Oeufs de plein air: la Commission européenne prépare des fléxibilités face à l'influenza aviaire
La Commission européenne devrait proposer, dans le cadre de la révision en cours des normes de commercialisation des produits agroalimentaires, d’accorder plus de flexibilité aux États membres pour l’étiquetage des œufs de poules élevées «en plein air» notamment face aux obligations de confinement liées à l’influenza aviaire. Le directeur général adjoint de l’Agriculture à la Commission européenne, Michael Scannell, a indiqué le 10 mai lors d’un échange au Parlement européen que la solution envisagée serait de s'aligner sur les souplesses en vigueur dans le secteur biologique, à savoir que les critères de biosécurité seraient pris en compte sur la base de contrôles par les autorités nationales. Actuellement pour être étiquetés comme «de plein air», les œufs doivent provenir d’élevages dans lesquels les volailles n’ont pas été confinées plus de 16 semaines. Avec l’épizootie d’Influenza aviaire ce délai est fréquemment dépassé. Les nouvelles règles envisagées sont en phase de finalisation à la Commission européenne, mais aucune solution de court terme (comme une dérogation temporaire aux règles d’étiquetage par exemple) n’est prévue.
Bruxelles finalise un plan d’action pour aider l'Ukraine à exporter ses produits agricoles
Face au blocage des ports de la mer Noire en raison de la guerre en Ukraine , la Commission européenne présentera le 12 mai un plan d’action pour «les voies de solidarité UE-Ukraine» afin de faciliter les exportations agricoles et le commerce bilatéral de l’Ukraine avec l’UE. Dans un document de 10 pages, obtenu par Politico, Bruxelles propose une série de mesures à court terme qui comprend notamment la mise en place d’une plateforme de mise en relation afin de faciliter les échanges entre les acteurs de la chaîne logistique. Elle prévoit aussi la mise à disposition par les acteurs du marché de l’UE de divers équipements (matériel roulant, des camions, des barges/caboteurs). Concernant le transbordement, la Commission lancera une consultation des ports de l’UE pour identifier ceux vers lesquels des services ferroviaires et routiers pourraient être opérationnels (les ports polonais de la mer Baltique, Gdańsk et Gdynia sont sur la liste). Elle précise également qu’elle s’efforcera de conclure rapidement un accord de transport routier avec l’Ukraine. Par ailleurs, l’exécutif européen propose de flexibiliser au maximum les contrôles sanitaires et phytosanitaires et d’augmenter les capacités de stockage temporaire de l’UE pour les céréales en provenance d’Ukraine. Des mesures à moyen-long terme sont également prévues pour améliorer les infrastructures (terminaux de transbordement et multimodaux et les connexions rail-route) dans l’UE et en Ukraine.
Guerre en Ukraine : les Etats-Unis vont aider leurs agriculteurs à produire plus
Le président Joe Biden devait dévoiler le 11 mai des aides aux agriculteurs américains visant à « continuer de produire de plus en plus » et juguler l’inflation des prix alimentaires en lien avec la guerre en Ukraine, a annoncé la Maison Blanche dans un communiqué. A l'occasion de la visite d'une exploitation agricole proche de Chicago (nord des Etats-Unis), il devait ainsi annoncer un doublement des investissements publics dans la production locale d'engrais. L'administration Biden va aussi faciliter la souscription de contrats d'assurance pour les agriculteurs pratiquant la double culture, et qui peinent parfois à s'assurer. Cette pratique d'agriculture intensive consiste à faire, sur une même terre, deux cultures différentes la même année, par exemple du blé puis du soja, pour faire deux récoltes. La Maison Blanche promet aussi davantage de soutien aux exploitants pratiquant l'agriculture de précision, qui permet de gérer plus finement l'utilisation d’intrants. En mars aux Etats-Unis, les prix des denrées alimentaires s'affichaient en hausse de 9,2 % par rapport à mars 2021, sur fond de poussée généralisée d'inflation.
Législatives: l'agronomie Aurélie Trouvé et l'animaliste Aymeric Caron investis par LFI
De son côté, la France insoumise a publié, le 10 mai, une liste de 324 premiers candidats investis. Ingénieure agronome et maître de conférences en économie à AgroParisTech, Aurélie Trouvé serait investie dans la 9e circonscription de Seine-Saint-Denis. Le journaliste et militant animaliste Aymeric Caron se présenterait dans le 18e à Paris. En Dordogne, Michèle Roux, agricultrice à la retraite, ancienne élue de la Confédération paysanne à la chambre d'agriculture, affrontera le viticulteur Michel Delpon dans la 2e circonscription. Dans le Finistère (3e), c'est un maitre nageur en reconversion pour devenir maraîcher, Pierre Smolarz, qui a été investi. Dans le Tarn, la France Insoumise annonce avoir investi l'agriculteur retraité et frère de Jean Lassalle, Julien Lassalle. Parmi les candidats sortants, deux députés très investis dans les filières agricoles sont reconduits: Loïc Prudhomme (3e Gironde) avait écrit un rapport sur l'alimentation «industrielle» et proposé une taxation des produits salés ; Bénédicte Taurine (1ere Ariège) avait notamment travaillé sur les chiens de protection des troupeaux.
Législatives: Dominique Potier boude la Nupes, Guillaume Garot s'y range
Alors qu'il avait été investi par la nouvelle union de gauche, la Nupes, le député socialiste Dominique Potier a décliné l'offre et se présentera sous l'étiquette Divers gauche, a-t-il annoncé à la presse locale (article payant) le 7 mai. Contacté par Agra Presse, cet agriculteur connu pour son investissement sur les questions de régulation du foncier agricole évoque un «moment délicat». «Si je veux une chance de continuer de porter mes combats, que vous connaissez, je dois faire une campagne locale, loin des débats nationaux.» À l'inverse, l'ancien ministre socialiste délégué à l'agroalimentaire Guillaume Garot portera les couleurs de la Nupes, qui avait aussi réservé sa circonscription au PS, a-t-il précisé à Agra Presse. «Je serai candidat socialiste dans le cadre d'un accord qui ouvre un chemin pour un virage social et écologique. Mais je me dois d'ajouter que je reste très attaché à la construction de l'Union européenne et que je m'opposerai à tout ce qui l'affaiblirait». Dans le cadre de leur accord d'union, La France insoumise (LFI) et le PS avaient constaté, début mai, leurs divergences sur la question européenne: «Nous parlons de désobéir pour les uns, de déroger de manière transitoire pour les autres.» «Il nous faudra dépasser ces blocages et être prêts à ne pas respecter certaines règles», précisait le communiqué des deux partis.
Législatives : quatre viticulteurs parmi les candidats Rassemblement national
Le Rassemblement national a publié le 11 mai la liste de ses candidats investis aux législatives. Elle compte six agriculteurs, dont quatre viticulteurs. L'agricultrice Françoise Gilois se présente dans la première circonscription d'Ille-et-VIlaine. Le viticulteur Christophe Guestault, sera candidat dans la deuxième circonscription d'Indre-et-Loire. Valérie Eschenmann, agricultrice et infirmière, est investie dans la troisième circonscription du Bas-Rhin. Le viticulteur Grégoire de Fournas est choisi pour la cinquième circonscription de Gironde. De même les viticulteurs Christophe Barthès et Frédéric Bort, sont respectivement investi dans la première circonscription de l'Aude et dans l'Héraut. Enfin Nicolas Lottin, représentant des chasseurs de la baie de Somme se présente dans la 3e circonscription du département.
Glyphosate: Bayer essuie un revers juridique aux Etats-Unis
Bayer a essuyé un revers juridique aux Etats-Unis sur le glyphosate, l'avocate générale devant la Cour suprême ayant rendu le 10 mai un avis défavorable qui pourrait ouvrir la voie à des milliards d'euros de demandes en dommages et intérêts. L'affaire en question remonte à mai 2021, quand une cour d'appel de San Francisco a confirmé une condamnation contre Bayer à payer 25 M$ de dommages et intérêts à un retraité, Edwin Hardeman, diagnostiqué d'un lymphome non hodgkinien en 2015. Bayer avait alors déposé un recours devant la Cour suprême des Etats-Unis. Dans son avis soumis le 10 mai à la plus haute juridiction américaine, l'avocate générale Elizabeth Prelogar, qui représente le gouvernement, affirme que « la demande de recours doit être rejetée ». Bayer conteste le verdict notamment parce qu'il se fonde sur la loi de l'Etat californien où l'agence fédérale de la protection de l'environnement (EPA) estime que l'utilisation du Roundup ne mérite pas d'avertissement spécial contre le cancer. Mais cela ne dispense pas de respecter une « loi au niveau d'un Etat qui demande un tel avertissement », estime de son côté l'avocate générale.
Porc: en Italie, un premier cas de peste porcine africaine aux portes de Rome
L’Italie a notifié à la Commission européenne, le 5 mai, un cas de peste porcine africaine (PPA) sur un sanglier dans la réserve naturelle de l’Insugherata, à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Rome. Il s’agit du premier cas dans la région du Latium, alors que l’Italie comptabilise déjà 113 cas en faune sauvage depuis janvier dans le Piémont et la Ligurie, à 400 km plus au nord. Comme pour l’ensemble des cas d’Europe continentale, «le génotype de type 2 a été caractérisé», précise la Plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA) dans son bulletin hebdomadaire. L’origine du nouveau foyer «reste à ce jour inconnue», selon ESA. «Il pourrait tout autant être lié aux cas du nord de l’Italie qu’à une nouvelle introduction en provenance d’Europe de l’Est, voire d’Asie.» Rappelant que «les sangliers peuvent avoir accès aux poubelles dans cette zone urbanisée» proche de Rome, les experts d’ESA estiment que «l’hypothèse la plus probable est la consommation de produits carnés contaminés issus des ordures ménagères». Et de rappeler que «d’après le syndicat agricole Coldiretti, la population de sangliers serait estimée à environ 20 000 individus dans la province de Rome et 100 000 dans le Latium».
Porc: les exportations européennes vers la Chine s’effondrent début 2022
«En février, les exportations [de viande de porc] de l’Union européenne à destination de la Chine sont au plus bas», alerte l’Ifip (Institut du porc) dans son baromètre de mai. Selon l’institut technique, «pour la plupart des fournisseurs de la Chine, les volumes sont réduits de moitié» par rapport à la même période de 2021. C’est le cas de la France, qui «a exporté 24 000 tonnes vers la Chine» en janvier et février, soit -50,5% en un an. Résultat: les exportations européennes vers l’Empire du milieu «rejoignent les niveaux de décembre 2018», avant que le cheptel chinois ne soit décimé par la peste porcine africaine (PPA). Depuis, la production reprend du poil de la bête chez le premier producteur et consommateur mondial, réduisant d’autant ses besoins en viande importée. S’y ajoute une baisse saisonnière de la demande (vacances de printemps après le Nouvel an chinois), ainsi que l’impact de la recrudescence du Covid (fermeture de restaurants, désorganisation logistique). Toutefois, «les volumes sont redirigés sur les autres marchés asiatiques (Japon, Philippines, Corée du Sud, NDLR) et au Royaume-Uni», note l’Ifip. Sur janvier et février, la baisse des exportations européennes vers les pays tiers se limite donc à 27,5% en un an (-31% pour la France), selon les chiffres de la Commission européenne.
Prix alimentaires: +6% d’inflation en juin et des prix à la production en forte hausse
D’après une note de conjoncture de l’Insee, parue le 9 mai, l’inflation des prix des produits alimentaires pourrait dépasser 6% en juin par rapport à juin 2021. Selon les estimations de l’institut public, l’indice des prix à la consommation (tous produits confondus) devrait s’établir à +4,8% sur un an en avril, à +5,2% en mai, puis à +5,4% en juin. Une dynamique tirée par la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation. Signe que les «vives hausses des prix de production ont d’ores et déjà commencé à se répercuter, certes partiellement et progressivement, sur les prix à la consommation». L’Insee note que les prix agricoles à la production (en «sortie de ferme») ont connu «une accélération spectaculaire en mars» : +27% sur un an. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le prix des céréales lors de leur première commercialisation a bondi de 69%. Sur le premier trimestre 2022, la consommation alimentaire des ménages a décliné de 1,7%, un fléchissement équivalent à celui de la consommation de l'ensemble des biens. La baisse a été particulièrement forte au mois de mars sur les produits alimentaires: -2,5% par rapport à février 2022 et -6,9% sur un an.
Phytos: des paysans nicaraguayens déboutés par la justice française
Le tribunal judiciaire de Paris a débouté le 11 mai 1.200 ouvriers agricoles nicaraguayens exposés pendant des années à un pesticide toxique et qui cherchaient à obtenir en France l'application d'un jugement rendu dans leur pays et resté lettre morte. Les juges ont déclaré «inopposables sur le territoire français» l'ensemble des décisions de la justice nicaraguayenne, qui avait donné raison dès 2006 à ces anciens travailleurs de bananeraies dans un jugement confirmé jusqu'en cassation, en 2013. En première instance, le tribunal civil de Chinandega avait condamné trois multinationales - Shell, Dow Chemical et Occidental Chemical, qui avaient commercialisé le pesticide DBCP en Amérique centrale - à verser 805 millions de dollars à ces ouvriers agricoles. Le tribunal de Paris a débouté les requérants, au motif que les multinationales mises en cause avaient choisi d'être jugées aux Etats-Unis, conformément à leur droit, ce qui «a privé la juridiction nicaraguayenne de toute compétence», selon la décision consultée par l'AFP. En conséquence, le tribunal français ne pouvait que rejeter une demande d'exequatur d'une juridiction déclarée incompétente. Au Nicaragua, au moins 17.000 travailleurs auraient été intoxiqués par ce pesticide, accusé d'être à l'origine d'infertilité, de cancers, et de graves troubles neurologiques, selon la défense des paysans.
Enseignement supérieur: des diplômés d'AgroParisTech appellent à «bifurquer»
À l’occasion de la remise des diplômes 2022 d'AgroParisTech, sept étudiants sont intervenus en tribune (vidéo) pour critiquer une formation «qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours» et appeler leurs camarades de promotion «à bifurquer» une fois diplômés. «À vous de trouver vos manières de bifurquer», a plaidé l’un des sept ex-étudiants, pointant du doigt les métiers auxquels préparerait le cursus: «Trafiquer des plantes en laboratoire pour des multinationales qui renforcent l’asservissement des agricultrices et agriculteurs» ou «inventer des labels bonne conscience pour permettre aux cadres de se croire héroïques en mangeant mieux que les autres». Parmi les bifurcations évoquées: «Commencer une formation de paysan boulanger, partir pour quelques mois de wwoofing, participer à un chantier sur une Zad ou ailleurs, vous engager auprès de celles et ceux qui en ont besoin, vous investir dans un atelier vélo autogéré ou rejoindre un week-end de lutte avec les Soulèvements de la terre.»
Agroalimentaire: changement à la direction de MOM après le rachat par Bel
Dans un communiqué du 10 mai, le groupe MOM (Mont-Blanc Materne) annonce l’arrivée début mai de Cédric Liéven à la direction générale de Materne France. Il succède à Pascal Colas qui prendra la direction générale de l'entité MOM, est-il précisé. Un précédent communiqué du 2 mai, annonçant la finalisation du rachat de MOM par Bel, indiquait pourtant que l’actuelle directrice adjointe de Bel, Cécile Béliot, prendrait «la tête» du groupe MOM en remplacement de l'ex p-d.g. Michel Larroche. Autre événement dans la galaxie Bel-MOM: la maison mère de La Vache qui rit et de Babybel doit acter, ce jeudi 12 mai, la dissociation de la fonction de président et de directeur général du groupe Bel à l’occasion de son assemblée générale annuelle. Selon ce qui avait été annoncé l’année dernière, Cécile Béliot devrait prendre la fonction de directrice générale et l’actuel p-d.g., Antoine Fiévet, conserver son poste de président.
Erratum concernant la consommation de lait liquide en 2021
Contrairement à ce qui était indiqué dans l'Agrafil du 11 mai, la consommation de lait liquide s'est établie à 2,84 Mrd de litres en 2021 et non 2,76 Mrd. 2,91Mrd de litres ont été vendus en 2019 (-2,5 %) et 3 Mrd en 2020 (-5,6 %).