Vin/Egalim : Maison LaCheteau assignée en justice par Bercy, qui réclame 6,6 M€ d’amende
La société viti-vinicole LaCheteau est assignée en justice par le ministère de l'Économie pour « pratiques commerciales abusives » à la suite d'une enquête de la DGCCRF (Fraudes), a appris l'AFP le 15 mai auprès de Bercy. Motif évoqué : LaCheteau impose « à ses fournisseurs des réductions sur le prix d'achat de la matière première », et ce « afin de leur faire supporter des coûts propres aux opérations de vinification » incombant pourtant au négoce. Face à cette pratique, Bercy demande au tribunal de commerce « une amende civile de 6,6 M€ », une somme qui correspond « au triple du montant des sommes indûment obtenues », précise la DGCCRF. L'assignation – devant le tribunal de commerce de Rennes – « s'inscrit dans l'esprit des lois Egalim visant à protéger les producteurs fournisseurs de matières premières agricoles dans leurs relations avec leurs acheteurs ». Les « pratiques commerciales abusives » dénoncées par la DGCCRF concernent 44 fournisseurs de la société LaCheteau, filiale du groupe Grands Chais de France (chiffre d'affaires de 1,3 Md€ en 2022), parmi les premiers exportateurs français de vins dans le monde. « Cette société est un acteur majeur du vignoble du Val de Loire, qui détient six centres de vinification et vendangeoirs et travaille avec près de 450 partenaires viticulteurs et apporteurs », indique la DGCCRF.
Cognac : pas de solution « à ce stade » entre la France et la Chine, affirme Éric Lombard
Les discussions entre la France et la Chine concernant le contentieux sur le cognac n'ont pas permis une solution définitive « à ce stade », a affirmé le 15 mai le ministre de l'Économie Éric Lombard, à l'issue d'une réunion avec le vice-Premier ministre chinois He Lifeng. « Le dialogue économique, à ce stade, n'a pas permis d'apporter une solution définitive à ce contentieux, mais je sais néanmoins pour en avoir longuement parlé avec Son Excellence He Lifeng que la porte de la discussion reste ouverte », a indiqué M. Lombard, à l'heure où des sanctions chinoises contre ce secteur affectent durement la filière. « J'ai souhaité insister sur l'importance pour nous de revenir à la solution qui prévalait avant 2024. Je veux dire ici la confiance de notre capacité commune à y parvenir », a encore affirmé le ministre, rappelant que le cognac représentait 1,4 milliard d'euros d'exportations vers la Chine. « Il s'agit pour la France d'un sujet de première importance », a-t-il ajouté devant la presse au ministère de l'Économie, en compagnie du vice-Premier ministre chinois, lequel achève une visite de trois jours en France, avec une étape dans un élevage bovin. Emmanuel Macron s'est déclaré le 12 mai « raisonnablement optimiste » quant aux négociations en cours avec la Chine sur le cognac.
Lait conditionné : les industriels ont besoin d’investir 1 Md€ dans les laiteries d’ici 2030
Syndilait (industriels du lait conditionné) a lancé le 15 mai un appel pour alerter sur les investissements à réaliser dans les laiteries françaises d’ici 2030, qu’il chiffre à 1 Md€. Le but : « Les adapter aux transitions économiques et environnementales et aux nouvelles réglementations », explique Emmanuel Vasseneix, président de l'IPLC (Institut professionnel du lait de consommation) et dirigeant de LSDH, adhérent de Syndilait. Les usines, estime Syndilait, qui souffrent de plusieurs années de sous-investissement, doivent notamment se doter de nouveaux équipements à impact environnemental réduit et adapter les conditions de travail pour rendre les métiers attirants. Pour l'organisation, le financement de ce milliard d’euros passe par une augmentation du prix payé par les distributeurs et les consommateurs. « Il y a toujours en GMS des lait UHT demi-écrémés premier prix à 0,94 €/l, or il faut que ce lait atteigne 1 €/l pour que nous puissions investir dans les laiteries », estime Romain Deurbergue, président de Syndilait. Il souligne que les frais d’exploitation et d’emballage, qui représentent 45 % du prix total d’un litre de lait, ont augmenté de 4 % en un an. Le syndicat rappelle que le litre de lait UHT demi-écrémé en GMS (60 % des ventes) s’est établi en moyenne à 1,09 € en 2024, soit +3 centimes par rapport à 2023.
Lait de consommation/GMS : le bio recule de 8 % en 2024, marché global toujours en baisse
Les ventes de lait biologique en grandes surfaces ont reculé de 8 % en volume en 2024, selon les données du Cniel (interprofession) et de Circana (panéliste), présentées le 15 mai par Syndilait, qui représente les industriels du lait de consommation. Cette baisse, identique à celle de la collecte, semble se ralentir en ce début d’année : « On note une reprise des achats dans les circuits spécialisés depuis le début de l’année, freinant le recul global (-6 % sur quatre mois 2025) », précise Syndilait. Le contexte global est peu porteur pour les ventes de lait liquide en GMS, qui sont en recul structurel depuis dix ans. En 2024, les ventes de lait liquide ont atteint 2,79 Md€, en recul de 0,8 % par rapport à 2023. Le lait UHT (97 % des ventes de lait en GMS) atteint 2,2 Md de litres, à -2,3 % par rapport à 2023. Parmi les lait UHT, le lait entier et le lait délactosé enregistrent chacun une progression de 4,7 % en 2024 en volume, portée par les usages culinaires pour le premier et la motivation de santé pour le second. Tous les autres types de lait sont en recul. Syndilait souligne toutefois que la consommation globale en France (GMS et hors domicile) est stable entre 2023 et 2024, à 2,691 Md de litres, grâce au circuit hors domicile qui a augmenté de 24 % entre 2020 et 2024, retrouvant le niveau d’avant le Covid-19.
Biostimulants : Elicit Plant franchit le cap du million de litres sur plusieurs continents
Elicit Plant a annoncé le 15 mai avoir franchi le cap de 1 million de litres de biostimulants produits et distribués sur les continents européen et américain. La start-up française, qui développe des produits à base de phytostérols pour améliorer la réponse au stress hydrique des grandes cultures, devient « l’un des tout premiers acteurs au monde à déployer un tel volume » à cette échelle, selon le communiqué. En Europe, ses biostimulants sont homologués dans toute l’UE, avec des commandes effectives dans 14 pays au cours des six derniers mois. Aux États-Unis et au Brésil, le lancement commercial est engagé. « Cette dynamique s’appuie entre autres sur des partenariats stratégiques majeurs, notamment avec Bayer, BASF et Certis Belchim », souligne Elicit Plant. L’entreprise avait annoncé le 14 novembre avoir levé 45 millions d'euros pour accélérer son expansion internationale. Objectif : « devenir un leader mondial d’ici 2028 ». Elicit Plant affirme que ses biostimulants permettent de réduire la consommation d’eau jusqu’à 20 %, tout en augmentant les rendements de 10 % pour quatre cultures (maïs, blé, tournesol et soja).
Agriculture verticale : Tower Farm lance une marque d’ingrédients cosmétiques
Le producteur de plantes en agriculture verticale Tower Farm annonce le lancement de Botanix, « une nouvelle marque spécialisée dans la fourniture d’ingrédients premium à base de plantes médicinales, destinés aux marchés cosmétique, nutraceutique et pharmaceutique », selon un communiqué. « Tower Farm maîtrise la culture d’une trentaine de plantes, parmi lesquelles la Centella asiatica, le basilic tulsi ou le Coleus forskohlii grâce à ses équipements d’agriculture verticale d’une capacité installée de 10 tonnes de plantes fraîches par an », explique Gérard Farache, p.-d.g. de Tower Farm. La société installée à Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines) au sein de l’incubateur Station V produit grâce aux équipements fournis par l’israélien Growin. « Nous travaillons en particulier avec Ulé, une marque de Shiseido et avec la marque allemande Urban Alchemy », précise le p.-d.g.. Tower Farm veut maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur en transformant ses plantes fraîches qu’elle peut sécher et réduire en poudre (micronisation). « Nous travaillons actuellement avec un centre de recherche sur une solution d’extraction à partir de solvants naturels comme le menthol, une méthode alternative et plus respectueuse de l’environnement que l’extraction à l’éthanol », précise Gérard Farache.
Séparation vente/conseil : le PCIA demande aux parlementaires de défendre un conseil indépendant
Dans un communiqué du 14 mai, le PCIA (pôle du conseil indépendant en agriculture) demande aux parlementaires « de toutes sensibilités » de soutenir l’instauration d’un conseil « véritablement indépendant et impartial », lors de l’examen de la proposition de loi (PPL) Duplomb, qui débutera le 26 mai en séance publique. L’organisation déplore que, depuis 2021, « la très grande majorité des vendeurs et distributeurs de pesticides fournissent des prestations de conseils (commerciaux) aux agriculteurs, malgré l’interdiction claire inscrite dans la législation française ». Elle a élaboré une série de propositions, parmi lesquelles « la création d’un agrément spécifique pour la préconisation liée à la vente ». Le PCIA annonce par ailleurs travailler sur la création d’un ordre national des conseillers indépendants – une disposition rejetée par les députés de la Coméco. Pour rappel, les députés ont adopté le principe de la fin de la séparation de la vente et du conseil lors de l’examen pour avis de la PPL, en commission le 7 mai. Par la suite, lors de l’examen du même texte en commission des Affaires économiques le 14 mai, ils ont rejeté les propositions du Modem visant à encadrer le métier de conseiller.
Déforestation : au Brésil, un premier ralentissement en six ans dans tous les biomes
La déforestation a ralenti dans tous les macro-écosystèmes (ou biomes) du Brésil en 2024, pour la première fois en six ans, une évolution encourageante quelques mois avant que le pays n'accueille la Cop30, la conférence climat de l'ONU. La superficie totale déboisée au cours de l'année dans le pays sud-américain s'est établie à 1,24 Mha, soit 32,4 % de moins que l'année précédente, selon le dernier rapport du réseau de surveillance MapBiomas, publié le 15 mai. En 2023, une baisse de 11 % de superficie déboisée avait été observée par rapport à l'année précédente, selon ce réseau regroupant des ONG, des universités et des entreprises technologiques, et qui a commencé à enregistrer des données en 2019. Mais cette baisse ne concernait pas, comme en 2024, l'ensemble des biomes. Les zones protégées ont également montré des améliorations significatives. En 2024, les deux tiers des terres autochtones ont été exemptes de déforestation. Entre 2019 et 2024, le Brésil a perdu une superficie de forêt équivalente à la taille de la Corée du Sud, soit 9,88 Mha. Les deux tiers de cette déforestation ont eu lieu en Amazonie. Selon MapBiomas, le secteur agricole est responsable de plus de 97 % de la déforestation au cours des six dernières années.
Coopératives : le programme des visites d'essai du Damier vert, en Meurthe-et-Moselle
La Cal, EMC2, Lorca, GPB-Dieuze-Morhange et Area organisent la visite de leur plateforme d’essais Damier vert les 4 et 5 juin. Ce collectif, en place depuis juillet 1994, mutualise les services agronomiques des différentes structures pour développer la recherche en créant des références locales propres au territoire lorrain. Après trois ans en Moselle, le site expérimental est, cette année et pour les trois campagnes à venir, installé à Bouvron, en Meurthe-et-Moselle, chez des agriculteurs. D’une surface totale de 27 ha, le site regroupe près de 20 essais, soit plus de 2 630 micro-parcelles. Parmi les thématiques retenues : la génétique (adapter le choix des variétés au contexte climatique) ; les stratégies fongicides et herbicides céréales (notamment comment, faire sans le flufénacet) ; comment stocker du carbone et limiter les émissions de gaz à effet de serre ; les défis de l’agriculture de précision ; quels mélanges fourragers pour une alimentation optimisée des animaux, etc. Ces deux journées évoqueront également l’agriculture de conservation des sols et la méthanisation. La Cal, EMC2, Lorca et GPB rassemblent quatre près de 7 500 adhérents, pour un chiffre d’affaires cumulé de 1,431 Md€. Celui d’Area, leur union d’appro, avoisine le milliard d’euros, porté en majorité par les engrais. (Anne Gilet)
Coopératives : Éric Foucault nouveau directeur général d’Arterris
Éric Foucault est arrivé mercredi 14 mai chez Arterris pour prendre la direction générale du groupe coopératif implanté dans l’Aude (1,14 Md€ de chiffre d’affaires, 800 000 t de collecte). Il succède à Christian Reclus, qui fait valoir ses droits à la retraite et qui occupait cette fonction depuis septembre 2020. Éric Foucault a, depuis son entrée en février 2013 dans le cabinet Prospheres dirigeant, découvert de nombreuse secteurs d’activités dont celui de l’agroalimentaire, au travers de l’entreprise bretonne Olga qu’il conseille depuis deux ans. La mission du cabinet Prospheres : transformer les entreprises. (Anne Gilet)
Agenda de la semaine agricole du 19 mai 2025
Lundi 19 mai
Conférence de presse de Générations futures
Journée nationale Artichaut du CTIFL, à Saint-Pol-de-Léon (jusqu’au 20)
Le député Aurélien Dutremble (RN) organise une journée sur le loup et l'élevage, en Saône-et-Loire
Réunion du Comité européen de l'agriculture et de l'alimentation (EBAF), jusqu'au 20
Mardi 20 mai
Audition d'Agnès Pannier-Runacher sur le Pnacc (adaptation au changement climatique)
« Action flash » du Copa-Cogeca sur le budget de la future Pac
Conférence de presse du Space
Mercredi 21 mai
Conférence de presse du collectif Nourrir sur la PPL Entraves
Élection du bureau du Modef
Conférence de presse des résultats annuels de LDC (volailles)
Conférence de l'Insee sur les revenus des indépendants
Procès de trois militants de la CR à Guéret (Creuse) pour des dégradations lors de manifestations
Jeudi 22 mai
Fête des 40 ans du label AB, par l'Agence bio
Visite d’essais du CTIFL sur la lutte contre Drosophila suzukii en cerises, dans le Gard
Conférence de presse de la FNSafer sur les marchés fonciers
Visite presse d'essais du CNIPT (pommes de terre), en Gironde
Keon, pionnier de la méthanisation, fête ses 20 ans
Vendredi 23 mai
Conférence de presse de l'Inrae sur les plastiques en agriculture
Lancement de la concertation pour le Plan Agir pour restaurer la nature