Agrafil du 12 février 2026

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UE/Etats-Unis : vers une position commune des eurodéputés sur l’accord commercial

Une semaine après la levée du blocage de l’examen des textes mettant en musique l’accord commercial UE/États-Unis de juillet, les rapporteurs de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta) sont parvenus à un compromis, le 10 février, sur les points les plus sensibles de la négociation. Cela ouvre à présent la voie à un vote le 24 février en Cominta. « Grâce à l'équipe de négociation du Parlement européen, nous disposons désormais d'une large majorité en faveur d'une position commune du Parlement européen sur la mise en œuvre de l'accord entre l'UE et les États-Unis », a ainsi annoncé sur le réseau social X le social-démocrate allemand Bernd Lange. Dans le détail, les eurodéputés se sont mis d’accord sur une clause d’extinction (« sunset clause ») pour l’accord relatifs la baisse des droits de douane sur les produits américains. Celle-ci serait fixée au 31 mars 2028. Le compromis prévoit aussi une clause de suspension en cas de menaces sur la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’UE. Enfin, des mesures de sauvegarde afin de faire face aux éventuelles hausses des importations américaines.

UE-Mercosur : les agriculteurs espagnols à Madrid pour manifester contre l’accord

Répondant à l’appel des organisations Unión de Uniones et Unaspi, plusieurs milliers d’agriculteurs et des centaines de tracteurs, ont défilé, le 11 février, dans le centre-ville de Madrid pour protester contre l’accord commercial UE-Mercosur. Alors que le gouvernement espagnol figure parmi les plus fervents soutiens du traité de libre-échange, ces organisations dénoncent, elles, la « concurrence déloyale » avec des pays tiers et les menaces qui pèsent sur la « souveraineté alimentaire ». « Non au Mercosur, non à notre ruine », « La campagne espagnole n’est pas à vendre », ou encore « La campagne meurt », pouvait-on lire sur les banderoles et les pancartes des manifestants. Cette mobilisation intervient au lendemain de l’adoption par le Parlement européen d’une législation visant à renforcer la clause de sauvegarde agricole au sein de l’accord UE-Mercosur. Une mesure dont l'inefficacité présumée est d'ailleurs dénoncée par les organisateurs. Au-delà du l’accord avec le bloc sudaméricain, les agriculteurs protestaient également contre les coupes budgétaires pour la Pac dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE pour 2028-2034.

Simplification: «encore beaucoup à faire», préviennent les filières agroalimentaires de l'UE

En marge du sommet européen de l'industrie à Anvers (Belgique) et à la veille d’un sommet informel des dirigeants européens au château d'Alden Biesen sur la compétitivité de l’UE, une coalition d’une quarantaine d’organisations agroalimentaires (Copa-Cogeca, FoodDrink Europe...) de l’UE appelle à placer leurs secteurs «au cœur de l’agenda européen». «L’incertitude mondiale, l’insécurité juridique, la complexité croissante des réglementations et des règles obsolètes freinent l’innovation et (…) mettent en péril des chaînes de valeur entières», font-elles valoir. «Il reste encore beaucoup à faire pour libérer tout le potentiel de la chaîne agroalimentaire» en matière de simplification et d’investissement, écrivent ces organisations. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, plaide dans une lettre adressée aux chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE pour simplifier toujours plus la réglementation européenne, renforcer le marché intérieur et continuer à conclure des accords commerciaux avec des pays tiers (Australie, Malaisie, Thaïlande étant parmi les prochains sur la liste).

Nutrition/climat : après plusieurs reports, la Snanc publiée, sans objectif chiffré pour la viande

Après plus de deux ans et demi de retard et de multiples reports, la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) a été publiée le 11 février. Prévue par la loi « Climat et résilience » de 2021, elle définit les orientations pour atteindre une alimentation « saine et durable » d’ici 2030. À savoir une hausse de la consommation de produits végétaux et une limitation (et non une réduction, comme initialement prévu) de la consommation de viandes et de charcuterie, en particulier importées. Le texte prévoit quatorze « actions phares », dont le renforcement des projets alimentaires territoriaux (PAT), l’encadrement réglementaire de la qualité nutritionnelle des repas servis dans les établissements de la petite enfance et les Ehpad, le renforcement de la lutte contre le gaspillage alimentaire ou encore le déploiement de l'affichage environnemental volontaire après une phase concertée de développement. Sa mise en œuvre s’appuiera notamment sur les futures éditions du Programme national pour l’alimentation (PNA) et du Programme national nutrition santé (PNNS). Plusieurs associations, dont le Réseau action climat (Rac), dénoncent toutefois un « triple renoncement » : l’absence de mesures contraignantes pour encadrer la publicité destinée aux mineurs pour des produits trop gras, trop salés, trop sucrés, l’absence d’un objectif de réduction de la consommation de la viande ou encore l’absence de mesures visant à limiter les produits ultra-transformés. 

Eau/captages : Barbut tente de rassurer la FNSEA sur l'étendue des futurs zonages

Alors que les discussions au sein du groupe national captages (GNC) s'enlisent et qu'un projet de loi d'urgence agricole se profile incluant un volet dédié à l'eau, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a donné, en ouverture du Comité national de l'eau le 11 février, des gages à la profession agricole. «Le travail doit se poursuivre pour améliorer la qualité de notre eau en agissant au niveau des captages les plus pollués, a déclaré la ministre, selon le discours transmis par son cabinet. Je tiens à préciser ici que cette action ciblée, pouvant aller jusqu'à des actions réglementaires, ne concernera tout au plus (que) 4% de la surface agricole utile» (SAU). Le ministère n'a pas précisé à quel zonage la ministre faisait référence lorsqu'elle évoquait ces «captages les plus pollués». Les discussions au sein du GNC portent notamment sur le seuil définissant les points de prélèvement sensibles. En septembre, les services du ministère souhaitaient, d'après plusieurs sources, que ce seuil soit fixé à 80% des normes de qualité d'eau, malgré l’opposition de la FNSEA. En décembre, les associations spécialisées en grandes cultures de la FNSEA craignaient que la définition des zones de captage d'eau potable sensibles recouvrent 20% de la SAU. Dans un communiqué le 11 février, la Fnab (agriculteurs bio) a présenté ses demandes, dont des objectifs chiffrés de surfaces bio sur les captages prioritaires et sensibles : 25 % en 2032, 50 % en 2038. Elle demande aussi une place réservée dans les instances de gouvernance de l'eau.

Eau/captages: des scientifiques et économistes pointent «l'inaction» du gouvernement

Des scientifiques et des économistes reprochent aux autorités leur «inaction» dans la préservation de l’eau, dans deux tribunes publiées le 11 février, à la veille de l’examen d’une proposition de loi écologiste pour protéger les captages des pesticides. «Suspendre les politiques de protection de l’eau revient à choisir d’aggraver les contaminations et l’incidence des maladies qu’elles engendrent», estiment dans une tribune au Monde plusieurs scientifiques, dont Laurence Huc, directrice de recherche à l’Inrae, ou les toxicologues de l’Université Paris Cité, Sylvie Bortoli et Xavier Coumoul. Cette prise de position intervient alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé un «moratoire sur toutes les décisions relatives» à la question de l’eau. Il faut «au minimum, arrêter l’usage de pesticides de synthèse dans les aires d’alimentation des captages d’eau potable», jugent les scientifiques, pour qui «l’inaction est irresponsable et coupable pour les générations à venir». Même constat au sujet de la raréfaction de l’eau de la part d’économistes du Conseil d’analyse économique (CAE) dans une tribune publiée par Libération : «ce qui manque, ce n’est ni l’expertise, ni les outils, mais la volonté de les mettre réellement en oeuvre, alors même que le réchauffement climatique rend chaque année l’inaction plus coûteuse». «Quand des scientifiques alertent, nous devons les écouter», a réagi la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Plainte pour pesticide interdit: nouvelle bataille judiciaire entre BASF et des ONG

Le géant allemand de la chimie BASF a affirmé le 11 février être en parfaite conformité avec la loi française au lendemain de l’annonce d’un dépôt de plainte d’associations écologistes pour la présence de pesticides interdits sur un de ses sites près de Lyon. En juin, lors d’une visite non autorisée chez BASF Agri-Production à Genay, des militants écologistes avaient affirmé avoir découvert du pesticide Fastac et sa substance active, l’alpha-cyperméthrine, deux produits interdits de production, stockage et circulation. Des faits confirmés par la Dreal (préfecture), qui avait également constaté «la présence d’un produit phytopharmaceutique contenant du chlorfénapyr, également interdit». Le 10 février, les associations écologistes Générations Futures et Alerte Planète, soutenues par Extinction Rebellion, ont affirmé avoir déposé une plainte contre BASF au tribunal judiciaire de Lyon, pour «faire cesser ce commerce toxique». «Les productions sur le site (de Genay) sont conformes à la législation française»qui, en la matière, «s’applique uniquement aux produits phytopharmaceutiques fabriqués à partir de substances non approuvées au niveau européen pour des raisons liées à la santé humaine, animale ou à l’environnement, ce qui n’est pas le cas en l’occurrence des produits phytopharmaceutiques à base d’alpha-cypermétrine, ni de ceux à base de chlorfénapyr», écrit BASF dans un communiqué le 11 février. Le groupe allemand annonce avoir «engagé un recours devant le tribunal administratif pour faire reconnaître ses droits».

PPL Entraves: le débat à l'Assemblée se concentre à nouveau sur l'acétamipride

Comme en commission quelques mois plus tôt, le débat qui a eu lieu en séance publique le 11 février sur la pétition d'opposition à la loi Entraves (dite loi Duplomb) s'est concentré sur l'acétamipride, molécule pour laquelle le sénateur Les Républicains (LR) a récemment proposé une nouvelle proposition de loi de réautorisation. La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué, à titre personnel, qu'elle était ouverte à la proposition de Laurent Duplomb. Elle a toutefois rappelé que le gouvernement serait attentif à l'avis préalable du Conseil d'Etat, et qu'il ne souhaitait toujours pas, conformément aux récents propos du Premier ministre, que ce texte soit intégré au projet de loi d'urgence agricole. C'est ce qu'a demandé le député UDI Thierry Benoit dans l'hémicycle. Ce spécialiste des questions agricoles y voit un moyen d'obtenir une étude d'impact détaillée, notamment pour l'apiculture, qui avait été un sujet de fracture entre les députés du centre. La ministre de l'Agriculture a rétorqué que le projet de loi d'urgence avait vocation à traiter un nombre réduit de dossiers, pour être adopté rapidement. Elle a convenu que le dernier rapport de l'Efsa sur l'acétamipride ne contenait pas de données nouvelles sur les conséquences sanitaires pour les abeilles mellifères. Dans un communiqué, Générations Futures demande au gouvernement de clarifier sa position sur l'acétamipride, l'estimant «gêné» dans ce dossier, à quelques jours du Salon de l'agriculture.

Gaspillage alimentaire: Garot veut un suivi quantitatif des progrès de lutte

A l’Assemblée nationale le 11 février, le député Guillaume Garot a plaidé en faveur d’un suivi quantitatif des progrès de la lutte contre le gaspillage alimentaire. Telle est l’une des cinq priorités de l’« Agenda 2030 » qu’ont présenté le député de Mayenne et sa consœur du Finistère Graziella Melchior ; les quatre autres priorités sont de favoriser les dons d’invendus, responsabiliser les entreprises et organisations, accompagner les consommateurs et mieux coordonner la lutte au niveau territorial. L’ancien ministre de l’Agroalimentaire estime que dix ans après la loi « anti-gaspi » de 2016 qu’il a inspirée, les avancées ne sont pas mesurées. Or, la grande distribution et la restauration collective étaient censées réduire leurs pertes de 50 % en dix ans, et la loi Agec (anti-gaspillage et économie circulaire, publiée en 2020) fixe le même objectif d’ici à 2030 pour le reste de la consommation et la production. Pour ce faire, trois propositions sont faites : des baromètres à chaque maillon de la chaîne alimentaire, la publication (volontaire) de données et une plateforme numérique centralisant l’information. Plus de 200 parties prenantes ont participé aux travaux, soulignent les deux députés dans l’introduction du document. 

Pâtes, riz : les États généraux du gaspillage alimentaire pour la fin des dates limites

Les États généraux du gaspillage alimentaire, lancés en 2025 par le député Guillaume Garot et dont les conclusions ont été présentées le 11 février préconisent parmi d’autres mesures la suppression des dates limite de consommation sur certains aliments, dont les pâtes et le riz. «Il y a des produits secs qui ont une durée de vie très longue, les pâtes, le riz, les céréales. Faisons en sorte qu’il n’y ait plus de DDM, de date de durabilité minimale, de date de péremption, sur ces produits-là», a proposé le député de la Mayenne Guillaume Garot. «Ça existe déjà pour le sucre. Regardez un paquet de sucre, il n’a pas de date dessus. C’est vrai aussi pour le vinaigre, c’est vrai aussi pour le gros sel. Faisons-le pour ces produits du quotidien», a exhorté le député en présence de 200 acteurs du monde de la grande distribution, du monde agricole et de la restauration. Chaque Français gaspille 135 euros de nourriture encore consommable par an, soit près de deux semaines de budget alimentaire moyen, selon les conclusion de ces États généraux qui ont formulé une série de propositions regroupées dans un «Agenda 2030», qui feront l’objet au printemps d’une proposition de loi, a indiqué le député.

Céréales à paille : les résistances à la septoriose du blé marquent le pas

Arvalis, Inrae et l’Anses ont publié, le 5 février, leur note sur l’évolution des résistances aux fongicides sur céréales à paille, qui dresse un état des lieux par maladie et par mode d’action. Bonne nouvelle ! Pour la septoriose du blé, les résistances ont, en 2025, marqué le pas, notamment celles liées aux SDHI : la fréquence moyenne, de 36 %, ne progresse pas. Les souches TriHR, très résistantes aux IDM, sont les seules à voir leur fréquence augmenter : elles représentent désormais 70 % de la population, contre 64 % un an plus tôt. Du côté des souches MDR, qui affichent une résistance croisée aux IDM et aux SDHI, leur fréquence tend à se stabiliser autour de 25 % en 2025. Les auteurs de la note recommandent de « n’intervenir que si strictement nécessaire » et, sur blé comme sur orge, de « limiter l’utilisation des SDHI à une seule application par saison ». Sur blé, face à la progression des résistances multiples, « privilégier les fongicides multisites et de biocontrôle s’ils peuvent améliorer l’efficacité et/ou la gestion de la résistance ». Sur orge, le recours au mélange trois voies (Qol + SDHI + IDM) doit être limité aux situations où l’helmintho est très difficile à contrôler. Enfin, sur rouilles des céréales, évitez les SDHI et préférez les associations triazoles + Qol. (Anne Gilet)

Blé tendre : les stocks prévisionnels repassent au-dessus de la barre des 3 Mt (FranceAgriMer)

Lors d’une visioconférence de presse le 11 février, le conseil spécialisé grandes cultures de FranceAgriMer (FAM) a relevé ses prévisions de stocks français de fin de campagne 2025-2026 de blé tendre entre janvier et février, passant d’environ 2,795 Mt à 3,047 Mt. Pour rappel, en septembre dernier, l’organisme public prévoyait des stocks bien supérieurs à 3 Mt pour cette fin de campagne commerciale. Cette révision à la hausse fait suite à l’abaissement des projections d’exportations vers les pays tiers de 300 000 t environ d’un mois sur l’autre, à 7,2 Mt. « La concurrence de l’Argentine est intense. Le Maroc aura une bonne récolte et n’importera pas en mai », commente Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques sur le marché français des céréales de FAM. Fait original : des chargements de 5 000 t de blé tendre et de 13 000 t d’orge vers l’Algérie sont rapportés par l’organisme public début février. Il s’agit d’une première depuis juillet 2024 pour la première espèce, et d'une première depuis trois campagnes pour la seconde. Peut-on y voir un signe d’une détente dans les relations franco-algériennes ? Rien n’est moins sûr, car cela n’a pas empêché FAM de réviser fortement à la baisse ses prévisions d’export d’un mois sur l’autre, et ne projette pas de réel retour d’achats significatifs algériens pour le moment. 

Sucre : des filiales du négociant français Sucden accusées d’avoir aidé l'armée russe (presse)

Selon une enquête du magazine Sources de la chaîne Arte du 10 février, des filiales russes du négociant français spécialisé dans le sucre (et d’autres matières premières) Sucden sont accusées de soutenir l’armée russe dans sa guerre en Ukraine. Plus en détail, le média rapporte que six de ces filiales ont fourni de nombreux matériels (véhicules, filets de camouflage, protections pour les tanks…) aux soldats combattant sur le front. À titre d’exemple, l’usine de sucre Agrosnabsahar, dans la région de Lipetsk, a livré à l’armée russe une machine à fabriquer des filets de camouflage, un équipement destiné à protéger les matériels militaires contre les drones. Autre exemple, une autre usine de Sucden a organisé une collecte de fonds pour l’armée russe. Les 152 000 euros récoltés ont permis à un groupe de bénévoles d’acheter en janvier 2025 des chargeurs de kalachnikov, des véhicules, des brouilleurs de drones ou des radios. Sucden a assuré à Arte que les faits étaient « totalement inconnus du siège du groupe » et « absolument contraires aux pratiques et règles applicables » au sein de la société. Une enquête interne a été ouverte, précise le négociant au média.

Semences potagères : l’anglais Tozer Seeds change de mains

Le semencier anglais Tozer Seeds Ltd, propriété de la famille Dawson, a annoncé le 3 février avoir été racheté par une joint-venture composée du semencier américain A.Duda & Sons et du producteur britannique G’s Group. Spécialisée dans les semences de crucifères, l’entreprise est connue pour avoir commercialisé les toutes premières variétés hybrides F1 de panais et de céleri. Elle diffuse ses produits dans le monde entier et dispose de filiales aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Espagne. L’acquisition s'appuie sur un partenariat de dix ans entre A. Duda & Sons (entreprise diversifiée dans l'agriculture et le développement immobilier) et G’s Group (14 500 hectares de salades et de légumes au Royaume-Uni, en Europe et en Afrique) qui a bénéficié d’une part, des semences de la filiale Duda Generations, et d’une longue collaboration avec Tozer Seeds d’autre part. Tozer Seeds continuera d’opérer indépendamment avec la même équipe dirigeante. Elle restera axée sur la sélection, la multiplication et la commercialisation à l’échelle mondiale de cultures horticoles spécialisées telles que le céleri, le panais, le chou frisé, la coriandre, la roquette, les courges, les légumineuses et les poireaux. 

Cidre : une année 2025 « dynamique », définition européenne commune à l’étude

L'Union nationale interprofessionnelle cidricole (Unicid) dresse un bilan positif de l’année 2025, marquée par une stabilisation des volumes après une récolte historiquement faible en 2023 puis un retour à la normale en 2024. En conférence de presse le 11 février, son directeur, Jean-Louis Benassi a évoqué une « dynamique positive », se disant « satisfait » de cette stabilisation et espérant un développement du marché. En octobre, Unicid qualifiait la campagne 2025 d’excellent millésime », aux alentours de 280 000 tonnes selon M. Benassi. Dans un contexte difficile pour la filière des vins et spiritueux, le cidre se maintient, avec une montée en gamme avec le recul des entrées de gamme et une progression des cidres bouchés. Parallèlement, la filière suit avec attention les discussions autour de la mise en place de nouvelles normes de commercialisation européennes pour le cidre. La dernière proposition de la Commission européenne, présentée le 5 février aux experts des Etats membres, prévoit un système de classification à trois niveaux, avec une appellation « cidre premium » réservée aux boissons contenant 100% de jus de pomme, « cider » à celles contenant au moins 50% de jus de pomme et « à base de cidre » à celles dont la teneur minimale en jus est de 20%. Selon M. Benassi, la question de l’utilisation de pur jus ou de concentré ne figurera toutefois pas dans ce règlement.

Export de pomme : Cofruid’Oc Méditerranée et Select Fruit créent une alliance

Dans un contexte international marqué par des tensions logistiques et une concurrence accrue, les entreprises spécialisées dans l’export de pommes françaises Cofruid’Oc Méditerranée et Select Fruit ont annoncé la création de l’alliance Tasty and Select, rapporte le média spécialisé FreshPlaza le 11 février. Les deux entreprises opèrent sur des marchés distincts. Cofruid’Oc exporte en Asie du Sud-Est (Malaisie, Singapour, Thaïlande), plus ponctuellement au Moyen-Orient, et développe des flux vers l’Amérique latine, notamment l’Équateur. De son côté, Select Fruit est historiquement présent sur le marché britannique, avec une accélération depuis trois ans sur le grand export, notamment en Asie et en Amérique latine, y compris pour des variétés biologiques. Selon Philippe Jean, directeur général de Cofruid’Oc Méditerranée, le marché à l’export est actuellement très dynamique pour les opérateurs français, en raison de la demi-récolte turque, des faibles volumes en Servie et dans les pays baltes et d’une production italienne réduite en Granny. L’alliance compte en profiter pour se développer en Afrique, au Moyen-Orient, mais aussi en Inde ou dans d’autres pays d’Amérique latine.

Assurance/vin : lancement inédit d’une assurance paramétrique contre le mildiou

Grande première en viticulture : le géant anglo-américain du courtage en assurance d'entreprises WTW lance une assurance paramétrique contre le mildiou, a-t-il annoncé le 11 février. « Développée avec l’assureur Seyna, la solution Vign’Protect Mildiou propose la couverture des coûts engagés dans la lutte contre la maladie ou les pertes de récolte », selon un communiqué. Son lancement intervient dans un contexte de réchauffement climatique favorable au mildiou, « un risque non-couvert » par les contrats traditionnels d’assurance multirisques, souligne WTW. Avec Vign’Protect Mildiou, « des seuils de déclenchement prédéfinis avec la mesure pluviométrique entrainent une indemnisation automatique sans expertise lourde ». L’assurance intègre « deux protections : l’une sur les surcoûts d’intrants par rapport à une année dite « normale », l’autre couvre une perte de récolte liée à une forte pression du parasite. WTW avait lancé Vign’Protect en 2024 pour couvrir les dépenses engagées contre le gel (par exemple l’achat de bougies, les annuités d’emprunts des tours antigel et tous autres systèmes de lutte). Ainsi, l'indemnisation Vign'Protect Gel se déroule en fonction d’une température de déclenchement définie par station météo Sencrop ou via un abonnement collectif.

Assurance des prairies : la FNB précise ses propositions pour l’expertise terrain

Dans un entretien à Agra Presse le 10 février, le président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), Patrick Bénézit, a précisé les demandes de son syndicat sur l’assurances des prairies, pour laquelle il demande une « refonte totale » du système de recours. De concert avec les autres syndicats d’éleveurs de ruminants de la FNSEA, la FNB souhaite un retour aux « expertises terrain » en cas de contestation de l’indice satellitaire, régulièrement jugé défaillant. Un système jugé trop coûteux par les assureurs et l’État. « Une expertise individuelle, ferme par ferme, peut être quelque chose de bloquant », reconnaît le président de la FNB. « Mais on peut imaginer des expertises collectives à l’échelle de certains territoires. » Elles pourraient, selon lui, être couplées à l’utilisation de données d’autres sources (bilans fourragers réalisés par les chambres d’agriculture, réseau de fermes de référence). Alors que la loi Duplomb a formalisé un dispositif de recours, « l’année 2025 a porté un coup de grâce au système », estime M. Bénézit. « Aucune instruction n’a été diffusée et aucun éleveur n’a eu accès au moindre recours de manière simple. »

Lait: au Royaume-Uni, Oatly privé du terme «lait» pour ses boissons végétales

« La Cour suprême du Royaume-Uni a statué que les fabricants de boissons à base de plantes ne peuvent pas utiliser le mot « lait » pour commercialiser leurs produits à base de plantes », a déclaré Alexander Anton, secrétaire général d’Euromilk, le 11 février dans un post LinkedIn. « Cet arrêt est une décision importante pour le secteur, car il apporte enfin de la clarté sur la manière dont les termes laitiers peuvent – et ne peuvent pas – être utilisés dans le branding et le marketing. Il offre une sécurité juridique accrue aux entreprises et contribue à garantir que les dénominations laitières établies de longue date conservent un sens clair pour les consommateurs », estime Judith Bryans, directrice générale de Dairy UK, qui représente l’industrie laitière britannique. Le directeur général d’Oatly pour le Royaume‑Uni et l’Irlande, Bryan Carroll, a déclaré que cette affaire était « un moyen d’étouffer la concurrence et n’est pas dans l’intérêt du public britannique. » La décision datée du 11 février découle d’une procédure opposant Dairy UK au fabricant de boissons végétales suédois Oatly, qui avait tenté de déposer la marque Post Milk Generation au Royaume‑Uni en 2021. 

Fromage : l’AOP roquefort va tester la monotraite pendant deux ans

Les producteurs de lait de la filière AOP roquefort vont pouvoir tester la monotraite. Ce test va se faire dans le cadre d’un dispositif d’évaluation d’une durée de 2 ans permettant de voir si cette pratique affecte ou non les qualités organoleptiques et physico-chimiques du fromage. « A l’issue de cette période, l’ODG (organisme de gestion, NDLR) pourra, selon les résultats obtenus, envisager l’intégration de cette pratique dans le cahier des charges afin qu’elle soit accessible à tous les opérateurs », indique l’Inao. Pour que cette évaluation puisse avoir lieu, le cahier des charges a été modifié par l’arrêté du 6 février 2026 publié au Journal officiel du 11 février. L'ODG de l’AOP roquefort est le premier à demander ce type de modification pour tester une innovation depuis que cela a été rendu possible par une directive du Comité national des appellations d'origine laitières, agroalimentaires et forestières de l’Inao en janvier 2025. La monotraite présente des avantages en termes d’organisation du travail de l’éleveur par une réduction du temps d’astreinte en salle de traite et une moindre pénibilité. En revanche, la monotraite entraîne une perte de volume de lait produit.

Lait/relations commerciales : les industriels visés par les organisations de producteurs

A l’issue d’un conseil d’administration réuni la veille, France OP Lait a dénoncé par voie de communiqué le 11 février « des relations toujours plus conflictuelles avec certains industriels et des OP qui restent encore sans contrat ». Selon la fédération nationale qui regroupe 20 organisations de producteurs (OP), « les industriels font peser une pression importante sur la rémunération des producteurs, en se retranchant derrière des arguments de marché sans transparence sur la réalité de celui-ci. Les références évoquées (PGC export, beurre-poudre...) sont jugées peu représentatives de la valorisation réelle. » France OP Lait demande l’application pleine et entière de la loi Egalim, dont la construction du prix en marche avant, et déplore que les tensions entre distributeurs et industriels soient répercutées systématiquement dans les relations entre les OP et les industriels. Cette prise de position n’est pas étonnante alors que les négociations commerciales fournisseurs-distributeurs, tendues comme chaque année, doivent se terminer le 1er mars. La Fnil a récemment mis en lumière des prix d’achat trop faibles de la part des distributeurs. La FCD (distributeurs) rappelle de son côté la faible compétitivité des usines hexagonales.

Lait : la FCD pointe une faible compétitivité des laiteries françaises à l’export

La FCD (distributeurs) a dénoncé le 10 février une «instrumentalisation» par la Fnil (industriels) de données visant à accréditer l’idée qu’en Allemagne les produits laitiers bénéficiaient d’une meilleure valorisation auprès des GMS, comparé à ce qui se passe en France. « L’instrumentalisation par la Fnil d’un graphique extrait de cette étude du Cniel, présenté partiellement, sur une période très spécifique et sans restitution du périmètre ni des hypothèses méthodologiques, a conduit à des interprétations inexactes. Le Cniel a d’ailleurs rappelé à l’ensemble de ses membres que ces éléments ne peuvent être lus qu’à la lumière de l’étude complète et de ses limites. », écrit la FCD. Selon les distributeurs, « les difficultés rencontrées aujourd’hui par les producteurs français s’expliquent avant tout par les conditions de compétitivité à l’export », les industries laitières allemandes ayant des coûts de transformation plus compétitifs que les françaises, ce que la Fnil ne conteste pas. Par ailleurs, les distributeurs rappellent que le marché intérieur ne pèse que 37 % des volumes de la production laitière française (40 % sont exportés) et que leur taux de marge nette sur les produits laitiers est de l’ordre de 1% du chiffre d’affaires.

Vaccination DNC : la FNSEA veut des précisions, Conf’ et CR toujours contre l‘abattage

Dans un communiqué du 11 février, les JA, la FNSEA et ses associations spécialisées d'éleveurs de bovins (FNB, FNPL) demandent à l’État des « réponses rapides, précises et opérationnelles » sur le déroulement de la campagne de vaccination 2026 contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Après une réunion du Cnopsav le 9 février, le ministère de l’Agriculture annonçait une nouvelle campagne de vaccination dans les zones déjà vaccinées en 2025 et début 2026. « Aucune discussion n’a été engagée sur le calendrier opérationnel », déplorent les syndicats majoritaires, qui ont voté en faveur de la vaccination mais pointent un « manque de visibilité ». Le ministère indiquait le 9 février attendre encore « des ajustements qui remonteront du terrain » afin de finaliser le calendrier. Tout en précisant que la vaccination interviendrait avant la montée en estive pour les régions de l’Est (Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté), et après le retour d’estive pour le Sud-Ouest (Occitanie, Nouvelle-Aquitaine). De leur côté, la Confédération paysanne et la Coordination rurale se sont abstenues lors du vote en Cnopsav. Dans des communiqués séparés, les syndicats minoritaires insistent sur leur demande de cesser l’abattage total des lots d’animaux infectés, un « préalable » à la vaccination pour la Conf’.

Distribution : le chinois JD.com lance la livraison express en UE, alimentation comprise

JD.com lance son service de distribution express en Europe pour sa plateforme de vente en ligne, a annoncé le 10 février le groupe JingDong Logistics. JoyExpress doit offrir aux clients de JoyBuy, l'activité e-commerce du groupe en Europe, « une livraison le jour même et le lendemain dans les grandes villes », écrit l'entreprise dans un communiqué, précisant que le service, encore en test, s'appuiera sur 60 entrepôts et dépôts en Europe. La France, l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni vont bénéficier de ce service concernant des secteurs tels que l'électronique, l'électroménager, les biens de consommation et les produits alimentaires. Avec quelque 700 millions d'usagers annuels revendiqués, JD.com est aujourd'hui le numéro trois du commerce en ligne en Chine, selon le cabinet Zheshang Securities. Il relance son offensive internationale aujourd’hui après un échec en Allemagne en 2018 et en lien avec un ralentissement en Chine. En novembre 2025, le géant chinois avait accepté les conditions posées par le ministère de l'Economie français pour devenir de manière indirecte le deuxième actionnaire au capital de Fnac Darty. Mais Daniel Kretinsky, déjà au capital à hauteur de 28%, va lancer une offre publique d'achat (OPA) afin de prendre le contrôle de Fnac Darty.

Syndicalisme : cinq militants de la Coordination rurale interpellés en Haute-Garonne

Six agriculteurs, dont « au moins cinq membres de la Coordination rurale », ont été arrêtés le 11 février à leur domicile en Haute-Garonne, a priori sans lien avec les récentes manifestations à Toulouse, apprend-on dans un article d’Ici Occitanie (ex-France bleu). Citant le procureur de la République de Toulouse, le média public précise que les prévenus sont « en garde-à-vue à Muret, Seysses et Luchon ». Toujours selon le parquet, ils sont auditionnés pour « des faits de dégradation de transformateurs Enedis commis entre le 15 et le 27 janvier ». Des faits considérés comme aggravés par « la réunion et la dissimulation du visage des auteurs », un « vol en réunion » et la « coupe d’un arbre en bordure de route » ayant provoqué la « mise en danger de la vie d’autrui ». D’après Ici Occitanie, « le parquet précise bien que ces gardes à vue n'ont rien à voir avec [les] incidents [du] 27 janvier » survenus lors d’une manifestation à Toulouse. Réagissant dans un communiqué le même jour, la Coordination rurale a dénoncé une arrestation « inacceptable », estimant que ses militants ont été traités « comme s’il s’agissait de criminels dangereux ». « Pour l’un d’entre eux, la porte de son domicile a été fracturée avant qu’il ne soit interpellé et menotté devant ses enfants », déplore le syndicat, qui pointe « une tentative claire d’intimidation politique ».

Syndicalisme : Mathilde Roby nommée directrice générale de Jeunes agriculteurs

Jeunes agriculteurs annonce la nomination de Mathilde Roby comme directrice générale, à compter du 16 février. Elle remplace Jérôme Simon, qui quitte le syndicat pour rejoindre la Fédération nationale du Crédit agricole au poste de responsable Agriculture et Agroalimentaire. Mathilde Roby, entrée chez JA comme conseillère juridique en 2018, était jusque-là responsable du service économique et international. Originaire de la Creuse, elle est issue d’une famille d’agriculteurs et titulaire d’un master en droit de l’activité agricole et de l’espace rural, précise le communiqué. Son prédécesseur Jérôme Simon aura passé quinze ans chez JA.

Syndicalisme : Bénézit réélu à la présidence de la FNB, Mandin de nouveau secrétaire général

Réuni le 11 février, le conseil d’administration de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) a réélu à sa présidence Patrick Bénézit, pour un deuxième mandat de trois ans, d’après un communiqué. Installé dans le Cantal, en Gaec avec sa femme et son fils, cet éleveur de charolaises bio avait été élu pour la première fois président de la FNB en février 2023. Le tandem à la tête de cette association spécialisée de la FNSEA ne change pas, car l’éleveur vendéen Cédric Mandin a également été réélu secrétaire général. Le nouveau bureau, composé de 22 membres, compte cinq vice-présidents : Emmanuel Bernad (Nièvre), Angélique Delaire (Puy-de-Dôme), Guillaume Gauthier (Saône-et-Loire), Maryvonne Lagaronne (Pyrénées-Atlantiques) et Philippe Sellier (Eure).

Distribution : Metro France place Cynthia Merope à sa direction générale

Dans un communiqué du 9 février Metro France annonce que sa direction générale sera occupée à compter du 2 mars 2026 par Cynthia Merope, actuelle directrice des Achats et du Marketing, en remplacement de Pascal Peltier qui doit diriger « un autre groupe de dimension internationale ». Cynthia Merope a débuté il y a seize ans dans le groupe en tant que directrice financière. Depuis 2020 en charge des achats et du marketing, elle a appuyé les orientations stratégiques du distributeur, notamment la charte Origine France et les marques propres. Elle a aussi renforcé les liens entre les restaurateurs et les filières de production, selon le communiqué. Metro France revendique 16,7% de part de marché auprès des métiers de bouche, ayant gagné 2,5 points sous la direction de Pascal Peltier depuis 2021. Metro France distribue ses produits en mode cash & carry dans ses 99 halles et par la livraison. 

Précision sur les aides couplées animales

La position commune des associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA, évoquée dans l’Agrafil daté du 11 février, consiste à « renforcer le couplage des aides » dans la future Pac, pour les ovins, caprins et bovins (lait et viande), précise le président de la FNB (bovins viande) à Agra Presse.