Viande in vitro : le néerlandais Meatable cesse son activité
Le fonds britannique Agronomics a annoncé le 19 décembre que la société de viande in vitro Meatable, dont il est actionnaire, cesse son activité. Meatable « n’a pas pu obtenir de financement continu ni des actionnaires existants ni de nouveaux investisseurs ». « À l’issue d’un examen approfondi des options stratégiques, le conseil d’administration et les actionnaires ont conclu qu’un arrêt ordonné des activités était la voie la plus appropriée. La liquidation de Meatable sera menée conformément aux procédures légales de dissolution applicables », écrit Agronomics dans un communiqué. « À ce jour, Agronomics a investi un total de 7,9 millions de livres sterling dans Meatable, qui était évaluée à 11,9 millions de livres sterling avant cette annonce et qui sera désormais dépréciée à zéro », précise Agronomics. Les sociétés actives dans la viande in vitro font actuellement face à des difficultés de financement, à l’image de Believer Meats, qui a cessé son activité en décembre. En France, les deux seules sociétés actives sur ce marché se sont rapprochées en octobre : Goumey, spécialiste du foie gras in vitro a fait l’acquisition de Vital Meat, producteur de poulet cultivé, filiale du groupe de génétique animale Grimaud, pour former une nouvelle entité nommée Parima.
Viande in vitro : Mosa Meat réalise une levée de fonds de 15 M€
Le spécialiste néerlandais de la viande in vitro Mosa Meat a annoncé le 22 décembre une levée de fonds de 15 M€, ce qui porte à 58 M€ le montant total levé au cours des deux dernières années. Ces 15 M€ ont été mobilisés par Invest-NL et LIOF (investisseurs publics néerlandais à impact), le fonds PHW Group et Jitse Groen (fondateur et directeur général de Just Eat Takeaway.com), selon un communiqué de Mosa Meat. « Développer cette technologie demande de la patience, une rigueur scientifique et un horizon à long terme », déclare Mark Post, cofondateur de Mosa Meat, cité par AgFunder News (AFN). « Bien que nous ayons constaté des baisses spectaculaires du coût de production au cours des deux dernières années, nous savons qu’une réduction supplémentaire est nécessaire pour une échelle de masse rentable. » La compétitivité des produits de viande in vitro est un des principaux enjeux de cette activité. Deux autres sociétés du secteur de la viande in vitro ont récemment cessé leurs activités : le néerlandais Meatable et l'américain Believer. « Même si le contexte macroéconomique reste difficile et que la désinformation autour de l’agriculture cellulaire persiste, nous restons totalement concentrés sur les faits et sur l’avenir », affirme Mosa Meat.
Logiciels : Isagri acquiert Carbon Diag, spécialiste de l'analyse des données
Isagri, spécialiste des logiciels techniques pour l’agriculture, a annoncé le 22 décembre l’acquisition de Carbon Diag, un outil en ligne de diagnostic et de pilotage de l’empreinte carbone et environnementale des exploitations agricoles. La plateforme de Carbon Diag récupère des données de traçabilité et utilise entres autres les rendements et les apports de fertilisants de chacune des parcelles afin d'établir la mesure de l'empreinte carbone par exploitation et par culture, apprend-on sur Agra Innovation. Ces données servent ensuite aux collecteurs à accompagner les agriculteurs pour améliorer leur empreinte carbone, ou à établir leur bilan carbone sur une filière. Cette plateforme « déjà déployée auprès de 2 500 exploitations, permet à ses clients de piloter aujourd’hui 300 000 ha, soit plus de 1 Mt CO2e émises analysées », est-il précisé dans le communiqué d'Isagri (370 M€ de CA en 2024-2025). Le groupe ne précise pas le montant de cette opération qualifiée de « stratégique » et qui va lui permettre de renforcer l’accompagnement pour les clients. « Avec Carbon Diag, nous proposons aux coopératives, négoces agricoles et agro-industriels des outils concrets pour leur permettre d’accompagner les pratiques de leurs clients agriculteurs, et répondre aux attentes environnementales des filières et des consommateurs », déclare Hélène Savalle, DRH et responsable RSE d’Isagri. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Coopératives : Cérèsia poursuit sa feuille de route Horizon 2027
Réunie en assemblée générale le 18 décembre, la coopérative Cérèsia a confirmé le déploiement de son plan d’ajustement Horizon 2027, articulé autour de trois axes stratégiques. Sur le plan commercial, la coopérative renforce son offre « appro-collecte-services » afin d’accompagner les adhérents face aux transitions agro-environnementales. Elle a développé de nouvelles offres, telles que l’accompagnement carbone, l’optimisation des intrants, la valorisation des filières, etc. Les équipes commerciales s’appuieront sur un outil IA développé avec LCA Solutions +. En parallèle, Cérèsia poursuit une politique d’investissements pour consolider son maillage territorial et ses capacités logistiques, avec plus de 10 M€ engagés sur l’exercice, l’acquisition de l’outil Sogescaut sur l’Escaut et la mise en service annoncée en 2026 d’une unité de trituration de colza dans l’Aisne. Enfin, la coopérative confirme une stratégie d’économies engagée dès 2024, incluant rationalisation industrielle, réduction des effectifs (avec un passage de 27 à 22 administrateurs au sein du conseil d’administration) et le passage de cinq à trois régions administratives. (Elena Blum)
Lait : 40 M€ investis dans les sites normands de Lactalis-Nestlé Ultra-Frais
Lactalis France a dressé un bilan de ses investissements récents et à venir pour ses deux laiteries normandes relevant de sa division Lactalis-Nestlé ultra-frais (LNUF), atteignant près de 40 millions d’euros (M€). La société indique que 14 M€ ont été investis depuis 2024 et que 5 M€ le seront en 2026 sur le site de Bayeux. Ces montants permettent de soutenir le lancement des crèmes en poche sous les marques Président et Bridélice et d’une nouvelle technologie pour les mousses au chocolat La Laitière. À Lisieux (yaourts à la grecque Yaos, yaourts hyper-protéinés Lindahl's et skyr Siggi's), ce sont 20 M€ d’investissement qui sont prévus entre 2024 et 2026 pour augmenter la capacité de production, de 72 000 t à 90 000 t d’ici cinq ans. Ces investissements permettent notamment l’installation d’une machine de conditionnement, d’une ligne de pasteurisation et écrémage, de deux compresseurs air comprimé et d’un brûleur de chaufferie. Ces enveloppes s’inscrivent dans un plan global d’investissements industriels de Lactalis France de 1 Md€ d’ici à 2030 annoncé en septembre pour moderniser, décarboner et soutenir l’innovation au sein de ses 69 laiteries et fromageries.
Lait : Savencia s’attend à un prix du lait en baisse en 2026
« Nous nous attendons à un prix du lait en baisse en 2026 par rapport à 2025 en raison du contexte de forte production mondiale, du ralentissement de la demande dans plusieurs pays européens, dont la France, et des cours du beurre qui se sont effondrés ces derniers mois, à -30 % sur le dernier semestre », a déclaré à Agra Presse, Sophie Godet Morisseau, directrice générale Savencia ressources laitières, au sujet de l’accord conclu cette année entre l’AOP France MilkBoard (FMB) et Savencia. Ce contexte pèse sur les prix proposés par les laiteries, qui anticipent une baisse continue des produits industriels. « En 2025, le prix payé sur les 11 premiers mois est de 505 €, soit 7 % de plus qu’en 2024. L’augmentation est de 40 % les 4quatre dernières années. C’est un prix du lait particulièrement haut, qui maintenant limite la demande des consommateurs sur les produits finis », souligne Sophie Godet Morisseau. Savencia rappelle aussi que « les coûts de production des éleveurs français ont beaucoup augmenté en 2022, et depuis, ils baissent doucement ». Troisième collecteur de lait en France, avec 3,6 milliards de litres par an, Savencia s’est mis d’accord avec FMB pour maintenir en 2026 le même volume de lait qu’en 2025, soit 100 millions de litres.
Grande distribution : 3 500 embauches visées par Grand Frais en 2026
La chaîne de magasins Grand Frais prévoit 3 500 recrutements en France en 2026, a affirmé le 22 décembre Jean-Paul Mochet, p.-d.g. de Prosol, le pôle fruits, légumes, poissonnerie et crémerie de l'enseigne. « Il s'agit de 1 400 emplois nets en CDI » au sein de Prosol, hors Gifi, a précisé le patron de cette entité qui assure la majorité du chiffre d'affaires de Grand Frais. Prosol va ainsi recruter des maîtres affineurs fromagers, des experts agréeurs qualité sur les sites de production, des fileteurs pour son atelier de poissons de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) ainsi que des acheteurs spécialisés. Dans les autres sociétés qui composent Grand Frais (Despi, Novoviande, Euro Ethnic Foods), il y aura notamment 600 nouveaux emplois de bouchers et d'épiciers. Le reste des embauches concernera les « emplois en amont de la chaîne, et les unités de transformation », notamment à Samazan (Lot-et-Garonne), où un nouvel entrepôt doit ouvrir début 2027, a ajouté le p.-d.g. de Prosol. Par ailleurs, 25 nouveaux magasins Grand Frais vont ouvrir en 2026 en France. Grand Frais compte peu plus de 330 points de ventes réalisant un chiffre d'affaires estimé entre 4,5 et 5 Md€/an. Le 16 décembre, le fonds Ardian a annoncé la vente de sa participation au capital de Prosol à l’américain Apollo.
Conditionnement : Cooperl a testé la livraison de lardons en bacs réemployables
Pendant un mois, en novembre, Cooperl a livré des lardons Monique Ranou (2x200 g) à l’entrepôt Intermarché de Heudebouville (Eure) en caisses réemployables, à la place de cartons. Plus de 1 000 bacs ont ainsi quitté le site de Lamballe (Côtes-d’Armor), puis ont été distribués dans 180 magasins. Le groupe coopératif porcin est accompagné par le spécialiste Pandobac dans la construction d’un modèle circulaire pour cette référence de lardons. Le test a permis d’éprouver les process existants, conçus pour les cartons, et de « capitaliser les bonnes pratiques nécessaires à l’échelle pilote » avec un remplissage manuel, indique la responsable R&D Emballages Groupe, Sophie Danjou. Intermarché a de son côté évalué l’impact des caisses réemployables sur les performances logistiques au niveau de la plateforme, tout en recueillant le retour d’expérience des équipes en magasin. Sophie Danjou précise à Agra Business que d’autres tests sont en cours ou prévus en 2026, avec d’autres « poolers » (spécialistes du réemploi) et d’autres distributeurs, et que Cooperl participe à des groupes de travail transversaux sur le réemploi « pour maximiser l’impact des solutions réemployables », évoquant le besoin de standards.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, l'Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.