Agra Business | UK/Etats-Unis, Terrena, Inveja, CNPO, BPCE/BEI

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Etats-Unis/Royaume-Uni: Trump annonce un accord commercial «historique» sur l’agriculture

Le président américain Donald Trump a annoncé, le 8 mai, la conclusion d’un accord commercial «historique» entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni qui concerne l'agriculture et notamment l’éthanol, la viande bovine et d’autres produits agricoles. Le locataire de la Maison Blanche promet «5 milliards de dollars de nouvelles opportunités d'exportation pour nos grands éleveurs, agriculteurs et producteurs». «Les détails finaux devront être écrits dans les prochaines semaines», a toutefois indiqué Donald Trump au cours de sa conférence de presse. Plusieurs questions sanitaires restent en suspens comme le poulet chloré ou le bœuf aux hormones. «Les ministres devront respecter leurs engagements et veiller à ce que les denrées alimentaires dont la production serait illégale dans notre pays du point de vue de la sécurité alimentaire, du bien-être des animaux ou de l'environnement n'aient pas accès à notre marché», prévient Tom Bradshaw, président de la NFU, principal syndicat agricole britannique. La secrétaire d’Etat américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins, est attendue le 11 mai à Londres pour évoquer les contours de l’accord. Toutefois, le pouvoir de négociations est entre les mains du Représentant au Commerce, Jamieson Greer.

Séparation vente/conseil : la fin du dispositif en bonne voie à l'Assemblée

Lors de l'examen pour avis de la proposition de loi Entraves par la commission Développement durable le 7 mai, les députés ont adopté le principe de la fin de la séparation de la vente et du conseil. Ils ont toutefois adopté un amendement LFI détonnant, qui permet l’accès gratuit pour les agriculteurs aux conseils d’application de produits phytosanitaires, via les chambres d’Agriculture. L’amendement a été adopté malgré l’opposition de la rapporteure Sandrine Le Feur (LREM). Un des arguments de cette dernière est la crainte que le texte « rende économiquement non viable l’offre privée » de conseil. Réponse de Loïc Prud’homme, auteur de l'amendement : c’est précisément son objectif que « de rendre non viable le conseil privé ». Une dizaine d’autres amendements ont été adoptés, émanant notamment du PS, dont l’un sur l’obligation de détenir un diplôme d’ingénieur agronome ou d’un master en agronomie pour toute personne exerçant la fonction de conseiller. Pour rappel, la commission du Développement durable n'est pas saisie au fond sur ces sujets, mais son avis n'est pas anodin en vue de l'examen par la commission des Affaires économiques la semaine prochaine.

Protéagineux : Terrena veut relancer le lupin, en misant sur l'alimentation animale

Au travers du projet Arsene, lancé en 2024 et doté de 3 millions d’euros, la coopérative Terrena souhaite redynamiser la filière lupin en France, dont elle est le principal acteur, et plus particulièrement dans le grand Ouest. La culture représente aujourd’hui 6 000 ha, dont 2 000 ha implantés par les adhérents de la coopérative. « Le projet vise 25 000 ha à horizon 15 ans, dont 12 500 ha pour Terrena », a indiqué Denis Davis, chef de projet et directeur adjoint de Cerience, la branche semences de la coopérative, lors d'une conférence de presse le 6 mai. Avec un taux de protéines de 33 %, voire 39 % une fois décortiquée, cette culture s’approche des caractéristiques du soja et entre dans la stratégie d’autonomie protéique territoriale de Terrena. Si un débouché en alimentation humaine existe déjà, c’est bien vers l’alimentation animale que se tourne la coopérative pour développer les volumes à l’avenir. Si les avantages sont déjà connus en ruminants avec des pratiques d’autoconsommation dans les fermes, Terrena Nutrition s’intéresse aux monogastriques. Un intérêt a déjà été identifié en volailles et des essais sont en cours en porcins. Pour convaincre les agriculteurs d’intégrer cette culture dans la rotation, le projet Arsene vise à stabiliser les rendements autour de 30 q/ha, contre 25 q/ha actuellement, en travaillant sur la génétique et sur l’itinéraire cultural. (Tanguy Dhelin)

Protéagineux : Inveja développe sa gamme de farine de lupin à forte teneur en protéines

Dans le cadre du projet Arsene consacré à la filière lupin en France, Inveja, filiale de Terrena spécialisée dans les protéines végétales, et l'Inrae développent de nouvelles méthodes d’extraction de farines riches en protéines. Grâce à un procédé par voie sèche de turbo-séparation, Inveja propose déjà des farines avec un taux de protéines de 55 %. L’extraction par voie humide, actuellement en essai, pourrait permettre d’atteindre un taux de 70 %. Ces farines sont vendues par Inveja comme ingrédient entrant dans la composition de produits élaborés. Ce sont chaque année 8 000 t de lupin qui sont utilisées par l’entreprise, dont 95 % partent à l’export. Inveja affiche un chiffre d'affaires de 25 millions d’euros (M€), dont 10 M€ pour le seul lupin. « La farine de lupin permet d’apposer les allégations enrichies en fibres ou en protéines. Elle apporte également des atouts fonctionnels en colorant les produits sans gluten ou en remplaçant les œufs dans les produits de panification », détaille Philippe Marquis, directeur R&D de l’entreprise. Inveja fournit notamment la start-up Arsene, qui produit un substitut de café à base de lupin ou encore le fabricant de pâtes italien La Molisana. Actuellement, le principal frein à l’utilisation du lupin par les industriels français est sa classification comme allergène majeur. (Tanguy Dhelin)

Riz : la Malaisie inquiète des tensions Inde/Pakistan pour son approvisionnement

La Malaisie a indiqué mercredi 7 mai que les tensions entre l'Inde et le Pakistan pourraient potentiellement perturber ses importations de riz depuis ces deux pays, l'incitant à chercher d'autres approvisionnements. Le ministre malaisien de l'Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Mohamad Sabu, a indiqué que près de 40% du riz importé par la Malaisie provenait d'Inde et du Pakistan. « Leur stabilité politique et économique est cruciale pour la sécurité alimentaire en Malaisie », a déclaré M. Mohamad au quotidien local New Straits Times. «Si une guerre ou des tensions surviennent et affectent les opérations portuaires ou les infrastructures de livraison, les importations de riz dans notre pays pourraient être perturbées», a-t-il déclaré. L'Inde fournit du riz blanc tandis que le riz basmati provient du Pakistan, tous deux des aliments de base pour la plupart des 34 millions de Malaisiens. «Si la situation dans cette région s'aggrave, cela aura certainement un impact direct sur nous, notamment en termes de prix et de continuité de l'approvisionnement», a encore prévenu M. Mohamad. L'approvisionnement de la Malaisie en riz est actuellement stable mais le gouvernement renforce ses liens avec d'autres pays fournisseurs de la région, notamment le Vietnam, la Thaïlande et le Cambodge.

Influenza aviaire : le niveau de risque abaissé à « négligeable » (JO)

Moins de deux mois après le passage en risque « modéré », un arrêté paru au Journal officiel le 7 mai abaisse à « négligeable » le niveau de risque relatif à l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), « à la suite d'une amélioration de la situation sanitaire dans l'avifaune sauvage ». Une décision qui lève les dernières mesures de prévention (mise à l’abri) en vigueur. Le texte évoque une « situation favorable » chez les oiseaux migrateurs « en France et dans les pays voisins ». Dans son bulletin de veille du 6 mai, la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) constate une « baisse d’incidence générale » de la maladie en Europe, à l’exception des élevages de volailles en Hongrie (289 cas depuis le 1er août 2024). La propagation de la maladie « tend à ralentir depuis début avril 2025 » dans le Vieux continent. Toutefois, « le risque d’introduction en France de virus de l’IAHP à partir de l’avifaune sauvage est toujours présent », prévient la plateforme ESA. Dans l’Hexagone, le dernier cas, sur un oiseau sauvage, remonte à la mi-mars. Depuis le début de la saison épidémiologique, le 1er août 2024, la France a connu en tout 55 foyers d’influenza aviaire (15 en élevages, 4 sur des oiseaux captifs, 36 sur des oiseaux sauvages).

Poules pondeuses : l’accord du CNPO sur l’ovosexage officiellement étendu (JO)

Un arrêté paru au Journal officiel le 7 mai entérine l’extension (y compris aux acteurs non adhérents de l’interprofession) de l’accord sur le financement de l’ovosexage conclu le 27 février au sein du CNPO (interprofession de l’œuf). Dorénavant, les grossistes devront aussi s’acquitter d’une cotisation, alors que la seule grande distribution y était soumise jusque-là. L’accord s’applique à « l’ensemble des œufs coquille de consommation vendus sur le territoire français » (bruns et blancs), selon une note d’explication publiée par l’interprofession sur son site. Comme annoncé, la cotisation est fixée à 39 ct€ les 100 œufs du 1er mars 2025 au 31 août 2025 ; elle passe ensuite à 31 ct€ les 100 œufs du 1er septembre 2025 au 31 août 2026, date de la fin de l’accord. Une baisse substantielle par rapport à l’accord précédent (59 ct€). Elle est collectée auprès de leurs clients par les centres de conditionnement, qui la reversent au CNPO, qui la transfère ensuite aux accouveurs. Le produit de cette CVE (cotisation volontaire étendue), évalué à 51,6 M€, vise à compenser « une partie du surcoût engendré par la mise en œuvre de méthodes alternatives à l’élimination des poussins mâles » (détection du sexe des poussins dans l’œuf, ou ovosexage).

Investissements: la BEI et le groupe BPCE signent un accord de 200 M€ pour l’agriculture

La Banque européenne d’investissement (BEI) et le groupe bancaire Banque Populaire Caisse d’Epargne (BPCE) ont annoncé, le 8 mai en marge de la conférence sur la vision sur l’avenir de l’Agriculture, la signature d’un accord permettant de mobiliser 200 M€ pour les entreprises agricoles françaises. Ce partenariat, qui s’inscrit dans le cadre du programme de soutien à l’agriculture de 3Md€ présenté en novembre par la BEI, prévoit des prêts en faveur des PME et des entreprises de taille intermédiaire dans les secteurs de l’agriculture et de la bioéconomie en France. Il s’adresse plus spécifiquement aux jeunes agriculteurs afin les aider à créer ou à reprendre des exploitations. Par ailleurs, 30 % des fonds mis à disposition devront être utilisés pour des projets qui contribuant à la promotion de l’action en faveur du climat, l’utilisation efficace des ressources en eau et la protection de la biodiversité. Cela devrait notamment concerner « les systèmes d'irrigation à haut rendement énergétique, l'installation de panneaux solaires, les machines à faible émission de carbone, la régénération des sols et la gestion durable des ressources ».