Manifestations : Lecornu promet un « projet de loi d'urgence agricole » d'ici l'été
Dans un message diffusé le 13 janvier sur le réseau X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait quatre annonces visant à répondre aux agriculteurs de la FNSEA venus manifester à Paris. La première est de faire examiner, comme demandé par la FNSEA, un « projet de loi d'urgence agricole » d'ici l'été, sur les thématiques de l'eau, de la prédation et des « moyens de production » (sans préciser lesquels). Le syndicat majoritaire souhaitait y voir figurer une réforme des installations classées pour l'environnement (ICPE). A ce stade, l'opportunité d'y insérer le dossier de l'acétamipride n'a pas été discutée par le gouvernement, indique Annie Genevard à Agra presse. Dans son message, le Premier ministre indique que ce projet de loi « sera inscrit à l’ordre du jour du Conseil des ministres au mois de mars et sera ensuite examiné par le Parlement avant l’été ». « Il devra associer en amont toutes les forces politiques parlementaires », assure le locataire de Matignon. Le 6 janvier, la FNSEA a réclamé une « loi d’exception » pour l’agriculture, sans détailler le contenu précis de ses demandes. Sur la forme, ce texte doit permettre au gouvernement d’agir par ordonnance avant la présidentielle de 2027, sur le modèle de la loi pour la reconstruction de Notre-Dame. Entre autres mesures, la « loi pour la conservation et la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris » du 29 juillet 2019 avait donné au gouvernement la possibilité de « prendre par ordonnance les mesures d’aménagement ou de dérogation à certaines dispositions législatives qui seraient nécessaires » au chantier de reconstruction.
Eau : Lecornu promet « un cap clair » et lance un moratoire sur les arrêtés volumes prélevables
Dans un message diffusé le 13 janvier sur le réseau X, le Premier ministre a fait quatre annonces, dont trois concernent l'eau. En sus d'un « projet de loi d'urgence agricole » incluant notamment l'agriculture (voir ci-dessus), Sébastien Lecornu a promis « un cap clair » d'ici le Salon de l'agriculture sur la question de l'eau. Pour ce faire, les ministres de l'Agriculture et de la Transition écologique mèneront des consultations, et pendant ce temps, un « moratoire sur toutes les décisions » prises, jusqu'à l'inscription du « projet de loi d'urgence » en Conseil des ministres en mars. Autre décision de gel : les textes fixant les volumes prélevables sont « suspendus jusqu'à septembre ». À l'occasion d'une conférence de presse le 9 janvier, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avait déjà annoncé le lancement d'un « travail sur la représentativité du monde agricole dans les comités locaux gérant les question de l'eau ». Il s'agit d'une demande du syndicalisme majoritaire, exprimée notamment lors du dernier Congrès du maïs le 19 novembre. Sur les questions de qualité de l'eau, le Premier ministre promet l'absence d'augmentation de la redevance pour pollutions diffuses (pesticides) dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Sur les nitrates, M. Lecornu veut demander à la Commission européenne de faire évoluer les règles, et promet que l'administration examinera d'ici le salon les possibilités de dérogation dans chaque territoire, et procédera aux contrôles « avec discernement ».
Eau : la Conf’ entre au Comité national de l’eau, où elle veut peser sur la gouvernance locale
La Confédération paysanne entend s’appuyer sur son entrée au Comité national de l’eau, en vigueur depuis le 19 décembre, pour « défendre un partage juste et équilibré » de l’eau, a-t-elle annoncé dans un communiqué du 13 janvier. La Conf’ souhaite notamment « continuer à se battre pour intégrer l’ensemble des instances locales de l’eau afin d’y porter la voix de l’agriculture paysanne ». Pour l’heure, le syndicat estime que la gouvernance de l’eau demeure « largement verrouillée » au niveau local, en particulier au sein des commissions locales de l’eau (CLE), alors même que ces instances jouent un rôle central dans l’élaboration des politiques de l’eau. Le caractère stratégique de ces structures a récemment été illustré par le cas de la révision du Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (Sage) Vilaine. Lancée en 2022, cette révision a fait l’objet de contestations, mi-décembre, de la part de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs (JA) dans six départements bretons et ligériens, conduisant au report de son adoption. Parallèlement, la Conf’ critique les récentes annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu, le 4 janvier, visant à tripler le fonds de soutien aux équipements hydrauliques agricoles. Selon le syndicat, « les projets soutenus par le fonds hydraulique ne sont pas en cohérence avec les politiques publiques de gestion de l'eau déjà mise en place sur les territoires », citant les études HMUC et les PTGE.
Fiscalité : l’exécutif veut renforcer la DEP et favoriser la mécanisation collective
Le gouvernement souhaite renforcer l’épargne de précaution et favoriser la mécanisation collective, a annoncé le 13 janvier Sébastien Lecornu détaillant plusieurs mesures concernant l’agriculture. Ce « plan fiscal » sera « déposé ce soir » par voie d'amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2026, dont l’examen a repris en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale. Il comprend « un dispositif renforcé d’épargne de précaution, afin de mieux faire face aux chocs économiques via une possibilité de réintégration partiellement défiscalisée en cas de survenance d’un aléa économique ». Rappelons que le gouvernement s’était opposé, en première lecture, à l’ouverture de la DEP (déduction pour épargne de précaution) au cas de survenance d’un aléa économique. Le Sénat l’avait, pour sa part, adoptée. Sébastien Lecornu a aussi annoncé « un dispositif favorable à la mécanisation collective, sans que celui-ci touche au dispositif de traitement fiscal des plus-values ». En première lecture du PLF, des amendements (notamment du gouvernement) sur un crédit d’impôt « mécanisation collective » avaient été adoptés. Ce crédit d’impôt de 7,5 % s’appliquerait aux dépenses facturées par les Cuma à leurs coopérateurs au titre des charges de mécanisation collective, dans la limite de 3 000 € par an et par exploitation, et sous réserve d’un seuil minimal de 500 €, d’après les auteurs.
Loi Entraves : Braun-Pivet veut «titiller» le gouvernement sur les textes d'application
La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a annoncé le 13 janvier devant des agriculteurs que la chambre basse interrogerait en février le gouvernement sur les retards pris dans l’application des lois adoptées au Parlement, dont la loi Entraves. Devant des journalistes, la présidente de l’institution a assumé de vouloir «titiller le gouvernement» sur un sujet qui revêt «un enjeu démocratique». Lors d’une séance dans l’hémicycle le 10 février prochain, «chaque président de commission (permanente à l’Assemblée) va pouvoir mettre l’accent sur les lois pour lesquelles les décrets d’application ne sont pas pris correctement, ne sont pas pris dans les temps», a détaillé la députée Renaissance des Yvelines, face à des agriculteurs rassemblés avec tracteurs et drapeaux devant l’Assemblée pour une nouvelle journée de mobilisation. Plusieurs textes seront concernés, et Mme Braun-Pivet a annoncé que Stéphane Travert, président de la commission des Affaires économiques, présent à ses côtés mardi, avait choisi de mettre sur la table la loi Entraves sur l'agriculture adoptée en juillet, et dont aucun décret d’application n’a encore été pris selon un baromètre sur le site de l’Assemblée. Des textes sont notamment attendus sur les installations classées (ICPE) en élevage, dont le calendrier a été récemment précisé par M. Lecornu.
Manifestations : 350 tracteurs FNSEA-JA à Paris, qui «restent pour la nuit»
Les agriculteurs de la FNSEA ont annoncé rester «pour la nuit» devant l’Assemblée nationale après y avoir passé la journée du 13 janvier pour réclamer davantage de soutien. «On a décidé, après consultation des délégations, de rester ici pour la nuit», a déclaré Damien Greffin, l’un des vice-présidents de la FNSEA, affirmant à ses troupes que le syndicat agricole souhaitait «remonter au créneau» sur le «sujet de trésorerie, actuellement en discussion». À l’appel de la FRSEA du Grand bassin parisien, environ 350 tracteurs sont entrés dans Paris mardi 13 janvier – pour les premiers dès 6h du matin. Venus des départements de la grande couronne parisienne, mais aussi des Hauts-de-France, les tracteurs de la FNSEA et des JA se sont installés non loin de l'Assemblée nationale, où Sébastien Lecornu a décidé de leur permettre de passer la journée, selon une source proche du dossier. La préfecture de police, qui a autorisé le rassemblement, a recensé 350 tracteurs, tandis que la FNSEA en attend jusqu'à 500, a déclaré à l'AFP son vice-président Damien Greffin. Des représentants de la FNSEA ont pu rencontrer Sébastien Lecornu en début d’après-midi, avant que celui-ci ne fasse ses annonces (lire ci-dessus).
Manifestations: la Coordination rurale dénonce «une différence de traitement»
Ayant du braver une interdiction d'entrée dans Paris pour sa manifestation du 8 janvier, la Coordination rurale dénonce «une différence de traitement, au vu du déroulement de la manifestation de la FNSEA et des JA, qui ont rassemblé, avec autorisation préfectorale, 350 tracteurs dans Paris ce 13 janvier. «Nous avons constaté avec amertume une véritable politique d’empêchement et d'arrestations visant notre mobilisation, alors qu'aujourd'hui la FNSEA bénéficie d'un traitement très différent à Paris pour permettre l’avancée de ses tracteurs vers les lieux de pouvoir», estime le syndicat. Pour la manifestation de la Coordination rurale du 8 janvier, le ministère de l'Intérieur a considéré que le syndicat avait «appelé à bloquer la capitale», et s'était félicité que ce ne soit pas le cas. Un dispositif avait «empêché un certain nombre de tracteurs de venir dans la capitale.» Le 9 janvier, la Confédération paysanne a, quant à elle lancé une opération escargot avec des tracteurs sur le périphérique parisien. Le gros des troupes - des agriculteurs, des étudiants agronomes et des militants écologistes - ont ensuite gagné en métro la place de l’Étoile, point de ralliement pour les tracteurs. Mais six tracteurs de la Conf', partis de la Porte de Bagnolet pour cheminer sur le périphérique nord de la capitale, ont été bloqués au niveau de la Porte Maillot. Et deux de ses porte-parole nationaux ont été interpelés place de l’Étoile à Paris, puis relâchés quelques heures plus tard.
Manifestations : LFI veut poursuivre Pascal Praud après ses propos sur les agriculteurs « blancs »
Le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard a annoncé mardi 13 janvier que LFI allait saisir l'Arcom (régulateur) et la justice après des propos de l'animateur Pascal Praud sur C News concernant les policiers pour lesquels il ne serait « pas facile » de s'interposer face à des agriculteurs « blancs ». Pour sa part, rapporte l'AFP, M. Praud a assuré que la séquence avait été « sortie de son contexte pour [lui] faire dire l'exact contraire de ce [qu'il a] exprimé à l'antenne ». La polémique est partie du post d'un utilisateur du réseau social X, qui s'indignait d'une séquence de l'émission de M. Praud, « L'Heure des Pros », mardi matin. Dans cette séquence, l'animateur commente des images de tensions entre policiers et agriculteurs sur l'autoroute A64. « Manifestement les policiers font leur travail et les gens en face sont blancs. Non mais c'est important de le dire, parce que c'est pas facile pour les policiers, ils sont obligés de s'interposer en plus avec des gens de qui ils partagent parfois les convictions ou (...) les origines », dit à l'antenne le présentateur star de la chaîne d'info de la galaxie Bolloré, CNews. « En France, n'en déplaise à Pascal Praud, la police n'a pas à agir en fonction de la couleur de peau. Ces propos sont des propos racistes inacceptables », a écrit Manuel Bompard sur X.
Salon de l'agriculture : pas de bovin, ni même d'égérie cette année (organisateurs)
Malgré l'aval des autorités sanitaires, les organisateurs du Salon de l'agriculture ont annoncé, à l'occasion d'une conférence de presse le 13 janvier, que l'évènement n'accueillera aucun bovin cette année, pas même la vache égérie, de race brahman (outre-mer), à la suite d’une décision prise par les organismes de sélection (OS). Les organisateurs avaient déjà annoncé il y a quelques jours qu'aucun concours bovin ne serait organisé cette année au Salon. « C'est une décision historique qui nous laisse profondément attristé mais que nous respectons », a indiqué le président du salon, Jérôme Despey. Les organismes de sélection ont motivé leur décision par précaution sanitaire et par « solidarité avec les autres éleveurs », a expliqué Olivier Alleman, commissaire général du Concours général agricole. Les affiches du Salon vont être modifiées très prochainement, et un nouveau slogan va être mis en avant : « Venir c'est soutenir ». « Soutenir les agriculteurs, qui ne vont pas très bien, les éleveurs face à la dermatose nodulaire contagieuse, et aussi le Salon de l'agriculture », a expliqué Jérôme Despey. Les organisateurs vont plancher dans les prochaines heures sur l'occupation du Hall 1, où se tiennent habituellement les concours de bovins.
Salon de l'agriculture : appel au calme des organisateurs, boycott d'une chambre d'agriculture CR
Après les heurts entre la police et des agriculteurs de plusieurs syndicats lors de l'édition 2024, intervenus après plusieurs mois de mobilisations nationales, les organisateurs du Salon de l'agriculture ont appelé, comme l'an passé, les organisations agricoles à ne pas gêner les visiteurs. « Il faut que le Salon de l'agriculture puisse faire venir nos concitoyens. Le Salon, ce sont des lieux d'échanges, de débat et de respect mutuel », a demandé le président de l'évènement, Jérôme Despey, par ailleurs premier vice-président de la FNSEA. « Nous comprenons la tension, mais il ne faudrait pas que cela devienne une tradition au Salon de l'agriculture, pour lesquels les visiteurs paient un ticket et qui doit se dérouler dans des conditions de sécurité », a renchéri Arnaud Lemoine, directeur du Ceneca. « On ne peut pas mettre la pression sur la Salon chaque année. » La veille, la chambre d'agriculture des Ardennes, remportée début 2025 par la Coordination rurale (CR), a annoncé son intention de boycotter l'édition 2026, rapporte la presse locale. « On ne peut pas aller dire que rien ne va et aller au Salon de l’agriculture pour dire que tout va bien », a expliqué son président au journal L'Ardennais. « Boycotter pourquoi ? », a répondu Jérôme Despey, en conférence de presse : « Le salon n'appartient pas à l'État, donc il n'y a aucun intérêt. » Pour Arnaud Lemoine, « si on met trop la pression sur l'évènement, l'alchimie entre les agriculteurs et les visiteurs ne se fera pas, et tout le monde le regrettera ».
Négociations commerciales : la charte n’apporte pas d’amélioration, selon Pact’Alim
« Un mois et demi après la signature de la charte d’engagements mutuels, on constate que rien ne change », déclare à Agra Presse Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, fédération regroupant les PME et ETI agroalimentaires. « Toutes les mauvaises pratiques perdurent comme les menaces de déréférencement ou les nouvelles exigences sans contreparties », constate-t-il. Selon un sondage réalisé auprès des adhérents de Pact’Alim, seulement 8% des entreprises notent une amélioration des comportements lors des rendez-vous avec les distributeurs et 46% constatent une dégradation. Selon les données remontées des adhérents de la fédération, aucune signature entre industriel et distributeur n’a eu lieu pour l’instant à l’échelle nationale, alors que la charte prévoyait que les négociations commerciales se terminent le 15 janvier pour les PME. Les industriels demandent des hausses de tarifs de 1,5 à 3% tandis que distributeurs continuent d’exiger des baisses de tarifs de 5 à plus de 20%, selon les données communiquées par Pact’Alim. La charte d’engagement mutuels a été signée fin novembre entre les organisations professionnelles de l’agroalimentaire et les distributeurs afin d’améliorer le déroulement des négociations commerciales.
Consommation: la France compte plus de décès que de naissances en 2025
Le nombre de décès en France en 2025 est passé au-dessus de celui des naissances, a indiqué l’Insee le 13 janvier. La population a augmenté de 0,25%, pour atteindre 69,1 millions d'habitants, du seul fait du solde migratoire, estimé à +176 000 personnes, soit la différence entre le nombre de personnes entrées et sorties du territoire. Le solde naturel, qui correspond à la différence entre les naissances et décès, est, lui, devenu négatif : - 6.000 personnes. Une situation qui s'explique par deux facteurs: le recul des naissances et la hausse des décès. En 2025, 645 000 bébés ont vu le jour dans le pays, soit 2,1% de moins que l'année précédente, ce qui correspond au plus faible nombre sur un an depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour la quatrième année consécutive. La baisse des naissances est due au repli de la fécondité, soit le nombre d'enfants par femme. L'indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) a continué lui aussi de diminuer: il s'est établi à 1,56 enfant par femme, après 1,61 en 2024. En regard 651 000 personnes sont décédées, soit une hausse de 1,5% par rapport à l'année précédente, du fait de l'arrivée à des âges de forte mortalité des baby-boomers et aussi d’une épidémie plus virulente de grippe.
Fruits et légumes: les importateurs attaquent les clauses de sauvegarde au Conseil d'Etat
Après avoir dénoncé il y a quelques jours les conséquences, pour le commerce de fruits et légumes, des récentes clauses de sauvegarde sur cinq pesticides, les importateurs français du CSIF annoncent, dans un communiqué de presse le 13 janvier, qu'ils engagent auprès du Conseil d'Etat des recours en référé-suspension et en annulation contre les arrêtés concernés, parus le 5 janvier. «Les entreprises de la CSIF subissent déjà des préjudices économiques dus à cet arrêté, qui comporte de nombreuses imprécisions, et n’est pas conforme aux règles européennes», indique la chambre syndicale. «L’objectif du recours en urgence est de suspendre au plus vite la mise en application du texte, dans l’attente du jugement au fond, explique le CSIF. Le recours au fond vise à maintenir l’alignement des réglementations en vigueur sur le marché français avec celles de l’Union Européenne.» La portée du recours pourrait être limitée ; la Commission européenne a présenté le 7 janvier un projet de règlement abaissant à zéro les limites maximales de résidus (LMR) pour trois des cinq substances actives visées par Paris. Il s’agit du carbendazime, du bénomyl et du thiophanate-méthyl. «Cette mesure concerne les importations d'agrumes, de mangues et de papayes», avait précisé Bruxelles.
Oléoprotéagineux : la Conférence de la souveraineté laisse pour l'instant la filière sur sa faim
Contacté par Agra Presse, Benjamin Lammert, président de Terres Univia (interprofession des oléagineux et des protéagineux), partie prenante des Conférences de la souveraineté alimentaire, a fait part d’une certaine insatisfaction, alors que plusieurs réunions de la filière grandes cultures ont eu lieu ces dernières semaines depuis leur lancement en décembre dernier, dont une le 9 janvier. Le président de Terres Univia déplore « que le sujet de la réglementation, première responsabilité du gouvernement, n’ait pas été abordé. La filière (c’est-à-dire les céréales et les oléagineux, NDLR) est unanime à ce sujet ». Il ajoute que le secteur « a déjà fait son diagnostic pour améliorer la souveraineté alimentaire française », mais regrette que « les autorités n’en fassent pas de même. Nous aimerions qu’ils analysent la réglementation en place en vue de lever les freins au développement de la production et de la transformation des produits agricoles ». Benjamin Lammert indique que la filière fait preuve « de bonne volonté » en acceptant de discuter et d’actualiser ses informations pour lesdites conférences. Mais il prévient que des « mesures concrètes devront rapidement être prises », sous peine de ne pas calmer la colère actuelle des agriculteurs.
Boissons sucrées/alcools : l'OMS appelle à plus taxer ces produits, de moins en moins chers
L'OMS a constaté le 13 janvier que les boissons sucrées et l'alcool devenaient de moins en moins chers, et a exhorté les Etats à augmenter les taxes afin de réduire leur consommation et faciliter le financement des soins de santé. L'organisation a assuré que la faiblesse persistante des taxes sur ces produits dans la plupart des pays alimentait l'obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les cancers et divers accidents. Cette situation « permet à des produits nocifs de rester bon marché, tandis que les systèmes de santé subissent une pression financière croissante due aux maladies non transmissibles et aux traumatismes évitables », selon un communiqué. L'OMS a souligné que si ces boissons génèrent des milliards de dollars de profits, les gouvernements n'en perçoivent qu'une part relativement faible par le biais des taxes sur la santé, leur laissant ainsi le fardeau des coûts sanitaires à long terme. L'organisation a publié deux rapports mondiaux sur la taxation de l'alcool et des boissons sucrées. Il en ressort que la bière est devenue plus abordable dans 56 pays entre 2022 et 2024, et moins abordable dans 37 autres. Le second rapport indique qu'au moins 116 pays taxent les boissons sucrées, dont de nombreux sodas, mais ces taxes « varient considérablement ».
Lait : l’APLBC contractualise avec Andros pour une gamme labellisée Agri-Ethique
L’OP APLBC et Andros ont indiqué le 13 janvier l’entrée en vigueur d’un contrat d’approvisionnement en lait Agri-Ethique pour les produits laitiers destinés à la restauration collective. La contractualisation est prévue pour une période renouvelable de 5 ans et couvre le prix et les volumes. Le prix de base du lait est obtenu en partant des coûts de production des éleveurs français, sans référence à des cours mondiaux. Toutefois, les parties se refusent à dévoiler pour l’instant ce prix du lait payé aux éleveurs. « Lancée en ce mois de janvier, notre gamme Agri-Ethique compte 33 références de produits laitiers ultrafrais destinés à la restauration collective, soit l’une de plus étendues du marché », indique Marco Mandrillo, responsable marketing d’Andros Food Service. Le développement de cette gamme permet de répondre aux attentes du marché de la restauration collective qui doit se fournir en produits labellisés et biologiques, selon les obligations de la loi Egalim. L’APLBC regroupe 800 éleveurs produisant 360 millions de litres de lait par an. Cette OP commercialise environ un tiers de ses volumes auprès d’Andros et deux tiers auprès de LSDH.
Lait : les éleveurs de chèvres demandent une hausse de 50€/1000 litres
La Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec) a pris la parole le 13 janvier pour demander une hausse du prix du lait de 50 euros les 1000 litres. En septembre 2025, le prix réel payé à l’éleveur était de 956 euros les 1000 litres, selon FranceAgriMer. Pour justifier cette demande, les éleveurs mettent en avant des charges en hausse. « Ces cinq dernières années, les éleveurs font face à une hausse de 500 € de coût à l’installation ou rénovations par place de chèvre en bâtiment », indique la fédération. Et les coûts de production ne baissent pas et restent toujours élevés, à +25% par rapport à 2020. La Fnec alerte sur une situation d’autant plus difficile que le prix du lait n’a pas augmenté en 2023 et 2024 et que les volumes collectés ont été en recul ces deux dernières années. La Fnec prend position alors que les négociations commerciales battent leur plein actuellement et doivent se terminer mi-janvier pour les PME et fin février pour les grands industriels. « Transformateurs et distributeurs doivent aujourd’hui répondre aux obligations de la loi Egalim pour tenir compte des coûts de production des éleveurs et permettre la modernisation des élevages, ainsi que l’installation des nouveaux éleveurs », souligne la Fnec.
Porc/Danemark : quinze ans pour éliminer les cases immobilisant les truies
Un décret du ministère danois de l’Agriculture entré en application le 1er janvier 2026 donne quinze ans aux éleveurs de porcs pour mettre fin à l'immobilisation des truies dans les cases de mise bas et de lactation, ces cases devant être agrandies. Dans un communiqué du 1er janvier 2026, le ministère annonce que les truies pourront circuler librement dans les cases de mise bas, sauf pendant une courte période autour de la mise bas elle-même, lorsque le risque d'écrasement des porcelets est maximal. Les cases devront être constitués d'un sol plein ou drainé et développer au moins 3 mètres carrés, « ce qui, entre autres, permettra à la truie de mieux exprimer son comportement naturel de nidification », est-il justifié. Au total, les truies et leurs porcelets devront disposer d'une surface au sol d'au moins 6,5 mètres carrés. Les éleveurs ayant déjà adopté le système en liberté bénéficient d’un délai allongé de vingt-cinq ans pour satisfaire à toutes les exigences réglementaires. Dans l’UE, la Suède et l’Autriche ont interdit les cases de mise-bas permanentes et l’Allemagne prévoit de les abolir d’ici à 2029. Le Royaume-Uni prévoit également d'interdire la pratique, sans échéance à ce jour. Une évolution prévue par la Commission européenne mais pas encore encadrée réglementairement.
Foncier : Feve collecte 25 M€, grâce à une forte mobilisation des particuliers
La foncière Feve annonce avoir mobilisé 25 M€ d’épargne citoyenne sur l’ensemble de l’année, affichant un nouveau record par rapport aux 19 M€ collectés en 2024 et aux 20 M€ escomptés lors du défi lancé par la société mi-novembre (Lire l’article complet dans Agra Innovation). « Un record qui confirme l’engagement croissant des Français en faveur du renouvellement des générations d’agriculteurs et de la transition agroécologique », estime la société dans son communiqué du 13 janvier 2026. Un record qui confirme également « la solidité et l'attractivité de son modèle », ajoute-t-elle. Cette collecte a été soutenue par 2000 investisseurs, dont plus de 1200 nouveaux. Et sur l’ensemble des fonds collectés, une large majorité (17 M€) provient de particuliers, et 7,5 M€ d’investisseurs institutionnels, parmi lesquels des fonds solidaires Mirova, Ecofi et Crédit Mutuel et du fonds public Entrepreneurs du Vivant, géré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Cette mobilisation a déjà permis de financer sept fermes supplémentaires en fin d’année dernière et 5 nouvelles installations sont également prévues dès le premier trimestre 2026 (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).
Renards : une pétition et mobilisation pour le sortir des espèces nuisibles
Huit associations de défense des animaux* appellent à une « mobilisation citoyenne » le 17 janvier pour sortir le renard roux de la liste des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod). Des actions seront organisées dans onze villes « pour sensibiliser le public aux enjeux de la démarche », indique l’association Aspas dans un communiqué le 13 janvier. Cette initiative découle d’une pétition citoyenne déposée à l’Assemblée nationale le 3 novembre, toujours ouverte, et qui a déjà recueilli 14 500 signatures. D’après les associations, « au moins 500 000 renards » sont tués chaque année par « tir, piégeage, déterrage », grâce à leur inclusion sur la liste Esod « dans 88 départements ». Or les renards roux sont « des alliés » des agriculteurs car « ils régulent les rongeurs ravageurs des cultures et porteurs de maladies », comme la maladie de Lyme, ce qui permet de réduire les pertes agricoles et la « dépendance aux rodenticides toxiques », exposent-ils. De plus, les renards « ne sont plus porteurs de la rage » et « tuer des renards ne réduit en rien les prédations » vu que « seules des protections adaptées des poulaillers sont réellement efficaces », affirme le collectif d’associations. Publié le 4 août 2023, l’arrêté qui fixe la liste des Esod court pour une période de trois ans, jusqu’à août 2026. * Animal Cross, Aspas, Aves, Faune Alfort, Ferus, Focale pour le Sauvage, le Pôle Grands prédateurs et One Voice
Banque : David Boutillier nommé directeur de l’Agriculture de Crédit Agricole SA
Le Crédit Agricole SA a annoncé le 13 janvier la nomination de David Boutillier comme directeur de l’Agriculture. Le poste était vacant après le départ de Jean-Christophe Roubin, nouveau directeur des Affaires internationales chez le spécialiste de la nutrition végétale et animale Roullier, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Jusque-là responsable Agriculture et Agroalimentaire à la FNCA (Fédération nationale du Crédit agricole), David Boutillier est à la banque verte depuis 2021, après quinze ans au sein de la FNSafer. Son changement de fonctions est prévu au 1er février, d’après le communiqué. Il doit être remplacé à la FNCA par l’actuel directeur du syndicat Jeunes Agriculteurs Jérôme Simon.
Bio : Bruno Martel nommé président de l’Agence bio
La Coopération agricole (LCA) prend la présidence tournante de l’Agence bio pour une période de deux ans, indique l’Agence bio dans un communiqué le 13 janvier. C’est Bruno Martel, éleveur laitier en Ille-et-Vilaine et adhérent à la coopérative Agrial, qui a été nommé président. Cet agriculteur certifié bio depuis 2000 possède un troupeau de 120 vaches sur 200 ha. Il prend la suite de Jean Verdier, représentant du Syndicat national des entreprises agroalimentaires bio (Synabio), en place depuis février 2024. Ce dernier avait succédé à Loïc Guines, qui représentait alors Chambres d’agriculture France. L’Agence bio, dont le sort était incertain l’année passée, rappelle sa triple mission d’informer les citoyens sur le bio, de structurer les filières et de faire un suivi économique des filières. « Les 85 000 fermes et entreprises bio ont plus que jamais besoin d’une équipe spécialiste, dédiée au développement du bio tant que les objectifs ne sont pas atteints : on en est à la moitié de l’objectif dans les champs, et moins du tiers dans les cantines, au travail ! » déclare Bruno Martel, cité dans le communiqué.
Légumes bio : Anaïs Larher, nouvelle présidente de BioBreizh
BioBreizh, coopérative bretonne de légumes bio, a élu sa nouvelle présidente, selon un communiqué daté du 18 décembre. Anaïs Larher prend la suite de Patrick Cabioch, à ce poste pendant six ans. La jeune femme est arrivée sur la ferme familiale en 2020, après une dizaine d’années dans le secteur bancaire. « Aux côtés de son père, elle a fait évoluer l’exploitation vers le maraîchage en plein champ et sous abris, ainsi que vers la production de céréales », détaille le communiqué. Lors de son dernier exercice, Bio Breizh a produit 15 770t de légumes frais, pour un chiffre d’affaires de 26 764 123 €.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 12 janvier 2025
Jeudi 15 janvier
Visioconférence de la Fnab (agriculteurs bio) sur son Pacte bio pour les élections municipales