Egypte
Le groupe Bel annoncé le 20 janvier un renforcement de ses capacités de production en Egypte. Son usine située dans la ville nouvelle 10 du Ramadan (proche du Caire) vient d’être dotée d’une nouvelle ligne de production, d’une capacité de 1000 tonnes par an, portant le nombre de lignes de production de ce site à 25, auxquelles il faut ajouter 6 lignes de conditionnement. Bel a investi régulièrement dans cette usine s’étendant sur plus de 28 720 m2, pour un montant total de 150 millions d’euros sur 28 ans « pour renforcer la performance industrielle, moderniser et déployer de nouvelles lignes de production et soutenir des initiatives sociales et environnementales », selon l’industriel. 80 % de la production totale exportée vers 19 pays, générant plus de 1,4 milliard d’euros de valeur à l’export sur les 15 dernières années. L’usine égyptienne produit du fromage fondu sous six marques du groupe : La Vache qui Rit, Kiri Triangles, Regal Picon, Picon, Les Enfants et Nouvelle Vache. « Les recettes sont adaptées aux goûts locaux et aux besoins nutritionnels spécifiques de chaque marché », certaines étant « enrichies en micronutriments essentiels (fer, zinc, iode, vitamines A ou D), en particulier dans les régions où des carences ont été identifiées, notamment au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. »
Nutrition animale : Eurolysine «poursuivra son développement» malgré la concurrence chinoise
« Eurolysine a atteint sa pleine capacité de production en 2025 et poursuivra son développement en 2026 », déclare à Agra Presse Nicolas Martin, directeur du développement durable de la filiale du groupe Avril. Ceci malgré les difficultés du marché européen de l’alimentation animale : « Le marché a été chahuté en 2025 et 2026 s’annonce aussi difficile », observe-t-il. Première difficulté : la « concurrence déloyale », selon Eurolysine, des acides aminés d’origine chinoise. Eurolysine produits essentiellement de la lysine, qui est très employée en alimentation porcine et représente le plus gros marché. Or, la société a constaté que la lysine importée de Chine s’est adaptée aux droits anti-dumping dont elle fait l’objet depuis janvier 2025. La deuxième difficulté à laquelle fait face l’industriel est la baisse des coûts des matières premières, qui amène les fabricants à se passer d’acides aminés. Néanmoins, toute la production a été vendue en 2025, affirme le responsable. Sanders, autre filiale d’Avril, compte parmi les clients sûrs d’Eurolysine. Pour rappel, Avril a acquis l’Ex-Metex en 2024. La production tournait alors à un tiers de sa capacité.
Vin/boissons : redressement fiscal en vue pour le groupe Castel
Le groupe Castel est « dans le collimateur » du fisc français, selon le d.g. de sa branche vins, Alain Castel, qui évoque le 20 janvier dans Sud Ouest un « redressement » en cours pouvant atteindre le milliard d'euros. « Bercy a le Groupe Castel dans le collimateur. Il a mené une enquête sur plusieurs années », a déclaré au quotidien régional le neveu du fondateur milliardaire Pierre Castel (99 ans). Ce redressement « est "pré-lancé". Le chiffre d'un milliard d'euros est évoqué. C'est colossal mais, s'il le faut, on paiera. » Dans un récent courrier interne, consulté par l'AFP, le d.g. du géant de la bière et du vin, Grégory Clerc, évoquait « le lancement de plusieurs chantiers de régularisation fiscale et sociale » depuis 2024, dont un « dossier majeur » avec le fisc français « relatif à des périodes antérieures à (s)a prise de fonctions ». Nommé en octobre 2023, cet avocat fiscaliste helvète avait auparavant défendu Castel dans un litige contre le fisc genevois qui a condamné le milliardaire français, exilé en Suisse depuis 1981, à verser plus de 350 M€ pour avoir omis de déclarer une partie de sa fortune. Selon une source proche du dossier, le redressement à venir en France, révélé par Challenges, porte sur la déclaration d'emplois au Luxembourg. Le groupe bordelais traverse par ailleurs une crise de gouvernance.
Distribution/zéro déchets : Le Drive tout nu déploie son concept de Corners chez Intermarché
Circuits courts : Kheops signe avec Carrefour et s’apprête à lever des fonds
Biocontrôle : Antofénol boucle sa levée de fonds et entre en phase d’industrialisation
Le français Antofénol, qui valorise de coproduits végétaux grâce à une technologie brevetée d’extraction pour produire des solutions alternatives aux pesticides, vient de boucler sa campagne de financement participatif sur Tudigo (lire l’article complet sur Agra Innovation). « Nous clôturons notre campagne Tudigo ce dimanche et quelle campagne !!!! », a annoncé Fanny Rolet, sa fondatrice et PDG dans un post sur LinkedIn le 18 janvier 2026. Grâce au soutien de 205 investisseurs, la société a récolté 510k€. Cette somme vient compléter une levée de fonds d’un montant total de 3 M€, dont 2 M€ déjà sécurisés auprès de deux investisseurs historiques, Demeter et la Banque des territoires. Ces fonds vont permettre à la société d’entrer dans une phase d’industrialisation avec l’ouverture d’un nouveau site de production à Vedène dans le Vaucluse, prévue fin 2026. Ce site lui permettra de multiplier par 30 sa capacité de production d’ici 2027. Antoferine, son premier antifongique naturel « a démontré une efficacité équivalente aux pesticides sur plus de 200 essais terrain, tout en étant sûr pour la santé et les sols », rappelle la société. Cette solution de biocontrôle est soutenue par l’Association nationale pomme poires, qui porte une demande de dérogation de 120 jours pour un usage de cet antifongique dès cette année en France (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).
Engrais : le fabricant français DuRoure réorganise sa stratégie commerciale
Le fabricant français d’engrais DuRoure a engagé une réorganisation de son dispositif commercial à la suite du départ de son directeur commercial, Alexandre Jadot, en décembre 2025. À compter du 1er janvier, Géraud Villard, jusqu’alors chef de marché et présent dans l’entreprise depuis 17 ans, est promu chef des ventes du groupe. Plusieurs nominations sont destinées à consolider la nouvelle stratégie commerciale. Aurélien Balden et Guillaume Fabre deviennent respectivement animateurs commerciaux Vigne-Arbo-Maraîchage et pulvérulents, sous la responsabilité du chef des ventes. Pierre Chaunier est, pour sa part, chargé de l’animation des centrales d’achats, et Nicolas Six prend le poste de coordinateur technique, avec un rôle centré sur l’expérimentation et le support aux équipes commerciales. Selon le groupe, cette nouvelle organisation doit permettre une meilleure adéquation avec les attentes du terrain et une coordination renforcée entre fonctions commerciales et techniques. Fondé en 1963, DuRoure emploie 29 personnes sur ses sites de Rodez (Aveyron) et du Teil (Ardèche), et distribue environ 100 000 tonnes d’engrais minéraux et organiques par an. (Elena Blum)
Coopératives: Ludivine Allardon, nouvelle directrice générale d'Agrosolutions (InVivo)
Dans un communiqué du 20 janvier, la société Agrosolutions, filiale expertise conseil du groupe Bioline, pôle agriculture de l’union de coopératives InVivo, a annoncé la nomination d’une nouvelle directrice générale, en la personne de Ludivine Allardon. « Cette nomination s’inscrit dans une phase de structuration et d’accélération d’Agrosolutions […] confrontés à des transformations climatiques, énergétiques et économiques majeures », justifie le communiqué. Ludivine Allardon avait rejoint Agrosolutions en 2017. Diplômée de Toulouse Business School, elle a auparavant occupé le poste de directrice des opérations de l’entreprise en 2023.