Agra Business | Max Havelaar, Agap'pro, Tyson Foods, 2 Sisters, Comptoir Rhodanien

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Commerce équitable : les ventes 2024 de produits Max Havelaar en hausse de 4,1%

Blaise Desbordes, directeur général de Max Havelaar France a dévoilé le 6 mai « des chiffres positifs » pour les ventes 2024 de produits labellisés par son ONG en France, dans « un contexte morose » puisque la consommation a décru l’an dernier en grandes surfaces. Les ventes de produits Max Havelaar ont atteint 1,38 Mrd€ en 2024, en hausse de 4,1% par rapport à 2023. Parmi les canaux de distribution, 62% des ventes se font en GMS, mais c’est en distribution spécialisée bio et en RHF qu’elles sont en plus forte hausse (+28% et +13% respectivement). Malgré l’envolée des prix mondiaux, le cacao est en croissance, +7% en valeur et +8% en volume, tandis que le café est stable en volume et progresse peu en valeur (+3%). Pour ce qui concerne les produits issus des terroirs français, encore minoritaires par rapport aux produits du Sud, Max Havelaar constate une accélération des filières laitières : 2,5 millions de litres ont été vendus en 2024, soit +400% par rapport à 2023, et « un doublement des volumes est attendu en 2025 », selon Blaise Desbordes. La coopérative Les Maîtres laitiers du Cotentin et l’association de producteurs lot-et-garonnais La Brique rose, en collaboration avec le conditionneur Yéo Frais, ont mis en place des filières pour des produits destinés à la restauration scolaire et au grand public.

Commerce équitable Nord-Nord: nouvelles filières Max Havelaar en blé, légumineuses et bœuf

Max Havelaar France veut poursuivre son développement auprès des agriculteurs français en lançant de nouvelles filières de commerce équitable concernant le blé et les légumineuses. Le 6 mai, à l’occasion du lancement de la Quinzaine du commerce équitable (10 au 25 mai), l’ONG a indiqué qu’une filière était créée avec l’union Entente des coopératives (Charente et Charente-Maritime) sur 175 ha pour le blé et 100 ha pour les lentilles et les pois chiches pour la campagne 2025/2026. Une autre filière est mise en place avec l’association de producteurs biologiques Terres du Pays d’Othe (Aube) pour les lentilles, pois chiches et haricots sur 1 280 ha. En outre, Max Havelaar France initie une expérimentation avec l’organisation de producteurs de bovins viande Elvea Île-de-France afin de mettre sur pied un cahier des charges d’ici la fin 2025. Pour chaque filière, l’objectif est d’améliorer la rémunération des producteurs avec des prix minimum garantis et d’assurer des débouchés en privilégiant la restauration collective, en particulier scolaire. À ce sujet, Elvea qui fournit déjà la Caisse des écoles de Paris 20e, pourrait approvisionner cette dernière en viande locale et labellisée Max Havelaar.

Restauration collective : la centrale Agap’pro entre dans le giron de Sodexo

La centrale de référencement de produits (alimentaires ou non) pour la restauration collective Agap’pro entre dans le giron du groupe Sodexo, apprend-on par un communiqué du 6 mai d’Entegra, centrale d’achat pour la restauration et l’hospitalité, filiale du groupe. Entegra est notamment au service des collectivités et des établissements médico sociaux, et en particulier dans le sud-ouest de la France, précise le communiqué. Elle accompagne dans leurs achats plus de 2000 comptes adhérents de collectivités et référence près de 150 fournisseurs et industriels nationaux et locaux. Cette société française vient compléter les précédentes acquisitions dans l’Hexagone d’Entegra : CHR-HA en 2022 (hôtellerie-restauration) et d’AMi2 en 2023 (santé et médico-social). « La France est un marché stratégique pour Entegra, par le potentiel du secteur de l'hospitalité, la diversité des besoins et l’intensification des enjeux de performance achats et RSE, déclare Damien Calderini, P-DG d’Entegra Monde dans le communiqué. Nous accélérons notre développement pour y devenir le partenaire de référence et un acteur leader ». La filiale de Sodexo déclare un pouvoir d’achat de 38 milliards d’euros auprès de plus de 2 500 fournisseurs partenaires dans le monde, et plus de 300 000 comptes adhérents.

Agroalimentaire : Tyson Foods élimine les colorants de synthèse de ses produits (presse)

Alors que les colorants synthétiques à base de pétrole sont dans le viseur de l’administration Trump, le géant états-unien de la viande Tyson Foods a « proactivement reformulé » ses produits afin d’éliminer ces substances, a déclaré son p.-d.g. Donnie King le 5 mai, lors d’une conférence téléphonique sur les résultats de l’entreprise. Un chantier qui doit s’achever « d’ici la fin du mois de mai », selon Reuters. Citant le dirigeant, l’agence de presse relève que « la plupart des produits vendus sous la marque de la société de viande, y compris les nuggets de poulet Tyson, ne contiennent pas ce type de colorants ». Le 22 avril, le gouvernement de Donald Trump avait annoncé son intention d’interdire d'ici fin 2026 huit colorants artificiels soupçonnés d'être à l'origine de cas d'hyperactivité, de diabète ou encore de cancer. Par ailleurs, Tyson Foods a annoncé le 5 mai des ventes inférieures aux prévisions pour le deuxième trimestre, en raison d’une « provision pour imprévus juridiques » concernant principalement l'activité porcine. Toutes activités confondues, le chiffre d’affaires trimestriel du groupe reste stable sur un an (à 13,07 Md$) ; les ventes de porc reculent de 16 % (à 1,24 Md$), tandis que le bœuf (5,2 Md$) et le poulet progressent (4,1 Md$) respectivement de 5 % et 2 %.

Volailles : le premier volailler britannique 2 Sisters est revenu dans le vert

Le groupe britannique Boparan Holdings, propriétaire du numéro un britannique de la volaille 2 Sisters Food Group, a affiché le 30 avril une sensible amélioration de ses performances et une forte régression de sa dette. Son bénéfice avant impôt est de 35,5 millions de livres (M£) pour son exercice allant d’août 2023 à juillet 2024, contre une perte de 28 M£ précédemment ; son chiffre d’affaires ayant gagné 0,5 % (en période d’inflation) pour s’établir à 3,05 milliards de livres (Md£). Sa dette a fondu, passant de 487 M£ à 39 M£, soit son ratio d’endettement le plus faible en dix ans. Cette embellie s'explique par l’amélioration des ventes et de l’efficacité industrielle dans les trois activités du groupe (volailles, plats cuisinés et boulangerie). Selon le directeur général Paul Friston, ils sont le fruit de trois ans d’efforts. Le groupe a fermé un site au pays de Galles et investi dans l’automatisation. Il maintient ses engagements sociétaux : zéro émissions carbone à l’horizon 2035 et plan d’amélioration du bien-être animal d’ici à 2027. D’après le classement du groupe de presse américain WATTAgNet des producteurs mondiaux de volailles en 2023, 2 Sisters se positionne en numéro 2 de la volaille européenne, avec 525 millions de volailles abattues, par an, derrière MHP en Ukraine, qui en abat 704 millions et devant LDC en France qui en abat 477 millions. (Boparan Holdings Limited compte 13 500 salariés et réalise plus de 3 Md£ de chiffre d’affaires).

Bovins viande : les prix des broutards « fléchissent », les vaches au coût de production

Après plusieurs mois de hausse continue, les prix des broutards – en particulier les animaux lourds – ont connu un « fléchissement » en avril, en raison « d’une offre renforcée par les ventes de broutards alourdis à l’étable durant l’hiver », constate l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances paru le 25 avril. Après un pic à 4,88 €/kg vif en semaine 12 (du 17 mars), le cours des charolais U de 450 kg a « reflué à 4,76 €/kg vif en semaine 16 » (du 14 avril). Un niveau « cependant supérieur de 33 % à l’année précédente », remarque l’institut technique, et toujours supérieur au coût de production moyen (4,08 €/kg vif), dépassés en début d’année. En revanche, les autres catégories de broutards (animaux plus légers) « poursuivaient leur hausse », reflet d’une offre « restreinte du fait de la forte baisse automnale des naissances ». De leur côté, les cours des vaches allaitantes, qui avaient augmenté moins vite que les broutards, ont récemment dépassé les coûts de production. En semaine 17 (du 21 avril), la vache R se vendait en moyenne à 6,17 €/kg entrée abattoir, soit exactement le niveau de l’indicateur interprofessionnel de prix de revient pour le premier semestre 2024. Une progression de 54 ct€/kg depuis le 6 janvier qui s’explique principalement par une « offre limitée ».

Produits laitiers : le prix du beurre industriel atteint un record à 7600 €/tonne

« La situation globale des marchés évolue actuellement de façon modérée, sauf pour le beurre industriel qui est en forte augmentation », indique le Cniel dans sa note de conjoncture laitière d’avril 2025 publiée le 6 mai. Ainsi, le beurre industriel atteint actuellement un nouveau sommet à plus de 7600 €/tonne. « La production laitière est actuellement peu dynamique dans les grands bassins exportateurs mondiaux », constate les experts du Cniel. En France, les problèmes sanitaires ont entraîné une baisse de la collecte de 2% sur les 15 premières semaines de 2025, mais elle s’est améliorée depuis le début avril. Le prix unitaire des charges dans les élevages laitiers diminue, l’indice général Ipampa Lait de vache de l’Institut de l’élevage reculant de 2% par rapport à février 2024, après une période de forte augmentation (+24% depuis 2020). Le prix standard du lait de vache conventionnel est en hausse de 8% à 468 €/1000 litres en février 2025, soit 34 € de plus qu’en février 2024 selon FranceAgriMer. Des évolutions qui ne se retrouvent pas de façon symétrique dans les magasins puisque depuis un an, les prix du beurre et du lait liquide progressent, tandis que ceux des fromages et des yaourts reculent. Le Cniel constate que « les perspectives sur les mois à venir sont difficiles à déterminer en raison de l’intensification des tensions géopolitiques et des risques sanitaires ».

Fruits: Comptoir Rhodanien intègre le producteur-expéditeur Fruits 2000

Pour fêter ses 30 ans, le producteur-expéditeur de la Vallée du Rhône, Comptoir Rhodanien, a réuni, le 24 avril, quelque 450 producteurs partenaires et des élus locaux lors d'une soirée, au cours de laquelle il a annoncé l’entrée du producteur-expéditeur ardéchois Fruits 2000 (SARL Desbos) dans son giron. Cette arrivée permet de renforcer le leadership de l’entreprise et de ses filiales en Vallée du Rhône (Metral Fruits, Ville Valnoix et désormais Fruits 2000) permettant un potentiel global de 12 000 t en abricots, 8 000 t en pêches-nectarines, 2 500 t en cerises, 800 t en châtaigne et 5 000 t de noix (2 500 t en production propre et 2 500 t chez Ville Valnoix). Les trente dernières années ont vu le développement et la diversification des bassins de production, tout comme les débouchés avec une intégration industrielle pour transformer une partie des fruits vers les cafés-hôtels-restaurants. L’entreprise est devenue productrice, avec désormais 450 ha de vergers (150 en Espagne et 300 en France dans le Gard et le Sud-Ardèche). Les prochaines années, Comptoir Rhodanien annonce de nouveaux investissements, surtout sur la protection physique des vergers et l’augmentation de la capacité de calibrage en cerise. (Florence Rabut)

Biocontrôle/légumes : Amoéba va tester Axpera «à grande échelle» en serre aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la greentech française Amoéba (fondée en 2010, cotée sur Euronext Growth) a obtenu une autorisation pour « des essais à grande échelle en serre » de son fongicide de biocontrôle Axpera, annonce un communiqué le 6 mai. Le produit pourra être utilisé contre l’oïdium et le mildiou sur plusieurs cultures : tomate, concombre, fraise, rosier et gerbera. « Contrairement à la pratique habituelle qui impose la destruction des récoltes issues d’essais avec des produits non encore homologués », écrit Amoéba, les autorités ont accordé « une dérogation exceptionnelle », au regard du « faible risque », et autorisent ainsi « la consommation des fruits et légumes récoltés dans le cadre de ces essais ». L’expérimentation a un triple objectif : « valider l’efficacité du produit dans des conditions commerciales réelles », l’intégrer « dans des itinéraires techniques variés de culture sous serre pratiqués aux Pays-Bas » et « renforcer la visibilité et la crédibilité » de l’entreprise dans le pays. Pour rappel, fin 2024, Amoéba s’est associée avec le néerlandais Koppert et mi-avril, en France, Axpera a reçu une autorisation de mise sur le marché d’urgence pour le traitement du mildiou de la vigne, avant une autorisation permanente espérée « fin 2025/début 2026 ». 

Pesticides : les ETA alertent sur une hausse des offres illégales de prestation d'application

Dans un communiqué du 6 mai, la FNEDT (fédération des entreprises de travaux agricoles - ETA) s'inquiète d'une progression des offres de prestation d'application de produits phytosanitaires par des entreprises/entités/personnes qui ne disposent pas de l’agrément nécessaire. Elle rappelle que la réglementation existe depuis 2012, mais n'empêcherait pas ces pratiques illicites d'augmenter. Contactée par Agra Presse, la fédération précise que « chaque semaine», plusieurs annonces de prestations sans agrément apparaissent sur un site internet national de petites annonces agricoles, «contre seulement une à deux par mois auparavant». La situation «s’aggrave depuis 2022 (...) Le phénomène se développe particulièrement en grandes cultures», estime la FNEDT. En conséquence, les ETA certifiées perdent confiance et commencent à rejeter la réglementation, prévient l'organisation. « Plusieurs centaines d'ETA agréées, soit près d’une sur trois, interrogent la commission Agricole et Environnement sur la pertinence du renouvellement de l’agrément », précise-t-elle. La FNEDT indique avoir alerté le ministère de l'agriculture il y a un mois par courrier, resté sans réponse. L'organisation, « qui croit en la valeur de l'agrément », annonce se préparer à interpeller les préfectures, les DDT (direction départementale des territoires) et les SRAL (services régionaux de l'alimentation) via ses réseaux.

Champagne : la maison Frerejean Frères lève 9 M€ pour doubler de volume

La maison de champagne Frerejean Frères (FJV) réalise une levée de fonds de 9 millions d’euros lui permettant de doubler de volume, a-t-elle annoncé le 4 mai. Cette opération est « portée par un pool d’investisseurs privés, dont UI Investissement, acteur reconnu du capital-investissement en France auprès des PME non cotées, et le family office Corvis », selon un communiqué de presse. Déjà bien implantée sur la prestigieuse côte des Blancs et présente sur de nombreux marchés internationaux (60 % du chiffre d’affaires réalisé à l’export), FJF souhaite « poursuivre sa croissance organique mondiale, tout en consolidant son ancrage territorial et culturel ». L’objectif principal est le développement de l’activité champagne : faire grimper la production de 150 000 bouteilles aujourd’hui « à un maximum de 300 000 bouteilles dans les années à venir ». Une augmentation de capital est annoncée, permettant la création d’une nouvelle cuverie « afin d’élargir la capacité de production, et de favoriser un travail parcellaire parfaitement ajusté à chaque lieu-dit ». FJF prévoit l’ouverture d’un hôtel de charme à Avize (Marne), pourvu d’une dizaine de chambres et d’un service de restauration. Un projet oenotouristique est également d’actualité.

Grains/alimentation animale : avancée record des semis de soja aux États-Unis

Les travaux de semis de soja aux États-Unis sont effectués à 30 % au 4 mai, d’après le rapport hebdomadaire du département états-unien de l’agriculture (USDA) sur l’état des cultures (dénommé « crop progress »), contre 24 % l’an dernier à pareille époque, et 23 % en moyenne lors des cinq dernières années. « Il s’agit d’un niveau record pour cette période de l’année », indique par mail à Agra Presse Matt Ammermann, analyste au sein du cabinet d’analyse StoneX. Ce dernier s’attend à ce que l’USDA publie dans les prochaines semaines de bons chiffres concernant les conditions de cultures. Par ailleurs, les emblavements de maïs avancent bien, réalisés à 40 % au 4 mai, contre 35 % l’année passée à la même période, et 39 % en moyenne sur 2020-2024. Là aussi, Matt Ammermann indique que les conditions de cultures sont globalement satisfaisantes. En blé tendre, les conditions de cultures d’hiver sont bonnes à excellentes dans 51% des cas au pays de l’oncle Sam, un plus haut depuis 2020 à cette période de la campagne culturale, toujours d’après StoneX (50% l’an dernier à la même époque). Ces informations participent au contexte actuel de baisse des cours mondiaux du soja (dont la référence est le contrat à terme de Chicago) du maïs et du blé (références : Chicago et Euronext) ces derniers jours. 

Recyclage: Coca-Cola promet d’améliorer ses pratiques en matière d’étiquetage

Coca-Cola, le géant américain des boissons, s’est engagé, dans un document rendu public par la Commission européenne le 6 mai, à améliorer les allégations de recyclage sur ses bouteilles en plastique. Concrètement, elle promet de remplacer certaines allégations par des déclarations plus claires et notamment que le recyclage à 100 % ne s'appliquent qu'à certaines parties de la bouteille. Cette décision a été prise à la suite d’une alerte pour écoblanchiment émise par le bureau européen des unions de consommateurs (Beuc), avec le soutien de Client Earth et d'ECOS, en novembre 2023 auprès des autorités européennes de protection des consommateurs. Le Beuc a salué la démarche de Coca-Cola tout soulignant que certains problèmes soulevés dans l'alerte restent non résolus. « Affirmer qu'une bouteille est 100 % recyclée ou recyclable est totalement trompeur et doit cesser, tout comme l'image verte donnant la fausse impression que les bouteilles en plastique n'ont aucun impact sur l'environnement », a ainsi indiqué Agustin Reyna, le directeur général du BEUC. Et d’ajouter : « Nous attendons des autorités qu'elles vérifient si Coca-Cola passe des paroles aux actes et qu'elles prennent des mesures énergiques si ce n'est pas le cas ».