Agrafil du 8 décembre 2023

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Transport animal: Bruxelles présente sa proposition fixant des durées maximales

Comme prévu, la Commission européenne a adopté le 7 décembre une proposition législative visant à mieux encadrer les conditions de transport des animaux d’élevage, fixant des durées maximales (en fonction des espèces et qu’elles soient transportées à des fins d’abattage ou non), augmentant l’espace alloué aux animaux (selon les recommandations scientifiques) et établissant des règles pour éviter l’exposition à des températures extrêmes. Le texte est resté très proche des versions de travail qui avaient déjà pu circuler. Désormais, «le transport d’animaux terrestres autres que les oiseaux et les lapins domestiques vers l’abattoir ne devra s’effectuer que sur de courts trajets», c’est-à-dire ne dépassant pas les neuf heures, propose Bruxelles. Des dérogations sont toutefois prévues lorsqu'aucun abattoir adapté aux animaux en question s'est disponible à proximité. Pour les volailles et lapins, une limite de 12 heures est proposée, pour les poussins et lapins reproducteurs de 24 heures, et pour les poules en fin de ponte de 10 heures. Sont interdits de transport: les femelles gravides ayant dépassé 80% de leur période de gestation, les femelles ayant ont accouché au cours des 7 jours précédents, les veaux de moins de 5 semaines et pesant moins de 50 kg, les porcelets, agneaux et chevreaux de moins de 3 semaines (à moins qu’ils ne soient transportés à moins de 100 km).

Transport animal: les inquiétudes des professionnels

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) s’inquiètent, dans un communiqué du 7 décembre, des propositions de la Commission européenne sur le transport des animaux d’élevage qui sont jugées «arbitraires», «restrictives» et «discriminatoires pour certains États membres» avec un risque de perturber le marché unique. Une de leurs principales craintes porte sur l’interdiction de transport des jeunes animaux au-delà de 100 km: «L’augmentation de l'âge minimum pour le transport des veaux à cinq semaines (contre 14 jours dans la réglementation actuelle), ou trois semaines pour les porcelets, agneaux et chevreaux, conduirait de nombreuses exploitations agricoles (…) à entièrement reconstruire et rénover leurs structures, ce qui serait irréalisable pour beaucoup.» Le Copa-Cogeca estime également qu’imposer un plafond de 9 heures à la durée du trajet jusqu'à l'abattoir signifierait que les agriculteurs de certains États membres perdraient immédiatement l'accès à de nombreux abattoirs. Cette préoccupation est partagée par l’organisation internationale du secteur bio (Ifoam), qui rappelle que les agriculteurs biologiques sont confrontés à la rareté des abattoirs spécialisés.

Crise viticole: neuf organisations appellent à un «New deal» pour redresser la filière

Neuf organisations professionnelles et interprofessionnelles ont appelé le 7 décembre à un «New deal du vin», en situation de crise. Leur plan stratégique vise à rendre la filière «plus agile et conquérante», à l’aider à «adapter son offre produits», d’après un communiqué commun. Plusieurs groupes de travail sont lancés, en vue d’actions concrètes «dans les mois qui viennent», indique-on au Cniv, impliqué avec entre autres la Cnaoc, Vins IGP, les caves coop', les Vignerons indépendants, JA et la FNSEA. Il s’agit notamment de séduire les jeunes générations qui se sont détournées du vin, en faisant «émerger collectivement de nouveaux produits et marques fortes» autour de vins plus légers en alcool, de nouveaux contenants, etc. La consommation de vin a chuté de 70% en 60 ans, et une nouvelle contraction de 20% est redoutée sur les dix ans à venir. Un groupe de travail vise à soutenir les stratégies à l’export, dans un contexte de forte concurrence. Autre axe: «Incarner la valeur RSE» (responsabilité sociétale des entreprises) de la filière. Enfin, les organisations veulent développer l’action collective par un renouvellement des modes de gouvernance, en vue de muscler les financements et de mieux adapter le potentiel de production.

Travail saisonnier: les députés LR vent debout contre la régularisation de certains sans-papiers

«Les travailleurs sans papiers, à l'exception de ceux qui ont des attaches familiales, ne doivent pas être régularisés mais au contraire expulsés», a affirmé le chef des députés LR Olivier Marleix au micro de Sud Radio le 7 décembre, rapporte l’AFP. Le député s’exprimait à propos de la régularisation de certains travailleurs sans papiers dans les métiers en tension, prévue dans le projet de loi Immigration, dont l’examen en séance débute le 11 décembre. La commission des Lois de l'Assemblée nationale avait approuvé le 30 novembre une version remaniée de l'article, déjà amendé par le Sénat. Il prévoyait qu’un titre de séjour serait accordé après une durée minimale de travail de huit mois (contre 12 dans la version sénatoriale), la suppression de l'intervention de l'employeur et la possibilité pour le préfet de s'opposer à la délivrance du titre de séjour en cas de menace à l'ordre public. Les députés LR voteront contre le projet de loi du fait de cette «mesure particulièrement inacceptable» et des «régularisations massives que permettra ce texte», a répété Olivier Marleix. Il a indiqué que son groupe déciderait le 7 décembre s'il votera la motion de rejet préalable du texte, qui sera défendue lundi 11 décembre par les écologistes, à l'ouverture des débats à l'Assemblée. Une motion qui a de faibles chances de passer, le RN ayant laissé entendre qu'il voterait contre.

Prix du lait: la FNPL s’inquiète des «signaux» envoyés par «certaines laiteries»

Dans un communiqué du 6 décembre, la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) alerte sur «les signaux prix envoyés par certaines des plus grosses entreprises privées du secteur laitier» qui, insiste-t-elle, sont «très inquiétants». L’organisation, réunie en conseil national en marge de ses Assises, pointe des écarts de prix de plus en plus importants entre les industriels. «Si certains se satisfont de compresser les prix payés aux producteurs, d’autres envisagent l’avenir dans l’optique du renouvellement des générations, déclare la FNPL. Ces différences ne sont pas liées à la taille des entreprises, puisque les deux leaders ont des stratégies radicalement opposées et nous le regrettons.» Le prix négocié entre Lactalis et l’Unell, la principale organisation de producteurs livrant le premier collecteur français, est en baisse sur toute la fin de l’année 2023. En effet, le prix de base 38-32 pour décembre est à 405 €/1000 l, contre 443 €/1000 l chez Sodiaal. La coopérative, qui occupe la deuxième place des principaux collecteurs, annonce un prix de base 38-32 à 440 €/1000 l pour janvier et février 2024. «Ce prix traduit la politique de soutien aux éleveurs mise en œuvre tout au long de l’année 2023 afin de relancer le métier d’éleveur en donnant aux jeunes générations les moyens de vivre de ce métier et à inverser la déprise laitière», déclare Sodiaal dans un communiqué.

Indemnisations influenza 2022-2023: le solde déployé en janvier, taux inchangés

Dans un communiqué du 7 décembre portant sur les indemnisations des pertes économiques dues à l’influenza aviaire pour la saison 2022-2023, le ministère de l’Agriculture annonce que «le dispositif pour le solde de l’aide sera déployé au cours du mois de janvier 2024». Contrairement aux indemnisations sanitaires (abattage des foyers et dépeuplement préventif), les aides économiques couvrent les pertes de non-production liées aux restrictions sanitaires (allongement des vides sanitaires). Les éleveurs concernés seront indemnisés sur la base de leur marge brute journalière selon les barèmes annoncés en février: à hauteur de 90% des pertes durant les restrictions sanitaires (I1), puis à hauteur de 50 % après la levée des restrictions (I2), dans le cas général. Concernant les indemnisations I2, les pertes liées au repeuplement progressif dans le grand Ouest seront compensées à hauteur de 90%. Enfin, les pertes liées au «Plan Vendée militaire» (dédensification dans le grand Ouest cet été) le seront à 80%. La Rue de Varenne précise que, entre août et octobre, 42 M€ d’avances ont été versées à «près de 3000 éleveurs». Lors du dernier épisode (du 1er août 2022 au 1er août 2023), l’Hexagone a enregistré 402 foyers en élevage (pour 10 millions de volailles abattues).

Stratégie abattoirs: le ministère précise le calendrier et donne des gages aux régions

Dans le cadre de la Stratégie abattoirs lancée en juillet par Marc Fesneau, les opérateurs pourront demander à bénéficier du fonds de garantie publique en «avril, mai» 2024, a annoncé son cabinet le 7 décembre. Lors du Sommet de l’élevage, le ministre de l’Agriculture avait annoncé que ce fonds de garantie des encours d’emprunt devait permettre d’accompagner les abattoirs une fois identifié le «maillage pertinent et nécessaire pour chaque territoire». Autrement dit, il s’agit d’accompagner la restructuration du secteur provoquée par la décapitalisation. Le ministère, les filières et les collectivités doivent finaliser des diagnostics territoriaux d’ici janvier, avant de lancer des diagnostics individuels pour les abattoirs «pressentis comme nécessitant un accompagnement». Les régions auront un rôle accru lors de cette deuxième phase, au travers d’«instances régionales de gouvernance» qui verront le jour au «premier trimestre 2024». Formées a minima des interprofessions porcine et bovine, des services de l’État et des régions, ces instances «donneront le top départ des diagnostics individuels». Comme le précise le cabinet, «la mobilisation du fonds de garantie sera décidée par l’État, mais seulement une fois que les diagnostics territoriaux et individuels seront réalisés et que les instances de gouvernance régionales se seront prononcées».

Conflits de voisinage: la condamnation d'un éleveur de l'Oise confirmée en cassation

La Cour de cassation a rejeté le 7 décembre le pourvoi d'un agriculteur de l'Oise condamné à verser plus de 100 000 euros de dommages et intérêts à des riverains se plaignant du bruit et de l'odeur de ses vaches. La Cour de cassation a jugé dans son arrêt, consulté par l'AFP, que les nuisances «excédaient, par leur nature, leur récurrence et leur intensité, les inconvénients normaux du voisinage». Au cœur d'une bataille judiciaire depuis plus de dix ans, un hangar que Vincent Verschuere, éleveur bovin, a fait construire en 2010 dans son exploitation située au centre du village de Saint-Aubin-en-Bray (Oise), «pour une mise aux normes», assure-t-il à l'AFP. En mars 2022, la Cour d'appel d'Amiens a confirmé la condamnation prononcée par le tribunal de Beauvais en 2018, reconnaissant les nuisances olfactives et sonores du bâtiment. À son tour, la Cour de cassation estime que «les bâtiments agricoles litigieux se [situent] en zone urbaine du village, (...) au sein de laquelle sont en principe interdites les constructions et installations dont la présence est incompatible avec la vie de quartier en raison des nuisances occasionnées». Le tribunal judiciaire de Beauvais doit encore statuer sur le second volet de l'affaire, les solutions pour mettre fin aux nuisances.

Betteraves: face à la «volatilité» du marché sucrier, la CGB se montre prudente

À l’occasion de l’assemblée générale de la CGB (betteraviers, FNSEA) le 7 décembre, le vice-président de la CGB et président de la CGB Aisne, Guillaume Gandon, a déclaré «observer le marché mondial avec attention», alors que le cours du sucre vient de connaître un «brutal décrochage». Et d’ajouter qu’il est nécessaire de «s’assurer que le marché du sucre soit le moins volatile possible». Or, selon Olivier Crassard, analyste de marché pour le négociant Sucden, ce dernier «se caractérise par sa volatilité». M. Crassard explique notamment ce récent décrochage par la décision du gouvernement indien, qui «s’était engagé à faire de l’éthanol, mais ayant en tête le problème de sécurité alimentaire sur son propre marché, a annoncé la cessation immédiate de production d’éthanol». De son côté, Nicolas Rialland, directeur général de la CGB, estime que, «aujourd’hui, rien ne garantit le prix des betteraves qui seront semée à l’avenir». Fin novembre, le syndicat betteravier avait annoncé en conférence de presse une rémunération de la betterave pour la campagne 2023-2024 autour de 55 €/t. Prudent, il avait toutefois appelé l’ensemble des acteurs européens du sucre à «maîtriser les surfaces» en 2024. «Si l’UE augmente ses surfaces de 5 à 10%, elle pourrait redevenir excédentaire avec pour conséquence de faire converger le prix européen du sucre vers le prix mondial», avait prévenu la CGB.

Agrivoltaïsme: projet de décret salué, malgré une couverture «inacceptable» pour les JA

Réagissant, dans un communiqué du 7 décembre, aux derniers arbitrages du gouvernement sur le projet de décret encadrant l’agrivoltaïsme, la FNSEA salue «un texte conforme aux attentes et aux demandes de la profession». En particulier, elle estime avoir obtenu «pleine satisfaction» avec un taux de couverture des sols au maximum de 40%, qui permet de «ne pas brider inutilement la dynamique de la filière». De leur côté, les Jeunes agriculteurs ont salué, dans leur propre communiqué, des «avancées» dans le projet de décret, malgré un taux «inacceptable» de couverture des panneaux solaires. «Nous nous félicitons d’avoir été entendus sur des points aussi cruciaux que la baisse de rendement limitée à 10%, l’obligation de mettre en place des zones de témoin et le délai de mise en application du décret maintenu à un mois à compter de sa publication», affirme encore le syndicat. Reste un arrêté à venir, pour lequel les JA se disent vigilants quant aux travaux de l’Ademe: l’agence doit établir «une liste de technologies agrivoltaïques éprouvées» qui servira à fixer des valeurs maximales de taux de couverture. Et les Jeunes agriculteurs de lister de «nombreux» autres futurs chantiers: adaptation du statut du fermage, répartition de la valeur ajoutée, élaboration par les chambres d’agriculture de documents cadres sur les installations photovoltaïques au sol.

Viande in vitro: la FNSEA «en opposition totale et sans réserve à cette production»

Interrogé par Agra Presse le 7 décembre sur la viande in vitro, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau assure que son syndicat tient une «position très claire, en opposition totale et sans réserve à cette production». À la suite de la publication d'un rapport parlementaire en avril, le président de la commission Chaîne alimentaire de la FNSEA, Arnold Puech d'Allissac avait présenté à Agra presse la position du syndicat, indiquant que «ces produits ne seront jamais de la viande», qu'il n'en voyait «pas l'intérêt pour les agriculteurs»; mais il estimait alors avoir «encore besoin d'éléments» complémentaires: «Nous serons sans doute contre, mais pour l'instant, nous avons encore besoin de recherche», avait-il indiqué. «Je confirme que la FNSEA ne reconnaît pas les produits in vitro comme des viandes. Ce ne seront jamais des viandes», souligne-t-il aujourd'hui. «La FNSEA est totalement opposée à ces similis.» L'Organisation mondiale des agriculteurs (WFO), dont la FNSEA est membre, avait déjà décidé en mai «de ne pas reconnaître ces produits de laboratoire comme pouvant rentrer dans la chaîne alimentaire». Une proposition de loi (PPL) a été déposée, le 5 décembre, à l’Assemblée nationale, par le député des Ardennes Pierre Cordier (apparenté Les Républicains, LR) pour interdire «la production, la commercialisation et la vente de viande de synthèse en France», à l’instar de la loi adoptée en Italie mi-novembre.

Climat: Maïsadour veut «devenir neutre en carbone en 2045», cinq ans avant la SNBC

Lors d’une conférence de presse le 7 décembre, à l’occasion de son assemblée générale, le groupe Maïsadour a indiqué vouloir «devenir neutre en carbone en 2045», soit cinq ans avant la date fixée par les pouvoirs publics dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC). Pour y parvenir, la coopérative landaise compte réduire l’empreinte carbone de l’alimentation animale (35% de ses émissions), notamment grâce à sa filière locale de soja Graines d’alliance, qui a démarré cette année avec 8000 t de graines. Dans les champs de ses adhérents, le groupe vise un objectif de 100 000 ha d’agriculture régénératrice et une baisse de 30% de l’utilisation d’engrais azotés d’ici 2030, grâce à un «concept innovant de conseil en fertilisation» (analyses de sols et de sève, bactéries fixatrices d’azote, biostimulants, engrais bas carbone). Maïsadour compte aussi réduire sa consommation d’énergie (-70% en 2045) et généraliser les panneaux photovoltaïques sur tout nouveau bâtiment d’élevage. Plus largement, Maïsadour veut «devenir une référence environnementale», ce qui constitue le premier axe de sa nouvelle feuille de route Ambition 2030. Les trois autres axes portent sur la valeur ajoutée, les ressources humaines (attractivité) et le lien avec les territoires.

Céréales: Vivadour va développer du maïs «bas carbone» et une marque de whisky

Au lendemain de son assemblée générale, les dirigeants de Vivadour ont présenté les résultats 2022-2023 et les perspectives du groupe coopératif du Gers lors d'une conférence de presse le 7 décembre. En céréales, le niveau de collecte 2022 aura été «le plus faible enregistré au sein du groupe», avec un peu plus de 300 000 tonnes en conventionnel et en bio, «dû aux conditions caniculaires de l’été 2022». Pour faire face à ces moindres rendements, la coopérative a annoncé le développement de cultures contractualisées pour ses adhérents, notamment du blé Lu Harmony. Autre nouvelle filière: le développement d'un maïs «bas carbone», à partir des semis 2024, avec le semencier Corteva et sa marque Pioneer. L'idée est de miser sur un semis très précoce qui permette d'obtenir un maïs sec plus tôt à l'automne, afin d'éviter l'opération de séchage, très énergivore, a expliqué le président de la coopérative. Vivadour a aussi annoncé sa volonté de créer et développer une marque de whisky d'ici à trois ans. Pas de précision sur les céréales concernées. Historiquement très spécialisé sur le maïs (70% de la sole des adhérents), l'assolement du groupe s'est largement diversifié: le maïs ne représente plus que 45% de l'assolement.

Vin: Vivadour veut devenir un leader de la désalcoolisation en France

Au lendemain de son assemblée générale, les dirigeants de Vivadour ont présenté les résultats 2022/2023 et les perspectives du groupe coopératif du Gers lors d'une conférence de presse le 7 décembre. Dans le domaine du vin, Vivadour a annoncé qu'elle allait faire son entrée sur le marché des vins «no-low», c'est-à-dire à faible taux d'alcool ou complètement désalcoolisés. Pour ce faire, le groupe vient de nouer une «alliance stratégique» avec un pionnier de ce secteur, Moderato. La start-up propose déjà des vins provenant de la coopérative, sous le nom de «cuvée révolutionnaire». « Nous sommes dans le haut du panier en termes de qualité», ont expliqué les dirigeants. Dans la même optique, Vivadour vient de créer une nouvelle filiale intitulée «Le Chai Sobre», qui sera une «société de prestation de services spécialisée dans l’univers des vins désalcoolisés avec une équipe dédiée». Le groupe coopératif affiche, dans son communiqué, «la volonté de faire du Chai Sobre le premier centre d’excellence de la désalcoolisation en France.» Selon une étude du cabinet ISWR, le marché des boissons sans alcool et à faible teneur en alcool a dépassé 11 milliards de dollars en 2022, et il augmentera d'un tiers d'ici 2026, «grâce à la croissance des produits sans alcool».

Animaux à fourrure: Bruxelles s’engage à évaluer les conséquences d’une interdiction

Répondant le 7 décembre à l’initiative citoyenne européenne qui demande l’interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure dans l’UE, la Commission européenne a annoncé qu’elle allait commander à l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) un avis scientifique avant de prendre toute décision en la matière. Cette évaluation plus approfondie devrait être finalisée d’ici mars 2025. Sur cette base, Bruxelles décidera d’ici mars 2026 si elle juge approprié de proposer une interdiction de l’élevage d’animaux à fourrure, après une période de transition. Entre temps, la Commission européenne promet de prendre plusieurs mesures: contrôles sanitaires sur place dans des fermes d’élevage d’animaux à fourrure, évaluation d’impact en vue d’une éventuelle révision du règlement sur l’étiquetage des textiles et, en fonction des résultats de l’évaluation, une éventuelle inclusion du vison d’Amérique dans la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes. L'UE compte environ 1000 élevages pour quelques 7,7 millions d’animaux à fourrure.

Coopératives: un président de 36 ans à la tête de Vivadour

À l'issue de son assemblée générale le 6 décembre, Vivadour a annoncé, lors d'une conférence de presse le lendemain, l'élection d'un agriculteur de 36 ans, Florent Estebenet (voir photo) à la présidence du groupe coopératif. Installé en Gaec, il est à la tête d'une exploitation en polyculture-élevage, incluant des grandes cultures et des volailles labels. Il succède à Jean-Marc Gassiot-Vitalis, qui avait été élu en 2017. Ce dernier a évoqué une transition réfléchie «de longue date», avec une orientation «dans la continuité».

Bio: Didier Pérreol devient le nouveau président de l’Itab

Didier Pérreol a été élu président de l’Institut technique de l’agriculture et de l’alimentation biologique (Itab) le 30 novembre en assemblée générale, selon un communiqué diffusé le 5 décembre. Fils d’agriculteur, vice-président du groupe Léa Nature et fondateur du fabricant Ekibio (marques Priméal, Le pain des fleurs, Ma vie sans gluten…), il prend la suite de Sabine Bonnot dont les derniers mois de présidence ont été mouvementés. En avril, la Fnab (producteurs bio) lui avait retiré son mandat de représentation, à la suite d’un courrier anonyme critiquant la gouvernance de l’Institut. L’Itab annonce aussi l’arrivée de nouveaux membres à son conseil d’administration dont Chambre d’agriculture de France, la FNCuma et la Bergerie nationale.

Vin: Joël Boueilh réélu président des Vignerons coopérateurs de France

Les Vignerons coopérateurs de France annoncent la réélection, le 6 décembre, de Joël Boueilh comme président. Un nouveau mandat qui s’inscrit «dans la continuité» du précédent, selon un communiqué de la section de la Coopération agricole. De «profondes mutations attendent la filière», considère l’organisation, appelant à «adapter les pratiques viticoles aux évolutions climatiques et aux exigences du marché mondial». Joël Boueilh (55 ans) est vigneron à Saint-Mont (Gers), adhérent à la cave de Plaimont.

Agenda de la semaine agricole du 11 décembre 2023

Lundi 11 décembre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (NBT, semences, Pac, situation des marchés, miel, pesticides, bien-être animal)
Suite de la Cop28, jusqu'à mardi

Mardi 12 décembre
Séminaire Agrotic (nouvelles technologies) sur la biodiversité
Conférence de presse de NatUp (coopérative normande)

Mercredi 13 décembre
Congrès de la Coopération agricole, à Dijon, jusqu'à jeudi
Conférence de presse du Cniv (viticulture)
Journée du CTIFL (fruits et légumes) sur le changement climatique
Visioconférence de l'Afac sur les haies,les arbres et la Pac
Lancement de la «Milk tech» par la Fnil (laiteries)

Jeudi 14 décembre
Conférence de presse de la Drees (statistiques/Bercy) sur le RSA et l'insertion
Audition de Guillaume Gomez par la mission parlementaire sur «l'enjeu alimentaire»
Conférence de presse de l'UFS (semenciers)
Rencontres du fret maritime agroalimentaire, organisé par FranceAgriMer, Haropa et Isemar
Conférence de presse du Sedima (distributeurs de machines agricoles)
Conférence de presse du Fira (salon de la robotique agricole)
Visioconférence de l'Idele sur le programme GreenSheep (climat/ovins)
Conférence de FNH et CIWF sur l'élevage, à l'Assemblée

Vendredi 15 décembre
Visioconférence de FranceAgriMer sur les fruits et légumes transformés
Conférence de presse du GIPT (pommes de terre)
Réunion d'information de la Noriap (coopérative) sur l'engagement des jeunes