Coopératives: Natera boucle un crédit bancaire, ses projets pour les trois ans à venir
Natera annonce avoir finalisé, le 16 octobre, la mise en place d’un crédit structuré avec plusieurs établissements bancaires. Cette opération est intervenue après la souscription, par Sofiprotéol, d’un instrument de quasi-fonds propres émis par Natera. «Ce financement nous donne les moyens de nos ambitions pour les trois prochaines années», explique Jean-Claude Virenque, président de Natera (720 M€ de CA, 10 000 adhérents), coopérative née de la fusion, le 1er juillet 2024, entre Capel (Lot) et Unicor (Aveyron). Parmi les projets: la construction, d’ici à deux ans, d’une nouvelle ligne sur l’abattoir de sa filiale La Quercynoise, à Gramat (Lot), dédié aux palmipèdes, pour 21,5 M€ (dont 4 M€ financés par Unigrains). Le groupe souhaite aussi capter des marchés à forte valeur ajoutée en bovins et ovins, via une production locale, en développant son outil de Ruthènes Viande à Sainte-Radegonde (Aveyron), repris en 2020. Et en investissant dans ses outils amont: centres d’allotement et d’engraissement notamment. En agrofournitures, Natera mise sur la formation continue de ses équipes et sur le développement de ses usines d’aliment, une activité clé pour la performance technique des exploitations adhérentes. Enfin, ce crédit, dont le montant global n’a pas été dévoilé, servira également à entretenir et rénover le réseau de 70 magasins de jardinerie/animalerie. (Anne Gilet)
Porc : Danish Crown lance une prime pour trouver 250 000 porcs supplémentaires (presse)
Danish Crown lance une offre de primes aux éleveurs qui élèveront davantage de porcs charcutiers pour l’exercice 2024-2025 (d’octobre à septembre) afin d’augmenter l’abattage d’au moins 250 000 porcs, rapporte la presse anglophone spécialisée le 23 octobre. L’éleveur peut espérer jusqu’à 80 centimes de couronnes danoises par kg supplémentaire, soit environ 10 centimes d’euros. Le géant danois du porc leur offre une double prime, comme l’explique le site d’informations sur les filières viandes (anglophone) Euromeat News. La première prime est attribuée à la double condition de livrer un nombre de porcs supérieur à celui de l’exercice 2023-2024 et de la moyenne des cinq années précédentes. La seconde est attribuée pour une simple augmentation par rapport au nombre de porcs livrés en 2023-2024 allant jusqu’à 10 000 porcs supplémentaires ou jusqu’à 20% d’augmentation. Le vice-président de la coopérative argumente qu’une meilleure activité des abattoirs se traduira par une meilleure rétribution des adhérents. Le prix payé aux producteurs danois a été légèrement au-dessus d’1,60 euros/kg au cours de la semaine 42 (du 14 au 20 octobre), peut-on voir sur le site de l’Ifip.
Alimentation animale: mouvement social dans le port de Saint-Nazaire, risque de rupture en soja
La préfecture de Loire-Atlantique annonce, dans un communiqué du 23 octobre, une perturbation des activités du port de Saint-Nazaire du fait d’un mouvement social au sein de la société de remorquage Boluda. Les matières agricoles sont directement affectées et en premier lieu, les importations de matière azotée dont le soja pour l’alimentation du bétail. Sans retour à la normale avant le 23 octobre, la préfecture évoque une rupture d’approvisionnement en compléments azotés pour les élevages hors sol dès le 25 octobre. Voire, si le mouvement se prolonge, «un risque de mortalité des animaux concernés, notamment dans un contexte actuellement marqué par un faible niveau des réserves fourragères lié aux intempéries des derniers mois». Pour éviter un défaut d’approvisionnement, Fabrice Rigoulet, préfet de Loire-Atlantique, a pris un arrêté de réquisition de trois officiers de l’entreprise Boluda pour assurer une activité minimum à partir du 23 octobre. Selon la préfecture, l’usine Cargill de trituration de tournesol située à Montoir-de-Bretagne est également affectée pour son approvisionnement. L’arrêté de réquisition devrait permettre d’éviter l’arrêt de l’outil industriel. Les exportations de céréales au départ du port ligérien vers l’Asie et le Maghreb sont également à l’arrêt, mais n’étant pas considérées comme prioritaires, elles ne bénéficieront pas de l’activité minimum. (Tanguy Dhelin)
Blé: la Russie fixe de nouveau un prix plancher officieux et durcit ses règles d'exportation
Selon plusieurs sources de marché, la Russie a fixé un prix plancher officieux de 250 $/t de blé pour ses exportations, décision qui n'a pas été confirmée par le ministère de l'Agriculture. C'est sensiblement plus que le cours actuel à la Bourse de Moscou, soit 220 $. «Ils ont déjà fait ça avant et le marché a appris que ce n'est pas parce qu'ils donnent un prix qu'ils vont le respecter», commente Jon Scheve, de Superior Feed Ingredients. En mars 2023, un prix minimum, là encore non officiel, avait été rapporté à 275 $/t en Fob. «Cela avait fait perdre des ventes aux Russes», rappelle Damien Vercambre, «parce que sur les appels d'offres officiels, les opérateurs [russes] s'alignaient au prix plancher et les concurrents se mettaient juste en-dessous.» Par ailleurs, le ministère russe de l'Agriculture a décidé de restreindre aux seuls exportateurs nationaux la possibilité de vendre du blé de cette origine à l'étranger, écartant ainsi les intermédiaires. Tous les acteurs agricoles étrangers qui étaient présents dans le pays s'en sont retirés depuis l'invasion de l'Ukraine, mais certains continuaient à charger dans les ports de la mer Noire. «Il y avait peut-être des opérateurs internationaux qui avaient du blé en Russie et qui ont dû le larguer», suggère ainsi Damien Vercambre, provoquant un afflux de céréales sur le marché, de nature à peser sur les cours.
Blé: la Russie tente de relancer son projet de marché agricole des Brics
Avant le sommet de Kazan (Russie), qui se déroulait du 23 au 24 octobre, le Kremlin a tenté, selon l'agence Reuters, de relancer son projet de marché agricole des Brics, qui renforcerait les échanges entre les pays membres. Parmi ces nations figurent certains grands importateurs de blé mondiaux, comme la Chine, le Brésil ou l'Égypte. L'idée avait déjà été soumise fin juin, les Brics la soutenant officiellement, sans que ce partenariat ne se concrétise. «C'est une des grandes inconnues sur le marché du blé», a pointé Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting. «La Russie est-elle en train de créer un nouveau canal d'échanges bilatéraux?» «La crainte, c'est que les relations qu'ils (les Russes, NDLR) cherchent à développer ne se substituent aux appels d'offres et soient plus opaques», soulève l'analyste, au risque de léser les grands exportateurs qui n'en font pas partie, notamment Europe et États-Unis. «Pour l'instant, on ne voit pas ces discussions déboucher, donc l'inquiétude s'estompe», selon Michael Zuzolo.
Semences : l’Etat condamné pour manque d’action sur la traçabilité des VRTH
Dans une décision rendue le 23 octobre, le Conseil d’Etat condamne l’Etat pour manque d’encadrement des variétés rendues tolérantes aux herbicides (VRTH) issues de la mutagénèse. Il lui reproche de ne pas avoir respecté l’injonction d’adopter «des mesures permettant d’assurer la traçabilité (de leur usage) jusqu’à l’utilisation finale des cultures», suite à son jugement du 8 novembre 2021. L’Etat est ainsi condamné à verser 50 000 euros d’astreinte, dont 5 000 euros répartis entre plusieurs organisations incluant la Confédération paysanne et 22 500 euros chacun à l’OFB et l’Anses. Le 8 novembre 2021, le Conseil d’Etat avait demandé d’accélérer l’application des mesures d’évaluation des risques et d’encadrement de la culture des VRTH. La juridiction administrative suprême reconnaît, dans sa décision du 23 octobre, le plan mis en œuvre par l’Etat «à la seule exception des actions nécessaires pour améliorer la traçabilité des semences VRTH jusqu’à leur utilisation finale». Par ailleurs, le Conseil d’Etat enjoint le Premier ministre de modifier, «dans un délai de quatre mois», le code de l’Environnement afin de préciser la liste des techniques permettant l’obtention d’organismes génétiquement modifiés.
Biostimulants: partenariat entre Elicit plant et BASF France en tournesol et céréales à paille
Elicit Plant, pionnier dans le domaine des bio-solutions agricoles, a annoncé le démarrage d’un partenariat avec BASF France – Division Agro, dès la campagne 2024-2025 «pour accélérer le développement de ses biostimulants EliSun-a et EliGrain-a, respectivement destinés aux marchés du tournesol et des céréales à paille en France», indique leur communiqué conjoint du 23 octobre. Elicit Plant développe des solutions naturelles innovantes et brevetées à base de phytostérols pour améliorer la réponse au stress hydrique des grandes cultures tout en maintenant de haut niveaux de rendements, rappellent nos confrères d'Agra innovation. Le 22 juillet, la start-up avait annoncé un accord de partenariat exclusif en France avec Bayer France pour la distribution des produits dédiés au maïs, Best-a et EliZea, homologués contre le stress hydrique. Un partenariat stratégique qui visait lui aussi à étendre la portée des bio-solutions d’Elicit Plant en s’appuyant sur les forces d’un leader du secteur (Agra Innovation).
Bière: l'Autorité de la concurrence britannique enquête sur le rachat de Britvic par Carlsberg
L'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) britannique a annoncé dans un communiqué paru le 23 octobre avoir lancé une enquête sur le projet d'acquisition du fabricant britannique de boissons non alcoolisées Britvic (marques Pressade et Teisseire en France) par le danois Carlsberg. En juillet, Britvic avait accepté une offre à 3,9 milliards d'euros (Md€). Le gendarme britannique avait lancé une procédure préliminaire en septembre. La CMA doit clôturer son enquête le 18 décembre. En février, le géant danois de la bière avait annoncé un plan stratégique visant à renforcer ses parts de marché en dehors du marché de la bière – à date, les boissons non alcoolisées représentent 16% de la production annuelle de Carlsberg. En rachetant Britvic, le brasseur danois souhaite créer «une proposition améliorée» de bières et de boissons non alcoolisées, notamment au Royaume-Uni et en Europe, tout en mutualisant l’approvisionnement, la production, le stockage et la distribution. Britvic a réalisé 1,74 milliard de livres de chiffre d’affaires en 2023 (2,06 Md€) et emploie plus de 4000 personnes dans le monde.
Biscuits: l'américain J.M. Smucker cède la marque Voortman pour 305 M$
L'entreprise américaine J.M. Smucker (pâte d'arachide Jif) a annoncé le 22 octobre avoir trouvé un accord pour la cession du fabricant canadien de biscuits Voortman pour 305 millions de dollars (M$) à son homologue américain Second Nature Brands, spécialiste du snacking. J.M. Smucker souhaite se concentrer sur d'autres marques en croissance de son catalogue: Cafe Bustelo (boissons) et Uncrustables (biscuits), selon l'agence Reuters. La marque Voortman est distribuée aux États-Unis et au Canada, où elle est présentée comme un leader des biscuits sans sucre et gaufrés. Le chiffre d'affaires de la marque est attendu autour de 150 M$ pour 2025. «Les entreprises de produits alimentaires emballés se débarrassent de leurs unités peu performantes pour se concentrer sur des marques plus fortes, car les consommateurs se tournent vers des alternatives moins chères», analyse Reuters. Ces dernières semaines, le marché américain des biscuits et gâteaux était animé par le géant mondial Mondelez, avec le rachat de la majorité des parts du chinois Evirth, leader national dans la fabrication de gâteaux et pâtisseries, et l'investissement dans une start-up britannique, Urban Legend, spécialisée dans les beignets moins gras et moins sucrés.
Fruits: sortie du redressement judiciaire pour le confiturier Lucien Georgelin
Le tribunal de commerce d'Agen a validé le 23 octobre la sortie du redressement judiciaire de la société mère du groupe Lucien Georgelin, numéro 2 de la confiture en France, a appris l'AFP le 23 octobre auprès de l'avocat de l'entreprise. «Le tribunal de commerce a homologué le plan d'apurement de la dette qui court sur dix ans», a précisé Me Christophe Dejean à une correspondante de l'AFP. L'avocat mentionne un passif s'élevant au départ à «68 M€ qui pourrait être ramené à 35 M€ suite aux contestations de créances toujours en cours». Le site de Virazeil compte 203 salariés. Le plan d'apurement de la dette de 6 M€ de la deuxième société du groupe, la SAS Georgelin branche céréales, installée à Villeneuve-sur-Lot et elle aussi placée en redressement judiciaire en juillet 2023, sera quant à lui présenté au tribunal de commerce le 19 novembre, a indiqué Me Dejean. Ce n'est qu'au terme de la procédure collective que les deux entités juridiques pourront fusionner, comme cela a été acté stratégiquement, et que l'outil de production de l'usine de Villeneuve-sur-Lot sera rapatrié à Virazeil avec les employés. Les deux bâtiments de la branche céréales seront alors vendus, ce qui est déjà en cours pour l'un d'eux. Le groupe Lucien Georgelin avait terminé l'année 2023 avec un chiffre d'affaire de 76 M€, conforme à ses prévisions.
Vin : AdVini cède ses capsules et étiquettes pour se recentrer sur son cœur de métier
Le leader français des vins de terroir AdVini a annoncé le 22 octobre avoir cédé au groupe Alliance Etiquettes sa société de production de capsules et étiquettes Impressions de l’enclos. Cette opération vise à «concentrer en priorité les énergies sur le métier essentiel d’AdVini : le vin», selon un communiqué. Les conditions de la cession prévoient «un contrat d’approvisionnement pluriannuel, qui permettra de faire vivre le lien étroit (avec) Alliance Etiquettes». En 2023, les Impressions de l’enclos ont réalisé un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, dont 50 % facturés à des tiers et 50 % en interne. AdVini a enregistré des ventes de 230 millions d’euros la même année.
Vin: le Languedoc-Roussillon veut essayer d'améliorer ses prix à l'export
Sucre: craintes d'une hausse de taxe en 2025, l'Ania rue dans les brancards
Réagissant à l'information de nos confrères de Contexte selon laquelle l'un des deux directeurs de cabinet adjoints du Premier ministre serait «très allant» sur les hausses de taxes comportementales, notamment la taxe soda, l'Ania (industrie agroalimentaire) a publié un communiqué, le 23 octobre, pour demander au gouvernement de «protéger l’agroalimentaire de toutes taxes supplémentaires». Dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), le rapporteur général a notamment déposé un amendement visant à «renchérir le coût des boissons très sucrées pour le consommateur et à le désinciter à les acheter et à encourager les producteurs». L'Ania conteste la «vocation de santé publique» de cette mesure et rappelle les difficultés récentes du secteur (Covid, guerre en Ukraine, guerre des prix). Dans un rapport publié au printemps, l'Anses a observé une diminution des teneurs moyennes pondérées de sucres de 7% entre 2013 et 2019 dans les boissons sans alcool. L'agence estime que cette baisse peut être due à la taxe soda en place depuis 2012, même si l'hypothèse restait à confirmer par «des analyses complémentaires plus causales que ce qui peut être fait dans cette étude descriptive». En juin, le député Modem du Rhône Cyrille Isaac-Sibille avait déposé une proposition de loi visant à augmenter la taxe soda et l'étendre aux sucres ajoutés dans les produits ultra-transformés.
Réutilisation des eaux usées: encore des textes à paraître pour clarifier le cadre
Interrogé par l'AFP sur la faible vitesse de mise en œuvre des projets de réutilisation des eaux usées, malgré la parution récente de textes réglementaires, le ministère de la Transition écologique indique que des ajustements sont encore nécessaires en matière d'usages domestiques des eaux non conventionnelles (EICH, eaux impropres à la consommation humaine). «Des
ajustements sont nécessaires pour garantir que les services locaux n'entravent pas la mise en œuvre», indique le ministère, qui annonce qu'«un arrêté santé est d'ailleurs en cours de préparation». Du côté de l'industrie agroalimentaire, «il faut quand même reconnaître que les pouvoirs publics se sont mobilisés pour changer les choses», admet Bertrand Convers, délégué aux relations extérieures de la Cooperl, qui porte un projet de "réut" depuis huit ans. «Maintenant, on a le cadre réglementaire, mais il nous manque le mode d'emploi», résume-t-il, indiquant que la DGAL (ministère de l'Agriculture) «est en train d'écrire les instructions techniques qui permettront de passer à l'acte». Le leader du traitement des eaux Veolia évoque «une centaine de projets en cours, avec autant de communes qui ont manifesté leur intérêt pour cette solution», alors que son rival Suez avance le chiffre d'une cinquantaine de projets. Des chiffres très en-deçà des objectifs fixés par le Plan eau: «D'ici à 2026, il devait y avoir 1000 nouveaux projets de réut'», rappelle M. Dingreville, président de l'Union nationale des industries et entreprises de l'eau (UIE).
Restauration/viande : Nicolas Bigard à la tête de la branche restauration de Cremonini
Le comité de direction de Chef Express, branche catering et restauration du géant italien de la viande Cremonini (Inalca, Parma), a désigné Nicolas Bigard comme nouveau directeur général, annonce l’agence de presse italienne European Food Agency, le 16 octobre. Le quinquagénaire a débuté sa carrière à Buffalo Grill avant de rejoindre Cremonini dans sa chaîne de restauration Roadhouse Grill. Il a rejoint le comité de direction de Chef Express en 2013. Cité dans la dépêche de l’agence, il assure que l’entreprise «poursuivra l’important développement des dernières années dans les aéroports et gares, en expansion exponentielle», et qu’elle sera prête à «saisir les opportunités offertes par les appels d’offres du marché autoroutier». Le nouveau dirigeant entend développer le maximum de synergies entre les activités de catering et de restauration organisée. En France, Chef Express avait perdu le marché des grandes lignes ferroviaires en 2013, au profit de Newrest-Elior, un marché qui approchait à l’époque 900 millions d'euros selon Les Echos. En Grande-Bretagne l’entreprise gère Bagel Factory.