Agrafil du 12 mars 2025

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Similis in-vitro : Londres évalue huit produits en vue d’une vente dans deux ans

La FSA (agence sanitaire britannique) a annoncé le 10 mars les huit lauréats* de son programme d’évaluation des produits d’agriculture cellulaire (CCP, pour Cell-Cultivated Products). D'après un communiqué, « l’agence s’engage à réaliser l'évaluation complète de la sécurité de deux CCP au cours des deux prochaines années », préalable à une commercialisation outre-Manche. Les aliments concernés : du sucre, de la viande et des produits laitiers, produits à partir de cellules prélevées sur des animaux ou plantes, puis cultivées dans des bioréacteurs. Au-delà de l’évaluation sanitaire, le programme fournira des lignes directrices aux autorités, afin « d'évaluer plus efficacement les demandes de création de CCP et de s'assurer qu'elles sont sûres avant d'être vendues aux consommateurs ». Ce programme sera mené par « une équipe de scientifiques et d'experts en réglementation », « en collaboration avec des organismes universitaires, l'industrie des CCP et des organisations commerciales ». Une implication des entreprises qui soulève des critiques, selon un article de la BBC : « Les sociétés qui aident la FSA à élaborer ces réglementations sont celles qui sont le plus à même de bénéficier d’une dérégulation », pointe Pat Thomas, directrice de l’association Beyond GM. * Hoxton Farms, BlueNalu, Mosa Meat, Gourmey, Roslin Technologies, Uncommon Bio, Vital Meat et Vow.

FCO : le gouvernement annonce des commandes de vaccins contre le sérotype 1

« Le gouvernement a réservé, en commande groupée et dans un marché en tension, des doses de vaccins pour la FCO-8 (...) et la FCO-1 », a annoncé Agnès Pannier-Runacher devant les députés le 11 mars. La ministre de la Transition écologique répondait à la place de sa collègue de l’Agriculture lors d’une séance de questions au gouvernement. Absent de l’Hexagone, le sérotype 1 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est apparu en Espagne en septembre 2024. Interrogé lors du Salon de l’agriculture, le réseau GDS France (groupements de défense sanitaire) réclamait une vaccination contre la FCO-1 dans une « bande tampon » le long des Pyrénées. Agnès Pannier-Runacher n’a pas précisé qui de l’État ou des éleveurs paiera ces doses. Interrogé par Agra Presse, le ministère de l’Agriculture n’avait pas répondu à l’heure où ces lignes sont écrites. Le sérotype 1 étant absent du territoire français (exotique), la vaccination devrait logiquement être à la charge de l’État, comme cela a été le cas pour le sérotype 3, apparu en août 2024. Quant au sérotype 8, présent en France depuis 2015, il a causé plus de 16 000 foyers entre le 1er juin 2024 et le 6 mars 2025. Interrogée spécifiquement sur le sérotype 8 par le député Hervé Saulignac (PS, Ardèche), Mme Pannier-Runacher n’a pas évoqué la FCO-3.

Porc: au Danemark, obligation d’anesthésier avant castration depuis le 1er mars

Dans un communiqué paru le 28 février, le ministère danois de l’Alimentation et de l’Agriculture informe de l’entrée en vigueur le 1er mars de l’obligation d’anesthésier les porcelets avant leur castration. Les éleveurs seront par ailleurs tenus de rafraîchir les porcs dès que les températures vont s’élever en actionnant les gicleurs (sprinklers) installés dans leurs bâtiments selon une fréquence et une durée appropriées. Le communiqué mentionne le lien entre la chaleur estivale favorisant l’agressivité des porcs et les cas de caudophagie. Cette agressivité doit être contrôlée puisqu’un nouveau régime fiscal encourage les éleveurs à réduire la pratique de section des queues des porcelets. Ces dispositions, rappelle le communiqué, font partie du programme «Ensemble pour les animaux» signé en février 2024 entre le gouvernement (social-démocrate, de gauche, modéré), le parti populaire socialiste, l’alliance libérale, le parti populaire conservateur, la gauche radicale, le Parti populaire danois et l’Alternative. Le ministre Jacob Jensen se félicite de la pleine réalisation de ce programme de 31 initiatives visant à améliorer le bien-être des animaux de toutes espèces, y compris de compagnie.

Porc/PPA: incidence toujours vive à l'ouest de l'Allemagne et au nord de l'Italie

Le dernier bulletin de la plateforme d'épidémiosurveillance Esa, édité le 4 mars, fait état d’une « densification » des cas sauvages de peste porcine africaine (PPA) dans le sud du land de Hesse en Allemagne, et de la poursuite des détections dans le nord de l’Italie. Les nouveaux cas allemands se concentrent le long du Rhin, le sud du land de Hesse ayant connu 77 nouvelles déclarations la semaine passée. Pour autant la distance du cas sauvage le plus proche de la France reste de 70 km. L’incidence mensuelle est montée à 220 cas sauvages en Allemagne. Ces cas sont désormais essentiellement déclarés dans l’ouest du pays, alors que la maladie se fait plus rare sur le front polonais. En Italie, la PPA remonte vers le nord entre la Lombardie et le Piémont, le long de la rivière Tessin, se rapprochant de la Suisse (à 43 km). D’après la Commission européenne, l’incidence mensuelle continue de monter en Italie depuis début novembre 2024 pour atteindre 61 cas. Tous les cas détectés ces quatre dernières semaines l’ont été en haut de la Botte. De nouveaux cas ont été détectés dans le sud du Piémont, mais la distance la plus courte de la frontière française reste de 55 km.  

Maraichage/pesticides : nette baisse des IFT en dix ans pour les principales cultures

Contrairement aux grandes cultures, pour lesquelles les indices de fréquence de traitement (IFT) de pesticides stagnent, les principales cultures légumières françaises ont connu des progrès significatifs dans la baisse des usages depuis dix ans, selon l'enquête Pratiques culturales 2022 publiée le 7 mars par le ministère de l'Agriculture. La réduction la plus importante est observée en tomates, où l'IFT total a reculé de plus d'un tiers, à 6,5 en 2022, contre 10,3 en 2019 et 2013. En carottes, l'IFT a baissé d'un point, à 6,6 en 2022 (contre 7,7 en 2019 et 8,02 en 2013). En fraises, l'IFT a baissé de 1,5 point, à 5,4 (contre 6,9 en 2019 et 6,37 en 2023). En melon, la baisse est de 2,8 points, avec un IFT total de 4,9 en 2022 (contre 7,7 en 2019 et 6,25 en 2013). En choux à inflorescences, l'IFT baisse de 0,7 point, à 2,2 ; et il chute de 3,4 points en choux à feuilles, à 3,5. L’IFT total mesure la quantité de pesticides administrée sur une parcelle, ou lors du stockage, exprimée en nombre de doses de référence des produits utilisés. Les IFT à la parcelle peuvent varier significativement selon la pression parasitaire de l'année ; dans le cadre de certains MAEC, c'est une moyenne pluriannuelle qui est utilisée pour évaluer la baisse des usages.

Fruit et légumes : hausse du nombre de Français pratiquant l’autoproduction (étude)

Selon la seconde édition de l’observatoire de l’autoproduction Gamm Vert/Obsoco sorti le 10 mars, le nombre de Français cultivant des légumes a progressé de 4 points entre 2022 et 2024 (atteignant 36% des répondants) et ceux cultivant des fruits, de 2 points (43%). Par ailleurs, ils sont 31% à confectionner des conserves ou bocaux de fruits et 23% en ce qui concerne les légumes. Globalement, 38 millions de Français pratiquent au moins une activité d’autoproduction, dont une très grande majorité (28,8 millions, soit 63%) cultivent des fruits, des légumes ou des herbes aromatiques. Le reste concerne la fabrication d’engrais naturel (43%), les conserves et charcuterie (36%) l’élevage de poule (9%) ou l’apiculture amateur (1,3%). «L’autoproduction confirme sa dynamique positive avec 13% de nouveaux pratiquants (soit 5,8 millions de Français). Les nouveaux producteurs sont plus jeunes, plus urbains, mais aussi plus modestes» souligne l’étude. Les motivations sont diverses. Si disposer de produits bruts et sains est la première raison (55%), près de 38% indiquent être dans une démarche d’économie: cette motivation gagne 8% entre 2022 et 2024, reflétant le contexte inflationniste. En 2024, la somme annuelle moyenne consacrée à l’autoproduction est de 200€ par individu, légèrement en baisse par rapport à 2022 (-18€).

Météo/climat : l'Espagne entrevoit la fin de la sécheresse après des pluies torrentielles

L'Espagne est sur le point de sortir de l'épisode de sécheresse auquel elle est confrontée depuis 2021 à la faveur des fortes pluies tombées à l'automne ainsi que ces derniers jours, a annoncé le 11 mars l'Agence météorologique espagnole (Aemet). « Si nous analysons les pluies qui se sont accumulées (...) au cours des douze derniers mois sur l'ensemble de l'Espagne péninsulaire, à la fin février, il n'y avait plus de sécheresse », a assuré le porte-parole de l'Aemet, Ruben del Campo, lors d'une conférence de presse. Mais « il y a un autre type de sécheresse, qui est la sécheresse de longue durée, analysée en comptabilisant les précipitations des trois années précédentes », a précisé M. del Campo, en rappelant que l'Espagne avait souffert d'un important déficit de précipitations sur cette période. « À la fin février, la quantité de pluie accumulée [sur ces trois années] était encore inférieure à la normale », a-t-il indiqué, tout en précisant que cette situation était sur le point de prendre fin en raison des pluies tombées ces derniers jours sur la péninsule ibérique. « Nous avons un mois de mars très pluvieux », a relevé M. del Campo, en rappelant que des « records de précipitations » avaient été enregistrés dans certaines régions.

Climat: Upcoop lance la mesure de l'empreinte carbone via les titres-restaurant

La coopérative Upcoop, notamment spécialiste des titres-restaurant, va proposer aux salariés de mesurer l’empreinte carbone de leurs repas achetés avec leur carte UpDéjeuner. Ce dispositif novateur est en cours de déploiement en Belgique, via sa filiale Monizze, et arrivera prochainement en France. Objectif : encourager la consommation éco-responsable et « inciter les salariés à réduire l’empreinte carbone liée à leurs achats alimentaires d’au moins 13% », indique la coopérative. Le nombre d’utilisateurs potentiels s’élève à 400 000 en Belgique et à 1 million en France au lancement. Cette fonctionnalité, développée en partenariat avec Ecolytiq, est intégrée dans l’application du salarié qui peut « visualiser instantanément les émissions de CO₂ associées à chaque achat ». S’ajoute « un suivi mensuel » et des « conseils pratiques » pour s’améliorer. L’empreinte est calculée « en analysant les dépenses des utilisateurs dans des catégories telles que les supermarchés, la restauration rapide et les boucheries », détaille Upcoop, tandis que « chaque catégorie est associée à des facteurs d'émission moyens basés sur la production, le transport et la transformation des produits achetés », en s’appuyant sur « des facteurs d'intensité carbone fiables dérivés d’Exiobase » (base de données). 

Relations commerciales : vers une transparence renforcée autour du SRP+10

A l’issue de son examen par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 11 mars, la proposition de loi (PPL) sur le prolongement du SRP+10 au-delà du 15 avril 2025 a été adoptée. Cette PPL dont le rapporteur est le député Stéphane Travert (Renaissance) prévoit un prolongement du dispositif pour certains produits alimentaires jusqu’au 15 avril 2028 afin de «garantir un cadre juridique stable», «préserver les équilibres commerciaux» et «poursuivre l’évaluation des impacts». Pour les produits de DPH (droguerie/parfumerie/hygiène), l’encadrement des promotions prendra fin au 15 avril 2026 comme prévu dans la loi Descrozaille. Plusieurs amendements ont été adoptés ; pour avoir une vision précise de l’impact de la loi, il est prévu que les distributeurs fournissent des éléments précis sur l’utilisation du surplus de marge qu’a engendré le SRP+10 pour certains produits d’appel. Or en cas de manquement, l’amendement CE30 prévoit que le distributeur pourra être puni d’une amende administrative ne pouvant excéder 75000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale. Les grands fournisseurs de PGC (produits de grande consommation) devront transmettre chaque année un document présentant la part du surplus de chiffre d’affaires généré par le dispositif et l’amélioration de la rémunération de leurs propres fournisseurs (amendement CE5). Les mêmes sanctions que pour les distributeurs sont prévues.

Luzerne : Désialis table sur une baisse significative des surfaces en 2025 et 2026

Lors d'une conférence de presse le 11 mars organisée par La Coopération Agricole - Luzerne de France, le directeur général de Désialis (commerçant français de luzerne déshydratée) Pierre Bergoc a annoncé s'attendre « à une baisse de plusieurs milliers d'hectares de la surface de luzerne », lors des deux prochaines années,  sur la zone d'influence de la société, qui commercialise les volumes produits sur environ 80 % de la sole nationale. Cette dernière s'élèvait à 68 000 ha en 2023. Plus en détail, Désialis projette pour le moment un recul de 5 % de la sole entre les étés 2023 (récolte 2024) et 2024 (récolte 2025). Un nouveau repli de 5 % est attendu à l'été 2025 (récolte 2026). La raison : la chute des cours mondiaux et français, plombant la rentabilité des producteurs, qui seraient amenés à abaisser leurs plantations. Les éléments baissiers sont multiples : chute des cours du complexe protéine (tourteaux, blé, issues de meunerie), forte production états-unienne de luzerne, faible demande chinoise, production espagnole dépassant les attentes etc. Selon nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier, les prix en base départ Marne, principal indicateur français, passent de plus de 300 €/t courant 2023 à 185 €/t en 2025.

Colza/mutagénèse : le projet de décret du gouvernement en consultation

En application des avis rendus en 2019 et 2023 par la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), le gouvernement a mis en consultation, le 7 mars, un projet de décret redéfinissant les critères d'exemption des techniques de mutagénèse des obligations de la directive OGM. Il s'agit de la même version sur laquelle l'Anses a rendu un avis de conformité fin février. Saisie par le Conseil d'État dans une affaire initiée par la Confédération paysanne, la CJUE avait conclu d'une part que les techniques de mutagénèse dirigée devaient se conformer aux obligations (2019) et, d'autre part, que toutes les techniques de mutagénèse aléatoire (in vivo ou in vitro) étaient en revanche exemptées (2023). Restait à le transcrire dans un décret national ; la première modification consiste à préciser que la liste des techniques de mutagénèse concernées sont uniquement celles qui sont « aléatoires ». La deuxième porte sur la façon de présenter la liste des techniques exemptées ; le gouvernement propose d'ajouter, à la mention « qui ne sont pas considérées comme donnant lieu à une modification génétique », la seconde mention suivante : « ou qui ont fait l'objet d'une utilisation traditionnelle et dont la sécurité pour la santé publique ou l'environnement est avérée depuis longtemps ». Une formulation imprécise, avait jugé l'Anses.

Maïs : Maïsadour profite de nouveau de la ligne ferroviaire Laluque-Tartas (Landes)

Un train chargé de maïs appartenant à Maïsadour a, le mois dernier, inauguré la réouverture de la ligne de fret entre Laluque et Tartas, dans les Landes. 12,6 kilomètres de voies réhabilités pour un montant de 16,6 millions d’euros, financés à 70 % par la région Nouvelle-Aquitaine et 30 % par l’État. Cette ligne, reliée au réseau ferré national, va permettre à la coopérative d’acheminer son maïs vers l’un de ses clients amidonniers italiens, réduisant ainsi l’utilisation de camions. « Une initiative unique en Nouvelle-Aquitaine sur le secteur agricole, à l’impact environnemental bénéfique, qui s’inscrit dans le cadre de la stratégie Ambition 2030 de Maïsadour », précise le groupe coopératif dans un communiqué du 11 mars. Chaque semaine, un train de 1200 tonnes quittera le silo de Bégaar de Maïsadour. » L’objectif est de charger entre 12 et 15 trains au total - près de 650 camions en moins sur les routes -, soit plus de 500 tonnes d’équivalent CO2 évitées, l’équivalent de 500 vols aller-retour Paris-New-York. Une économie également financière puisque le coût moyen du fret ferroviaire oscille entre 0,05 et 0,10 € par tonne-kilomètre. Pour accompagner cette nouvelle approche logistique, l’organisation interne au sein du silo a également été repensée. Déjà, le groupe cherche d’autres destinations en Europe, pour de nouveaux clients. (Anne Gilet)

Céréales: le Coceral abaisse légèrement ses prévisions de récolte dans l'UE

Dans ses prévisions pour 2025, publiées le 11 mars, le Coceral (commerçants européens de grain) a révisé à la baisse la récolte de céréales dans l’UE et au Royaume-Uni à 296,1 millions de tonnes contre 297,8 Mt prévues en décembre. Des estimations qui restent au-dessus des 278,2 Mt récoltées en 2024. La production de blé atteindrait 137,2 millions de tonnes (contre 125,1 Mt en 2024, mais 140,4 Mt prévues en décembre). Des semis inférieurs aux prévisions initiales en France et au Royaume-Uni ont pesé sur les perspectives. Même constat pour l’orge dont la récolte est estimée à 58,8 Mt (contre 57,8 Mt en 2024 et 59,7 Mt prévues en décembre). Les prévisions de récoltes de maïs sont, elles, revues à la hausse à 63,3 Mt contre 61,9 Mt en décembre et 58,9 Mt collectées en 2025. Côté oléagineux, la récolte de colza devrait passer de 18 Mt l’année dernière à 20 Mt en 2025 (en léger recul par rapport aux 20,3 Mt prévues de décembre) « principalement en raison d’un retour à des plantations normales en Roumanie et en Bulgarie et d’une reprise des rendements en France et en Allemagne », souligne le Coceral.

Chlordécone: l’Etat devra indemniser le préjudice d’anxiété avéré

La cour administrative d’appel de Paris a tranché que l’Etat devra indemniser les victimes de la chlordécone démontrant un préjudice moral d’anxiété avéré, rapporte l’AFP le 11 mars. Saisie par 1286 plaignants de Martinique et de Guadeloupe, la cour a estimé dans un arrêt que « l'Etat a commis des fautes en accordant des autorisations de vente d'insecticides à base de chlordécone, en permettant leur usage prolongé, en manquant de diligence pour évaluer la pollution liée à cet usage, y mettre fin, en mesurer les conséquences et informer la population touchée ». Par conséquent, l’Etat « doit réparer, lorsqu'il est démontré, le préjudice moral d'anxiété des personnes durablement exposées à cette pollution ». Seules une dizaine de victimes ont été reconnues comme pouvant prétendre à une indemnisation, en raison de preuves (analyses sanguines et études environnementales) permettant d'établir une « exposition effective à la pollution des sols, des eaux ou de la chaîne alimentaire » et un risque élevé de développer une pathologie grave. Saluant une « victoire » créant un « précédent » en matière de pollution environnementale, l’avocat des parties civiles Me Christophe Lèguevaques a regretté que la reconnaissance du préjudice ne soit accordée qu’à un nombre restreint de victimes.  

OFB : la CGT Environnement circonspecte du soutien de François Bayrou

Dans un communiqué adressé aux agents de l’OFB le 10 février, la CGT Environnement émet des réserves sur le soutien du Premier ministre François Bayrou, suite à son courrier adressé le 27 février au directeur général de l’OFB, Olivier Thibault. La CGT regrette que, malgré la demande de l’intersyndicale, François Bayrou ne revienne pas sur l’accusation de « faute » proférée à l’égard des inspecteurs de la biodiversité, durant son discours de politique générale. Elle relève aussi que le Premier ministre « omet » d’évoquer la mission de l’OFB en matière de gestion des sécheresses, de qualité de l’eau, des sols et des pollinisateurs car ces sujets « sont matière à constats d’infraction pouvant déranger le monde agricole ». Enfin, le syndicat estime que François Bayrou « flirte avec l’illégalité » en estimant que « seules les infractions "intentionnelles ou irréparables" devraient être traitées sur le plan judiciaire ».  « Rappelons que c’est au Procureur de la République de décider si une infraction doit être traitée par la Justice », lâche le syndicat. Et d’ajouter : « Le fameux "droit à l’erreur" ne devrait pas devenir une excuse systématique des agriculteurs négligents ou de mauvaise foi. 

Femmes en agriculture : un groupe de travail lancé au ministère

Annie Genevard a lancé le 11 mars un groupe de travail dédié aux femmes en agriculture, lors d’un déjeuner Rue de Varenne avec des cheffes d’exploitations, d’entreprises, des responsables syndicales ou d’association. Objectif : « lever les freins, les obstacles » qu’elles subissent, a déclaré la ministre. Les femmes représentent 26,5 % des non-salariés agricoles en 2023, d’après les chiffres de la MSA publiés le 7 mars. Une part qui stagne, avec le délitement de l’agriculture de couple et des barrières persistantes pour les jeunes candidates à l’installation, a souligné notre récente enquête. « Dans la loi d’orientation agricole, j’ai fait adopter différents amendements visant une juste reconnaissance des femmes, quand elles demandent des stages, sont empêchées d’accéder à la formation, à la santé », a rappelé Annie Genevard. Le groupe de travail lancé le 11 mars s’inscrit dans la continuité. Première étape : « On va faire un état des lieux », a indiqué la ministre, qui vise ensuite à résoudre les « problématiques » des femmes en agriculture. Celles-ci ne manquent pas, entre les difficultés de « recherche de stages, accès à la garantie bancaire, recherche de foncier, remplacement en congés maternité, meilleur suivi médical ».

Machinisme : dans le sud de la France, le concessionnaire T3M rachète Occitaine Agri

Dans un communiqué du 11 mars, le concessionnaire en machinisme agricole T3M basé à Revel (31) a annoncé le rachat d’Occitaine Agri, distributeur gersois de la marque New Holland. Le montant de l'opération n'a pas été révélé. Dégageant un chiffre d'affaires annuel d'environ 145 millions d'euros (M€) avant le rachat, pour 318 salariés, T3M vise désormais les 170 M€ en 2025 grâce à cette opération. Le communiqué précise qu'Occitaine Agri affichait un chiffre d'affaires annuel de 18 M€, pour 39 collaborateurs. Le dirigeant de l'entité gersoise Cyril Darrivère reste en poste, et « continuera à piloter les activités de l’entreprise en s’appuyant sur l’expertise et l'engagement de ses équipes », précise le communiqué. T3M explique que le rachat lui permettra de disposer de 24 agences, majoritairement basées dans le sud de la France. Le groupe détient également une agence en Espagne et une autre au Chili. La transaction s’inscrit dans une tendance de fond d’expansion du groupe, indiquant qu’il avait embauché 56 personnes en 2024. De nouveaux recrutements sont prévus « pour soutenir sa croissance ». 

PPL Entraves : Julien Dive rapporteur, articles OFB et Anses examinés en commission environnement

En commission des Affaires économiques, le 11 mars, le député Les Républicains (LR) Julien Dive a été nommé rapporteur de la proposition de loi (PPL) sur les Entraves, qui devrait être examinée autour du 10 avril. La FNSEA et plusieurs associations spécialisées craignent que son examen ne puisse pas aller au bout, en raison du nombre d'amendements qui seraient déposés par l'opposition de gauche. De peur que l'examen ne reprenne qu'en juin, elles demandent que le texte soit examiné en début de semaine avant le projet de loi Simplification, qui risquerait alors de subir le même sort. De son côté, le président du groupe Modem a proposé de réduire le périmètre du texte, en conservant au moins les dispositions relatives à l'acétamipride et la séparation de la vente et du conseil des pesticides. En commission des Affaires économiques ce 11 mars, sa présidente Aurélie Trouvé (LFI) a indiqué que l'examen au fond des articles 5 et 6, dédiés à l'Office français de la biodiversité (OFB) et au stockage de l'eau, serait délégué à la commission du Développement durable ; le reste du texte reste dans le giron de la commission des Affaires économiques.

Erratum sur le conseil spécialisé Viandes blanches de FranceAgriMer

Décidément... Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l'Agrafil daté du 11 mars, Xavier Van Den Bossche est nommé membre du collège des représentants de la production agricole dans le conseil spécialisé FranceAgriMer Viandes blanches - et non président de ce collège. Il remplace François Valy, nommé président du conseil spécialisé en octobre.