Porc: en Espagne, Vall Companys, Serlopi et Cañigueral reprennent Inga Food
Une opération de concentration dans l’intégration de l’élevage porcin en Espagne a été annoncée le 20 mai par les groupes Vall Companys, Serlopi (maison mère d’Incarlopsa) et Cañigueral : celles-ci reprennent 100 % du capital d’Inga Food auprès de son actionnaire actuel, le Néerlandais Nutreco. Inga Food travaille avec plus de 650 élevages porcins en Catalogne, Aragon, Estrémadure, dans les deux Castilles et la région de Levante. Cette société réalise plus de 325 millions d’euros de chiffre d’affaires en faisant élever 85 000 truies (blanches et ibériques) et produire 1,5 million de porcs blancs et plus de 120 000 porcs ibériques. Elle « continuera à opérer comme l’une des grandes entreprises d’intégration porcine en Espagne, désormais soutenue par trois acteurs solides et innovants de l’industrie carnée nationale », dit le communiqué. Nutreco « continuera à promouvoir des solutions durables et innovantes en matière de nutrition animale » précise-t-il. L’intégration est la caractéristique de l’élevage porcin espagnol et les opérateurs tendent à se concentrer pour faire face aux défis environnementaux et économiques. La transaction est soumise à l’autorisation de la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC).
Produits laitiers : les exportations françaises en hausse de 2,4% en 2024
Pour la 6e année consécutive, les exportations de produits laitiers français ont été en hausse en 2024 pour atteindre 9,2 Md€, à +2,4% en valeur par rapport à 2023, annonce FranceAgriMer le 23 mai. Une performance principalement tirée par « deux familles de produits laitiers, le beurre et les fromages, même si les envois en valeur de yaourts et de crème ont également été haussiers. » Alors que le solde de beurre est structurellement déficitaire, le pays a tout de même exporté. Un phénomène qui s’explique par la « bonne demande de 2024, dans un contexte de retrait des disponibilités mondiales ». Pour les fromages, la hausse des envois en valeur a été générée par une hausse en volume, notamment sur les fromages à pâte molle et à pâte fraîche. Les envois français ont augmenté vers les États membres de l’Union européenne (+ 4,7 % en valeur), représentant près de 70% des exportations. A noter des baisses : vers la Chine (-8%), par la moindre demande de ce pays pour les poudres de lait, engagée depuis plusieurs années, et vers l’Algérie (-33% en volume comme en valeur) à cause « des tensions politiques » franco-algériennes. La balance commerciale, excédentaire, s’est pourtant dégradée à 3,2 M€ (-2 %) par rapport à 2023, pénalisée par « le solde déficitaire des échanges de beurre et MGLA (beurre concentré, NDLR), ainsi que de poudre infantile et de poudre de lait entier. »
Exportations agricoles et agroalimentaires: la France maintient son 6e rang mondial
Malgré un recul de ses envois, notamment de céréales, la France maintient son sixième rang d’exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires en 2024, indique FranceAgrimer dans un panorama du commerce extérieur français publié le 23 mai. La part de marché de la France est en recul de 0,1 point à 4,3%. Grace aux exportations de produits horticoles, fruits, beurre/graisse, et huile de cacao, les Pays-Bas ont pris la deuxième place du classement avec 7% de parts de marché, au détriment du Brésil (6,6%), qui voit les exportations de soja reculer. Les États-Unis restent leader avec près de 8,5 % de part de marché mais perdent 0,2 point de part de marché en raison d’un recul des exportations de fèves de soja (-11 %). La balance commerciale des produits agricoles et agroalimentaires de la France, bien que toujours excédentaire de 3,9 Md€, s’est encore repliée en 2024 (-26 %) . Elle a baissé de 1,4 Md€ en 2024 par rapport à 2023. Il s’agit de l’excédent le plus bas enregistré depuis 20 ans. « En 2024, la valeur des exportations françaises de produits agricoles et agroalimentaires est à peine meilleure que celle de 2023, 82,1 Md€ contre 81,4 Md€ », constate FranceAgriMer. La valeur des exportations a été pénalisée par les grandes cultures - des cours mondiaux en baisse et une faible production nationale - tandis que l’épicerie a progressé.
Emballages professionnels : pas de Responsabilité élargie du producteur avant janvier 2026
La filière REP (Responsabilité élargie du producteur) des emballages professionnels (servant aux industriels, logisticiens ou commerçants) ne se mettra pas en place avant la publication de trois textes de loi, soit au plus tôt début 2026, selon les fabricants engagés dans le projet d’éco-organisme Twiice. Un décret doit d’abord instituer cette REP. Selon Emma Le Four, en charge des affaires publiques de Twiice, le projet de décret inclut l’actuel REP des emballages pour la restauration et sa version définitive est en cours de rédaction. Un second texte établira le cahier des charges de l’éco-organisme (ses objectifs, son fonctionnement). Celui-ci est particulièrement attendu de Twiice, candidat concurrent de Citeo Pro. Enfin un arrêté définira les emballages concernés (en quoi ils se distingueront d’emballages ménagers). La REP Emballages professionnels devait être en place au 1er janvier 2025. « Il serait très étonnant que l’écotaxe [que devront payer les fournisseurs des professionnels] soit rétroactive », confie Emma Le Four. Cette dernière rappelle que Twiice est l’unique organisme dédié aux emballages professionnels ; emballages en plastiques lors de sa fondation en 2019 et aujourd’hui en tous matériaux.
Emballages professionnels : le plastique et le carton, deux défis du réemploi (expert)
Sur le salon du vrac et du réemploi Reuse Economie Expo, qui s’est tenu les 26 et 27 mai à Paris, l’expert en recyclage et réemploi des emballages professionnels Twiice a diffusé plusieurs messages quant au devenir des caisses, fûts et autres films de palettisation en plastique, ainsi que des cartons servant à livrer les industries ou commerces. « Seulement 8% d’unités d’emballages professionnels sont réemployés », a déploré Emma Le Four, en charge des affaires publiques de Twiice, précisant qu’il s’agit essentiellement de palettes, de fûts et de citernes de 1000 litres. « La moitié des unités d’emballages professionnels sont des cartons à usage unique », a-t-elle souligné. Dans une perspective de réemploi, considère Emma Le Four, les entreprises qui livrent en carton peuvent envisager de passer aux caisses de plastique réemployables, celles-ci pouvant intégrer des résines recyclées. Certaines pourraient aussi passer au carton réemployable, suggère-t-elle, en mentionnant le fabricant de cartons réemployables Carton Vert, partenaire de Twiice. Souhaitant devenir Eco-organisme officiel pour les emballages professionnels Twiice, dont les actionnaires sont des fabricants d’emballages, comprend un Comité « réemploi ».
Sucre : Tereos réalise le 3eme meilleur exercice financier de son histoire
Le groupe coopératif français Tereos (sucre, éthanol, amidon…) a indiqué avoir réalisé en 2024-2025 « le 3ème meilleur exercice financier de son histoire », via son directeur général Olivier Leducq, lors d’une conférence de presse à Paris le 28 mai. L’Ebitda est estimé à 801 M€, contre 1 128 M€ en 2023-2024 et 981 M€ en 2022-2023. « Les deux exercices précédents avaient été exceptionnels. […] Il s’agit de performances solides dans un contexte agricole actuellement dégradé », précise-t-il. Le dirigeant fait référence notamment à la chute des cours mondiaux du sucre, mais aussi et surtout en Europe. « Ils ont décroché de 20 % dans le monde et de 40 % en Europe », déplore Olivier Leducq. L’exercice 2025-2026 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Le directeur général de Tereos constate que la situation conjoncturelle du marché du sucre reste actuellement dégradée, et ne voit pas de rebond de prix avant septembre 2025. « L’exercice 2025-2026 aura donc déjà intégré les prix bas, tout en ayant très peu enregistré l’éventuel rebond de fin d’année », prévient-il.
Spiritueux : nouveau DG chez Rémy Cointreau, freiné par le cognac
Le groupe de spiritueux Rémy Cointreau a annoncé le 28 mai la nomination de Franck Marilly au poste de directeur général, où il succèdera à Eric Vallat, démissionnaire, à compter du 25 juin. Franck Marilly, a notamment exercé des responsabilités d'encadrement chez Unilever, Chanel et Shiseido, est-il précisé dans le communiqué du groupe. « Nous sommes convaincus qu’il apportera une nouvelle dynamique, et saura aborder avec confiance, dans un contexte macroéconomique et géopolitique complexe, les nouveaux enjeux de la croissance du groupe », déclare Marie-Amélie de Leusse, présidente du conseil d'administration de Rémy Cointreau, citée dans le communiqué. Lors de la publication des résultats de son exercice annuel décalé 2024-2025 fin avril, Rémy Cointreau avait fait état d'un recul de 17,5 % de son chiffre d'affaires annuel, sous l'effet de « conditions de marché complexes » en Chine et d'une baisse des ventes aux Etats-Unis. Le groupe Rémy Cointreau est très dépendant du cognac, qui représente près des deux tiers de son chiffre d'affaires, et notamment de la demande des Chinois pour cette boisson haut de gamme. Sur ses deux gros marchés, la Chine et les Etats-Unis, le groupe est aujourd'hui affecté par l'application de mesures douanières inédites.
Climat: un paysan péruvien débouté contre RWE, mais un précédent selon les ONG
En Allemagne, la cour d’appel de Hamm a reconnu le principe d'une responsabilité mondiale des énergéticiens dans les dommages liés au changement climatique, où qu'ils se produisent, le 28 mai. C’est un précédent juridique crucial, selon les défenseurs de l'environnement. Pour rappel, l'audience en mars opposait un paysan péruvien au géant de l’énergie RWE, le premier demandant au second de réparer les effets du changement climatique sur son terrain, menacé d’inondation selon lui. Bien que la plainte ait été rejetée en l’espèce, car « la collecte de preuves a montré qu'il n'y avait pas de danger concret pour son terrain », selon un communiqué du tribunal, ce dernier lui a donné raison au plan du principe. Si un risque est établi, « l'émetteur de CO2 peut être tenu de prendre des mesures » pour empêcher qu'il ne se concrétise. Et si cet émetteur refuse d'agir, « il est possible d'établir des coûts avant la réalisation » du risque, que le producteur d'énergie « doit compenser à hauteur de sa part dans les émissions ». Le seul argument de « la distance importante entre les centrales électriques » de RWE et le lieu de résidence du plaignant au Pérou « ne saurait constituer un motif suffisant pour considérer le recours comme non fondé ».
Bio/équitable : chiffre d'affaires en hausse de 30% pour Bio Equitable France
Le label Bio Equitable en France annonce un chiffre d’affaires en hausse de 30% sur an, à 162 millions d’euros (M€) en 2024, selon un communiqué le 27 mai. Plus de 800 produits français bio et équitables ont été commercialisés sous cette bannière, soit une hausse de 20% par rapport à l’an passé, hors fruits et légumes de saison. Cette croissance « remarquable » est portée par le secteur frais : les ventes de viandes (poulet, bœuf) et charcuterie « ont doublé » pour atteindre 50M€ , et celles de produits laitiers « ont bondi de 45% » pour atteindre 31M€. Les ventes de fruits et légumes sont en hausse de 20% pour atteindre 35M€. « En cinq ans, nous avons démontré qu’un autre modèle est possible : une bio accessible, produite de manière durable et équitable, porteuse de sens pour les agriculteurs, les entreprises, les magasins et les consommateurs » se réjouit son directeur Vincent Rousselet, cité dans le communiqué. Créé en mai 2020, le label certifie des produits bio issus de circuits courts, avec peu d'intermédiaires aux marges « réduites ». Il embarque 5 000 fermes et 60 entreprises de la bio (transformateurs et distributeurs).
Agenda de la semaine agricole du 2 juin 2025
Lundi 2 juin
L’OFB fête les 10 ans de sa marque Esprit parc national
Mardi 3 juin
Congrès des JA jusqu'au 5 juin, à Auch
Congrès de la FNCuma, jusqu'au 5 juin, à Beaune
Assemblée générale de l'Acta (instituts techniques)
Conférence annuelle SIMV (médicaments vétérinaires)
Conférence du Sommet de l'élevage
Voyage de presse Semae sur le plant de pomme de terre certifié
Mercredi 4 juin
Présentation de la stratégie de l'UE sur la résilience en eau par la Commission européenne
Conférence de presse presse de présentation du salon Tech et Bio (à Lyon)
Conférence du RMT Filarmoni sur les «enjeux sociétaux»
Assemblée générale Anamso (multiplicateurs de semences)
Conférence sur l'Accord UE-Mercosur à l'Assemblée nationale
voyage de presse du Snia (alimentation animale)
Jeudi 5 juin
Assemblée générale de la Fnil (industrie laitière)
Examen au Sénat de la PPL Vignes en friche
Symposium Gestion des parasites en élevage laitier (Ceva)
Rencontre sur le min de Rungis des acteurs agroalimentaires de l'Axe Seine
Visioconférence de l'OFB sur le dialogue territorial dans les aires de captage
Conférence de presse des producteurs de Mirabelles.
Vendredi 6 juin
Bourse aux céréales de Paris
Journées nationales de l'agriculture, jusqu'au 9 juin