Agra Business | Mosa Meat, Cooperl, Pact'Alim, Limagrain

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Viande in-vitro: première demande dans l’UE pour de la graisse de bœuf

L’entreprise néerlandaise Mosa Meat a annoncé, le 22 janvier, avoir soumis à la Commission européenne la première demande d’autorisation de mise sur le marché en tant que nouvel aliment pour de la graisse de bœuf cellulaire. Ce spécialiste de la viande de laboratoire espère, «en commençant par la graisse cultivée, ouvrir la voie» à une autorisation plus large de la viande cellulaire dans l’UE. La première (et seule autre) demande d’approbation pour de la viande in vitro dans l’UE a été déposée en juillet 2024 par l’entreprise française Gourmey, pour du foie gras à partir de cellules cultivées. Mosa meat indique commencer par un seul ingrédient (la graisse) car «contrairement à Singapour, par exemple, où des produits entiers sont évalués, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) examine chaque nouvel ingrédient individuellement». Une fois que la demande aura passé le contrôle de validité de la Commission européenne, elle sera transmise à l’Efsa pour une évaluation approfondie des risques. Puis, si un avis positif est rendu, la Commission présentera aux États membres une proposition de règlement visant à autoriser sa mise sur le marché de l’UE. L’ensemble de la procédure prend généralement autour de18 mois.

Nitrates: les Pays-Bas contraints par un tribunal à tenir leurs engagements

Le gouvernement néerlandais ne fait pas assez d’efforts depuis des années pour arrêter la dégradation des aires protégées Natura 2000, face notamment à la pollution par les nitrates, a conclu le 22 janvier le tribunal de La Haye suite à une plainte déposée par l’ONG Greenpeace. Il appelle l’État néerlandais à tenir les objectifs pour fin 2030 prévus par la loi en matière de réduction des émissions d’azote, sous peine d’une amende de 10 millions d’euros. Le tribunal a établi que les objectifs pour 2025 ne sont déjà plus réalisables, mais a ordonné à l’État de tout faire pour respecter ceux prévus pour la fin 2030: que les émissions d’azote ne soient pas supérieures à ce que la nature peut supporter dans la moitié des zones naturelles les plus vulnérables. Le tribunal souligne que la coalition actuelle, menée par l’extrême-droite, a mis fin à de nombreux plans prévus par le gouvernement précédent et réduit un fonds prévu pour la transition de 24 à 5 milliards d’euros, déplorant un net «pas en arrière». Ce plan était notamment destiné à financer la fermeture volontaire et définitive d’élevages dans certaines zones sensibles afin de faire baisser les dépôts d’azote. Le principal syndicat agricole du pays, LTO, qui craint que ce jugement n’ait «un impact énorme pour les agriculteurs, les maraîchers et l’ensemble de l’économie», appelle, dans un communiqué, l’État à faire appel de la décision.

Porc : la Cooperl lance un nouveau logo «Elevages bien-être» sur ses produits

Dans un communiqué de presse diffusé ce 22 janvier, la Cooperl a dévoilé une nouvelle allégation intitulée Elevages bien-être, dont le logo sera présent dès 2025 sur les produits Brocéliande et Madrange. Il valorise les pratiques actuelles de 80% de la production Cooperl et n'est pas supposé renchérir les produits qui le portent. «Notre volonté est de diffuser ce logo le plus largement possible pour faire connaître les savoir-faire de la Cooperl», informe Thierry du Teilleul, directeur Marketing du groupe. Présent en ce début d'année sur des viandes et charcuteries du groupe, comme le jambon blanc Madrange, il pourra aussi estampiller des MDD, ou des produits de clients industriels. Le cahier des charges contient notamment des critères relatives aux bien-être animal (non-castration) et de l'environnement (bilan carbone, sourcing zéro déforestation pour l'origine Brésil). «Un Porc Elevages bien-être émet au cours de sa vie 8.6% de gaz à effet de serre de moins qu’un porc conventionnel moyen français», souligne le communiqué. Une valeur validée par l’Ademe, l’Inrae et l’Ifip et intégrée depuis décembre 2024 dans la nouvelle base de données Agribalyse de l’Ademe, assure la coopérative.

Emballages : le réglement européen publié, Pact’Alim réclame les actes délégués

Les PME et ETI françaises, par la voix de Pact’Alim, saluent dans un communiqué la publication, ce 22 janvier, du PPWR (règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages) et réclament désormais «une stabilisation rapide des actes délégués» ainsi que la reconnaissance des nouvelles technologies de recyclage. Les actes délégués, précise le communiqué, «doivent permettre de préciser et harmoniser certaines règles importantes comme les consignes de tri ou les définitions de la recyclabilité des matériaux». Les technologies de recyclage s’imposent pour atteindre les objectifs d’incorporation de matière recyclée qu’impose le texte. «Au regard des enjeux industriels d’adaptation des outils de productions et de conditionnements, des enjeux économiques liés aux coûts de ces transformations, les PME et ETI de l’alimentation ont maintenant besoin de stabilité réglementaire pour poursuivre et accélérer leurs efforts», appuie Karima Kaci, directrice générale de Pact’Alim, citée dans le communiqué. Les entreprises agroalimentaires affirment avoir entrepris depuis la Loi Agec publiée en 2020 des actions d’éco-conception sur les trois axes de la stratégie nationale dite « 3R » (pour Réduction, Réemploi, Recyclabilité). 

Chambres d’agriculture/coopératives: les députés suppriment le non-cumul

Après avoir été supprimé lors de l'examen en commission, le 11 décembre, l'article premier de la proposition de loi (PPL) sur «l'exercice de la démocratie en agriculture», qui vise à autoriser les administrateurs des coopératives à participer aux bureaux des chambres d’agriculture, a été finalement rétabli et adopté par les députés en séance publique le 22 janvier, avec le soutien du groupe socialiste et du Rassemblement national. En commission, cet article avait vidé de son contenu par des amendements socialistes avec le soutien du Rassemblement national (RN), qui avait indiqué avoir voté pour ces textes par erreur, et qu'il corrigerait le tir dans l'hémicycle  – le député de l’Aude Frédéric Falcon s’était alors défendu, à l’issue d’une suspension de séance, de tout «accord de couloir». En séance publique, le groupe Rassemblement national a indiqué, lors de la discussion générale, qu'il voterait en faveur du texte. Lors des voeux à la presse des chambres d'agriculture, son président Sébastien Windsor a indiqué son souhait de voir le texte adopté avant le Salon de l'agriculture (22 février - 2 mars). «Il n'y a pas de problème pour les élire, au sein du collège coopérateurs, mais cela poserait problème pour désigner le bureau, ce qui doit être fait entre le 8 février et le 8 mars.» Au Sénat, l'examen devrait se tenir après celui de la LOA, qui est prévu du 4 au 18 février. Une conférence des présidents du Sénat se réunira le 29 janvier pour statuer sur ce calendrier.

Coopératives : Limagrain crée un poste pour renforcer son influence à l’échelon européen et mondial

À 49 ans, Alexandre Poncet est nommé directeur des affaires publiques et gouvernementales internationales de Limagrain. Il occupait depuis trois ans le poste de directeur de la communication et des relations institutionnelles du groupe. Parmi ses missions: «renforcer la stratégie d’influence de Limagrain au niveau européen auprès de la Commission et du Parlement» et «accompagner les filiales en Europe pour développer leur impact auprès de leurs gouvernements respectifs». Pour Sébastien Chauffaut, directeur général du groupe, «notre développement à l’international s’opèrera également grâce à un dialogue régulier avec les acteurs politiques de haut niveau». Selon lui, «Alexandre va donc jouer un rôle stratégique pour accompagner la croissance à long terme de Limagrain.» Son rôle se veut aussi national et régional. Alexandre Poncet continuera ainsi d’assurer la représentation de Limagrain, en coordonnant par exemple les relations avec la Coopération agricole, les associations professionnelles, intervenant dans le secteur des semences ou des filières agro-alimentaires. (Anne Gilet)