Engrais azotés : le nigérian Dangote veut rendre l'Afrique autosuffisante d’ici 40 mois
Au Nigéria, qui possède la quatrième réserve mondiale de gaz naturel, l’homme d’affaires Aliko Dangote a annoncé le 27 juin son projet de doubler la capacité de production de son usine d’engrais. D’un budget de 2,5 Md$, ce complexe d'urée granulée s’étend sur 500 ha dans la périphérie de Lagos. Il s’agit de la plus grande usine d’engrais azotés d'Afrique, avec une capacité de production de 3 Mt, et de la deuxième au monde après le complexe de Donaldsonville, aux États-Unis (8 Mt/an). Aliko Dangote a déclaré : « Au cours des 40 prochains mois, l'Afrique n'importera plus d'engrais. Nous suivons actuellement une trajectoire très ambitieuse. Nous voulons faire de Dangote Fertilizer Plant le plus grand producteur d'urée », avant d’ajouter que le Nigeria ambitionne de passer devant le Qatar, qui produit 6 Mt d’urée par an. L’autonomie du continent africain en engrais azotés rebattrait les cartes de la géopolitique des fertilisants : l’Afrique est en effet un débouché stratégique pour Moscou. La part d’engrais russes exportés en Afrique a plus que doublé ces cinq dernières années, et le géant russe des fertilisants azotés, Uralchem, prévoit de multiplier par cinq ses exportations, à environ 1 Mt/an, d’ici 2030. Alors que les droits de douane européens contre les engrais russes entrent en vigueur le 1er juillet, cette annonce pourrait déstabiliser les marchés mondiaux. (Elena Blum)
Semences : Lidea s’étend au Kazakhstan et en Côte-d’Ivoire
Le semencier Lidea, filiale du groupe Euralis, annonce son déploiement sur deux nouveaux marchés internationaux : le Kazakhstan et la Côte-d’Ivoire. La filiale Lidea Kazakhstan a été officiellement créée le 14 janvier 2025 à Astana, après une année d’expérimentations. Un plan local de production semencière a été lancé ce printemps, portant sur le tournesol et la luzerne. L’ouverture d’une filiale en Côte-d’Ivoire a pour objectif d’ouvrir le marché africain, et notamment celui de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest, à Lidea. Le semencier déclare avoir validé l’adaptation de ses variétés de maïs, tournesol et sorgho aux conditions locales, et s’être rapproché d’industriels ivoiriens pour accompagner le développement de ces filières. La conquête de ces nouveaux débouchés intervient alors que le semencier subit une dégradation de ses marchés. La fermeture de la Russie, premier client à l’export des semences françaises, ainsi que les mauvaises conditions climatiques de l’année 2024, ont exercé une forte pression sur les semenciers. En octobre 2024, Lidea annonçait la suppression de 81 emplois en France, principalement sur ses sites de Caussade (Tarn-et-Garonne), Cayrac et Réclainville (Eure-et-Loir). (Elena Blum)
Semences de céréales OGM : Vilmorin & Cie et KWS cèdent AgReliant Genetics
Dans un communiqué du 27 juin, les semenciers français Vilmorin & Cie (via sa filiale Limagrain Field Seeds) et allemand KWS ont annoncé un accord avec l’argentin GDM (Grupo Don Mario) pour la cession de leur coentreprise nord-américaine (basée au Canada et aux États-Unis) AgReliant Genetics, productrice de semences de maïs et de soja OGM, dans laquelle chacune des deux entités détient 50 % des parts. Le montant de la transaction n’a pas été communiqué. Sa finalisation est prévue pour le troisième trimestre 2025. Elle n’aura aucun effet sur les autres activités semencières aux États-Unis et au Canada, précisent Vilmorin & Cie et KWS. « Les actifs de pointe et l’excellence scientifique de GDM viendront renforcer l’offre de semences de maïs et de soja destinée aux agriculteurs nord-américains », explique le communiqué. De son côté, Vilmorin & Cie indique que l’opération lui permet de se concentrer « sur ses priorités stratégiques et de renforcer ses autres territoires dans le cadre de son plan Ambition 2030 ». Il ajoute qu’il conservera le savoir-faire et les matériaux génétiques de maïs au cours des 25 dernières années.
Céréales/coopératives : Terrena va investir 180 M€ dans ses silos à horizon 2030
Lors de l’inauguration de l’extension d’un silo de stockage à Aron (Mayenne) le 27 juin, la coopérative Terrena a annoncé qu’elle allait investir 180 millions d’euros (M€) lors des cinq prochaines années pour moderniser ses silos dans l’ensemble de son territoire du Grand ouest. Ce programme concerne 15 sites et permettra d’augmenter la capacité de collecte de 400 000 t. Les premiers projets concernent la Mayenne, la Vienne et la Charente. Terrena souhaite à travers ces investissements disposer de « capacités mieux réparties sur le territoire et adaptées aux volumes récoltés ». En filigrane, l’enjeu est l’amélioration du maillage territorial pour la collecte des adhérents : la coopérative assure que la rénovation de silos n’est pas assortie de démolition de structures plus anciennes dans d’autres secteurs. En parallèle, ces nouvelles installations doivent également permettre de structurer les filières à forte valeur ajoutée tel que le bio, les légumineuses ou encore les volumes dédiés à la marque « La Nouvelle agriculture » de Terrena. Avec ses cinq nouvelles cellules de 3 000 t permettant une gestion appropriée des lots distincts, l’extension inauguré en Mayenne en est un exemple concret. (Tanguy Dhelin)
Semences : l’usine d’Actura verra bien le jour, dans l'Indre, et vise les 650 000 quintaux
Initié en 2019, à l’origine avec le groupe Soufflet avant son rapprochement avec InVivo, le projet d’usine de semences d’Actura verra bien le jour, à Issoudun (Indre), indique le réseau d'agrofournitures dans un communiqué diffusé le 25 juin. Ce site devrait être opérationnel en juillet 2027 avec pour objectif de travailler à terme 650 000 quintaux de semences à paille mais aussi des espèces hybrides comme le maïs, le colza ou le tournesol. Cette usine, portée par la filiale AgraSem d’Actura, sera complétée par une plateforme logistique, rattachée au pôle logistique du groupe. Montant total de l’investissement : 55 millions d’euros avec, à la clé, la création de 50 emplois. Un choix stratégique pour Actura qui place les semences comme un axe prioritaire de son plan « Horizon 2030 ». Ce site industriel sera équipé d’outils de pointe pour « anticiper les nouvelles techniques d’hybridation des semences, recourir aux nouvelles solutions d’enrobage et accompagner la réduction de la protection conventionnelle des plantes ». Actura compte s’appuyer sur un réseau d’environ 200 agriculteurs multiplicateurs. La multiplication de semences a, elle, débuté depuis près de trois ans, à la suite d’un partenariat acté avec Valfrance en août 2022 pour alimenter sa propre usine, inaugurée la même année. Le nouveau projet d’Actura ne remet pas en cause le lien entre les deux entreprises. (Anne Gilet)
Foie gras : Sud-Ouest accouvage prévoit sa pleine productivité d’ovosexage en septembre
Le couvoir de Sud-Ouest accouvage (SOA), qui produit à Aignan (Gers) six millions de canetons par an pour la filière foie gras, finalisera en septembre la mise au point de son robot d’ovosexage, a assuré la directrice de l’accouvage palmipèdes de SOA, Céline Mazé, au cours d’une visite organisée par l’interprofession Cifog pour la presse le 30 juin. Ce robot triera alors en une heure 20 000 œufs contenant des canetons mulards mâles (les seuls dont le foie gras est commercialisé) sans besoin de contrôler l’état des œufs (pleins ou non), contre 15 000 aujourd’hui. La fiabilité attendue de ce système combinant caméra et intelligence artificielle sera alors de 95%. L’ovosexage est financé par la CVO (contribution volontaire obligatoire) de 25 centimes par caneton, acheté à un prix moyen de 3 €, laquelle est refacturée selon le principe Egalim. Unique couvoir appartenant aux coopératives Maïsadour, Vivadour et Cavac, SOA approvisionne 600 éleveurs dans six régions, adhérents ou non des trois coopératives. Les deux autres principaux accouveurs de mulards en France, Orvia et Grimaud, s’équipent également, aidés par le plan France Relance, rappelle le Cifog, qui a décidé de l’abolition de l’élimination des canetons femelles en 2030, grâce à l’accord interprofessionnel d’avril 2024.
Méthanisation : Suez inaugure une unité de valorisation de CO₂ biogénique
Dans un communiqué du 30 juin, le groupe Suez a annoncé l’inauguration d’une unité de valorisation de CO2 biogénique issu du méthaniseur installé sur son site de Terres d’Aquitaine basé à Saint-Selve (Gironde). L’installation est active depuis mai dernier. Le CO2 est « commercialisé dans le cadre d’un contrat avec Rougeline », groupement de six coopératives du Sud-Ouest spécialisées dans la tomate, et déjà utilisé par « deux maraîchers landais pour favoriser la photosynthèse de plants de tomates sous serres, en remplacement d’énergie fossiles », précise Suez. D’autres débouchés locaux seraient envisagés, comme la production d’algues, le froid alimentaire ou les extincteurs. Le projet est financé à hauteur de 560 000 € par la région Nouvelle-Aquitaine, représentant 40 % du montant total. L’entreprise espère valoriser 3 500 t/an de CO2 biogénique. De son côté, l’unité de méthanisation produisant le CO2 traite des déchets émanant de l’agriculture, de l’industrie agroalimentaire, des grandes surfaces et des collectivités. Par ailleurs, depuis janvier 2025, le digestat émanant du méthaniseur a obtenu une certification européenne. Les 9 000 tonnes produites par an sont distribuées par Terrial, co-entreprise des groupes Suez et Avril.