Agra Business | Limagrain, EDF, Bayer, Océalia et Biodis

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Semences potagères : LVS (Limagrain) veut faire entrer le qatari ADQ à son capital

Dans un communiqué de presse du 26 juin, la coopérative Limagrain annonce être entré en « discussions exclusives » avec Abu Dhabi Developmental Holding Company (ADQ), un investisseur souverain actif qatari. Selon les termes de la transaction envisagée, ADQ prendrait une participation minoritaire à hauteur de 35 % dans l’activité Semences potagères de Limagrain. « Ce projet s’inscrit dans la continuité de notre historique d’ouverture du capital à des partenaires minoritaires, tout en conservant le contrôle de nos différentes activités », a déclaré Sébastien Vidal, président de Limagrain. Dans le cadre de la collaboration envisagée, Limagrain Vegetable Seeds (LVS) et Silal, société du portefeuille d’ADQ spécialisée dans les technologies agroalimentaires, prévoient d’établir un partenariat en matière de R&D, aboutissant à la création d’une joint-venture dédiée à la génétique des légumes adaptés aux zones désertiques. La collaboration vise à développer des solutions innovantes en matière de génétique afin d’améliorer la résilience de cultures potagères face à des conditions environnementales extrêmes telles que la chaleur intense, la sécheresse et la salinité.

Poires : récolte attendue en hausse chez les producteurs européens, sauf en France

Le congrès international de la poire Interpera, le 25 juin en Belgique, a été l’occasion des traditionnelles prévisions européennes de récolte. Des données « à considérer avec prudence », selon un communiqué des organisateurs, « la saison n’ayant pas encore pleinement révélé son potentiel ». En Espagne, la hausse de production est « estimée à +31 % par rapport à 2024 », une année où le potentiel « n’était pas atteint ». La Belgique prévoit « une augmentation de 25 %, après une campagne précédente en retrait ». Le Portugal s’attend à « des volumes globalement stables  ». En Italie, une « hausse » est perçue comme « possible, mais à confirmer plus tard dans la saison » (variétés tardives). Aux Pays-Bas, la hausse est « probable », après « une campagne précédente marquée par une baisse de 10 % ». En revanche, la France se prépare à une baisse de 9 % , malgré « un accroissement des surfaces » et « l’arrivée de nouvelles variétés ». Les experts et participants ont aussi abordé « plusieurs préoccupations communes », dont la main-d’œuvre, l’eau, « l’adaptation des pratiques agricoles face aux restrictions phytosanitaires » ou encore « la baisse de la consommation, notamment chez les jeunes ».

Climat : EDF se lance dans le conseil à la décarbonation des fermes

Oklima, spécialiste de la contribution carbone, lance une offre visant à « soutenir et accélérer la décarbonation des exploitations agricoles », annonce la filiale d’EDF dans un communiqué le 23 juin. Du côté des entreprises agroalimentaires clientes, cette offre permettra la « décarbonation de leurs émissions de scope 3 », qui englobent l'amont, donc les « exploitations de grandes cultures et d’élevage qui approvisionnent le secteur agroalimentaire ». Les projets seront tous labellisés Label Bas Carbone, et permettront de « réduire les émissions » de GES et « d’augmenter le stockage de carbone dans les sols » grâce à des pratiques « durables ». L’entreprise assure que tous les projets seront « coconstruits par l’agriculteur, l’agro-industriel et Oklima », cette dernière assurant « un accompagnement global, de la conception au suivi de la mise en œuvre, jusqu’à l’obtention de la labellisation des projets » (pour les exploitants agricoles comme pour les industriels). Une plateforme doit aussi permettre aux clients de « suivre en temps réel l’avancement des projets » et de « mesurer leur impact ».

Céréales/fongicides : Bayer promet à son tour des hectares de blés sains

Le groupe agro-pharmaceutique allemand Bayer a indiqué via un communiqué du 25 juin qu'il propose désormais des hectares de blés sains, via son offre Prediview. « Ce service permet d’ajuster les traitements fongicides aux risques réels », précise le groupe allemand. L’annonce fait suite à celle de Soufflet au premier trimestre et à celle de BASF au second semestre 2023, qui proposent également des hectares de blé et d’orge sains. L’offre de Bayer a été lancée en 2025 après deux années de tests, et a protégé 10 300 ha de blé. Douze distributeurs (organismes stockeurs) et 280 agriculteurs ont participé au projet. Satisfait par les résultats, Bayer a pour objectif de doubler les surfaces concernées en 2026, soit plus de 20 000 ha. Plus concrètement, le programme fongicide de la nouvelle offre de l’agrochimiste est contractualisé en début de campagne, à un prix fixe, indépendamment de la pression maladies. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous, une compensation à l’hectare est prévue. Le montant de ladite compensation n’a pas été précisé dans le communiqué.

Céréales : la Commission européenne revoit à la hausse ses prévisions de rendements dans l'UE

L’observatoire des cultures de la Commission européenne, Mars, estime dans son rapport mensuel du 23 juin que les conditions de culture de céréales d’hiver s’avèrent bonnes pour le moment, surtout dans la zone sud de l’UE, spécialement en Espagne, en Bulgarie et en Roumanie. Le déficit hydrique engendre néanmoins quelques inquiétudes dans le nord de l'Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, France notamment). L’observatoire a revu à la hausse sa prévision de rendement 2025 en blé tendre d’hiver sur l’ensemble de la zone UE, passant de 6,04 t/ha dans son rapport de mai à 6,08 t/ha dans celui de juin. En orge d’hiver, elle passe de 5,28 t/ha à 5,38 t/ha sur la même période. Pour rappel, la récolte a déjà débuté dans l’Hexagone en orge, et est imminente en blé tendre. En colza, la progression au niveau de l'UE est plus modeste, passant de 3,17 t/ha à 3,18 t/ha. Notons quelques ajustements concernant les cultures de printemps. La projection de productivité du maïs sur l’UE s’affiche à 7,46 t/ha ce mois-ci, contre 7,45 t/ha le mois précédent. En tournesol, les chiffres passent de 2,09 t/ha à 2,11 t/ha. Ces prévisions sont à prendre avec prudence, la récolte pour ces cultures étant encore loin.

Champagne : la CJUE rejette l’enregistrement d’une marque de vin italienne

Nero champagne « ne peut pas être enregistré » comme marque pour des vins de la prestigieuse AOP, indique le 25 juin la CJUE (Cour de justice de l’Union européenne) lui reprochant de « véhiculer une information fausse ou fallacieuse ». Le tribunal, saisi par le CIVC (interprofession) et l’Inao, note que le même terme est « utilisé dans le nom de plusieurs cépages italiens connus et que de multiples variétés de vignes l’incluent dans leur dénomination », selon un communiqué. « Nero sera compris par le public italophone comme signifiant noir. Le public pourrait donc penser qu’il s’agit d’un champagne noir alors même que, selon le cahier des charges de l’AOP, un champagne ne peut être que blanc ou rosé. » En 2019, la société italienne Nero Lifestyle avait présenté à l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) une demande d’enregistrement de la marque, notamment pour des vins conformes au cahier des charges de l’AOP champagne. L’EUIPO avait donné son feu vert, décision finalement annulée au motif d’une « erreur de droit ». Le tribunal de l’UE considère que la marque est « susceptible d’exploiter indûment la réputation d’une AOP, même si elle ne désigne que des produits conformes au cahier des charges de cette AOP ».

Lait : l’apport total mal contrôlé par les OP, faute de moyens (FranceAgriMer)

Alors que les éleveurs laitiers adhérents d’une organisation de producteurs (OP) doivent apporter tout leur lait au transformateur auquel ils sont liés contractuellement (règle de l’apport total), cette obligation semble peu contrôlée par les OP. Lors de la Journée des OP Laitières le 25 juin à Paris, FranceAgriMer a indiqué que les OP contrôlées – trois chaque année – ne respectaient pas l’obligation de contrôle de l’apport total. En cas de non-conformité, l’OP est tenue de se mettre en règle sous 12 mois. FranceAgriMer propose alors un accompagnement pour arriver à mettre en place ce contrôle au sein de l’OP et a mis au point un guide méthodologique pour se mettre en conformité. Le manquement au contrôle de l’apport total, s’il persiste au-delà d’un an, débouche théoriquement sur un retrait de la reconnaissance officielle, ce qui n’est pas arrivé selon FranceAgriMer au seul motif de non-conformité sur l’apport total. Ce défaut de contrôle de l’apport total s’expliquerait par les ressources humaines limitées de nombreuses OP, qui sont souvent de petites structures. Dans un communiqué paru le 25 juin, la FNPL se distingue des OP en demandant à l’État un assouplissement de la règle de l’apport total du lait du producteur au transformateur. « L’apport (…) ne doit pas nécessairement être total puisque, aujourd'hui, il faut permettre aux producteurs de diversifier leurs acheteurs, sans pour autant quitter leur OP. »

Lait/Savencia : le jugement du Conseil d'État « incompréhensible » pour les OP

Le jugement du Conseil d’État favorable à la requête de Savencia de mettre fin à l’obligation d’engagement de cinq ans des producteurs de lait vis-à-vis de leur OP (organisation de producteurs) ou AOP (association d'organisations de producteurs) suscite « l’incompréhension » des OP, selon le président de France OP Lait, Loïc Adam. « Cette décision affaiblit les producteurs vis-à-vis des transformateurs et fragilise toute l’organisation », selon lui. Les OP se demandent comment elles vont pouvoir gérer des producteurs adhérents seulement pour une année, alors que le contrat-cadre négocié au nom des producteurs avec le transformateur dure cinq ans. Le contrat d’application liant le producteur au transformateur est, lui, d’une durée de cinq à sept ans. Un point de vue partagé par la FNPL (producteurs, FNSEA) : « C'est livrer les producteurs aux transformateurs, tout l'inverse de la logique poursuivie depuis le développement des OP puis les lois Egalim », selon un communiqué.

Coopératives : Océalia fait l’acquisition de douze jardineries

Dans un communiqué du 24 juin, le groupe coopératif céréalier Océalia a annoncé l’acquisition de douze magasins de jardinerie, via sa filiale Jardineries Monplaisir. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Les sites en question se situent essentiellement dans le Poitou : dix dans la Vienne, un dans les Deux-Sèvres et un dans l'Indre. Grâce à cette opération, « notre réseau devient le deuxième réseau national Gamm Vert en nombre de magasins », avec désormais 83 points de vente, « et le troisième en chiffre d’affaires », à 77 M€ (contre 60 M€ auparavant), indique le groupe coopératif. Océalia rappelle par ailleurs que les deux tiers de son excédent brut d’exploitation proviennent de ses filiales. Les effectifs de Jardineries Monplaisir passeront de 320 salariés à 400. En tout, le groupe coopératif englobe 1 600 salariés, 7 000 adhérents, et a collecté lors de la campagne commerciale 2023-2024 environ 1,3 Mt de céréales et oléoprotéagineux. Il dégageait par ailleurs un chiffre d’affaires de 933 M€ via ses 17 filiales, peut-on lire sur son site internet.

Bio : nouveau visage de l’actionnariat chez le grossiste Biodis

Biodis, grossiste en produits bio (frais, fruits et légumes, épicerie, boisson, hygiène, bien-être), annonce une évolution de son actionnariat dans un communiqué le 25 juin. L’actuelle présidente de Biodis, Myriam Jourdan, « renforce significativement sa participation au capital ». Dans l’opération de recomposition, figure un nouvel actionnaire : le fonds bio filière durable, géré par Esfin Gestion (filiale du Crédit coopératif). BPI France « cède sa participation », tandis que demeurent les deux autres investisseurs historiques que sont BNP Paribas Développement et NCI. Par ce nouveau tour de table, Biodis veut « poursuivre son développement sur un marché en mutation, convaincue de l’importance de son rôle de trait d’union entre les fournisseurs bio exigeants et les acteurs de la distribution spécialisée indépendante », indique le communiqué.

Consommation durable : l’engagement des plus convaincus s’essouffle (sondage)

L’édition 2025 du Baromètre GreenFlex-Ademe de la consommation responsable, qui vient de paraître, révèle un essoufflement des convictions et des comportements en faveur de l’environnement et du climat. Au cours d'une visioconférence de présentation, ce 24 juin par le cabinet de conseil GreeFlex, sa directrice conseil Laure Blondel a pointé la baisse de la part des personnes déclarant faire « tout leur possible » (13 % en 2025 contre 18 % en 2024) parmi les 1 004 interrogées. Autre recul : celui de la part des répondants les plus convaincus que leurs choix individuels comptent pour la planète (19 % contre 27 %). Stéphane La Branche, coordinateur scientifique du Gieco (Groupe international d’experts sur les changements de comportement), a suggéré de mieux encourager les consommateurs en « [arrêtant] de parler d’effort », en suscitant des engagements collectifs et en donnant plus de visibilité aux retours positifs. Alors que la cherté des produits durables est mentionnée comme un frein à la consommation, Yannick Servant, cofondateur de la Convention des entreprises pour le climat (CEC), a souhaité que les consommateurs soient informés sur le coût des externalités négatives des produits qui ne le sont pas.

Évènementiel/élevage : Didier Lucas (FNSEA) élu président du Space

Didier Lucas, le président (FNSEA) de la chambre d’agriculture des Côtes-d’Armor, a été élu président du Space, annonce le salon breton dans un communiqué le 25 juin. Cet éleveur porcin de 54 ans est « engagé dans le syndicalisme depuis 2004 », rappellent les organisateurs ; il a notamment présidé la FDSEA des Côtes-d’Armor de 2010 à 2019. Il est également vice-président de la chambre d’agriculture Bretagne. Concernant le Space, M. Lucas a « piloté l’Espace pour demain », un « espace prospectif » élaboré avec les chambres. Il succède à Marcel Denieul, président du Space depuis 2014. Cité dans le communiqué, Didier Lucas indique vouloir « œuvrer pour que le Space soit toujours la référence mondiale en matière de solutions adaptées aux besoins des agriculteurs et des entreprises du secteur agricole ». La prochaine édition, placée sous le signe de l’intelligence artificielle, aura lieu du 16 au 18 septembre au Parc Expo de Rennes. En 2024, le salon avait attiré plus de 100 000 visiteurs.