Qualité de l’air : l’Anses recommande de suivre les nouveaux seuils de l’OMS
Dans un avis publié le 6 octobre concernant les seuils de qualité de l’air, l’Anses recommande aux ministères « de réviser les seuils d’information/recommandation et d’alerte en tenant compte de ces récentes valeurs guides de l’OMS ». Pour le dioxyde d'azote, l'un des principaux polluants aériens d'origine agricole, l'OMS avait invité les états à abaisser leur seuil de 40 à 10 microgrammes/m3 en moyenne annuelle, tout en maintenant le seuil horaire, correspondant aux alertes préfectorales, à 200 microgrammes/m3. Selon l’Anses, l'ensemble de « ces valeurs guides revues à la baisse s’accordent davantage avec les concentrations les plus faibles associées à des effets sanitaires observés dans la littérature », et « s’inscrivent donc dans le sens d’une meilleure protection de la santé ». L’agence rappelle que le ministère de la santé et celui de l’écologie avaient déjà engagé des travaux « préalables à la modification du dispositif de déclenchement de mesures préfectorales » pour être envoyées en consultation au Conseil d'État fin 2021. L’administration prévoyait notamment d’aligner les seuils préfectoraux d’information et d’alerte avec les seuils retenus par l’indice de qualité de l’air Atmo. Pour le NO2, le seuil d’information devait ainsi déjà baisser de 200 à 120 microgrammes/m3.
Ovosexage: la filière des poules pondeuses ne sera pas prête pour fin 2022 (CNPO)
Alors que le ministre de l'Agriculture a annoncé la fin du broyage des poussins courant 2022, «nous ne serons pas prêts à 100% fin 2022», a estimé Loïc Coulombel, le vice-président du CNPO (interprofession), lors d'une conférence de presse le 6 octobre. L'ovosexage (détermination du sexe du poussin dans l'œuf) est «la seule alternative possible à mettre en œuvre dans les délais», a rappelé celui qui est aussi président du Snipo (industriels). Un décret attendu dans les prochains jours obligera notamment les couvoirs à avoir commandé des machines d'ovosexage au 1er janvier 2022. «Les commandes seront faites par les couvoirs», promet M. Coulombel, mais «le temps de mise en œuvre sera long», notamment à cause du délai de fabrication des machines. Autre inquiétude du CNPO: la répercussion du surcoût de l'ovosexage (chiffré à 56 millions d'euros par l'Itavi), en particulier pour le segment très concurrentiel des ovoproduits. «L’interprofession rencontre des difficultés pour la répercussion des charges liées à ces nouvelles technologies, notamment pour les marchés de la restauration et des industries alimentaires», indique le CNPO dans son dossier de presse.
Vin, fruits et légumes : renforcement des mesures exceptionnelles européennes
La Commission européenne a, comme attendu, adopté le 6 octobre des mesures renforçant les dispositions exceptionnelles mises en place depuis 2020 pour venir en aide aux secteurs du vin et des fruits et légumes. Pour le secteur du vin, ces nouvelles dispositions prévoient une augmentation jusqu'au 15 octobre 2022 de la contribution de l'UE à l'assurance-récolte (portée de 70 % à 80 %), un doublement de l’aide à la mise en place des fonds de mutualisation, et la prolongation d’une année supplémentaire des flexibilités déjà en place (possibilité de modification à tout moment des programmes nationaux, promotion, vendange en vert, restructuration…). En ce qui concerne le secteur des fruits et légumes, les compensations accordées pour une réduction de production (de 35 % au moins par rapport au niveau de l'année précédente) ne pourront pas être inférieures à 85 % du niveau de l'année dernière.
Biocontrôle : un projet de décret consolide la définition des produits
Un décret «fixant les conditions d’inscription sur les listes des produits de biocontrôle» a été notifié par le ministère de l’Agriculture le 30 septembre à la Commission européenne. Cela s’inscrit dans stratégie nationale, publiée en novembre 2020, qui vise notamment à «consolider la définition des produits de biocontrôle au niveau réglementaire afin de ne viser que les produits dépourvus de risque, ou présentant un risque faible pour la santé ou l’environnement, identifiés comme des alternatives aux produits de synthèse présentant des profils préoccupants». D’après le projet de décret, peuvent être inscrits sur les listes des produits de biocontrôle: «des substances d’origine naturelle animale, végétale ou minérale naturellement présentes et identifiées en l’état dans la nature, qui sont soit extraites d’un matériau source naturel, soit obtenues par voie de synthèse et sont strictement identiques à la substance naturelle ; des substances issues de procaryotes, eucaryotes unicellulaires ou champignons ; des micro-organismes et des médiateurs chimiques». En sont exclus notamment les produits contenant une substance active dont on envisage la substitution. Le texte aborde par ailleurs «les produits comprenant un dispositif associant un attractant à une substance active à effet insecticide» qui peuvent être inscrits «sur la base de la conformité du seul attractant (…), dès lors que le dispositif permet d’éviter la dissémination de l’insecticide dans l’environnement ».
Coopératives: Stéphane Travert nommé rapporteur d'une mission d’information
L’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a été nommé, par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, rapporteur de la mission d’information sur les coopératives agricoles, a appris Agra Presse le 6 octobre de sources concordantes. Cette mission d’information avait été annoncée au début de l’été lors de l’examen de la loi Egalim 2 à l'Assemblée par le président de la commission des affaires économiques. Roland Lescure souhaitait notamment donner suite aux débats sur la transparence de l’information fournie par les coopératives à leurs associés coopérateurs.La coopération agricole se disait d'ailleurs sereine face à ses interrogations: « La mission d’information parlementaire (…) sera, pour la Coopération agricole, l’occasion de valoriser les atouts du modèle et de nourrir la dynamique d’amélioration continue dans laquelle les coopératives sont inscrites », assurait alors son président Dominique Chargé.
Sécheresse 2020: les Hauts-de-France ouvrent une enveloppe d'aide complémentaire
A l'occasion de la réunion de sa commission permanente le 5 octobre, le Conseil régional des Hauts-de-France a adopté une enveloppe complémentaire de 1,2 million d'euros au dispositif d'aide à l'achat d'aliments du bétail qu'elle avait lancé en février pour soutenir les éleveurs victimes de la sécheresse de 2020. Le principe de l'aide est de prendre en charge 25% du coût de l’achat supplémentaire de fourrage, céréales et co-produits, à raison de 500 à 3000 euros par exploitation. L'enveloppe initiale de 700 000 euros a été rapidement éclusée, selon le Conseil régional: «Au regard de l’important nombre de demandes, il était important d’accompagner un maximum d’éleveurs touchés par la sécheresse», explique la Région dans un communiqué paru le 6 octobre.
Outre-mer: le CGAAER fait sept recommandations pour atteindre l’autonomie alimentaire
L’ampleur de la tâche est immense mais des «marges de progrès existent» pour parvenir à l'autonomie alimentaire en outre-mer. Telle est la conclusion du CGAAER (ministère de l'Agriculture) dans un rapport mis en ligne le 4 octobre. Le CGAAER y fait sept recommandations. Chaque territoire ultramarin doit définir ses «objectifs» à réaliser d’ici 2035 ainsi que des «indicateurs de résultats», indique le rapport. La réflexion sur la transformation agricole et agroalimentaire doit être ouverte aux représentants des consommateurs, de la santé, des douanes par exemple. Le rapprochement de toutes les parties prenantes pourra se faire via «des outils institutionnels à l’image des projets alimentaires territoriaux». Il faudra «rationnaliser» la structuration de la production agricole pour que l’objectif premier des organisations soit d’accompagner les producteurs et non de capter des subventions, poursuit le CGAAER. Il faudra aussi «raisonner» les soutiens financiers de façon «globale» et non par guichet; «calibrer» les enveloppes en fonction de la taille des populations et des surfaces agricoles mises en valeur; et opter pour une gestion «déconcentrée» de ces enveloppes, voire décentralisée à terme.
Œufs: après la Covid-19, retour à la normale pour les ventes en magasins (CNPO)
Après l'explosion des ventes en 2020 sur fond de crise sanitaire, la croissance des achats à domicile d'œufs par les Français «retrouve son rythme de croisière», indique le CNPO (interprofession) lors d'une conférence de presse le 6 octobre. Sur les huit premiers mois de 2021, ces ventes ont progressé de 2,8% par rapport à 2019. Elles sont en baisse de 9,7% par rapport à la même période de 2020, alors que le confinement avait provoqué des achats de précaution par les consommateurs. «ll y a toujours de grosses difficultés en RHD, car il continue à y avoir du télétravail», nuance Maxime Chaumet, délégué général du CNPO. Pour la production (15,7 milliards d'œufs en 2020), «la tendance à la hausse devrait se poursuivre» en 2021, avec des prévisions de croissance entre 3 et 4%. Côté export, l'amélioration de la balance commerciale entamée en 2020 (solde positif de 4 millions d'euros) se confirme au premier semestre 2021, avec une hausse des exportations et un recul des importations – en volume comme en valeur. Une évolution qui demande à être confirmée, car en partie liée à des éléments conjoncturels (influenza aviaire en Pologne, un important fournisseur de l'Allemagne).
Cop26 : « Le secteur des terres doit rester hors du marché carbone» (ONG)
« Le secteur des terres doit rester en dehors du marché carbone au risque que les champs deviennent des actifs financiers », alerte Myrto Tilianaki, chargée de plaidoyer au sein de CCFD Terre solidaire à l’occasion d’une conférence de presse le 6 octobre. Le CCFD portera cette demande à la Cop26 de Glasgow en novembre prochain, qui pourrait aboutir à l’instauration d’un système mondial de compensation entre Etats. Or pour l’heure, sur le marché volontaire, la compensation carbone demeure « un leurre » selon le CCFD, qui déplore les effets sur les populations et la biodiversité des projets d’agroforesterie de Nespresso, Air France et TotalEnergies. L’association préférerait aux crédits carbone un système « non-marchand », tel que celui défendu par la Bolivie depuis 2010. Une idée « risquée », selon Claudine Foucherot, directrice du programme Agriculture et forêt au sein chez I4CE, qui estime que « le concept laisse un flou dangereux, alors que la décarbonation dans le secteur agricole et forestier a besoin de ces financements ». Le CCFD écorne également dans son rapport le label bas-carbone français, réservé selon l’organisation « aux gros producteurs ». Un reproche adressé en particulier à la méthode bovin, rappelle I4CE, qui plaide de son côté « pour que la méthode en élevage passe de l’intensité en produit à l’intensité par hectare ».
Roundup et cancer: un tribunal californien déboute la mère d'un enfant malade
Un tribunal de Los Angeles a refusé le 5 octobre d'établir un lien de causalité entre l'exposition au désherbant Roundup et une forme rare de cancer développée par un jeune enfant exposé à ce produit vedette de la firme Monsanto. Ezra Clark avait seulement 4 ans en février 2016 lorsqu'il a été diagnostiqué comme souffrant d'un lymphome de Burkitt, une leucémie particulièrement agressive qui peut se diffuser de manière fulgurante à différents organes. Selon la plainte au civil déposée en son nom par sa mère Destiny Clark, l'enfant a été «directement exposé», à de nombreuses reprises, à du Roundup lorsque cette dernière pulvérisait sur sa propriété l'herbicide fabriqué par Monsanto. A l'issue du procès, entamé le 13 septembre, le jury a toutefois estimé que le lien de causalité n'avait pas été formellement établi entre le Roundup et la maladie du garçon. Les avocats de Destiny Clark et son fils ont dit à l'AFP envisager la possibilité de faire appel du jugement. Depuis le rachat en 2018 de la firme agrochimique Monsanto, Bayer affronte une salve de procédures aux Etats-Unis liées au Roundup. «C'est un cas très inhabituel. Le jury devait juste dire si oui ou non l'exposition du garçon au Roundup avait provoqué son cancer. Aucune preuve sur la conduite de Monsanto n'a été admise», ont-ils affirmé.