Retenues d'eau: les résultats de l'étude Inrae/OFB sur les prélèvements en hautes eaux
Commandée par Jean Castex à la sortie du Varenne de l'eau en 2022, l’Office français de la biodiversité (OFB) et l’Inrae ont finalisé leur étude visant à établir une méthode d'évaluation des conséquences des prélèvements sur les écosystèmes aquatiques. Pour rappel, le gouvernement s’était engagé à déterminer cette méthodologie «d’ici fin 2022» pour fixer les volumes prélevables en hautes eaux, avant de connaître un important retard. Dans ses conclusions, l’étude propose notamment de conserver deux valeurs-seuil de débit : le Q10 – soit le débit journalier dépassé 10% du temps durant la période de hautes eaux – et le Q1 an (ou 1,5 an), correspondant au débit journalier qu'un cour d'eau dépasse ou atteint en moyenne une fois par an. Elle suggère de mesurer le nombre de fois où ces seuils sont dépassés, ainsi que la durée totale de ces dépassements pour chaque période annuelle de hautes eaux. Ces indicateurs ne constituent pas une méthode «clés en main »pour définir des volumes prélevables, prévient l’OFB à Agra Presse. En outre, les auteurs de l’étude reconnaissent certaines limites à leur étude, à savoir la non prise en considération de certains facteurs environnementaux (qualité physico-chimique de l’eau, température, flux sédimentaires, fragmentation des habitats…) pour évaluer les effets des retenues de substitution. «Des études au cas par cas seront nécessaires pour estimer plus finement les effets globaux du prélèvement», concluent-ils.
Inondations/tempêtes : le gouvernement complète les mesures de soutien aux agriculteurs
À la suite des nouvelles inondations survenues en Hauts-de-France, le fonds d’urgence doté de 10 millions d’euros mis en place fin 2023 pour accompagner les éleveurs est abondé de «5 millions d’euros supplémentaires» afin de soutenir également le maraîchage, annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 10 janvier. Cette aide sera limitée au seul plafond de minimis de 20 000 €, et non plus à 5000 €. Au début de la semaine prochaine, le Comité national de gestion des risques en agriculture doit se prononcer sur la reconnaissance des zones sinistrées dans les Hauts-de-France en calamités agricoles pour l’indemnisation des pertes de fonds. Le versement des aides interviendrait dès début février. Pareillement, la Commission chargée de l’orientation et du développement des assurances garantissant les dommages causés aux récoltes statuera sur l’éligibilité pour l’indemnisation des pertes. Enfin, concernant le déploiement des aides à l’investissement des régions touchées par les tempêtes Ciaran et Domingos (Bretagne, Normandie, Hauts-de-France), une décision de FranceAgriMer sera publiée d’ici vendredi, permettant aux producteurs de préparer leurs dossiers en amont de l’ouverture du guichet dématérialisé prévu d’ici la fin du mois de janvier. D’ici là, un formulaire de déclaration d’intention de demande d’aide sera à disposition à la fin de semaine.
Zones humides: premiers zonages régionaux jusqu'à «29%» de la SAU (syndicats)
À l'occasion de sa conférence de presse de rentrée le 10 janvier, la FNSEA a reproché aux pouvoirs publics un manque de concertation locale et une définition géographique trop large dans le cadre de l'élaboration de la BCAE n°2 relative à la protection des zones humides (conditionnalité de la Pac). Prévue initialement pour le 1er janvier 2024, l'entrée en vigueur de cette nouvelle mesure a été retardée d'un an, en vertu d'un récent arrêté du ministère de l'Agriculture. Selon la FNSEA, de premiers zonages régionaux ont été présentés par des Dreal qui porteraient jusqu'à 29% de la surface agricole utile les zones classées. «La clé de lecture est différente selon Bruxelles et le ministère de la Transition écologique», estime le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, qui refuse de son côté d'inclure les zones humides dites probables. «C'est un sujet très chaud, épidermique chez nos producteurs», assure-t-il. La FNSEA plaide également pour une concertation régionale avec les services préfectoraux. Selon le ministère de l'Agriculture, cette concertation est d'ores et déjà prévue de la fin janvier à la mi-mars. Des concertations s’ensuivront au niveau national avec les organisations agricoles. Les mesures à engager dans ces zones n'ont pas encore été mises sur la table par les pouvoirs publics. La FNSEA craint notamment des restrictions relatives au drainage.
Biodiversité : le gouvernement veut créer un réseau de «parcelles conservatoires»
Le ministère de la Transition écologique a soumis à consultation jusqu'au 30 janvier son projet de plan national d'actions (PNA) en faveur des plantes messicoles (inféodées aux milieux agricoles) pour la période 2024-2033. Autrefois appelés plans de restauration, les PNA ont été créés en 1996, et une première version dédiée aux plantes messicoles a été mise en œuvre de 2012 à 2019. Comme le précédent, ce plan n'apporte pas d'évolution réglementaire, et vise globalement à améliorer les connaissances de ces espèces et soutenir les efforts de conservation existants. Parmi les nouveautés, la création d'un «réseau sanctuarisé de parcelles conservatoires» avec pour objectif d'«éviter la disparition d’espèces qui ne sont plus représentées que par de rares populations, et de communautés particulièrement riches». Ce réseau doit notamment permettre de hiérarchiser les zones prioritaires, de rechercher des financements pour l'acquisition ou la gestion de parcelles «à fort enjeu», ou d'établir, en ce sens, des conventions avec les Safer. En France, sept conservatoires d'espaces naturels (CEN) ont déjà acquis des parcelles à des fins de conservation, sept également ont établi des conventions de gestion. Au total, 54 sites bénéficient déjà d'une «protection foncière renforcée» via les conservatoires – incluant deux obligations réelles environnementales (ORE) – sur des parcelles allant de 5 m2 à 2 ha. Par ailleurs, ce nouveau plan sera étendu aux vignes et vergers et met à jour la liste des «taxons cibles» (92 dont 15 nouveaux).
Compensation écologique: «faible» plus-value environnementale en agriculture (étude)
Dans une étude publiée le 10 janvier par le Centre d'études et de prospective (CEP) du ministère de l'Agriculture, deux chercheuses de l'Inrae et du CNRS estiment que la plus-value environnementale apportée par les dispositifs de compensation écologique est «faible» sur les parcelles agricoles. Les chercheurs ont étudié une vingtaine de projets conduits dans six régions, et interrogé 95 acteurs «à compétences foncières, écologiques et agricoles». Elles relèvent notamment que ces dispositifs, souvent mis en place dans le cadre de projets d'infrastructures routières ou d'habitations, prennent mal en compte certains «effets de bord». Et de prendre l'exemple suivant: «Le retournement d’une prairie peut venir contrebalancer la perte de rendement découlant d’une fauche tardive». Elles constatent plus généralement que «l’engagement dans la compensation se présente très rarement comme un renouvellement du système global de l’exploitation» et concluent que «la compensation ne peut pas être vue comme un levier de transition agroécologique efficace». Elles notent d'ailleurs que les milieux agricoles «ne sont pas les plus spontanément recherchés pour compenser les impacts d’un projet».
Mercosur : Berlin et Buenos Aires appellent à conclure rapidement les négociations
Le chancelier allemand Olaf Scholz et le nouveau président argentin Javier Milei souhaitent une conclusion rapide des négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur. C’est le principal constat fait par le gouvernement allemand dans un communiqué publié le 9 janvier, à l’issue d’un entretien téléphonique entre les deux dirigeants. L'opinion de Berlin en faveur de ce traité de libre-échange n’est pas un mystère. En décembre, alors que les discussions techniques sur un protocole additionnel s’accéléraient et qu’une finalisation des pourparlers était envisagée, le chancelier allemand rencontrait le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, alors à la tête du Mercosur, afin de faciliter le processus et que l’accord «franchisse la ligne d’arrivée». A contrario, la position du nouveau chef de l’État argentin, en place depuis le 10 décembre et sur lequel repose désormais une partie de l’avenir des discussions, n’était pas encore clairement établie. Cette évolution devrait ouvrir la voie à une reprise prochaine des négociations entre les parties.
Allemagne: grève ferroviaire et agriculteurs en colère paralysent le pays
Une grève de trois jours des cheminots paralyse le trafic ferroviaire le 10 janvier en Allemagne, où les agriculteurs en colère poursuivent leurs blocages d'axes routiers, illustration d'un climat social dégradé dans la première économie d'Europe. Ces mobilisations donnent le ton d'une année qui s'annonce difficile pour le chancelier Olaf Scholz, à la tête d'une coalition divisée, qui se débat avec une économie affaiblie et une popularité au plus bas. Les conducteurs de trains seront en grève jusqu'à vendredi soir au sujet de leurs salaires et du temps de travail à l'appel du syndicat GDL, après l'échec des négociations avec l'opérateur public Deutsche Bahn (DB). La DB a prévu des perturbations «massives», recommandant aux voyageurs d'«éviter tout déplacement inutile» pendant la grève, la plus longue initiée jusqu'ici par le GDL, qui représente environ 10.000 salariés. Sur les quais déserts de la gare centrale de Berlin, par des températures glaciales, seuls quelques voyageurs erraient. Point de trains affichés: les haut-parleurs se contentaient de prévenir que la plupart des trajets étaient annulés.
Importations ukrainiennes: les professionnels européens présentent leurs solutions
Une délégation d’organisations professionnelles européennes a rencontré le 10 janvier le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, pour lui exposer ses préoccupations vis-à-vis des importations ukrainiennes et ses solutions «constructives» pour une meilleure gestion des flux. Cette réunion intervient alors que Bruxelles devrait présenter le 16 janvier sa proposition de prolongation des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine jusqu'en juin 2025. Parmi les suggestions, les organisations professionnelles proposent notamment d’introduire des seuils d’importation pour les produits sensibles au-delà desquels les produits ne feraient que transiter au sein de l’UE et seraient exportés ailleurs. Ces seuils seraient basés sur la moyenne des importations des années 2021 et 2022 combinées. Ces positions rejoignent la vision du commissaire, qui s’est récemment exprimé en ce sens dans les médias polonais, à titre personnel, mais qui semble pour l’heure isolé au sein du collège des commissaires.
* Avec (volailles), CEFS (industrie sucrière), CEPM (maïs), CIBE (betteraviers), Copa-Cogeca (agriculteurs et coopératives), EUWEP (œufs)
Européennes: la FNSEA veut maintenir le nombre des eurodéputés «spécialistes» d'agriculture
En vue des élections européennes qui doivent se tenir début juin, la FNSEA présentera, comme lors de précédents scrutins, une «plateforme» de propositions, avec notamment pour objectif de «conserver des eurodéputés spécialistes» des questions agricoles, a déclaré le président du syndicat lors d'une conférence de presse le 10 janvier. «La France élira 81 eurodéputés. Aujourd'hui, nous avons six à sept députés engagés sur l'agriculture, pour 30% du budget européen», a expliqué Arnaud Rousseau. «Pour nous, l'objectif est de conserver des spécialistes, des connaisseurs du secteur agricole», sans regard sur leur étiquette politique. Les propositions du syndicat seront détaillées à l'occasion du prochain congrès de la FNSEA, à Dunkerque au mois de mars. Lors des dernières élections européennes de 2021, la FNSEA avait présenté un «manifeste pour des ruralités vivantes» signé par une trentaine d'organisations. Il incluait des élus, ou des acteurs économiques actifs dans les zones rurales, notamment des organisations des filières agricoles (JA, Ania, Snia, Allice, FC2A, FNEDT). Mais aussi la Fédération nationale des chasseurs (FNC). En décembre, le patron de la FNC, Willy Schraen a présenté sa liste Alliance rurale, dénonçant des «élites déconnectées de la vraie vie», les «technocrates» ou encore les «ayatollahs de l’écologie».
Élections chambres d'agriculture: FNSEA et JA planchent sur leur «plateforme commune»
Sans surprise, la FNSEA et les JA se préparent à repartir ensemble aux élections des chambres d'agriculture qui doivent se tenir début 2025. «C'est une année charnière pour expliquer notre projet et notre travail. Depuis quelques mois, quelques semaines, nous travaillons avec les Jeunes agriculteurs sur une plateforme commune», a annoncé le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, à l'occasion de la conférence de presse de rentrée, le 10 janvier. Après s'être largement maintenu en tête lors du dernier scrutin de 2019 – avec un score FNSEA/JA relativement stable, à environ 55% –, le syndicat majoritaire n'affiche pas d'objectif à ce stade: «Nous voulons obtenir le meilleur score et, pour cela, il faudra être sur le terrain», a déclaré le secrétaire général Hervé Lapie. Le ministre de l'Agriculture travaille depuis plusieurs semaines sur les règles de fonctionnement du scrutin, avec notamment des changements envisagés dans les financements des syndicats agricoles, dénoncés par la Confédération paysanne et la Coordination rurale. De son côté, la FNSEA estime que les règles de financement proposées reproduisent «le modèle des syndicats de salariés, en dehors du monde agricole», a déclaré Hervé Lapie. La FNSEA s'oppose toutefois au projet d'exclure du corps électoral les «anciens exploitants ayant plus de douze années de retraite».
Planification écologique: les chambres veulent 60M€ par an pour «réinventer» le conseil
A l'occasion d'une conférence de presse organisée le 10 janvier pour le centenaire des chambres d'agriculture, le président du réseau consulaire, Sébastien Windsor, a demandé 60 millions d'euros, dans les cinq ans à venir, pour aider les chambres à accompagner plus fortement les agriculteurs «face aux nouvelles injonctions» (baisse des émissions, des intrants) et au changement climatique. Ces montants doivent aider les chambres d'agriculture à «ne plus seulement aller chercher les leaders, par l'intermédiaire de plans de modernisation et d'aides à l'investissement, mais aussi les suiveurs». Pour ce faire, il faut «réinventer le développement agricole, plaide Sébastien Windsor, en prenant certes le temps d'optimiser, mais aussi de regarder l'exploitation dans sa globalité, pour établir des plans d'action à cinq ans et accompagner l'agriculteur dans sa mise en oeuvre». «Ce n'est pas avec des investissements dans des pulvérisateurs que l'on va résoudre le problème, insiste Sébastien Windsor, «il faut des moyens supplémentaires pour accompagner les agriculteurs.» Le réseau consulaire teste actuellement une nouvelle offre de conseil intitulée Climaterra, auprès de 1000 agriculteurs, avec 350 conseillers formés. Pour le déployer, il vise le budget de 1,1 milliard d'euros annoncé par Marc Fesneau en septembre au titre de la Planification écologique de l'agriculture. Aujourd'hui répartie «en silo», avec des moyens alloués aux alternatives aux pesticides ou aux haies, les chambres souhaiteraient y insérer une enveloppe dédiée au conseil.
PLOA: le collectif Nourrir veut des garanties sur la «pluralité» à l’installation
Un mois après la présentation officielle du Pacte d’orientation pour le renouvellement des générations en agriculture, le collectif Nourrir, rassemblant des organisations d’agriculteurs (Confédération paysanne, Fnab...), consommateurs, environnementalistes, reste sur une impression de «mesures insuffisantes». Le PLOA «risque de rater sa cible», a déclaré le 10 janvier le co-président Mathieu Courgeau, anticipant l’examen de la loi au Parlement programmé mi-février ou début mars. Dans son viseur, il y a notamment la mise en place du guichet unique, France services agriculture, dans le parcours à l’installation et transmission. Le collectif réclame des garanties sur une pluralité des acteurs au sein de ce nouveau réseau, dont l’organisation est confiée aux seules chambres d’agriculture. «On a reçu des promesses orales du ministère» de l’Agriculture sur la poursuite des discussions concernant l’organisation du parcours à l’installation, a souligné en conférence de presse Salomé Le Bourligu (association Sol). «Il y a une volonté de créer des garanties pour assurer la pluralité, contrôler l’action des chambres. On regrette que ces engagements ne se soient pas directement traduits noir sur blanc dans le PLOA.» De son côté, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a déclaré en conférence de presse le même jour, que le projet de loi ne relevait plus d'une «loi d'orientation agricole», comme annoncé il y a quelques mois, mais d'une simple «loi sur l'installation et la transmission».
Négociations commerciales: nouvelle étude de l'IGF attendue sur l'inflation alimentaire
À l'occasion de sa conférence de presse le 10 janvier, la FNSEA a rapporté qu'une nouvelle étude de l'Inspection générale des finances (IGF, ministère de l'Économie) sur la répartition des marges dans les filières alimentaire est attendue dans les prochaines semaines, alors que les négociations commerciales doivent s'achever fin janvier. «Nous en attendons les résultats pour courant janvier», a expliqué le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, qui souhaite disposer de cette information en amont du Salon de l'agriculture, qui ouvrira ses portes le 24 février. Une première étude de l'IGF sur la répartition des marges était parue fin 2022, puis mise à jour au printemps 2023, soulignant que l'industrie agroalimentaire avait absorbé la hausse des prix fin 2022. Le syndicat agricole majoritaire demande également qu'une série de contrôles soient diligentés par la DGCCRF (Fraudes) concernant le respect des règles de sanctuarisation de la matière première agricole (MPA). Le ministère de l'Économie n'aurait pas apporté de réponse sur ce point – contacté, le cabinet de Bruno Le Maire n'a pas répondu à nos sollicitations. Se faisant l'écho de «demandes de baisse entre 3 et 6% des grandes surfaces» et, à l'inverse, de propositions «de hausses de 3% pour l'industrie», le président de la FNSEA espère une issue des négociations «entre zéro et quelque chose, ce qui garantirait que la matière première agricole ne soit pas attaquée». Après une première réunion en décembre, un deuxième comité de suivi des négociations commerciales est attendu le 11 janvier.
Similis végétaux: la Cour de cassation écarte le recours d’Interbev contre Nutrition & Santé
Dans une décision du 20 décembre 2023, la Cour de cassation a écarté le recours de l’interprofession bétail et viandes Interbev, qui avait attaqué le groupe Nutrition & Santé pour les dénominations de ses similis végétaux de viande (gammes Céréal, Céréal bio et Grill végétal). Les juges ont confirmé l’intégralité de l’arrêt de la cour d’appel de Rennes du 5 avril 2022, qui avait alors débouté Interbev de l’ensemble de ses chefs d’accusation: concurrence déloyale, dénigrement, pratiques commerciales déloyales et trompeuses, ainsi que parasitisme (des campagnes de communication de la filière viande). La Cour de cassation a condamné Interbev aux dépens (frais de justice), ainsi qu’à verser 3000 € à Nutrition & Santé. Avec 405 M€ de chiffre d’affaires en 2022, Nutrition & Santé (marque Gerblé, Gerlinéa, Isostar) est un des poids lourds du marché des protéines végétales. Cette décision de la plus haute juridiction civile met fin à cinq ans de procédure: l’interprofession avait assigné Nutrition & Santé en avril 2018 et le tribunal de grande instance de Rennes s’était prononcé en novembre 2019. Sur le plan réglementaire, un nouveau décret est attendu qui interdirait l’usage de certaines dénominations animales pour des produits végétaux. En parallèle, la Cour de justice de l’UE doit aussi se prononcer sur le sujet.
Spiritueux: face à une grosse récolte, le cognac obtient 10 jours de distillation en plus
L’Inao a accepté le 9 janvier la demande des professionnels du cognac d’un allongement de dix jours de la période de distillation, face à une grosse récolte 2023 et aux inondations, selon l’UGVC (viticulteurs). Cette dérogation temporaire au cahier des charges de l’AOC sera «effective prochainement, à l’issue du processus des validations ministérielles», indique l’organisation sur son site internet. La date de fin de distillation est ainsi reportée au 10 avril 2024. Soutenue par le BNIC (interprofession), la demande d’allongement est «notamment justifiée par les inondations importantes qui ont ralenti les travaux de distillation et cela alors que la récolte de cette année a été la plus importante des trente dernières années», d’après le communiqué. L’UGVC promettait mi-décembre d’accompagner sa mise en œuvre de mesures de contrôle qualitatives: «Ces contrôles permettront de garantir la parfaite adéquation de nos eaux-de-vie aux exigences de notre cahier des charges». Selon les estimations du ministère de l’Agriculture au 1er novembre, la production nationale d’eaux-de-vie s’élève à 12,1 Mhl (+18%) en 2023, du jamais vu. «Des conditions météo favorables» sont intervenues dans les Charentes, où «une récolte exceptionnelle est confirmée (+18 % sur un an), dépassant celle record de 2020».
Prix du vin : un producteur bordelais attaque des négociants, une première
Un viticulteur bordelais assigne devant le tribunal de commerce, le 11 janvier, deux gros négociants de la région qu'il accuse d'avoir violé la loi Egalim en lui achetant du vin en vrac à un prix «abusivement bas». Rémi Lacombe, exploitant dans le Médoc, a vendu près de 8 500 hl aux sociétés Cordier et Maison Ginestet en 2021 et 2022, aux prix de 1 150 ou 1 200 euros le tonneau (900 l), indique l'AFP. Soit environ 1€ la bouteille, tarif que le producteur juge «abusivement bas» car très inférieur aux coûts de revient, oscillant entre 1 500 et 2 000 €/tonneau. L'avocat du requérant, Me Louis Lacamp, y voit une violation de la loi Egalim. Il reproche notamment aux négociants «d'avoir violé leur obligation» de laisser le vendeur formuler une première proposition de prix, «un des piliers» de la loi. Sur le fondement de l'article L442-7 du Code de commerce tel que modifié par la loi Egalim, obligeant un acheteur de produits agricoles ou de denrées alimentaires à «réparer le préjudice causé» par le fait «de faire pratiquer par son fournisseur un prix de cession abusivement bas», le viticulteur réclame ainsi plusieurs centaines de milliers d'euros aux mis en cause.
Vin : Artémis Domaines (Pinault) a cédé le domaine chablisien William Fèvre
La société viticole de la famille Pinault, Artémis Domaines, a cédé le domaine de Chablis William Fèvre aux Domaines Barons de Rothschild Lafite, selon un communiqué commun le 10 janvier. Avec près de 90 parcelles en Grand cru, Premier cru et Chablis Village, le domaine William Fèvre s'étend sur 70 ha et est aujourd'hui «l'un des acteurs pionniers du vignoble chablisien, en termes d'agriculture biologique», est-il indiqué. «Le domaine William Fèvre, jusqu'ici détenu par Artémis Domaines, rejoint les domaines Barons de Rothschild Lafite», groupe détenu par la famille Rothschild, résume le communiqué sans donner de détails sur le montant de la transaction. Artémis Domaines – qui a fusionné en octobre 2022 avec l'historique Maisons et Domaines Henriot – possède entre autres les domaines de Château Latour, 1er Grand cru classé à Pauillac, le Clos de Tart à Morey-Saint-Denis, le Domaine Bouchard Père et Fils basé à Beaune, le domaine d'Eugénie à Vosne-Romanée en Bourgogne, le vignoble de Château Grillet dans la vallée du Rhône et le Champagne Jacquesson. En mars 2023, il avait annoncé céder la maison Champagne Henriot, un des joyaux de la famille Henriot, au géant coopératif Terroirs et Vignerons de Champagne (TEVC).
Pommes de terre de consommation: l’interprofession souhaite limiter l’inflation
À l’occasion de l’assemblée générale du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre de consommation (CNIPT), son président Francisco Moya a appelé à la «vigilance» alors que les filières de la pomme de terre traversent «une zone de turbulences». Le président du CNIPT a notamment évoqué la question de la baisse de l’offre en plants de pommes de terre certifiés pour la campagne 2023-2024. «Aujourd’hui, les producteurs de plants de pommes de terre sont à la hauteur des enjeux, nous devons être solidaires», a-t-il précisé. Autre problème évoqué, celui de la perte d’une partie de la récolte des pommes de terre en raison des récentes inondations dans le nord de la France. Bien que limitée, la perte «n’est pas neutre, et pèse sur le marché», souligne M. Moya. Par ailleurs, il a abordé la question de l’inflation, que le CNIPT vise à limiter. Il nuance notamment l’annonce faite par l’Insee d'une augmentation de 23% du coût de la pomme de terre, tous produits confondus. «Nous sommes l’interprofession de la pomme de terre fraîche, et pour notre produit l’inflation n’a pas dépassé les 11,8% entre les automnes 20022 et 2023», a précisé M. Moya. Au cours de la même période, l’interprofession dit ne pas avoir pour autant constaté de diminution de la consommation. En cause, une modification des habitudes de consommation, avec l’achat d’emballages de petit volume.
Presse agricole: Vincent Viala nouveau directeur général du groupe Réussir Agra
Dans un communiqué du 10 janvier, le groupe de presse agricole Réussir Agra a annoncé l’arrivée, depuis le 4 janvier, de Vincent Viala au poste de directeur général. «Âgé de 41 ans, Vincent Viala possède 18 ans d'expérience professionnelle dans les médias», précise l’entreprise, au sein des groupes Le Monde (2007-2018), Bayard (2018-2022), puis à la direction de Tema Agence. Comme l’indique Henri Biès-Péré, président du Conseil de surveillance de Réussir, la «feuille de route» de M. Viala prévoit le «déploiement du plan stratégique lancé en 2022», visant à «mettre la donnée au cœur de l'activité» et à «poursuivre la digitalisation de l'offre de contenus et le développement de la vidéo». Vincent Viala succède à Thibaut De Jaegher, qui «a assuré ce poste pendant huit ans et qui a décidé de poursuivre sa carrière vers une autre mission», selon le communiqué. Avec 20 M€ de chiffre d’affaires et 120 salariés, Réussir Agra (auquel appartient Agra Presse) se revendique comme «le groupe d'information professionnelle leader dans le monde agricole et alimentaire français».