Agra Business | Terrena, Savencia/Agrial, Pernod Ricard, Madrange, Ferrero

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Start-up: vers une baisse de moitié des investissements dans l'agtech et la foodtech françaises

Selon les projections du cabinet d'études DigitalFoodLab publiées le 21 octobre, les investissements dans les start-up de l'agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l'agriculture et l'agroalimentaire) devraient chuter de moitié (-51%, à 350 M€) en 2024 par rapport à l'an passé, et de 68% par rapport à 2022, «meilleure année jamais enregistrée par l'écosystème» (1,1 Mrd€). Le cabinet d'étude en conclut que la France évolue «avec un an de retard» sur les tendances mondiales, constatant qu'ailleurs «la plupart des écosystèmes mondiaux avaient atteint leur pic de financement en 2021». Pour DigitalFoodLab, un point bas «semble avoir été atteint au deuxième trimestre de cette année». Le cabinet s'attend à «une stabilisation pour les mois à venir» et une reprise «envisageable fin 2025 ou en 2026 si la tendance observée ailleurs se confirme». Dans le détail, l'analyste français explique la chute par «l'absence de "locomotive" et de méga-deals au cours des 18 derniers mois». L'année a notamment été marquée par les difficultés d'Ynsect (élevage d'insectes) et la liquidation de Jungle (agriculture verticale). Même si une reprise est attendue, le cabinet s'inquiète de la «baisse significative des financements en amorçage ainsi que de la diminution générale du nombre de transactions et de créations». À l'inverse, il souligne positivement l'«essor des partenariats entre start-up et grandes entreprises».

Lait: Terrena propose de reprendre 40 millions de litres aux producteurs lâchés par Lactalis

Terrena annonce, dans un communiqué du 18 octobre, pouvoir reprendre 40 millions de litres (Ml) de lait aux producteurs concernés par la réduction de collecte de Lactalis. La coopérative propose aux éleveurs situés sur «sa zone de collecte historique», soit environ 100km autour d’Ancenis (Loire-Atlantique), de rejoindre son organisation de producteurs. Les volumes repris seront transformés et commercialisés par la laiterie du Val d’Ancenis, filiale de Laïta (copropriété de Terrena, Even et Eureden). «Notre objectif est de contractualiser durablement et en priorité avec les producteurs de lait qui sont déjà adhérents de la coopérative pour d’autres activités ou ceux qui souhaitent le devenir», indique Christophe Miault, administrateur de Terrena. Plus tôt, LSDH a annoncé pouvoir reprendre la collecte de 50 fermes lâchées par Lactalis autour de son usine de Cholet (Maine-et-Loire), soit «entre 50 et 60Ml». De son côté, la marque Faire France s’est dit prête à reprendre 30Ml, via son partenariat avec LSDH, à la surprise du transformateur. En revanche, Sodiaal ne reprendra pas les volumes laissés par Lactalis, a indiqué la coop' au journal Les Échos (article payant). Le 18 octobre, une soixantaine d’éleveurs ont manifesté sur le site Lactalis de Retiers (Ille-et-Vilaine) à l’appel de la Confédération paysanne qui annonce une série de mobilisations.

Lait: Savencia et Agrial s’engagent sur une «prime climat» accessible à 1300 producteurs

La coopérative Agrial et la laiterie Savencia ont annoncé, le 17 octobre au Sommet mondial du lait, un partenariat visant à engager, d’ici la fin de l’année 2026, la totalité des associés coopérateurs d’Agrial fournissant du lait à Savencia dans une démarche de réduction de leur empreinte carbone. Cet accord «concerne 1300 producteurs et porte sur une collecte annuelle d’un milliard de litres de lait», indique un communiqué. Ce partenariat est «une première historique dans la filière entre un acteur laitier et une entreprise coopérative», se félicitent les deux entreprises. L’accompagnement des producteurs se concrétisera par «un diagnostic initial afin de déterminer le plan d’action», «la mise en œuvre de leviers de progrès environnementaux» et, enfin, la réalisation d’un «diagnostic final à l’issue de cette période avec une mesure des résultats». Les éleveurs engagés dans la démarche pourront bénéficier d’une «prime climat». Cette prime pourra atteindre 4,5€/1000 litres de lait. Son montant sera fixé «en fonction de la réalisation de son diagnostic carbone et de ses résultats environnementaux, à la fois autour du carbone et de la biodiversité». Il sera déterminé sur la base d’indicateurs «liés à la performance environnementale réelle de chaque exploitation par rapport à la moyenne de l’ensemble des exploitations laitières».

Spiritueux: Pernod Ricard cède des marques nordiques locales

Le géant des vins et spiritueux Pernod Ricard a annoncé le 17 octobre la cession de marques nordiques locales, produites à Turku (Finlande), au producteur finlandais de boissons Oy Hartwall AB, filiale du groupe danois Royal Unibrew. Cette opération doit être conclue «au plus tard d’ici à la fin juin 2025», selon un communiqué de presse. Elle porte sur des marques de spiritueux, de vins et de liqueurs, dont la plus connue est la liqueur Minttu, ainsi que les actifs de production correspondants situés à Turku. La cession inclut également les liqueurs Lapponia, une large gamme de vins de baies et de fruits, ainsi que différentes marques de glögi (vin chaud épicé des pays nordiques). Pernod Ricard vise ainsi à «concentrer ses ressources sur ses marques premium de spiritueux internationaux et de champagnes, moteurs de sa croissance, en ligne avec sa stratégie de premiumisation», souligne-t-il dans le communiqué. Le chiffre d’affaires consolidé du groupe s’est élevé à 11,6 Md€ au cours de l’exercice 2023-2024.

Œuf : la GMS prête à financer l’ovosexage à hauteur de 87,5%, au lieu de 100% jusqu'ici

Dans un communiqué diffusé en fin de semaine dernière, les deux fédérations de la grande distribution, FCD et FCA, proposent de prolonger leur participation au coût de l’ovosexage jusqu’au 28 février 2026, à hauteur de 87,5% (non plus 100%) dans le cadre du renouvellement de l’accord interprofessionnel de financement, qui courrait jusqu’à la fin novembre 2024 et menaçait de ne pas être renouvelé. Elles souhaitaient initialement un financement par les coûts des production, et répercuté dans les prix de vente. Elles appellent l’Etat à «intervenir pour garantir la pleine solidarité entre tous les circuits de la distribution». La FCD et FCA, rappellent que l'accord signé en 2022 prévoyait une «participation effective de tous les acteurs à partir du 1er décembre 2024», après deux ans de financement intégral par la grande distribution. Elles soulignent que pour la période qui vient, leurs 87,5% de participation dépasseraient leurs parts de marché, qu’elles estiment à 70% d’œufs produits en France distribués en GMS - le débouché restant est essentiellement capté par l'industrie agroalimentaire et la restauration. Considérant la sélection des poussins femelles dans l’œuf comme «une avancée majeure pour le bien-être animal », la distribution estime qu’«il est désormais temps que tous les circuits s’unissent pour soutenir cette avancée».

Porc: Madrange a terminé la robotisation de son usine de Feytiat

Après 25 millions d'euros d'investissements étalés sur 4 ans, l'usine de jambons de Madrange à Feytiat (Haute-Vienne) a achevé sa robotisation en préservant son savoir-faire de moulage des jambons supérieurs, a annoncé sa direction. Seules les tâches n'apportant pas de valeur ajoutée ont été robotisées, comme la manutention et le conditionnement, précise le communiqué. L'amélioration des conditions de travail était le but, et le directeur affirme qu'aucun accident du travail ne s'est produit depuis deux ans, dans ce site de Feytiat qui partage 430 salariés avec le site voisin du sud de Limoges (celui de La Valoine produit des mousses et terrines). Les autres investissements essentiels ont été, dès 2020, le changement du mode de cuisson, de la vapeur au bain-marie, deux fois plus économique en gaz, et le changement de la ligne de conditionnement, la nouvelle emballant jusqu'à 200 000 barquettes quotidiennement dans un emballage où 70% du plastique à disparu. La marque Madrange, qui identifie la moitié du jambon produit a gagné 10% en valeur, prévoit le directeur. Madrange appartient à La Cooperl depuis 2017 et se fournit auprès de la coopérative en jambons de porcs non castrés pour produire 50 tonnes par jour de jambon. «La Cooperl a redonné du dynamisme et les moyens d'investir à Madrange», assure Jean-Mari  Pontabry. (Madrange, 148 millions deuros de chiffre d’affaires en 2023, 430 salariés, Ebitda négatif de 3,9 Meur)

Porc/Italie: le Canada accepte les salaisons italiennes issues de zones à PPA

La direction générale italienne de l’hygiène et de la sécurité alimentaire (DGISAN) a conclu un accord avec les autorités du Canada (agence canadienne d’inspection des aliments, Acia) qui ouvre la porte de ce marché aux salaisons de plus de six mois issues de zones de restriction pour peste porcine africaine (PPA). Les jambons crus sous signe officiel de qualité sont les premiers bénéficiaires de cette réouverture, alors que la PPA est bien présente dans le nord de l’Italie, en particulier en Lombardie et Émilie-Romagne. De ce fait, les deux pays d’Amérique du Nord, Canada et États-Unis, acceptent ces salaisons. L’autorité sanitaire explique avoir «simplifié l’application des mesures sanitaires prévues pour les exportations vers ces deux pays», en «synergie avec la Commission européenne». Les industriels italiens de la charcuterie, représentés par l’association des industriels des viandes et salaisons (Assica), se félicitent de ce «bol d’oxygène» pour la filière. En 2019, le Canada avait accepté le principe de zonage permettant d’importer des viandes de zones européennes indemnes de PPA.

Biocarburants: le Brésil relève ses trajectoires d'incorporation, y compris en aviation

Le gouvernement du Brésil a promulgué le 8 octobre une «loi des carburants du futur» qui vise à stimuler l'utilisation d'agrocarburants sur son territoire. Le taux de mélange obligatoire à l’essence du bioéthanol extrait de sucre de canne et de maïs a été relevé de 22% à 27% et devrait être à 35% d’ici à 2030; quant au taux d'incorporation du biodiesel issu d’huile de soja dans la gazole, il sera progressivement élevé de 14% à 20% d'ici à 2030. La loi stimule aussi l’usage du carburant durable pour l’aviation qui pourrait réduire de 10% les émissions des vols domestiques d’ici 2037. Le président Lula Da silva a fait cette annonce sur la base aérienne de Brasília entouré de dirigeant(e)s des entreprises Latam, Renault, Volkswagen, Gol, Toyota et Mercedes, a pronostiqué un montant total d'investissements au Brésil dans des projets liés à la décarbonation des transports de 260 milliards de réaux (42,2 milliards d'euros) d’ici à 2037. «Le Brésil est le pays qui va mener la plus grande révolution énergétique de la planète», a-t-il dit en précisant que l’ambition du pays sud-américain d’éviter l’émission de 705 millions de tonnes de CO2 d’ici 2037. En août dernier, le Brésil avait promulgué une loi d’hydrogène vert avec pour ambition déclarée de devenir une «Arabie saoudite verte». (Marc-Henry André)

Sanitaire: Ferrero accusé d'avoir minimisé les contaminations aux salmonelles en 2022

Le géant agroindustriel italien Ferrero, fabricant du Nutella et des Kinder, est accusé dans un reportage diffusé jeudi 17 octobre sur France 2 d'avoir minimisé l'ampleur des contaminations aux salmonelles en 2022. L'industriel avait indiqué dans un communiqué en avril 2022 que la présence de salmonelles avait été «détectée le 15 décembre 2021» dans son importante usine d'Arlon, dans les Ardennes belges. Une présence imputée «après une enquête approfondie» à «un filtre à la sortie des deux réservoirs de matières premières». Selon l'émission Complément d'enquête diffusée jeudi soir par France 2 et que l'AFP a pu visionner, ce sont au total 81 échantillons provenant de l'usine belge qui se sont avérés positifs à la salmonelle, prélevés «sur une période de production de deux mois entre le 3 décembre 2021 et le 25 janvier 2022». L'émission s'appuie sur un document notamment signé par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), publié en ligne mais passé quasiment inaperçu. Sollicitée par l'AFP jeudi, l'entreprise «entend souligner que la qualité et la sécurité de ses produits ont toujours été et seront toujours au coeur de ses préoccupations», et qu'elle «rejette toutes allégations selon lesquelles il aurait pu en être autrement». En avril 2022, le groupe italien avait dû procéder à des retraits massifs de produits fabriqués en Belgique (Kinder Surprise, Kinder Mini Eggs, Kinder Surprise Maxi ou Schoko-Bons), après le signalement de dizaines de cas de salmonellose dans plusieurs pays d'Europe. Accusé notamment par des associations de défense des consommateurs d'avoir tardé à réagir, Ferrero est la cible d'enquêtes judiciaires en Belgique et en France. 

Volaille: Louis Perrault (Sasso) prend la tête de l'ERPA (volailles rustiques européennes)

L’association européenne des volailles rustiques (European Rural Poultry Association, ERPA), dont fait partie le syndicat français Synalaf (volailles Label rouge et bio), a pour nouveau président Louis Perrault. Ce professionnel français est président de la société de sélection de volailles traditionnelles Sasso (poulets et poules pondeuses de couleur). Il a présidé le syndicat français des accouveurs (SNA) de 2012 à 2024, rappelle le communiqué de l’ERPA, et développe les volailles rurales de Sasso en Afrique. Il a aussi participé à la création de l’ERPA en 2007. Louis Perrault remplace l’aspagnol Carlos Terraz, qui présidait l'association européenne depuis 2016. M. Terraz est président en Espagne d’AviAlter (association de l’aviculture alternative) et dirigeant notamment des sociétés NutriAvanza (nutrition animale) et Granja Pinseque (reproduction de volailles rustiques).