Agra Business | Quideos, Delivagri, Bayer, Agoterra/Noé, Bovaer, Sodexo, Carrefour

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Gestion des risques: Quideos prêt à lancer une couverture prix sur l'ensemble des filières

Quideos, société cofondée par Mikaël Delmas et Gaël Pagès en 2023, est sur le point de lancer la première solution européenne de couverture contre la volatilité des prix des matières premières agricoles. Le mécanisme de Quideos « peut appliquer quasiment à l’ensemble du champ agricole, sur la base de sources de données fiables et disponibles, aussi bien publiques que privés, ce qui représente entre 500 et 600 produits agricoles qui peuvent faire l’objet d’une protection de prix, explique Mikaël Delmas (lire l’article complet dans Agra Innovation). C’est Quideos qui assure la contrepartie pour ses clients puisqu’il n’existe pas de marchés cotés pour ces produits ». Destinée aux acteurs de toute la chaine alimentaire, cette solution leur permet d'être couvert par une indemnité en cas d’évolution défavorable du marché, qu'ils soient acheteur ou vendeur. En qualité de société d’investissement, Quideos est agréée par l’ACPR, (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) sur la supervision de l’AMF (Autorités des marchés financiers), depuis septembre dernier. « Il ne manque plus à Quideos qu’à lever les dernières conditions administratives pour pouvoir lancer officiellement ses solutions de couverture », précise Mikaël Delmas. Avant son lancement, la société a également renforcé ses fonds propres, avec une levée de fonds de 5 M€. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).

Négoce : Delivagri annonce la création de clubs « marchés » pour les agriculteurs

Dans un communiqué du 12 novembre, le négoce angevin Delivagri (60 M€ de chiffre d’affaires en 2025) a annoncé, à l’occasion de ses 10 ans d’existence, la création de clubs destinés à former et accompagner au mieux les agriculteurs sur les marchés, c'est à dire, dans la commercialisation de leurs cultures, essentiellement des céréales et des oléagineux (conventionnel et bio). Portant l’appellation de « Deli’Club » (ou encore « club des agriculteurs entrepreneurs »), le projet ambitionne d’atteindre un millier d’adhérents, à un horizon indéterminé. « Notre ambition est de les accompagner pour anticiper les évolutions du marché, innover et créer de la valeur sur leur territoire, tout en les aidant à réussir la transition vers une agriculture à la fois plus innovante et plus rentable », déclare dans le communiqué Damien Pierre cofondateur de Delivagri. Le négoce précise que ces clubs aideront les producteurs « à développer des projets rentables » en utilisant son réseau et son infrastructure technologique, et sans passer par les circuits habituels des coopératives. En d’autres termes, Delivagri se targue de pouvoir connecter « directement les producteurs et les industriels (alimentaire, biocarburants, ingrédients naturels, etc.) ».

Pesticides : Bayer annonce réduire ses pertes malgré le poids des litiges

L'agrochimiste Bayer a annoncé le 12 novembre avoir limité sa perte nette à 963 millions d'euros au troisième trimestre, contre 4,18 milliards un an plus tôt, en restant grevé par d'importantes provisions pour litiges notamment aux Etats-Unis. Les provisions liées à des procès concernant son désherbant au glyphosate, accusé de provoquer le cancer, et les produits chimiques PCB (polychlorobiphényles), ont représenté 934 millions d'euros au troisième trimestre. Bayer se dit confiant dans sa capacité à « réduire considérablement les risques juridiques d'ici fin 2026 », selon un communiqué. Au plan opérationnel, le chiffre d'affaires a progressé de juillet à septembre de 0,9% sur an, à 9,66 milliards d'euros, tandis que le résultat opérationnel (EBITDA) avant éléments exceptionnels a bondi de 20,8% à 1,51 milliard. La division agrochimique (Crop Science) a tiré cette performance, son chiffre d'affaires augmentant de 1,3% à 3,86 milliards d'euros à taux de change constants, porté par la forte demande en semences de maïs et un bon démarrage de saison en Amérique latine. 

Biodiversité : Agoterra et Noé lancent les « premiers » certificats dans l’agriculture

L’entreprise à mission Agoterra (ex- TerraTerre, spécialisée dans la compensation carbone) et l’ONG Noé (protection de la nature) annoncent le lancement des « premiers certificats biodiversité dans l’agriculture », selon un communiqué commun le 12 novembre. « Chaque certificat reflète une contribution réelle, additionnelle et mesurable à la régénération de la biodiversité, en complément des efforts de réduction d’empreinte carbone », assurent-elles. Les deux acteurs ont créé une « méthodologie » qui est « fondée scientifiquement », et qui est « validée par un comité d’experts indépendants et alignée avec les cadres internationaux (IAPB, OBC, etc.) ». Des acteurs économiques majeurs tels que Dior, La banque postale ou encore Norsys (services numériques) ont rejoint l’aventure « en soutenant le développement de la méthodologie et de projets agricoles pilotes », assurent-ils. « L’agriculture est victime, responsable, mais surtout une solution avec un potentiel massif pour préserver et restaurer la biodiversité. Nous devons agir vite et collectivement pour avoir un impact réel ! » déclare Fondateur d’Agoterra, Mathieu Toulemonde, cité dans le communiqué.

Lait/méthane : une coop norvégienne suspend l’aliment anti-méthane Bovaer

L’entreprise laitière norvégienne Norsk melkeråvare a annoncé le 12 novembre suspendre « par mesure de précaution » l'usage de l’additif anti-méthane Bovaer, ayant eu connaissance de troubles de santé chez les vaches au Danemark. « À ce jour, aucun effet négatif documenté n'a été constaté en lien avec l'utilisation de Bovaer en Norvège », a noté son directeur, Johnny Ødegård, dans un communiqué. Mais au Danemark, où cet additif est obligatoire depuis début octobre pour les élevages de plus de 50 vaches, des éleveurs ont rapporté des cas de fièvre, diarrhée, réduction de fertilité et même de morts dans leurs troupeaux. Norsk melkeråvare, filiale de la plus grande coopérative laitière Tine, dit suspendre l’usage de cet additif de DSM-Firmenich dans l’attente d’informations supplémentaires sur les causes de ces problèmes. Le Bovaer, a été approuvé par l’Efsa (autorité européenne de sécurité des aliments) en 2021 pour un usage à dose maximale. Il inhibe la production de méthane, puissant gaz à effet de serre produit par les ruminants. Son efficacité est de 20 à 45 % chez la vache laitière selon DSM-Firmenich. En 2023, Bel et l'APBO avaient intégré une prime à leur contrat pour l'usage de ces additifs.

Distribution : Carrefour cherche à vendre ses supermarchés en Roumanie (presse)

Le distributeur Carrefour a reçu des offres d’achat de la part de plusieurs candidats pour ses magasins en Roumanie, a écrit le média roumain Profit le 11 novembre. « Les entrepreneurs Dragos et Adrian Paval, propriétaires de Dedeman, figurent sur la liste des investisseurs ayant déposé des offres pour l’acquisition du réseau Carrefour en Roumanie. D’autres offres ont été présentées par Zabka, le plus grand distributeur de proximité en Pologne et propriétaire de la marque Froo en Roumanie, ainsi que par le groupe français Auchan », peut-on lire. Contacté par Agra Presse au sujet des informations publiées, un porte-parole de Carrefour indique que « le groupe ne commente pas les rumeurs de marché. » Courant octobre, le média l’Informé affirmait de son côté que Carrefour avait mandaté BNP Paribas en vue de trouver un ou des acquéreurs pour ses actifs en Roumanie. Ce pays compte 458 magasins Carrefour, lesquels ont généré près de 2,3 milliards d’euros de revenus lors des neuf premiers mois de l’année. L’éventuelle cession des magasins de Roumaine s’inscrit dans un contexte plus large d’une « revue stratégique très large » annoncée par Carrefour en février 2025, pouvant inclure des cessions d’activités dans certains pays. 

Restauration collective : Sodexo vise 70% de plats à faible empreinte carbone en 2030

Dans le cadre de sa stratégie mondiale nommée Better Tomorrow 2028 présentée dans un communiqué le 12 novembre, Sodexo prévoit d'offrir, d’ici à 2030, 70% de plats principaux à faible empreinte carbone, soit moins de 0,9 kg d’équivalent CO2 (conformément à la définition de faible empreinte carbone du WWF). Pour ce faire, dans les 43 pays où la société est implantée, Sodexo élabore des « feuilles de route d’exécution locale ». Celles-ci sont « des plans d’actions concrets adaptés aux réalités de chaque pays – culturelles, réglementaires, économiques », précise le communiqué. Better Tomorrow 2028 vise à accélérer la trajectoire de durabilité de Sodexo dans le prolongement de la précédente feuille de route Better Tomorrow 2025. Engageant les collaborateurs et les clients, elle prévoit aussi une réduction de 50% du gaspillage d’ici à 2028 grâce au programme nommé Waste Watch. Sodexo déclare servir quotidiennement 80 millions de consommateurs et réaliser pour 2025 24,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires.