Agrafil du 10 janvier 2023

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Gouvernement: Attal devient Premier ministre, premier déplacement dans le Pas-de-Calais inondé

Gabriel Attal est devenu le 9 janvier à 34 ans le plus jeune Premier ministre de l'Histoire de la République, et a promis «audace» et «mouvement» à Emmanuel Macron. Peu après, sur X, le président de la République a dit «compter» sur l'«énergie» de Gabriel Attal pour mettre en oeuvre son «projet de réarmement et de régénération» du pays. Sa première tâche sera de former un nouveau gouvernement sous le signe du «réarmement» vanté par le chef de l'Etat lors de ses voeux du Nouvel An: «réarmement industriel, économique, européen» mais aussi «civique», autour notamment du vaste chantier de l'école que Gabriel Attal a porté depuis l'été en initiant de nombreuses réformes d'ampleur. Dans la foulée, M. Attal, qui a petit-déjeuné pendant deux heures avec M. Macron mardi, a effectué son premier déplacement dans le Pas-de-Calais frappé par les inondations. Dès cette semaine, il réunira les «forces vives» du pays. Entré par la petite porte dans l'exécutif au secrétariat à la Jeunesse, Gabriel Attal a connu une ascension fulgurante: porte-parole du gouvernement, ministre du Budget, il avait décroché l'Education nationale en juillet, où il s'est rapidement distingué en interdisant l'abaya à l'école au nom de la «laïcité» et se disant prêt à expérimenter le port de l'uniforme.

ZNT: les chartes de voisinage annulées dans cinq départements du Centre-Val-de-Loire

Le tribunal administratif d’Orléans a annulé les arrêtés préfectoraux validant les chartes de bon voisinage sur l’utilisation de pesticides dans cinq départements du Centre-Val-de-Loire, selon un communiqué du 8 janvier. Les départements concernés sont le Cher, l’Eure-et-Loir, l’Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher et le Loiret. Le tribunal a retenu «deux griefs» concernant la notion de zones d’habitation protégées et l’information préalable à l’utilisation des produits. Sur la notion de zones d’habitation protégées, le tribunal constate que «le préfet a commis une double erreur de droit» en ajoutant aux critères légaux «la condition illégale du caractère irrégulier ou discontinu de l’occupation d’un bâtiment» et «les notions, incertaines et sujettes à interprétation, de "très grande propriété" et de "lieu très étendu"». Sur l’obligation d’information préalable, le tribunal estime que «les modalités fixées par la charte sont imprécises». Générations futures et l’UFC Que choisir ont salué cette «première victoire majeure», dans un communiqué commun le 9 janvier. Elles espèrent un «effet domino» sur les «43 contentieux» de ce type qu’elles ont déposés en 2022-2023. 

Machinisme : les immatriculations de tracteurs agricoles au plus haut sur dix ans

Les premières immatriculations de tracteurs agricoles (y compris chargeurs télescopiques) ont augmenté de 2,1% en 2023, s’établissant à 41 554 unités, a indiqué le 9 janvier Axema (constructeurs). Il s’agit du «troisième plus fort total depuis 2010», après les années 2013 (47 656) et 2012 (42 883), selon un communiqué. Les tracteurs standards et les chargeurs télescopiques voient leurs immatriculations progresser (respectivement +4,2 % et +3,7 % sur un an). A l’inverse, les tracteurs vignes et vergers reculent fortement (-10,6 %) pour la deuxième année consécutive, tombant au plus bas sur les dix dernières années. Les premières immatriculations de tracteurs standards connaissent une troisième hausse de suite, à 26 200 unités. Elles restent dominées par John Deere, en tête du classement des marques avec 25,1 % de parts de marché. Également sur le podium, New Holland conforte sa deuxième place (15% en 2023, soit +1,4 point) devant Fendt (12,8 %, soit -0,1 point). «La puissance moyenne des tracteurs standards continue d’augmenter pour atteindre 163,5 chevaux en 2023 (contre 161 chevaux en 2022), souligne Axema. A noter: la forte croissance des tracteurs de plus de 300 chevaux (+17,6%).»

Grandes cultures/robots agricoles : la start-up Meropy en cessation d’activité

Le spécialiste de la robotique agricole Meropy est en cessation d’activité, a annoncé le 9 décembre son cofondateur William Guitton. «Nous avons buté sur notre seconde levée de fonds», explique-t-il sur le réseau social LinkedIn. Meropy cherchait l’an dernier 1 million d’euros pour déployer son robot à plus grande échelle. Son échec illustre, d’après le CEO, la difficulté pour une start-up de hardware agricole à gérer «des financements arrivant au compte-goutte, avec un développement au temps long sur des cultures à cycle annuel». L’entreprise iséroise commercialisait depuis un an le Sentiv, robot autonome pour la détection des adventices et ravageurs en grandes cultures. Il servira désormais pour un tout autre usage. L’activité de Meropy est effectivement reprise par Cardem (Vinci construction), spécialiste entre autres de la dépollution. En France, comme ailleurs dans le monde, le nombre de robots en cultures végétales reste encore largement en retrait (600 unités vendues en France en 2023) en comparaison de l'élevage (18 000), selon la dernière édition de l'Observatoire de l'usage des robots en agriculture. Et dans le secteur des grandes cultures, seulement 15 robots ont été commercialisés jusqu'à présent, pour le désherbage, la collecte d'information et le binage.

Consommation: la fréquentation des restaurants en berne à cause de l’inflation

Fragilisés par l’inflation, les consommateurs fréquentent moins les restaurants et «près de la moitié d’entre eux (42 %) y dépensent une moindre proportion de leur revenu disponible» par rapport à 2022, indique une étude de l’analyste Revenue Management Solutions. Comme quand ils font leurs courses, les clients ont mis en place des stratégies pour préserver leur pouvoir d’achat: ils commandent des plats plus économiques (42%) et choisissent les restaurants les moins chers (31%). Certains font l’impasse sur les desserts (17%), d’autres sur les boissons (14%). Toujours selon cette étude, 37% des Français «indiquent cuisiner davantage de repas à la maison pour faire des économies». «Tous les canaux sont concernés par la baisse de fréquence des visites, même si  la restauration à table résiste mieux que la vente à emporter, la livraison ou le drive-in», précise un communiqué. À noter que les produits importés sont fortement représentés sur ce segment, c’est par exemple trois poulets sur quatre. D’après une publication du cabinet de conseil spécialisé Food vision service, la croissance du chiffre d’affaires du secteur a nettement ralenti en novembre (3% contre environ 7% de moyenne sur les mois précédents). Plus inquiétant encore pour les professionnels, la consommation baisse en volume. 

Soja américain : les cours au plus bas depuis décembre 2021

Les cours du soja américain sont tombés le 8 janvier à leur plus bas niveau depuis début décembre 2021, desservis par l'amélioration des conditions météorologiques au Brésil et le ralentissement des achats chinois. Le prix du contrat rapproché avec échéance en janvier est descendu à 12,3325 dollars le boisseau (environ 27 kg). Après des mois de précipitations insuffisantes, les grandes régions de production de l’oléagineux au Brésil reçoivent de la pluie en quantité. C’est notamment le cas dans l’État du Mato Grosso, qui pèse 26% des récoltes brésiliennes, selon le ministère américain de l'Agriculture (USDA). Par ailleurs, les volumes hebdomadaires américains inspectés avant exportation, indicateur très suivi par le marché, ont baissé de 30% par rapport à la semaine précédente, et ont été divisés par plus de deux par rapport à la même période en 2023. Aux yeux de Dax Wedemeyer, analyste pour l’entreprise de négoce Us Commodities, c'est la décélération des commandes chinoises qui préoccupe particulièrement le marché. Traditionnellement, les premières semaines de l’année correspondent à la fin de la fenêtre dont bénéficient les agriculteurs américains avant que la récolte brésilienne ne vienne inonder le marché. Désormais premier producteur et exportateur mondial de soja, le Brésil attend une récolte monstre, estimée à 161 Mt par l’USDA.

Produits laitiers: le fabricant de beurre Loyez Woessen devient Abondia

Le spécialiste du conditionnement de beurre Loyez Woessen «fait évoluer son actionnariat» et devient le groupe Abondia, annonce un communiqué du 9 janvier : BNP Paribas Développement entre au capital aux côtés de l’actionnaire majoritaire depuis 2017, Sénevé Capital, d’Unigrains (entré au capital en 2021) et des équipes dirigeantes du groupe. À l’occasion de cette opération, une nouvelle entité a été créée pour «porter l’ensemble des sociétés du groupe» : Abondia. Outre des marques propres (Le villageois, La charrette, etc.), le groupe est un acteur important du marché des beurres de marques de distributeur. Il possède deux sites de production en France, l’un dans les Hauts-de-France, l’autre en Loire Atlantique depuis l’acquisition des Établissements Charrier en 2021. Dans les mois qui viennent, le groupe «compte se diversifier sur le marché des fromages râpés et en tranches». Il entend également développer ses activités à l’international, notamment aux États-Unis, où il est déjà présent, aussi en Asie et au Moyen-Orient. Abondia compte 120 salariés et réalise un chiffre d’affaires de «plus de 210 millions d’euros». 

Similis de lait : la start-up Standing Ovation obtient 3 M€ de financements publics

L’entreprise Standing Ovation, qui fabrique des protéines de lait par fermentation de précision, annonce dans un communiqué du 9 janvier avoir obtenu un financement de 2 millions d’euros (M€) ainsi qu’un prêt de 1M€ auprès de l’État et de BPI France. Le financement de 2M€ est attribué au projet «Caspex» dans le cadre de l’appel à projet «Résilience et capacité agroalimentaires» de France 2030. Le projet «Caspex» vise à «développer une ligne de purification de protéines» qui, tout en restant la propriété de Standing Ovation, sera installée chez un partenaire de la start-up. Ce partenaire – dont le nom est gardé secret – est un industriel européen spécialiste de la fermentation. Standing Ovation compte s’appuyer sur lui et ses capacités de production pour fabriquer «quelques dizaines de tonnes» de caséine pour le marché américain en 2024,  explique le président et fondateur de Standing Ovation, Romain Chayot, sous réserve que l’entreprise obtienne rapidement une autorisation de mise sur le marché aux États-Unis. Concernant le marché européen, Standing Ovation vise un lancement d’ici la fin de l’année 2025. Déjà en contrat avec Bel, la jeune pousse souhaite nouer des partenariats avec d’autres grands groupes laitiers français et internationaux.