Budget 2025 : des distributeurs et coopératives agricoles échapperaient à la contribution exceptionnelle
Du fait de leur statut coopératif, des enseignes de distribution et des grands groupes de l’agriculture échapperaient à la contribution fiscale exceptionnelle prévue dans le projet de budget pour 2025, selon la FCA (Fédération du commerce coopératif), des distributeurs indépendants et LCA (La coopération agricole). Les entreprises sont supposées contribuer au redressement des finances publiques si elles dépassent un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Or, aucune entreprise sous enseigne E.Leclerc n’atteint ce seuil, selon le groupe, sauf sa filiale d'abattoirs Kermené, qui a réalisé en 2023 1,3 milliard d'euros de ventes. Il en est ainsi de la plupart des adhérents des Mousquetaires/Intermarché, selon ce distributeur. Un groupe de magasins indépendants ne paie pas d’impôt pour l’ensemble, ni ne bénéficie d’une réduction d’impôt du fait du déficit d’un magasin, comme l’a expliqué à l’AFP le délégué général de la FCA, Olivier Urrutia. Du côté agricole, les coopératives sont par statut exemptées d'impôts sur les sociétés. Ainsi, les 25 groupes coopératifs dépassant le milliard d'euros de chiffre d'affaires ne paieraient donc pas la taxe exceptionnelle, sauf leurs filiales n’ayant pas ce statut, selon les informations recueillies par l’AFP auprès de LCA. La contribution temporaire correspond à 20,6% de l'impôt sur les sociétés dû au titre de 2024 pour les entreprises dont le chiffre d'affaires va d'un milliard d'euros à moins de trois milliards d'euros, et à 41,2% de cet impôt pour celles qui atteignent ou dépassent trois milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Distribution: après l'achat de Cora, projet de plan social chez Carrefour pour mutualiser les sièges
Le siège de Cora en Seine-et-Marne est amené à disparaître au même titre que l'enseigne: Carrefour, qui l'a acheté en juillet dernier, prévoit de le fermer d'ici fin 2025 pour transférer une partie des activités en Essonne, et 340 emplois sont menacés. La nouvelle était attendue, Carrefour ayant évoqué dès juillet un «potentiel de synergies» dans l'acquisition des activités françaises du groupe belge Louis Delhaize. Le N.2 de la distribution française a annoncé le 15 octobre un «projet de réorganisation», présenté aux partenaires sociaux et «ouvert à consultation des CSE». Il «prévoit la suppression de 340 postes sur le site de Croissy-Beaubourg», ville de Seine-et-Marne où Cora avait son siège social. La fermeture de ce site «interviendra d'ici à la fin de l'année 2025», tandis que Carrefour assure que 120 postes seront créés dans le même temps sur son siège francilien à Massy, en Essonne. Le distributeur assure que «chaque collaborateur du site de Croissy-Beaubourg se verra proposer au moins une offre de reclassement sur un des sites du groupe en Ile-de-France, soit en siège (à Massy notamment), soit en magasin».
Agrivoltaïsme : en Bourgogne, un projet hybride avec la production d’hydrogène vert
Le producteur d’énergies renouvelables Q Energy et le développeur Inthy s’associent dans un projet couplant hydrogène vert et agrivoltaïsme en Bourgogne, ont-ils indiqué le 15 octobre. «D’une surface totale de 11 hectares, le projet prévoit de réunir sur une même parcelle un électrolyseur d’une puissance de 5 MW et une installation agrivoltaïque d’une capacité de 7 MWc», selon un communiqué. La centrale solaire fournira une partie de l’électricité nécessaire au fonctionnement de l’unité de production d’hydrogène attenante. Cet hydrogène vert doit «participer à la décarbonation des flottes de véhicules des collectivités locales, des acteurs de la mobilité lourde de la région et de process industriels locaux». Le projet est situé «à quelques dizaines de kilomètres de Dijon» (Côte-d’Or). Production attendue: «jusqu’à 2 tonnes d’hydrogène vert», soit l’équivalent de la consommation de 65 bus, précise le communiqué. Cela doit permettre «de fiabiliser les écosystèmes de mobilité régionaux en exploitation (Auxerre, Belfort, Dijon) et de réduire les émissions de CO2 des flottes de transport de personnes déployées par les collectivités territoriales, de véhicules de la région et de process industriels voisins qui en bénéficieront», souligne le président d’Inthy Dominique Darne.
Céréales bio: chute de la collecte française, grevée de moitié en blé tendre (FranceAgriMer)
À l'occasion d'une conférence de presse le 16 octobre, le conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer a présenté ses premières estimations de la récolte de céréales bio, encore plus affectée par les pluies qu'en conventionnel. La collecte de blé tendre (bio et deuxième année de conversion) reculerait de 54% par rapport à l'an passé, à 195 000 tonnes, la faute à une baisse des surfaces (liée aux semis empêchés par les pluies) et des rendements décevants. Elle se situerait même en deçà des utilisations attendues sur l'année (312 000 t, -17%). En conséquence, les importations passeraient de 1000 t à 50 000 t, les exportations reculeraient de 45 000 t (à 15 000 t), et le stock final chuterait de moitié. La collecte d'orge bio est également lourdement touchée, en baisse de 40%, tout comme celle du triticale (-54%). La qualité prélevée chez les organismes stockeurs laisse apparaître des poids spécifiques (PS) plus faibles que l'an passé, mais une «valeur d'usage intègre», avec notamment des indices de Hagberg très élevés (97% sont supérieurs à 240 secondes), ainsi qu'une «très bonne qualité boulangère». Du côté des marchés, les analystes de FranceAgriMer observent «une tendance haussière des prix des céréales bio depuis septembre, plus précisément pour le blé tendre bio».
Biofioul/colza: les ventes décollent, portées par la réglementation sur les chaudières
Alors que les chaudières neuves doivent utiliser des combustibles alternatifs depuis juillet 2022, les ventes de biofioul F30 (30% de colza) ont commencé à décoller cette année, rapporte le syndicat de distributeurs FF3C dans un communiqué paru le 16 octobre. Les ventes de biofioul F30 s’établissent à 60 000 m3 cette année (à fin septembre), à comparer aux 8000 m3 livrés en 2023. Une croissance qui s'explique «par la hausse des ventes de chaudières (+17%) d’une part et les adaptations volontaires des consommateurs d’autre part», précise la FF3C. En deux ans, la filière est désormais structurée. Le réseau de distribution de biofioul compte désormais «18 dépôts primaires approvisionnant en F30 plus de 360 établissements de distribution». Quant aux installateurs, 400 professionnels sont formés à ces matériels. Le syndicat annonce par ailleurs la compatibilité des chaudières F30 avec l’usage de combustibles intégrant davantage de renouvelable, jusqu’à 100% (F100). Des essais avaient été confiés en ce sens au Centre technique des industries aérauliques et thermiques (CETIAT).
Vin : les ventes de bourgogne tirées par les marques de distributeurs
Une hausse des ventes en GMS inhabituellement moins marquée en valeur qu’en volume: le vin de Bourgogne voit son chiffre d’affaires augmenter plus lentement que le nombre de bouteilles, «ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps», a souligné le 15 octobre Laurent Delaunay, président du BIVB (interprofession). Sur les huit premiers mois de l’année, il affiche +2,6 % en valeur et +2,9 % en volume dans la grande distribution française. L’importance des marques de distributeurs (MDD) est en cause, soit 39% des achats de bourgogne en GMS. Leurs ventes progressent de 14,9% en chiffre d’affaires, de 15% en nombre de bouteilles sur cette période (en glissement annuel). Quelques AOC pèsent dans cette évolution. Le bourgogne aligoté (58 % des achats en MDD) gagne quelque 285 000 bouteilles (+11,2%) pour des ventes supérieures à 20 M€. Le chablis (40% de MDD) augmente de 82 000 bouteilles (+6,2%) pour un chiffre d’affaires dépassant 18 M€. Le mâcon-villages (41 % de MDD) progresse d’environ 25 000 bouteilles (+2,3%) pour des ventes qui atteignent presque 10 M€. A l’inverse, les chiffres de commercialisation du crémant de Bourgogne montrent une baisse en volume (-1% sur huit mois de 2024), une hausse en valeur (+3,9%). Ses ventes hors MDD (55%) progressent à la fois en nombre de bouteilles (+10,1%) et en chiffre d’affaires (+13,3%).
Mirabelle : Vegafruits lance un jus pétillant sans alcool, pour concurrencer la bière
La coopérative lorraine Vegafruits, qui regroupe plus de 200 arboriculteurs, va lancer un jus de mirabelle obtenu à partir de mirabelles de Lorraine et infusé aux houblons à partir de 2025. Cette boisson issu d’un jus clarifié par décantation, pétillant et non alcoolisé est actuellement en phase test. Baptisée «Pairdry», elle a déjà une longue histoire: «En 2020, Thibault Petitpas et Charles de Bohan nous ont contacté pour élaborer une boisson qui pourrait concurrencer la bière dans l’événementiel, explique Arnaud Colin, directeur de Vegafruits. Nous avons développé et produit une recette qu’ils commercialisaient sous le nom Pairdry». L’impact de la crise du Covid a mis fin à l’expérience malgré de bons retours consommateurs : en 2024, propriétaire de la recette, Vegafruits a racheté la marque. La coopérative ne compte pas s’arrêter là et un jus de cerise, sur les mêmes bases technologiques, devrait bientôt suivre: «Nous orienter vers les boissons est dans notre stratégie. Il y a une attente forte du consommateur pour ce type de produit, en France mais aussi sur les marchés export, poursuit Arnaud Colin. Pour Végafruits, l’objectif demeure de pouvoir utiliser l’ensemble des volumes de nos producteurs, sur le marché du frais tout comme à la transformation».
Fruits et légumes: les cueillettes solidaires font florès en France pour lutter contre le gaspillage
Cueillir des fruits chez des particuliers demandeurs pour lutter contre le gaspillage alimentaire: l'initiative lancée fin 2020 à La Rochelle par l'association Aux arbres citoyens a fleuri partout sur le territoire national. En 2023, Aux arbres citoyens a planifié une centaine de cueillettes chez des particuliers volontaires, au cours desquelles elle a récolté quatre tonnes de fruits. La collecte est ensuite partagée entre les propriétaires, les cueilleurs et des organismes de distribution alimentaire (Banques alimentaires, Restos du coeur, épiceries sociales, centres sociaux,etc.). «Pour les fruits, on a du mal à donner aux étudiants parce qu'ils sont absents au moment des récoltes (en été, NDLR), regrette Coralie Tisné-Versailles. Alors on se rattrape avec les noix et certains légumes.» Depuis la création d'Aux arbres citoyens, une dizaine d'antennes locales ont vu le jour en Normandie, Alsace ou Auvergne «et une dizaine d'autres vont
apparaître en 2025», selon la fondatrice.
Gaspillage alimentaire: le député Garrot reprogramme ses États généraux au printemps
Après leur annulation en juin pour cause de dissolution, le député socialiste et ancien ministre Guillaume Garot a reprogrammé ses «États généraux de la lutte contre le gaspillage alimentaire», annonce-t-il dans un communiqué le 16 octobre. L'évènement se tiendra sur une journée à l'Assemblée nationale le 13 mars 2025. Objectif: donner «une nouvelle impulsion à ce combat dans un contexte économique et social difficile», explique le député dans son communiqué. Il doit réunir «représentants d’associations de solidarité, d’ONG environnementales, de start-up innovantes, d’entreprises de la grande distribution, de l’industrie alimentaire, des producteurs agricoles, mais aussi des chercheurs et des experts». Le précédent ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, avait accepté d'ouvrir l'édition annulée de juin 2024; l'objectif était de créer des groupes de travail dans la foulée de la journée à l'Assemblée, «pour aboutir à des mesures concrètes», indique-t-on dans l'équipe du député de Mayenne.
Fromages au lait cru : un livre blanc sur les effets de leur consommation sur la santé humaine
La Fondation pour la biodiversité fromagère a publié, le 14 octobre, un livre blanc (version numérique) faisant la synthèse des études consacrées aux effets de la consommation de fromages, en particulier au lait cru, sur la santé humaine. L’ouvrage intitulé «Bénéfices et risques pour la santé de la consommation de fromages – intérêts de la biodiversité microbienne» est «une synthèse des connaissances scientifiques actuelles sur le sujet», explique un communiqué. Sa conception a été suivie par un comité d’experts issus de VetAgroSup, de l’Institut de l’élevage et du Cnaol (AOP laitières). Les rédacteurs mettent en avant le caractère inédit de leur démarche de synthèse et leur ambition de «présenter des faits scientifiques objectifs», malgré la raison d’être de la fondation qui l’édite: la défense des fromages au lait cru. Ils expliquent l’intérêt de leurs travaux par la place importante qu’occupent les fromages dans l’alimentation des Français, la diminution de la proportion de fromages au lait cru, «l’importance dans notre santé d’un microbiote intestinal diversifié» et «l’accroissement de certaines pathologies ces dernières années» ayant un lien avec l’alimentation.