Agra Business | Stine, BASF, Zoetis/Danone, Axéréal Elevage, Vivescia

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Semences de soja: le leader mondial Stine se lance en France sur la prochaine campagne

Le semencier américain Stine, leader mondial du soja, compte se lancer sur le marché français dès la prochaine campagne. «Nous avons testé cinq variétés, déjà inscrites au catalogue européen, pour la deuxième année, explique Stelian Fuia, responsable Europe de Stine,  à Agra Business. Ils couvrent toutes les précocités et sont tolérants aux nématodes, à la chlorose ferrique, à la carence en potasse.» Certaines variétés sélectionnées par Stine pour le marché français sont, en outre, tolérantes au tribénuron-méthyle. Si cette molécule herbicide n’est pas encore autorisée sur soja, Stine pousse les firmes de protection des plantes à en faire la demande. Les essais, réalisés en Alsace, en région Centre et dans le Sud-Ouest démontrent un potentiel de rendement très satisfaisant : jusqu’à 75 q/ha, contre 30 à 35 q/ha en moyenne en France. Déjà présent dans l’Est de l’Europe, notamment en Roumanie, où sont produites les semences pour le marché communautaire, Stine pourrait rapidement prendre une part importante de ce marché en croissance en France. Le semencier s’est mis à la recherche de distributeurs pour ses variétés, et compte poursuivre les essais en 2025. Stine, qui possède 65% des parts de marché du soja sur le marché américain (nord et sud), se distingue de ses concurrents par la sélection de ses variétés en conventionnel, et non sur OGM. Stine possède 800 variétés de semences, dont 750 de soja. L’entreprise emploie plus de 800 personnes dans le monde, et dégage un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars, dont 400 M$ en licences. (Elena Blum)

Pesticides: BASF confirme son intention d'introduire sa division agrochimie en bourse (presse)

Comme pressenti, le géant allemand de la chimie BASF a annoncé le 26 septembre son projet de scission et d'introduction en bourse de ses activités d'agrochimie, rapporte l'agence Reuters. «Le groupe a pour objectif de se préparer à une potentielle introduction en bourse. À moyen terme, l'introduction d'une part minoritaire est une option», aurait indiqué BASF. Les ventes de cette branche ont diminué de 13,2% au deuxième trimestre, à 1,9 milliard d'euros, rapporte le groupe dans un communiqué, «principalement en raison de la baisse des ventes en Amérique du Nord». Dans le détail, la contreperformance provient principalement de «la baisse des volumes et [des] prix nettement plus bas du glufosinate-ammonium en raison des conditions de marché difficiles». En France, BASF s'est distingué, en 2023, en lançant avec huit distributeurs – dont les coopératives Cérèsia, Eureden, Agrial, Oxyane et deux négoces – un nouveau modèle de vente de pesticides au forfait et au résultat. Pour la récolte 2023, l'offre avait été déployée sur 12 000 ha de blé et d'orge.

Bovins lait: Danone et Zoetis vont déployer des tests génomiques «à l’échelle mondiale»

L’industriel laitier Danone et le groupe de santé animale Zoetis ont annoncé le 26 septembre un partenariat portant sur le déploiement «à l’échelle mondiale» de tests génomiques permettant de prédire «la sensibilité d’un animal aux maladies coûteuses et son potentiel pour rester sain et productif tout au long de sa vie». Il s’agit de l’index de sélection multi-traits DWP$ (pour «Dairy Wellness Profit Index»), qui permet de classer les animaux selon de nombreux critères: bien-être de la vache et du veau, production, fertilité, type fonctionnel, longévité, vivabilité, aptitude au vêlage, qualité du lait. Cet outil est «uniquement disponible à travers [les tests génomiques] Clarifide plus» du groupe américain Zoetis, d’après un communiqué. Pour Jean-Yves Krummenacher, directeur des achats chez Danone, les tests génomiques constituent «un outil important pour intégrer la durabilité au cœur de nos activités». D’après les partenaires, l’utilisation de cette technologie peut être porteuse de «gains potentiels pour la durabilité, la réduction des émissions de méthane, la rentabilité des fermes et le bien-être animal». Pour M. Krummenacher, ce partenariat avec Zoetis «s'inscrit dans notre vision de créer un changement positif tout au long de la chaîne de valeur des produits laitiers».

Alimentation animale: feu vert à la reprise d'Axéréal Elevage par Avril

L'Autorité de la concurrence a autorisé le 27 septembre le rachat de l'ensemble des activités de nutrition animale du groupe coopératif Axéréal par le géant agroalimentaire Avril, poids lourd français des huiles et des protéines végétales. L'Autorité «a écarté tout risque d'atteinte à la concurrence» et «autorisé ce jour l'opération sans conditions», selon un communiqué. Avril et Axéréal avaient annoncé en mai être entrés en négociation exclusive. Les activités liées à l'alimentation animale d'Axéréal pèsent 234 millions d'euros de chiffre d'affaires et seront rachetées par Sanders, la filiale d'Avril dédiée aux aliments pour animaux d'élevage, avait alors indiqué la coopérative. Sanders, leader français de la nutrition animale et filiale d'Avril, produit 3,4 millions de tonnes d'aliments dans 28 usines à destination de 26.000 clients. Avril avait présenté le rachat d'Axéréal Elevage comme s'inscrivant pleinement dans sa «dynamique de croissance» et propre à «consolider ses positions sur le marché des produits et services pour l'agriculture», au «carrefour des activités animales et végétales».

Céréales: Vivescia relance le fret ferroviaire à Chavanges dans l'Aube

Après deux ans d’interruption, le fret ferroviaire a repris cette semaine, entre les silos de Vivescia situés à Chavanges, dans l’Aube, et les clients industriels de la coopérative dans le Nord Est de la France. L’état des voies de chemin de fer avait conduit à leur fermeture, mais un accord sur leur entretien a été trouvé entre Vivescia et SNCF Réseau, suite à la mobilisation des agriculteurs, de la coopérative et des élus locaux. Un premier train a été achalandé cette semaine, afin d’approvisionner en céréales un partenaire de Vivescia. Une vingtaine de trains devrait circuler chaque année. Chaque train permet l’acheminement d'une cargaison équivalente à 40 camions. La réouverture de la ligne permet donc de réduire la pollution, mais aussi le désagrément pour les habitants du secteur, qui, depuis début 2023, déploraient une hausse du nombre de poids lourds sur les axes routiers. «L’objectif de Vivescia est toujours d’optimiser les embranchements ferroviaires, déclare la coopérative à Agra Business. Ce n’est pas toujours possible, car il faut que les silos et nos clients soient situés en bord de voies ferrées, mais aussi que SNCF Réseau dispose des trains nécessaires.» (Elena Blum)

Céréales: au Canada, fin de la grève dans le port de Vancouver

Les travailleurs des terminaux céréaliers du port canadien de Vancouver ont mis fin le 28 septembre à une grève de quatre jours qui perturbait la moitié des exportations de céréales du Canada, en pleine période des récoltes. La Grain Worker Union, qui représente 650 employés - dont notamment ceux des entreprises Cargill, Richardson International et Veterra - a annoncé le 28 septembre au soir le retour des travailleurs samedi après la conclusion d'un accord avec leur employeur, la Vancouver Terminal Elevator Association. Les négociations pour une nouvelle convention collective avaient été rompues et l'association des producteurs de grains du Canada, qui compte 65.000 agriculteurs, avait demandé au gouvernement d'intervenir pour mettre un terme à la grève déclenchée le 24 septembre. L'année dernière, 52% de toute la production de grain au Canada a transité par ce port de la côte Pacifique. Près de 100.0000 tonnes de céréales canadiennes arrivent quotidiennement à ces terminaux, a affirmé l'association, qui craignait comme d'autres l'impact prolongé d'un arrêt des opérations sur les exportations du pays, le premier exportateur mondial de canola et le troisième de blé. Les travailleurs se prononceront sur l'accord le 4 octobre.

Restauration : les dépenses ont retrouvé leur niveau d'avant-Covid, pas la fréquentation

Au premier semestre 2024, les dépenses en RHD (restauration hors domicile) ont presque retrouvé le niveau du premier semestre 2019 avant la crise Covid, selon les données de Crest – branche restauration de Circana - commentées lors de la conférence de rentrée du Geco Food Service (fournisseurs de la restauration). Ce sont 27,7 milliards d’euros (27,8 Md€ au premier semestre 2019). Mais la fréquentation est bien moindre : 4,6 milliards de visites contre 5,1 milliards en 2019. Le recul est de 9,2% entre les premiers semestres de 2019 et de 2024. La fréquentation est certes portée par les effets du ralentissement de l’inflation, de la flamme olympique, des ponts successifs, de l’Euro de footbal, note Geco food dans un communiqué. Mais restent des «habitudes de consommation liées à l’inflation», la météo pluvieuse, d’un «effet JO très mitigé». Le Geco a par ailleurs analysé les comportements d'achats des acheteurs en RHD : «la restauration commerciale fait son choix en tenant compte des caractéristiques produit et ses facilités d’utilisation», selon le communiqué, mais «la boulangerie-pâtisserie et la restauration collective s’orientent quant à elles principalement vers le prix». Pour un tiers des opérateurs, montre l’étude, tous segments confondus, le prix n’est pas le critère déterminant des achats ; comptent aussi l’innovation, les conseils, la confiance «et surtout une haute valeur ajoutée de services (régularité, assortiment, disponibilité, respect livraison, réactivité)».

Vin : dans le Bordelais, la pluie hâte les vendanges, prévues «historiquement faibles»

Pluies abondantes, arrachage de vignes, maladies... le vignoble du Bordelais, en période de vendanges, s'attend à une récolte «historiquement faible», a appris l’AFP le 27 septembre auprès de la profession. Dans le premier vignoble AOC de France en superficie, le calendrier de récolte pour les rouges est accéléré par les fortes précipitations. Selon CIVB (interprofession), la production sera «historiquement faible» cette année et inférieure aux 3,8 Mhl de l'an dernier. Conséquence des dégâts causés par les maladies et d'une baisse volontaire de la surface cultivée. Pour le directeur de communication Christophe Chateau, la cuvée de rouge 2024 «ne sera pas le millésime du siècle mais un millésime moins alcoolisé, plus sur le fruit, à consommer rapidement, finalement conforme à ce qu'attend le marché aujourd'hui». La récolte des blancs et des crémants, désormais achevée, présente en revanche de «jolis volumes, très qualitatifs», a-t-il dit. En crise de surproduction depuis des années, le Bordelais s'est résigné à arracher une partie de ses vignes. Selon les estimations du CIVB, «entre 10 000 et 12 000 ha», dont 9 000 dans le cadre d'un programme subventionné, soit environ 10% du vignoble, devraient être supprimés d'ici la fin de l'année.

Fruits/distribution: la CJUE condamne de fausses promos de fruits chez Aldi Süd

Une réduction de prix annoncée dans une publicité doit être calculée sur la base du prix le plus bas au cours des 30 derniers jours, rappelle la Cour de justice de l'UE (CJUE) dans un arrêt rendu le 26 septembre. Un jugement qui fait suite à une plainte, en Allemagne, d’une association de consommateurs contre la publicité faite par Aldi Süd dans ses prospectus hebdomadaires au moyen de réductions de prix ou de « prix-chocs » pour des fruits notamment. Le supermarché fait valoir une réduction de 23% sur le prix pratiqué alors qu’en réalité le prix réduit équivaut au prix le plus bas pratiqué sur la période précédente de 30 jours. C’est illégal, selon la CJUE, qui s’appuie sur la directive européenne relative à la protection des consommateurs en matière d’indication des prix des produits offerts. Les professionnels ne peuvent donc pas induire en erreur le consommateur en augmentant le prix pratiqué avant d’annoncer une réduction de prix et en affichant ainsi de fausses réductions, indique-t-elle.

Pesticides: un nouveau cas de fichage de personnalités épinglé par les médias

Une plateforme en ligne américaine baptisée Bonus Eventus a constitué un «fichage à grande échelle» de personnalités considérées «critiques» de l’agriculture intensive, révèle une enquête du Monde menée avec plusieurs médias internationaux (article payant). Bonus Eventus compile des informations personnelles, «trompeuses et malveillantes» sur «plus de 500 scientifiques, militants écologistes, journalistes ou encore experts des Nations Unies». Y figure par exemple le biologiste français Gilles-Eric Séralini. «Environ un millier de personnes» ont accès à la base de données opérée par le cabinet de relations publiques V-fluence. «Il s’agit principalement de cadres de l’industrie agrochimique et semencière, de consultants en communication, de blogueurs, de lobbyistes, de responsables de l’administration américaine, et d’experts ou de scientifiques, souvent en lien avec des industriels», affirme le quotidien français. «Plusieurs avocats» consultés par le collectif estiment que Bonus Eventus enfreint des législations nationales «et en particulier le règlement général de protection des données européen», affirme Le Monde. Ce type de fichage pour l’agro-industrie a un précédent en France. En 2021, la Cnil avait condamné Monsanto à 400 000€ d’amende pour défaut d’information des personnalités fichées par l’agrochimiste.

Bio/climat: la Fnab commence à déployer ses propres diagnostics carbone d'exploitations

Lors du salon La Terre est notre métier à Retiers le 26 septembre, la Fnab a présenté son outil de diagnostic carbone ACCT-Fnab pour exploitations. L’organisme estime qu’entre 100 et 150 diagnostics devraient être réalisés pour fin 2024. Cet outil a pour but d’aider les producteurs bio à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en activant les bons leviers. La Fnab espère également remonter des données dans le cadre d’un «projet d’ampleur d’acquisition de connaissances sur l’impact climat de la bio». Elaboré avec l’aide de Solagro, ACCT-Fnab se veut en phase avec la réalité des producteurs bio. Ainsi certaines lacunes constatées dans d’autres outils de diagnostics, telles que la liste des cultures incomplètes, mais aussi des pratiques de gestion des intrants, de déshydratation ou de toastage non prises en compte ou encore le fait que la filière maraîchage ne soit pas abordée, ont été comblées. Grâce à des aides de la région et de l’Ademe, le Grab de la région Centre a déjà pu multiplier les diagnostics sur son territoire. Les résultats obtenus mettent à mal certaines idées reçues. «Dans les exploitations en grande culture, il n’y a pas de lien entre consommation de fioul et part des surfaces labourées. Réduire le labour n’est donc pas un levier actionnable pour réduire les émissions de CO2 de ces fermes», souligne Jean Belliard, conseiller au sein du Gabar 45 (Tanguy Dhelin).

Addendum à l'agenda de la semaine

Mardi 1er octobre
Conférence de presse de rentrée de la CCMSA à Paris
Premier forum de l'emballage durable pour l’agriculture à Méaulte (Somme)
Conférence de presse de la FNSEA, au Sommet de l'élevage
Conférence de presse de la Confédération paysanne, au Sommet de l'élevage