Agroalimentaire : les valeurs boursières en hausse de 5,9% au 1er trimestre 2025 (Unigrains)
L’indicateur des 80 valeurs cotées de l’agroalimentaire en Europe de l'Ouest (IAA80) d’Unigrains est en hausse de 5,9% au 1er trimestre 2025, selon la note de conjoncture publiée le 26 mai. « L'IAA 80 démarre l'année sur une note positive », peut-on lire, « porté par la vigueur des grandes capitalisations et le rebond de ses deux composantes Food (+7,9%) et Boissons (+2,1%). » Unigrains note « un contexte favorable pour les marchés des actions européennes, regagnant de l'attrait auprès des investisseurs malgré les craintes liées aux tarifs douaniers américains. » Pour la partie Food, Unigrains estime que les bons résultats sont le fait, entre autres, de Nestlé à +17,4% et de Bonduelle à +16,6%. Tandis que les boissons sont marquées par des résultats contrastés puisque les brasseurs sont très dynamiques (+16,2%) alors que les spiritueux plongent à -19,1%. Ces derniers sont « pénalisés par les menaces de taxes chinoises et américaines, ainsi que des stocks élevés outre-Atlantique ». Les dix valeurs françaises de l’indice (FR10) affichent -1,7% et souffrent des difficultés du spiritueux, illustrées notamment par Rémy Contreau à -26,1%, Pernod Ricard à -16,2% et Marie Brizard à -16,4%.
Engrais/phytos : fusion entre le français Novaem et le franco-belge Medinbio
Dans un communiqué du 26 mai, le fabricant et distributeurs de fertilisants Novaem, basé à La Rochelle (17), et Medinbio, société franco-belge basée à Wavre (Belgique), et spécialisée dans la conception et la distribution de biosolutions, ont annoncé leur fusion, qui donnera une entité française. Le montant de l'opération n'a pas été dévoilé. L'objectif de cette union est d'aider leurs clients à s'adapter à la transition écologique, et donc de réduire « l'usage des fertilisants chimiques » et « d'intrants phytosanitaires », d'optimiser « le rendement et le revenu des agriculteurs », et de travailler à « la régénération des sols ». Novaem, créé en 2001, produit « 100 000 t par an d'engrais de spécialité ». Medinbio a de son côté vu le jour en 2013, et était à l'origine spécialisé dans le conseil agricole et agroalimentaire. L'entreprise a par la suite développé ses propres biosolutions. La société franco-belge apporte donc davantage ses compétences en termes de prévention : régénération des sols, amélioration des conditions de nutrition des plantes, développement de leur résistance face aux ravageurs etc. Elle se targue de disposer « de nombreux brevets et des références acquises auprès d’acteurs agroindustriels », relate le communiqué.
Climat/altération forcée : le potentiel de la « farine » de roche groenlandaise
Si le basalte est désormais connue comme la principale ressource de l’altération forcée de roche (ERW), qui permet de stocker du carbone en épandant certaines roches broyées sur des sols agricoles, la « farine » de roche groenlandaise gagne aussi en notoriété, comme en témoigne un récent article de la revue Sésame. « L'inlandsis groenlandais broie lentement le paysage sur lequel il repose en une poudre très fine », résumait sur son site en 2023 l’université de Copenhague en 2023, qui a produit une étude sur son potentiel. Des chercheurs ont répandu la poudre sur des champs, résultat : elle « peut être utilisée pour capturer de grandes quantités de CO2 ». En imaginant qu’on l'épande sur « toutes les terres agricoles du Danemark », on capterait « plus de 27 Mt de CO2 ». « C’est une solution simple », indique la chercheuse Christiana Dietzen (même site) et « contrairement à d’autres sources de minéraux silicatés, la farine de roche glacière ne nécessite aucun traitement, et la quantité disponible au Groenland est illimitée ». 250 kg de CO2 par tonne de « farine » pourraient être captés (The Guardian, 2023). Si les chercheurs voient dans l'ERW une technologie très prometteuse pour le climat, car simple à déployer, ils appellent toutefois à des recherches rapides et approfondies sur ses conséquences pour les sols, la biodiversité et la santé humaine. Autant de risques encore largement méconnus.
Blé : un pain vieux de 5000 ans relance l'intérêt pour les variétés anciennes en Turquie
Un pain vieux de 5.000 ans a été découvert par des archéologues en Turquie, où il est désormais reproduit, nourrissant l'intérêt pour la culture de blés anciens plus adaptés à la sécheresse, rapporte l’AFP le 27 mai. La variété qui retient ici l’attention est le blé dit de Kavilca. « Nous sommes face à une crise climatique mais nous cultivons encore du maïs ou du tournesol, très demandeurs en eau. Or, nos ancêtres nous donnent une leçon. Nous devrions, comme eux, nous orienter vers des cultures peu exigeantes » en eau, affirme Ayse Ünlüce, la maire d'Eskisehir, commune se situant à 35 km du lieu du site de fouilles où a été découvert le pain, dénommé Küllüoba. Elle souhaite donc relancer dans sa région la culture du blé de Kavilca, résistant au déficit hydrique mais aussi aux maladies, permettant la production du pain traditionnel de la municipalité. « Il nous faut des politiques publiques très fortes à ce sujet. Cultiver les blés anciens sera une avancée symbolique en ce sens », juge-t-elle. Une boulangerie municipale propose déjà ce type de pain à bas coût depuis une semaine, appelé pain de Küllüoba.
Finance : Banque Populaire lance ses premiers prêts à impact aux agriculteurs
Visant à accompagner « les transitions vers des pratiques plus durables », la Banque Populaire propose aux agriculteurs des prêts à impact, une offre jusque-là réservée aux entreprises, annonce-t-elle le 27 mai. « Ce nouveau mode de financement vertueux a pour objectif de développer et de valoriser la stratégie extra-financière du client en proposant une rétrocession d’une partie des intérêts d’emprunt conditionnée par la performance extra-financière de l’entreprise », selon le communiqué. L’agriculteur choisit des indicateurs parmi ceux proposés par la banque. S’ils sont atteints, une bonification lui est reversée, pouvant atteindre « jusqu’à 10 % des intérêts perçus ». Trois indicateurs au maximum doivent être sélectionnés, dans des thématiques environnementale (tri et recyclage des déchets, réduction de la consommation des bâtiments…) et sociétale (insertion des jeunes, égalité entre hommes et femmes, avantages sociaux des salariés…). La liste est large, s’adressant aussi à la clientèle des professionnels, avec onze choix en commun. S’y ajoutent des indicateurs dédiés aux agriculteurs : implantation de haies (au moins 100 m linéaire par tranche de 10 ha détenus), recours à une Cuma (objectif : + 5 % de prestations par an), économie d’eau (-2 % à -5 % par an), de GNR (-2 % par an).
Fraise Gariguette : l’AOPn Fraises Framboises devient « mainteneur » de la variété
La Gariguette réintègre le Catalogue officiel français des variétés - dont elle était sortie en 2021- après publication, le 10 mai au JO, de l’arrêté du 30 avril modifiant ce catalogue. Si, depuis quatre ans, la Gariguette pouvait tout de même être commercialisée, c’était « uniquement grâce au Catalogue espagnol, où elle est inscrite », explique à Agra Presse Emeline Venespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises. A court terme, se reposer sur l’Espagne « ne changeait rien » mais à long terme, cela signifiait que la filière française « n’avait pas la main » sur son avenir. L’AOPn a été reconnue « mainteneur », c’est-à-dire responsable du maintien de la variété en sélection conservatrice. « A ma connaissance, nous sommes la seule AOPn à faire de la maintenance officielle », indique Emeline Venespen, cela après « quatre années de démarches administratives, création de protocoles, sélections… ». La Gariguette, créée par l’Inra en 1976, avait quitté le Catalogue après que le CTIFL (centre technique, fruits et légumes) a arrêté sa maintenance. « Quand on découvre une variété, décrit la directrice, c’est un peu comme un brevet : on touche des royalties, puis quand elle tombe dans le domaine public, souvent plus personne ne veut faire la maintenance : cela coûte de l’argent, mais n’en rapporte pas ».
Alternatives végétales : vers un retournement du marché français (étude)
Le marché de l’alimentation végétarienne et végane en France, en hausse de 5% en 2024 à 750 M€ tous circuits confondus, devrait connaître d’ici 2030 « une petite hausse des ventes d’ici 2027 puis un retournement du marché », selon une étude publiée par le cabinet Xerfi le 27 mai. « La tendance à l’œuvre sur le marché tricolore va épouser, avec un temps de retard, le retournement du marché outre-Atlantique », soulignent les auteurs, qui expliquent le phénomène aux Etats-Unis par l’inflation mais surtout par « l’écart persistant entre les attentes, des produits perçus comme sains, et la proposition de valeur des alternatives végétales, souvent résumée à des produits sans ». Pour étayer sa prévision pour la France, Xerfi liste plusieurs facteurs dont le conservatisme alimentaire, la défiance envers les aliments ultra transformés ou encore des prix peu compétitifs. En France, Xerfi constate l’arrivée ces dernières année de nouveaux opérateurs venant concurrence les acteurs historiques de ce marché. Ces derniers « cèderont encore du terrain pour représenter moins de 40% de parts de marché d’ici 2030 (contre 42% en 2024) ». L’étude constate que pour passer d’un marché de niche à un marché de masse, les acteurs cherchent à baisser le prix des produits en réduisant leurs marges ou leurs coûts de production par l’internalisation.
Influenza aviaire : le Royaume-Uni s'ouvre au canard français vacciné
Attendue depuis février par la filière du canard à rôtir, la réouverture du marché britannique au canard français est effective depuis le 22 mai, indique le ministère de l'Agriculture dans un communiqué du 27 mai en rappelant que la Grande Bretagne s’était fermée à la viande de canards vaccinés contre l’influenza en mars 2024. Les autorités britanniques, voulant s’assurer de l’efficacité du protocole de surveillance post-vaccination en France, avaient questionné les autorités françaises et réalisé un audit en décembre 2024, visant notamment les programmes de surveillance passive et active. D’après les informations fournies à la fin février 2025 par le comité interprofessionnel du canard à rôtir (Cicar), les Britanniques avaient obtenu que le contrôle s’effectue bâtiment par bâtiment et non seulement par élevage. Le Cicar s’attendait alors à une réouverture rapide. En 2024 l’arrêt des importations de la Grande-Bretagne de filets de canard a représenté une perte de débouché de 15 % du marché. Leur reprise est une bouffée d’oxygène pour le canard français, majoritairement de l’espèce Barbarie, alors que le canard Pékin de Chine s’est imposé chez les clients traditionnels de la France, notamment l’Allemagne.
Porc/bio : La Vie Claire passe une large partie de sa charcuterie en « sans nitrites »
Bovins viande : rebond des prix des broutards lourds, hausse des JB malgré la saisonnalité
Après avoir connu un creux en mars, les prix des broutards lourds (charolais U de 450 kg) ont rebondi ces dernières semaines, atteignant 5,05 €/kg vif en semaine 20 (du 12 mai), soit +28 ct€/kg en quatre semaines, note l’Institut de l’élevage dans son bulletin Tendances du 26 mai. Toutes catégories confondues, « les prix des broutards ont continué de progresser et de battre des records » en avril. « Le marché du broutard français est extrêmement tendu », résume Maxime Le Glaunec, agroéconomiste à l’Idele. Les fondamentaux, inchangés, tirent inexorablement les prix des broutards vers le haut. D’un côté, une demande soutenue à l’export, en particulier vers l’Espagne, où la France a envoyé 59 % d’animaux en plus au premier trimestre 2025 (sur un an). De l’autre, une offre hexagonale réduite par la décapitalisation et les maladies vectorielles (FCO, MHE), avec des naissances en recul de 6 % à 12% selon les mois depuis le début de la campagne 2024-2025, en juillet. De leur côté, les cotations des jeunes bovins (JB) sont « reparties à la hausse », « à rebours de leur tendance saisonnière », en raison d’une offre européenne toujours déficitaire : en semaine 20, le prix du JB U français a atteint 6,49 €/kg (+11 ct€/kg en quatre semaines), progressant toujours moins vite que dans les autres États membres.
Fromages : le Pérail reconnu IGP, la fromagerie de la Lémance tolérée cinq ans
La dénomination pérail est officiellement reconnue comme IGP (indication géographique protégée) suite à la publication du règlement d’exécution au Journal officiel de l’Union européenne (IGP) du 26 mai 2025. Le pérail avait demandé précédemment une AOP, mais celle-ci avait été rejetée par l’INAO en 2019. Le cahier des charges de ce petit fromage au lait de brebis Lacaune, produit essentiellement en Aveyron et dans certaines zones du Tarn, de la Lozère, du Gard et le l’Hérault, prévoit que les animaux soient nourris « en aliments non OGM et provenant au moins à 70 % de l’aire géographique de l’IGP, excluant les produits dérivés de palme », comme le précise l’INAO dans un communiqué. L’obtention de l’IGP est assortie d’une exception pour la fromagerie biologique La Lémance, située à Montayral (Lot-et-Garonne). Le règlement d’exécution du JO de l’UE indique qu’il a été donné une suite favorable à la demande des autorités françaises pour que cette fromagerie, bien qu’en dehors de l’aire géographique délimitée, puisse continuer d’utiliser la dénomination de vente « pérail ». La Lémance, qui utilisait cette dénomination depuis plus de 5 ans pourra continuer de le faire pendant encore 5 ans à partir du 26 mai 2025.
Coopérative : Benjamin Latte, futur directeur général d’Oxyane
Benjamin Latte sera, à compter du 1er juillet 2025, le nouveau directeur général du groupe coopératif Oxyane (709 M€ de chiffre d’affaires, 5500 agriculteurs, 1800 salariés). À 47 ans, il succèdera à Georges Boixo qui fera valoir ses droits à la retraite en fin d’année après avoir occupé ce poste durant neuf ans : une période de tuilage est donc assurée durant quelques mois entre les deux hommes. Benjamin Latte a rejoint Oxyane en 2016 où il occupe actuellement les fonctions de secrétaire général et de directeur général du pôle nutrition animale. (Anne Gilet)