Agra Fil du 24 juin 2026

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Protéines végétales : les pistes envisagées par Bruxelles dans son futur plan

La Commission européenne devrait finalement publier le 7 juillet (et non le 1er juillet comme attendu), en même temps que sa stratégie sur l'élevage, un nouveau plan visant à développer « à grande échelle une production durable de protéines végétales dans l’UE ». Selon un projet de texte, elle entend stimuler à la fois l’offre et la demande afin de porter la part des protéines de l’UE de 25 % en 2025 à 35 % en 2035. Parmi les mesures envisagées, l’exécutif européen souhaite inciter, via la Pac (soutiens couplés, MAEC), les agriculteurs à adopter des systèmes de production diversifiés nécessitant moins d’engrais. La proposition de Bruxelles prévoit un nouveau paiement de transition permettant de couvrir les coûts d’investissement et d’adaptation. Elle souhaite aussi optimiser l’alimentation animale et mieux valoriser les coproduits. Pour réduire la dépendance aux importations, Bruxelles entend diversifier ses sources d’approvisionnement en protéines végétales (avec en tête l’adhésion de l’Ukraine pour le soja), et développer la production européenne, en particulier celle d'ingrédients et d'additifs pour l'alimentation animale, comme les acides aminés qui sont très largement importés. Enfin, elle entend encourager la consommation de protéines végétales. Cela pourrait passer par la mise en place d’un levier fiscal (taux de TVA réduit) mais également par la politique de promotion, les marchés publics alimentaires ou les programmes à destination des écoles.

Pac : les discussions actuelles «privilégient une flexibilité excessive», déplore Hansen

« Tout ne peut pas être volontaire. Il faut des règles communes », a prévenu le commissaire européen Christophe Hansen, le 23 juin, à l’issue de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg portant notamment sur la future Pac. Lors d’un débat sur l’avancée des négociations, beaucoup de délégations ont en effet demandé que la prochaine Pac prévoit moins de dispositions obligatoires que ce soit en ce qui concerne le plafonnement des aides, la définition de l’agriculteur actif, les aides aux petits agriculteurs ou les soutiens aux zones défavorisées. « La question centrale concernant cette politique est : comment concilier règles communes et flexibilité pour les États membres ? », admet Christophe Hansen. Mais selon lui, les discussions actuelles « privilégient une flexibilité excessive ». Plusieurs ministres, notamment de la France de l’Espagne et du Portugal, ont par contre critiqué l’absence de plafond pour le co-financement national des programmes en faveur des fruits et légumes et du vin dans la proposition de règlement OCM de Bruxelles. « Cela pourrait conduire à une renationalisation de la Pac », a souligné le représentant portugais. L’Irlande qui va prendre la présidence du Conseil de l’UE à partir du 1er juillet avec l’objectif de faire progresser les discussions aussi loin que possible (en l’absence d’accord sur le budget) assure qu’il est « possible de protéger les aspects communs de cette Pac tout en la simplifiant pour les Etats membres ».

UE/Mexique : les eurodéputés donnent leur feu vert à l’accord global modernisé

Le processus de ratification de l’accord global révisé entre l’UE et le Mexique a franchi, le 23 juin, une première étape au Parlement européen. Les eurodéputés des commissions du Commerce international et des Affaires étrangères ont très largement (par 67 voix contre 15 et 3 abstentions) donné leur aval à ce texte signé le 22 mai mais dont les grandes lignes avaient été convenues en 2020. Ils ont aussi adopté (par 57 voix contre 14 et 13 abstentions) une résolution dans laquelle ils se félicitent notamment des avantages commerciaux pour le secteur agroalimentaire de l’UE alors le Mexique impose des droits de douane élevés pour certains produits. Ils saluent également la protection de 568 indications géographiques agroalimentaires. L’approbation finale se fera lors de la session plénière du Parlement européen de juillet à Strasbourg. En parallèle, les eurodéputés se prononceront également en juillet sur l’accord intérimaire qui se concentre uniquement sur les aspects commerciaux de l'accord global relevant de la compétence exclusive de l'UE. L’objectif est de permettre l'application anticipée des avantages commerciaux, sans attendre de la ratification complète de l'accord global par les Etats membres.

Canicule : Genevard annonce report de contrôles et souplesse pour les jachères

En raison de la canicule inédite qui sévit actuellement, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé, dans un communiqué paru le 23 juin, plusieurs mesures à destination des agriculteurs. Jusqu’à la fin de la période de vigilance rouge pour canicule, les contrôles dans les exploitations agricoles seront «sauf impossibilité, temporairement reportés dans les départements concernés». D'autre part, dans le cadre de la lutte contre les incendies, la ministre va demander des souplesses aux préfets ; si des obligations de débroussaillement étaient mises en place par leurs soins et sous réserve que des jachères se situent dans la zone visée par arrêté, une jachère pourra conserver son caractère d'infrastructure agro-écologique (IAE) même si elle a été fauchée, annonce Annie Genevard. Dans leurs communiqué, la FNSEA et les JA estiment avoir été entendus et demandent d'autres mesures. Un nouveau point avec les professionnels sera réalisé «d'ici la fin de la semaine, en vue de potentielles annonces supplémentaires», indique le ministère. Les syndicats minoritaires ne sont pas satisfait. Dans un communiqué, la Confédération paysanne a dénoncé des mesures «court-termistes», «en deçà d’une réponse politique digne de ce nom». De même, la chambre d'agriculture de la Vienne, dominée par la Coordination rurale (CR) est sceptique et se demande si l’arrêt des contrôles vise «le bien-être des agriculteurs ou celui des contrôleurs». Et de demander des mesures favorables à l'irrigation.

Maïs/tournesol : la vague de chaleur inquiète sur l’état des cultures

Plusieurs professionnels de la filière céréalière ont alerté ces derniers jours sur les effets de la vague de chaleur sur les cultures de printemps, incluant le maïs et le tournesol. Reflet de cette inquiétude : les cours de la graine jaune sur Euronext grimpaient de manière notable entre les séances du 18 et du 22 juin, d’environ 6-7 €/t selon les échéances. Toutefois, il est encore tôt pour se prononcer sur les récoltes à venir. Des analystes privés rappellent qu’en maïs, le stade sensible qu’est la floraison, n’est pas encore atteint. Néanmoins, Franck Laborde, président de l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA), précise que les maïs sont plus avancés que d’habitude dans leur développement, si bien que « le stade de floraison va arriver très vite ». Il ajoute que des tournesols ont déjà commencé à fleurir, augmentant les craintes pour cette culture. Même constat pour le soja, pour lequel « des mortalités de fleurs sont déjà rapportées ». Franck Labordre confirme enfin que d’importantes surfaces de maïs dans la zone Nord-Ouest sont affectées par des problèmes de géomyses. Enfin, il a indiqué que la prévision de baisse de sole de maïs grains par Agreste de presque 20 % annuellement n’est pas vérifiée, « mais n’est pas impossible. […] On sera vraisemblablement à plus de 15 % de repli ».

Oléoprotéagineux : Saipol rachète le site portuaire bordelais SPBL à Invivo

Dans un communiqué paru le 23 juin, le leader français de la transformation des graines oléagineuses Saipol (groupe Avril) annonce l’acquisition de 95 % du capital de la société Silo Portuaire de Bordeaux Letierce (SPBL), jusqu'ici détenue par InVivo Grains. Le montant de l'opération n' a pas été précisé. Créée en 1996, la société SPBL, renommée SPBS à l'occasion de cette opération, exploite un site portuaire de 12 hectares situé à Bassens (banlieue de Bordeaux), à proximité du site industriel de Saipol. La SPBL «dispose d’infrastructures de stockage de graines et de tourteaux, ainsi que de prestations associées au transit portuaire», détaille Saipol. Pour le triturateur, «l’intégration de ces installations, déjà en partie utilisées par Saipol, constitue une étape structurante pour l’organisation logistique et industrielle sur la zone portuaire de Bordeaux – Bassens.» La capacité de stockage de la SPBL est de 70 à 80 000 tonnes, selon la nature des produits stockés. Sur son site de Bassens, Saipol transforme 650 000 tonnes de graines de colza et tournesol transformées chaque année, et dispose déjà d'une capacité de stockage de 35 000 tonnes de solides.

Engrais : en Hauts-de-France, le fabricant Engrais du Gy racheté par trois opérateurs

Dans un communiqué paru le 23 juin, le groupe coopératif des Hauts-de France, Advitam, annonce officiellement l’acquisition par sa coopérative mère, Unéal, du fabricant régional Engrais du Gy, aux côtés d’un collectif d’investisseurs réunissant le grossiste néerlandais en fertilisants Triferto et le négoce agricole Charpentier. Basé à Duisans (Pas-de-Calais), Engrais du Gy est spécialiste de la fabrication de «fertilisants sur mesure». L'entreprise avait investi en 2022 dans la modernisation de ses outils industriels avec la mise en service d’une nouvelle unité de fabrication de fertilisants. Elle permettra, « grâce au collectif d’investisseurs, de doubler la production de fertilisants au service des agriculteurs de la région pour atteindre 40 000 tonnes», indique le communiqué. La direction opérationnelle d’Engrais du Gy est confiée à Antoine Lepoint, actuellement directeur des productions Végétales du groupe Advitam. Après l’acquisition d’EQO Modul, spécialisée dans le traitement de l’eau, «l’intégration de cette activité de fertilisation au sein du groupe Advitam s’inscrit naturellement dans sa dynamique de développement de services pour l’agriculture», explique le groupe coopératif.

Alcools : la Finlande assouplit ses règles sur la vente à distance

Le parlement finlandais a approuvé, le 22 juin, un assouplissement de la législation sur la vente d'alcool, autorisant la vente à distance et la livraison à domicile. La vente d'alcool fermenté titrant plus de 8 % est un monopole d'Etat en Finlande. Le gouvernement de droite, entré en fonction en 2023, avait promis de faciliter la vente à distance d'alcool, pour se mettre en conformité avec la législation européenne et pour permettre aux acteurs de la distribution finlandaise de vendre de l'alcool à l'étranger. Le projet de loi a été l'objet de longs débats au parlement depuis 2024 pour trouver un compromis entre compétitivité et protection de la santé. Il a été adopté par 98 voix, soit les parlementaires de la coalition de droite, contre 77. La livraison d'alcool va désormais être autorisée de 09 h à 21 h par le monopole d'Etat Alko, et par les supermarchés et restaurants pour les alcools fermentés à moins de 8 %, selon le communiqué du parlement. Les magasins Alko vont être autorisés à ouvrir de 09 h à 21 h tous les jours, a indiqué de son côté le monopole. Les Finlandais vont par ailleurs pouvoir acheter des boissons alcoolisées titrant au maximum 80 % auprès de boutiques en ligne opérant dans d'autres pays de l'Espace économique européen, avec livraison à domicile.

Vin/réemploi : des bouteilles standards lancées à l’échelle nationale

L’éco-organisme Adelphe a présenté le 23 juin des bouteilles de vin réemployables, en vue d’un lancement national au mois de septembre. Trois modèles sont proposés via l’opérateur Go ! Réemploi, selon un communiqué. Le dispositif repose sur un service « clé en main », incluant la mise à disposition des bouteilles, la collecte, le lavage, l’inspection, le contrôle qualité, le stockage et la livraison retour. Son prix : 27,5 centimes par bouteille. « Le réemploi ne peut changer d'échelle qu'avec des emballages standards, capables de simplifier la logistique, de mutualiser les flux et de créer un écosystème ouvert, explique Yannick Astesana, directeur délégué d’Adelphe. C'est précisément l'ambition des bouteilles de vin R-Cœur. » Disponibles en format Bordeaux (vert et transparent) et format Bourgogne (feuille morte), elles ont été « coconstruites et testées avec la filière ». Les bouteilles R-Coeur s’inscrivent dans le programme ReUse de la maison mère Citeo, qui vise à mettre en place un dispositif mutualisé de consigne pour réemploi en grande distribution. Une première phase régionale est en cours dans quatre régions (Bretagne, Pays de la Loire, Normandie et Hauts-de-France), avant un déploiement national prévu d’ici à 2027.

Photovoltaïque: possibilités de raccordement saturées dans certaines zones rurales (presse)

Enedis et RTE s'apprêtent à publier une carte des départements où le raccordement des parcs d'énergies renouvelables devient difficile, voire impossible, au vu des contraintes des réseaux électriques, indiquent Les Echos (article payant). Ils vont diffuser dans quelques jours « une carte des capacités du réseau pour mieux orienter les producteurs », a dévoilé le 22 juin Marianne Laigneau, présidente du directoire d'Enedis, lors d'un échange avec l'Association de journalistes de l'énergie (AJDE). « Il y a des zones qui sont en contrainte, où c'est difficile, voire pas possible à moins d'un délai important, de raccorder des nouvelles énergies renouvelables, a expliqué la dirigeante. Mais elles sont limitées, localisées et objectivées. Et surtout, ça conduit à nos propositions d'orienter les énergies renouvelables vers les zones où il y a de la capacité disponible, tout de suite et maintenant. » « Moins de 10 % du territoire » est considéré comme saturé, précise Enedis. Marianne Laigneau cite « le Cher, l'Indre, le Lot-et-Garonne, la Nièvre et l'Aveyron ». Point commun à ces territoires, ils « ont peu d'habitants mais ont vu exploser l'installation des énergies renouvelables », explique-t-elle, alors que « le réseau, notamment de transport [les lignes à haute tension de RTE, NDLR], n'était pas surdimensionné car il y avait peu de consommateurs ».

Loups : prison avec sursis pour l'empoisonnement de sept loups en Lozère

Un jeune éleveur a été condamné le 23 juin à Mende à deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende pour avoir empoisonné, avec de la mort-aux-rats, sept loups d’un parc animalier de Lozère, un département rural où la présence du canidé reste controversée. Il encourait jusqu’à trois ans de prison et 150.000 euros d’amende. A la tête d’une exploitation de 300 bovins, l’éleveur vivant chez ses parents a pour voisin le "Parc des Loups du Gévaudan", où les touristes peuvent observer des loups de Pologne, de Mongolie, du Canada ou encore d’Arctique. Alors que les loups qui évoluent dans la nature lozérienne sont de souche italienne, ce parc ouvert en 1985, l’un des plus grands d’Europe, est régulièrement décrié par les syndicats agricoles, en particulier depuis que quelques spécimens s’en sont brièvement échappés en 2016 à la suite d’une malveillance. Repéré sur son tracteur par des caméras de surveillance, l’éleveur a reconnu avoir lancé des boulettes de viande empoisonnées «une dizaine de fois» en direction des loups, une espèce protégée en Europe. Signe de l’embarras causé en Lozère par cette affaire, ni la direction du parc, malgré un préjudice estimé à 52.000 euros, ni les associations de protection de la nature ne se sont portées partie civile.

Lait: productivité et qualité sanitaire à la hausse en 2025 (Idele/Eliance)

Les résultats du contrôle laitier pour l’année 2025 font apparaître, par rapport à 2024, une augmentation de la productivité par vache. « La production laitière augmente fortement en 2025 (+163 kg) pour atteindre en moyenne 9 156 kg de lait par lactation », écrit l’Idele dans son compte-rendu publié le 22 juin en collaboration avec Eliance. Cette hausse intervient alors que le nombre d’exploitations recule de 5,9% et celui des lactations qualifiées de 4,8%. La santé de la mamelle, mesurée par la numération cellulaire, progresse aussi : « 2025 semble renouer avec la tendance à l’amélioration qui était observée de façon constante depuis le début de la décennie. » L’observation des cellules somatiques des laits fait apparaître une baisse de leur nombre : la moyenne de 2025 se situe à 218 000 cellules/mL, contre 234 400 cellules/mL en 2024 (-16 400 cellules/mL). « Survenant dès le début de l’année 2025, cette amélioration ramène la situation pratiquement à celle de 2021, meilleure année depuis 10 ans », note l’Idele. La durée de vie des vaches à l’échelle nationale atteint, en 2025, une durée de vie moyenne de 71,1 mois (5,8 années), représentant une augmentation de 1,2 mois en 6 ans (69,9 mois en 2020). Même évolution pour les lactations par vache passant de 2,87 en 2020 à 3,02 en 2025.

Caprins : nette baisse de la production de lait par chèvre en 2025

Le compte rendu du contrôle laitier caprin pour 2025 fait apparaître une nette baisse du volume de lait produit par chèvre en 2025 qui s’établit à 1009 kg par lactation, soit -18 kg par rapport à 2024. « La production par chèvre diminue nettement et repasse en dessous du niveau observé en 2023 (1002 kg en 2022 et 1022 kg en 2023) », écrit l’Idele dans son compte-rendu publié le 22 juin en collaboration avec Eliance. « Dans le même temps, la durée de lactation moyenne diminue nettement pour atteindre 332 jours (-5), mettant fin à l’allongement observé depuis plusieurs années (298 jours en 2014 et 337 jours en 2024). » « Avec 36,1%, la proportion de primipares dans les lactations qualifiées est en légère baisse (-0,8%), confirmant l’inversement de tendance constatée en 2024 et mettant fin à la série de hausses observée depuis 2018 », relève l’Idele. Autre changement : on note aussi une reprise de la tendance à l’accroissement d’effectif par troupeau. Les gros troupeaux (supérieur à 250 lactations) représentent 21,3 % des troupeaux, chiffre en hausse de 0,3 % confirmant l’inversement de tendance observée en 2024 et qui met fin à la baisse observée de 2018 à 2023 (2018 : 23,8 % des troupeaux, 2023 : 19,3% des troupeaux). 

Porc: le gouvernement danois met en question la vocation exportatrice de la filière

Parmi les orientations stratégiques du nouveau gouvernement danois figure l’idée de réorienter à long terme la filière porcine vers la consommation intérieure, selon un article du média 3trois3 (en anglais) le 23 juin. Alors que cette filière est essentiellement tournée vers l’exportation, il s’agit de viser « une plus grande intégration entre production et consommation », rapporte l’article. La coalition de centre-gauche établie début juin n’avance aucune mesure opérationnelle ni échéancier de mise en œuvre, mais elle invite à lancer une réflexion sur l’avenir de la production porcine. Elle suggère en particulier de renforcer les politiques de bien-être animal en élevage, tout en améliorant le contrôle et le respect de la réglementation. Le nouveau gouvernement danois de coalition, appelé « du trèfle à quatre feuilles », est composé de quatre partis (gauche-écologiste, sociaux-démocrates, centre-gauche et centre-droit libéral) autour de la Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen, aux commandes depuis 2019. L’élevage danois produit 1,7 million de tec (statistique officielle en 2024) de viande porcine, soit presque autant que la France (2,1 M tec en 2024) pour une population dix fois moindre.

Porc/PPA: accord de zonage préventif entre le Japon et le Canada

Dans un communiqué du 16 juin, le ministère canadien de l’Agriculture annonce avoir conclu « une entente de zonage [accord de régionalisation] avec le Japon concernant la peste porcine africaine [PPA] », une épizootie qui se propage dans le monde et dont le Canada demeure indemne. Si ce pays américain était atteint, il pourrait poursuivre ses ventes au Japon depuis les zones indemnes. Le fournisseur canadien est essentiel pour le Japon, puisque c’est le principal, et de même le client japonais est essentiel pour le Canada, ayant représenté en 2025 31 % de la valeur de ses exportations de viandes de porc. Selon une publication de Team France Export du 2 juin, le Canada se place comme « un leader déjà installé et digne de confiance ». Il fait partie, avec le Chili et le Portugal, des trois pays pouvant suppléer au retrait de l’Espagne, atteinte de PPA depuis la fin 2025 et qui n’a pas encore d’accord de régionalisation avec le Japon. D’après l’analyse de Team Fran Export, « aucun des [autres] grands pays fournisseurs ne semble pouvoir à lui seul remplacer l’Espagne en termes de volumes [17% des importations du Japon avant la PPA], de niveaux de prix et de qualité attendue ». 

Nutri-Score : le volume de produits qui l'affichent régresse pour la première fois (rapport)

Le volume de produits affichant le Nutri-Score a pour la première fois régressé entre 2024 et 2025, du fait du désengagement de marques nationales, a indiqué le 17 juin l’Observatoire de l’alimentation (Oqali) qui suit le déploiement de l’affichage nutritionnel volontaire. Après plusieurs années de forte croissance, la part de marché des marques affichant le Nutri-Score se stabilise depuis 2023, précise dans un communiqué l’Oqali, piloté par l’institut de recherche Inrae et l’autorité sanitaire Anses. Alors qu’elle avait atteint 64% des volumes de ventes en 2023 et 2024, elle recule légèrement à 63% en 2025 en grandes et moyennes surfaces et dans les circuits spécialisés, selon les estimations de l’observatoire. Ce recul s’explique «notamment par des désengagements de marques nationales dans les secteurs des céréales du petit déjeuner et des produits laitiers et desserts frais». A partir de septembre 2024, le géant de l’agroalimentaire Danone avait renoncé à afficher le Nutri-Score sur certains produits, et notamment les yaourts. Cette note de A à E est destinée à aider les consommateurs à comparer la qualité nutritionnelle des aliments d’une catégorie. Plusieurs tentatives de la rendre obligatoire ont échoué ces derniers mois. D’autres industriels comme Lactalis ne l’ont jamais adoptée.

Restauration collective: Restau'co veut favoriser les denrées françaises par la mention Fait Maison

En conférence sur le projet de révision de la mention Fait maison au salon de Restau’co (restauration collective auto-gérée) le 17 juin, le vice-président Philippe Muscat, dirigeant les travaux de l’association sur ce dossier, a souhaité que les collectivités aient accès à cette mention au même titre que la restauration commerciale. La directrice de Restau’co, Marie-Cécile Rollin explique à Agra Presse l’enjeu en ces termes: « Valoriser la fait maison en restauration collective c'est pousser au travail de produits bruts » et « lorsqu'une collectivité achète un produit brut, elle a l'information de l'origine du produit, contrairement aux produits transformés, dans lesquels se cachent des matières premières importées. » « C'est pourquoi la part de produit français est très importante en restauration collective, sur les produits bruts », conclut-elle. Philippe Muscat a exprimé le souhait d’un assouplissement du Fait Maison permettant par exemple d’afficher le logo sur un feuilleté de légumes cuisinés sur site même si la pâte feuilletée provient de l’extérieur. Il espère la publication d’un décret d’ici à la rentrée redéfinissant le Fait maison de telle façon que l’acte de cuisiner soit mis en valeur. 

Relations commerciales : la campagne de la FCD « repose sur une fake news », selon Guhl et Loisier

Les sénatrices Antoinette Guhl et Anne-Catherine Loisier, rapporteure et présidente de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution, ont décidé de contre-attaquer le 23 juin après le lancement la veille d’une campagne par la FCD et cinq distributeurs. Elles déplorent une campagne « visant à « décrédibiliser » le rapport » et « présenter la grande distribution comme le défenseur du pouvoir d’achat », écrivent-elles. « Prétendre que notre rapport voudrait interdire les négociations est une pure invention. Cette campagne repose sur une fake news » car « nous demandons simplement (…) que soit publiée chaque année la comparaison entre l’évolution des prix négociés et celle des prix de vente au consommateur ». Dénonçant des chiffres avancés dans cette campagne « d’une mauvaise foi sans égal », notamment l’affirmation selon laquelle « le panier alimentaire (retenu comme exemple par la campagne, NDLR) coûterait 37 % plus cher sans l'intervention des distributeurs », les sénatrices soulignent que cette « démonstration ne part pas du prix réellement payé par les enseignes, mais du tarif brut fournisseur, c’est-à-dire du point de départ de la négociation. » Les sénatrices dénoncent aussi les faibles marges réalisées par les GMS sur les produits d’appel comme le Coca-Cola ou le Nutella composant le panier.

ONG : Greenpeace France va concentrer son action sur la santé environnementale

Tandis que la priorité de Greenpeace reste, à l'échelle internationale, la baisse de la consommation de viande et la lutte contre la déforestation, son antenne française va accentuer son action vers la «santé environnementale», a-t-on appris auprès de l'association. Greenpeace France va lancer prochainement une campagne sur les pesticides en vue de l'élection présidentielle et poursuivre ensuite cette orientation. En conséquence, l'association met la pédale douce sur les actions visant les «fermes usines», qui étaient sa principale orientation ces dernières années. Cet accent mis sur la santé environnementale intègre les travaux déjà publiés sur l'hexane. Selon Greenpeace, plusieurs autres organisations du collectif Nourrir ont pris une orientation similaire, de même que d'autres antennes nationales de Greenpeace en Europe. En France, le sujet de la gouvernance de l'eau fait aussi l'objet d'un regain d'intérêt du syndicalisme agricole majoritaire. Les Irrigants de France souhaitent en revoir les règles, en particulier celles des Sage et des Sdage, avec en vue la loi d'urgence agricole et la présidentielle. Pour ce faire, des moyens supplémentaires lui ont été promis l'automne dernier de la part des associations spécialisées végétales de la FNSEA.

Agence bio : Sylvain Reverchon nommé directeur

Proposée par la ministre de l’Agriculture, suite au licenciement de Laure Verdeau, la candidature de Sylvain Reverchon au poste de directeur de l’Agence bio a été validée par son conseil d’administration le 23 juin. Sylvain Reverchon prendra la direction de l'établissement à compter du 1er juillet, «avec pour mission de consolider l'Agence bio dans l'exercice de ses missions et de renforcer sa contribution aux priorités portées par le gouvernement». Ingénieur agronome de formation, Sylvain Reverchon est directeur adjoint de l’Inao (qualité et origine) depuis 2024. Il a précédemment été conseiller spécial au cabinet du ministre délégué chargé des Outre-mer et directeur départemental des territoires des Yvelines et d’Eure-et-Loir. Il arrive dans un contexte de reprise de la consommation mais aussi de division dans les institutions de la bio. En février, le Synadis bio (syndicat des distributeurs bio) a annoncé son retrait de l’Agence bio, dénonçant « l’asphyxie budgétaire » et le « démantèlement programmé » de l’Agence bio. Il estimait que les distributeurs spécialisés « ne trouvent plus leur place » dans « des instances transformées en chambres d’enregistrement », où le lien avec les décideurs politiques « ne cesse de se distendre ». Il regrettait aussi « le projet de licenciement de la directrice générale (de l’Agence bio, NDLR), dont chacun salue le travail et l'intégrité ».