Finance : le français Swen CP lance un fonds dédié à l’agriculture régénératrice
La société de gestion Swen Capital Partners, basée à Paris, lance un fonds pour l’agriculture régénératrice, a-t-elle annoncé le 30 juin (voir l'entretien accordé à Agra Innovation). Baptisé Swen Terra, il vise à « faciliter l’accès aux capitaux des acteurs du monde agricole engagés dans la transition vers des pratiques durables », selon le communiqué. Un premier closing de 40 M€ est annoncé pour ce fonds, dont l’ambition est de « favoriser la restauration des sols afin de lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité ». Swen CP se fixe un objectif de levée de 200 M€. Son fonds bénéficie du soutien de la Macif et d’Abeille Assurances, marques d’Aéma Groupe, ainsi que de Suravenir. Il prendra des participations minoritaires, en fonds propres, dans des actifs agricoles, déjà en agriculture régénérative ou en phase de conversion ; des actifs logistiques, unités de transformation et réseaux de distribution de produits agricoles « régénératifs et durables ». « Swen Terra vise la création d’une dizaine de sociétés agricoles, gérées par des agriculteurs expérimentés, qui pourront investir chacune dans 5 à 10 exploitations. Au total, une centaine de fermes pourront ainsi être financées partout en Europe, dans tous les types de cultures (céréales, légumineuses, maraîchères, vergers…). » Un premier investissement est annoncé dans GreenPods.
Lait : Lactalis « regarde » le dossier Fonterra, offre déposée en mai en Australie
Emmanuel Besnier, le PDG de Lactalis, a indiqué que « Fonterra fait partie des sujets que l'on regarde », dans une interview parue dans les Echos le 1er juillet. Il ne dément pas être intéressé par ce dossier, indiquant que « nous sommes toujours cités, pour toutes les acquisitions ». Début mai, la Commission australienne de la concurrence et de la consommation (ACCC) indiquait pourtant que Lactalis proposait d’acquérir « l’activité mondiale de produits de grande consommation de Fonterra, et les activités ingrédients et services alimentaires de Fonterra en Australie. » L’ACCC veut mesurer l’impact sur la concurrence d’une telle opération. Lactalis est déjà présent en Australie à travers Parmalat, sans être leader, et fabrique sur place des fromages, des matières grasses, des crèmes et des produits ultra-frais, tant pour le grand public que pour les professionnels. Lactalis détient aussi dans le pays une usine d’ingrédients laitiers pour le marché domestique et l’export. La coopérative néo-zélandaise Fonterra a indiqué en 2024 qu’elle souhaitait se séparer d’une partie de ses activités de produits grand public en Océanie et au Sri Lanka, soit en vendant ces actifs soit en les introduisant en Bourse. Cette transaction pourrait représenter 2,37 Md$, selon les informations recueillies par Reuters.
Lait : deux OP bretonnes fusionnent et donnent naissance à Galéo
L’association des producteurs de lait du bassin armoricain (APLBA) et l’organisation des producteurs Abers-Emeraude ont fusionné le 26 juin pour donner naissance à Galéo. Cette nouvelle organisation de producteurs rassemble désormais 320 exploitations laitières et contractualise avec deux acteurs majeurs de la filière laitière en Bretagne : le groupe Still et les deux filiales du groupe Laïta, LNA et Silav. L’enjeu de cette nouvelle OP : « construire des partenariats solides, durables et équilibrés avec les industriels laitiers, dans un contexte de concentration accrue des acteurs de l’aval », précise le communiqué de presse. L’objectif est aussi de trouver les solutions pour adapter l’offre aux évolutions des exploitations et de la filière laitière tout entière. Le conseil d’administration de l’OP, composé de 20 producteurs, est présidé par Benoît Quéméneur, précédemment président de l’OP Abers-Emeraude. Ce dernier appelle les producteurs actuellement en contrat individuel avec Still ou Laïta à rejoindre Galéo pour « bénéficier d’un cadre contractuel sécurisé, d’un accompagnement adapté et d’un levier collectif pour faire entendre leur voix dans les décisions structurantes. »
Fruits «origine France» frauduleux: un grossiste condamné à de la prison avec sursis
Un grossiste de Dordogne, poursuivi pour avoir frauduleusement étiqueté «origine France» des fruits produits à l’étranger, a été condamné à un an de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende, a annoncé le 1er juillet la direction de la répression des fraudes. Le tribunal correctionnel de Bergerac a condamné pour "tromperie" le gérant de l’entreprise Fruits rouges du Périgord, reconnu coupable lundi d’avoir "francisé" 412 tonnes de fruits étrangers entre 2020 et 2021. Le ministère public avait requis un an de prison avec sursis et 150.000 euros d’amende. «Cette pratique commerciale trompeuse consiste à présenter comme français des produits qui ne le sont pas, en falsifiant leur étiquetage d’origine», fait valoir la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dans un communiqué. Selon la Coordination rurale, les tonnages écoulés représentent 5% de la production française annuelle de fruits rouges, soit l’équivalent de plus de 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires. La fraude avait été révélée en 2022 dans un reportage de l’émission Zone interdite, diffusé sur M6.
Élevage : l’abattoir public de Limoges arrête sa chaîne ovine et caprine (presse)
Face à des approvisionnements en forte baisse, l’abattoir public de Limoges (Haute-Vienne) a cessé « l’abattage des espèces ovine et caprine » le 30 juin, d’après un courrier consulté par Le Populaire du centre (article payant). L’outil avait déjà été amené à « diminuer le nombre de jours » d’ouverture, avant de « finir sur un abattage d'une quarantaine d'agneaux » tous les 15 jours, contre « 300 auparavant », retrace Bernard Thalamy, vice-président de Limoges Métropole en charge de l'abattoir, interrogé par France 3 Nouvelle-Aquitaine. L’abattoir, qui avait déjà arrêté son activité porcine en 2023, ne traitera plus que des bovins. Les éleveurs ovins usagers de l’abattoir – essentiellement en circuits courts – sont redirigés vers Bessines-sur-Gartempe et Bellac, au nord, ainsi que vers Lubersac (Corrèze), au sud. Dans un communiqué du 1er juillet, le Modef national dénonce « un patient travail d’étranglement financier » et « une marche forcée vers la privatisation ». Le syndicat rencontrera les salariés de l’abattoir jeudi 3 juillet « avec d’autres organisations syndicales agricoles ». Avec 232 000 ovins en 2023 (dont 149 000 brebis allaitantes), la Haute-Vienne est le premier département français en ovins viande.
Relations commerciales : Bercy débouté face à E. Leclerc sur la remise additionnelle
La Cour de cassation a définitivement débouté le ministère de l'Economie dans le litige qui l'opposait à la centrale d'achat du groupe E. Leclerc, selon un arrêt rendu le 25 juin, indique l’AFP. Bercy s'était pourvu en cassation après avoir déjà perdu en première instance en 2021 puis en appel en 2023, reprochant au Groupement d'achat E. Leclerc (Galec) d'avoir imposé, de 2013 à 2015, à ses fournisseurs de l'industrie agroalimentaire une « remise additionnelle » de 10% sur les prix des produits également commercialisés chez Lidl, et ce sans contrepartie. Alors que Bercy, s'appuyant sur l'article L 442-6 du Code du Commerce, voyait dans ces remises des « avantages sans contreparties » obtenus par le Galec, la Cour de cassation tranche que les contrats concernés par l'enquête n'imposaient aux parties aucun service commercial. L'action en justice intentée par Bercy s'appuyait sur une enquête de la DGCCRF qui avait considéré que ces clauses étaient « illégales ». Elle demandait à la justice d'infliger au Galec une amende de 25 M€ ainsi que la restitution à la vingtaine de fournisseurs, des grands noms de l'agroalimentaire comme Bel, Fleury Michon ou Nestlé par exemple, les sommes « indûment perçues », à hauteur de 83 M€.
Élevage/prairies : le néo-zélandais Halter lève 100 M$ pour conquérir les États-Unis
Dans un communiqué du 24 juin, la start-up néo-zélandaise Halter, qui commercialise des clôtures virtuelles pour l’élevage bovin herbager, annonce avoir levé 100 M$ (soit 165 M$ NZ) en série D pour se développer sur le marché états-unien. L’opération porte la valeur de l’entreprise à 1 Md$, faisant de Halter l’une des premières – si ce n’est la première – à atteindre cette taille dans le secteur des start-up dédiées à l’élevage. Le tour de table a été mené par le fonds américain BOND (spécialisé dans la tech), et a vu l’arrivée de NewView Capital aux côtés des investisseurs historiques. Cette levée de fonds servira à financer le développement de Halter aux États-Unis, où elle est présente depuis 2024, avec 150 ranchs dans 18 États, comme le rappelle le média AgFunder News. La start-up néo-zélandaise commercialise un système de surveillance et de gestion du pâturage à distance pour les bovins (laitiers et allaitants) : les vaches sont équipées de colliers vibrant et émettant du bruit quand elles franchissent des limites prédéfinies par l’éleveur. Halter revendique 1 000 fermes équipées pour 207 000 km de clôtures virtuelles en 2024.
Amandes bio : Greenpods va lever jusqu’à 30 M€ pour son développement en Europe
Greenpods, entreprise développant des projets agricoles régénératifs dans la production de fruits à coque, a annoncé l’arrivée du fond Swen Capital Partners à son tour de table. Le fonds devrait injecter jusqu’à 30 millions d’euros, entre 2025 et 2028, pour son développement en France et en Europe. La nouvelle avait été donnée par Emmanuel Simon, responsable de la stratégie Swen Terra chez Swen Capital Partners à Agra innovation le 30 juin. «Cette étape est bien plus qu’un financement : c’est un signal fort qui démontre que la transition agricole est en marche, et qu’elle attire des partenaires engagés, prêts à construire un avenir plus résilient» s’est félicité Martin d'Archimbaud, co-fondateur de Greenpods sur son compte LinkedIn le 1er juillet. Depuis 2021, Greenpods développe une ferme bio de 150 hectares (dont 64 de vergers) en voie de restauration grâce à l’agriculture régénérative au sud de Toulouse : 28 000 amandiers y ont été plantés. En mai 2024, l’entreprise s’est installée en Espagne : en Aragon, sur 105 Ha en conversion vers l’agriculture bio et régénérative, un futur verger accueillera quatre variétés différentes d’oliviers et de six d’amandiers (100 000 arbres à planter).
Semences : Ludovic Cousin prend la direction générale de Mas Seeds
À compter du 1er juillet, Ludovic Cousin, 46 ans, devient le nouveau directeur général de Mas Seeds, la filiale du groupe Maïsadour dédiée aux semences. Il succède à Pierre Flye Sainte Marie qui, après avoir occupé ce poste durant quatre ans, fait valoir ses droits à la retraite. Ludovic Cousin a rejoint le groupe semencier en 2004 en tant que délégué commercial pour la région grand Ouest. Il endosse ensuite différentes fonctions notamment en Europe centrale et en Europe de l’Est avant de devenir directeur commercial pour l’Europe du Sud en 2017. Il est, depuis 2022, membre du comité exécutif de Mas Seeds. (Anne Gilet)