Porc : le Suisse Bell se renforce dans le jambon cru en acquérant l’Allemand Hermann Wein
Dans un communiqué du 4 novembre, le groupe charcutier et traiteur suisse Bell Food annonce l’acquisition du salaisonnier allemand Hermann Wein, implanté dans le Land de Bade-Wurtemberg (Sud-Ouest) de façon à « renforcer sa position sur le marché du jambon cru ». Cette acquisition sera effective au printemps 2026 si les autorités de la concurrence l’autorisent. Bell Food Group fait aussi état de la poursuite de sa restructuration en Europe amorcée en 2019 consistant en particulier à l’arrêt programmé de l’usine Hügli (plats cuisinés et de food-service) au Royaume-Uni au profit de ses usines en Allemagne et en Tchéquie. L’industriel suisse, réalisant près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, informe avoir engrangé 7 millions d’euros de bénéfice net par la vente de ses usines Eisberg (fraîche découpe de salades et fruits) en Hongrie, Pologne et Roumanie. Eisberg se concentrera désormais en Autriche sous une forme plus compétitive, selon le communiqué. Bell Food Group est présent en France à travers Le Saloir de Mirabel, dans le Puy-de-Dôme, et en Espagne, notamment à travers ses salaisons haut de gamme Sánchez Alcaraz.
Restauration/boissons : Starbucks va céder pour 4 Mrd$ le contrôle de sa filiale chinoise
Starbucks va céder, pour 4 milliards de dollars, 60% du capital de sa filiale chinoise à la société d’investissement hongkongaise Boyu Capital, via la création d’une société commune, dont elle conservera 40% des parts, ont annoncé le 3 novembre les deux groupes dans un communiqué commun. La Chine est le deuxième marché de Starbucks après les Etats-Unis, avec environ 8.000 points de vente, soit près du quart des implantations mondiales du groupe de Seattle (Etat de Washington), qui en compte plus de 40.000 au total. Lors de la présentation des résultats du groupe, quelques jours plus tôt, le PDG Brian Niccol avait fait état «d’importantes marques d’intérêt» pour cette filiale chinoise et indiqué que Starbucks souhaitait conserver une participation car il «(restait) confiant dans le potentiel de croissance de cette région». Le groupe américain est présent en République populaire depuis 1999 et y a longtemps connu un développement soutenu. Mais ses ventes ont chuté de 14% en 2024 (à périmètre comparable) par rapport à l’année précédente. Starbucks a notamment pâti d’un ralentissement de la consommation sur fond de morosité économique ainsi que de la montée en puissance de la concurrence, en particulier la start-up locale Luckin Coffee.
Agroalimentaire/Suisse : baisse du bénéfice de Barry Callebaut en 2024/2025
Le groupe suisse Barry Callebaut, fournisseur de cacao et préparations chocolatées, a vu son bénéfice net fléchir de 1,3% lors de son exercice 2024/2025 décalé (clos fin août), par rapport à l'exercice précédent, à 188,4 millions de francs suisses (202,6 millions d'euros), a-t-il indiqué dans un communiqué diffusé le 5 novembre. Son chiffre d'affaires a progressé de 42,4% à près de 14,8 milliards de francs, une grande partie des contrats prévoyant de répercuter les variations des cours de matières premières à ses clients. Les ventes en volumes ont chuté de 6,8% à 2,1 millions de tonnes durant cette année marquée par « une volatilité exceptionnelle et sans précédent des marchés du cacao et du chocolat », souligne le groupe. Les cours du cacao se sont envolés deux années de suite, pour toucher un plus haut historique en décembre 2024, à 12931 dollars la tonne à New York et 10100 livres sterling la tonne à Londres. Les cours ont depuis reflué tout en restant très volatils. Pour l'exercice 2025/2026, le groupe suisse s'attend à un premier semestre « toujours sous pression », puis une amélioration au second semestre. Il table sur une baisse des volumes de l'ordre de 5%.
Machinisme : un nouveau concessionnaire automobile s'invite sur la marché agricole
Dans le cadre de la réorganisation du réseau de distribution Claas, qui cède ses concessions depuis plusieurs mois à des distributeurs indépendants, un nouveau groupe de distribution automobile vient de faire son entrée sur le marché agricole. Selon la presse spécialisée, le groupe Faurie (873 M€ de chiffre d'affaires) vient de racheter le réseau de distribution Claas Auvergne, qui inclut trois sites : Gannat-Saulzet et Moulins-Bressolles dans l'Allier, ainsi qu’Issoire-Saint-Rémy-de-Chargant dans le Puy-de-Dôme. En quelques mois, les concessionnaires automobiles ont secoué leurs homologues du secteur agricole, avec six opérations de rachat en deux ans, alors qu’elles étaient jusqu’ici très rares (lire notre enquête) : Agreom et Ouest Agri fin 2023, Sicoit et Bretagri en février 2024, Gabagri en mai 2024, Primault en octobre 2024, deux sites de Ouest Motoculture en mai 2025. Ces opérations étaient jusqu'ici le fait de quatre groupes : Dubreuil, Emil Frey, Bornhauser Performances Motors Group (BPM) et Gueudet 1880, aux dimensions incomparables avec les concessionnaires agricoles. Le groupe Faurie est légèrement plus petit que ces groupes parfois très diversifiées, qui pèsent chacune entre 1,6 et 5,2 Md€ de chiffre d’affaires, alors que les plus gros concessionnaires agricoles français atteignent à peine quelques centaines de millions d’euros.
Microalgues : Edonia s’associe avec Newrest pour servir son ingrédient en restauration collective
Edonia, fabricant d’un ingrédient à base de spiruline baptisé Edo, vient d’annoncer un partenariat commercial (lire l’article complet dans Agra Innovation) avec la société de restauration Newrest, permettant à ce dernier « d’accélérer la végétalisation des repas » servis dans ses restaurants. L’utilisation de cet ingrédient comme alternative à la viande devrait être progressivement étendue. « Dès novembre, un premier service à hauteur de 10 000 repas sera disponible dans différents établissements collectifs de Newrest », précise Edonia. Par ailleurs, la start-up a également « signé plusieurs précontrats avec une grosse dizaine d’agroindustriels », nous précise Hugo Valentin, un des cofondateurs. Edonia a déjà pré-vendu plusieurs milliers de tonnes d’Edo, représentant 15 M€ de chiffre d’affaires en précontrat. « Ces agroindustriels vont tester notre ingrédient dans leurs recettes en 2026, avant un démarrage effectif en 2027, dès nous aurons les capacités de production nécessaires », complète le dirigeant. Edo est actuellement fabriqué dans le pilote de la start-up à Agen, d’une capacité de 50 tonnes par an. « Ce pilote est en phase de montage d’une seconde unité de production qui sera opérationnelle en 2027 », nous précise Hugo Valentin. Pour accompagner le développement de son site industriel, la société prépare actuellement une levée de fonds de série A, dont elle ne donne pas encore le montant. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)
Santé animale : VetAgro Sup lance un club d'entreprises orienté vers l’innovation
L’école VetAgro Sup indique, dans un communiqué du 4 novembre, avoir lancé, au Sommet de l’élevage, un club d'entreprises. L’établissement formant à Lyon et Saint-Etienne des vétérinaires, ingénieurs agronomes et inspecteurs de santé publique vétérinaire, entend ainsi contribuer à « bâtir des relations durables avec les entreprises privées » à des fins d’innovation en santé animale et en environnement, et pour former les futurs professionnels. Le club des entreprise se veut « un levier pour construire, ensemble, des partenariats à long terme », explique Mireille Bossy, directrice générale de VetAgro Sup dans le communiqué. Les idées de « dispositifs structurants » tels que des chaires partenariales public-privé ou un fonds de dotation sont avancées. « VetAgro Sup animera ce club en proposant diverses actions (soirées, conférences, jury de hackathon, ateliers-débats, visites…), qui se construiront au fur et à mesure de l’arrivée de nouveaux membres », détaille le communiqué.
Engrais/nutrition animale : un nouveau directeur général chez Timac Agro
Dans un communiqué du 5 novembre, le groupe Timac Agro, filiale du groupe Rouiller spécialisée dans les secteurs des engrais et de la nutrition animale, a annoncé la nomination de Maxime Godart au poste de directeur général de sa branche française. « Entré au groupe Roullier en 2016, il a successivement occupé les fonctions de directeur général du pôle négoce, puis de directeur des matières premières pour Timac Agro à l’international », précise le communiqué. Il était ensuite directeur agrofournitures chez Axéréal entre février 2024 et juillet 2025. Il se chargera, entre autres, de renforcer l'innovation agronomique et zootechnique du groupe, développer les compétences et l'attractivité des métiers agricoles, et anticiper les évolutions réglementaires et environnementales.
Pôles de compétitivité : une nouvelle directrice à la tête d’Agri Sud Ouest Innovation
Le pôle de compétitivité Agri Sud Ouest Innovation dispose depuis le début du mois de novembre d’une nouvelle directrice générale, Irène Oubrier. Diplômée d’AgroParisTech, ancienne directrice QHSE d’Agronutris, elle a également exercé des fonctions de pilotage technique et réglementaire à l’Unep (Union Nationale des Entreprises du Paysage) et au sein de la fonction publique, à la DGCCRF (fraudes) et à la DRIEE (environnement). Elle remplace Laurent Augier, qui était entré en 2012 à Agri Sud Ouest Innovation, en tant que chef de projet, et en assurait la direction depuis plus de cinq ans. Laurent Augier s’est lancé dans un projet indépendant de reprise de PME industrielle en Nouvelle-Aquitaine ou en Occitanie. Agri Sud Ouest Innovation réunit plus de 400 entreprises agricoles et agroalimentaires, dont les coopératives Euralis, Rougelines, Ocealia, Arterris, les firmes De Sangosses, RAGT Semences, Frayssinet, ainsi que des centres de formation, des organismes publics (Agences de l’eau, Inrae, chambres d’agriculture) et des collectivités locales. (Elena Blum)
Presse agricole : Arnaud Carpon nommé rédacteur en chef à La France agricole
Arnaud Carpon a été nommé rédacteur en chef à La France agricole, annonce l’hebdomadaire du groupe NGPA dans un communiqué le 5 novembre. Avant cela, ce diplômé de l’Ihedrea et de l’IAE de Caen (management) a passé 15 ans à la rédaction de Terre-net (également dans le grouper NGPA), « dont 10 ans en tant que rédacteur en chef ». Il y a « largement contribué à la stratégie de spécialisation sur les grandes cultures et les cultures industrielles, ainsi qu’à la redynamisation de l’offre servicielle ». Arnaud Carpon remplace Vincent Guyot, qui avait été nommé en avril 2024. Le nouveau rédacteur en chef sera épaulé par Marie Salset, nommée rédactrice en chef adjointe après avoir été « cheffe du service Institutions ». Le tandem travaillera « en étroite collaboration avec Philippe Pavard, directeur de la rédaction et garant de la ligne éditoriale, ainsi qu’avec Éric Roussel, rédacteur en chef, dans le cadre d’une réorganisation plurimédia », précise le groupe NGPA.