Agrafil du 15 avril 2025

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Egalim 4 : pas de loi avant l’été, selon Annie Genevard (presse)

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a écarté l’idée de pouvoir faire voter une loi Egalim 4 avant l’été, selon une déclaration faite à nos confrères des Echos (article payant). « Il faut s'assurer que nous ayons de quoi aboutir » avant de proposer une nouvelle loi au Parlement, explique-t-elle au quotidien économique, sachant qu’un « encombrement législatif magistral » crée une impossibilité d’avancer rapidement sur un calendrier. « Je pense que, sur ces questions, il faut continuer de se réunir. Il faut mener davantage de discussions avec les parlementaires et les principaux intéressés à la fois de la production, de la consommation et de la distribution », explique Annie Genevard. Elle a toutefois identifié plusieurs sujets, comme les négociations commerciales – qu’elle veut « simplifier et raccourcir » – et le contournement de la législation française grâce aux centrales d’achat européennes. La locataire de la Rue de Varenne souhaite aussi « favoriser le regroupement et éviter le contournement des organisations de producteurs ». L'examen de la PPL (proposition de loi) sur le SRP+10 (seuil de revente à perte +10 points) portée par Stéphane Travert a montré que le parcours législatif d’un texte soutenu par le gouvernement pouvait subir de nombreux changements au gré des amendements apportés par les députés et les sénateurs. Une expérience qui n’incite sans doute pas la ministre à se lancer dans un texte de grande ampleur, auquel le soutien des professionnels n’est en outre pas acquis.

Pac post-2027 : le ministère ne veut pas « préempter » le débat

Lors de la conférence des parties sur la Pac post-2027 qu’il organise le 15 avril, le ministère de l’Agriculture ne compte «préempter ni les solutions ni les orientations», ont indiqué ses représentants à la presse le 14 avril. L’exercice vise à «identifier les enjeux du moment et à discuter des outils», via trois tables rondes: compétitivité et revenu ; gestion des risques ; transitions. Selon la Rue de Varenne, quelque 200 participants sont inscrits, «issus de tous les horizons: organisations agricoles, ONG, représentants des États membres en poste à Paris, membres de l’administration». La ministre de l’Agriculture Annie Genevard doit clore l’évènement. La conférence des parties donnera le top départ officiel de la concertation sur la position française pour la prochaine Pac, avec l’objectif d’«être en ordre en marche» au moment où la Commission européenne présentera ses propositions législatives, probablement «en automne», selon l’entourage de la ministre. Avant cette échéance, l’exécutif bruxellois doit présenter, début juillet, sa proposition de cadre financier pluriannuel, incluant le budget de la Pac. À cette occasion, Bruxelles pourrait fondre les enveloppes de la Pac dans un fonds plus large. Une orientation rejetée par les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept.

Taxes américaines : Bruxelles négocie avec Washington, mais se prépare en cas d’échec

La Commission européenne a adopté, le 14 avril, l'acte juridique instituant ses contre-mesures en réponse aux surtaxes annoncées par les États-Unis. Mais ces derniers ayant décidé de les suspendre pendant 90 jours, Bruxelles a adopté le même jour un second acte suspendant toutes ces mesures européennes jusqu’au 14 juillet. La Commission européenne espère ainsi négocier dans l’intervalle un accord acceptable, tout en se préparant dans le cas où ces négociations devaient échouer. Le commissaire européen Maros Sefcovic était à Washington le 14 avril pour entamer ces pourparlers avec ses homologues américains. Les États-Unis imposent des droits de douane de 25 % sur les importations d’acier, d’aluminium et de produits dérivés et menacent le reste des importations en provenance de l’UE de taxes à hauteur de 20 %. Au total, les contre-mesures, en suspens, de l’UE couvriraient, elles, 21 Md€ d’exportations américaines. Des produits agricoles, comme la volaille, les œufs, la viande bovine, les tomates, le miel, les agrumes, les céréales, le maïs, le sucre, ou encore le soja et les amandes, seraient progressivement taxés à hauteur de 25 %.

Amandes californiennes : la COAG (Espagne) demande des droits de douane immédiats

Le syndicat agricole espagnol COAG a mis en garde contre « une avalanche d'importations et une chute des prix si l'UE retarde les droits de douane sur les amandes californiennes jusqu'en décembre 2025 », le 9 avril dans un communiqué. « Nous saluons les droits de douane de 25 %, écrivent-ils, mais ils doivent entrer en vigueur maintenant. » Ce jour-là, l’UE a adopté ses ripostes aux surtaxes de 25 % de Donald Trump sur l’acier et l’aluminium européens en les échelonnant dans le temps (lire notre enquête) ; le lendemain, elle a suspendu ses contre-mesures afin de donner une chance aux négociations, alors que Washington venait de décider d’une mini-trêve. « Les amandes peuvent être stockées et importées toute l'année, précise la COAG, et c'est précisément en décembre qu'il y a le moins d'importations. » Javier Fatás, membre du comité exécutif du syndicat, prévient dans le même communiqué que cette annonce pour décembre « encouragera les importateurs à avancer leurs achats d'amandes californiennes, provoquant un sentiment d'offre excédentaire sur le marché intérieur, qui servira de terreau à la spéculation et exercera une pression à la baisse sur les prix perçus par nos producteurs ». Pour la COAG, il est aussi nécessaire « d'envisager d'éventuels droits de douane sur des produits tels que la pistache ou la noix ».

Grippe aviaire : la HAS propose une stratégie vaccinale pour les professionnels exposés

La Haute autorité de santé (HAS) recommande, sur saisine du ministère de la Santé, de vacciner contre la grippe aviaire les personnes au contact de volailles dans un scénario réunissant deux conditions : l’augmentation du nombre de foyers en élevages et celle du nombre de cas humains sévères. Le vaccin qu’elle recommande est le Zoonotic influenza vaccine contre le virus H5N8 de l'influenza aviaire (laboratoire Seqirus). C’est, justifie-t-elle dans un communiqué le 8 avril, le seul vaccin pré-pandémique autorisé dans l’UE et il « entraîne une réponse immunitaire croisée vis à vis des souches H5N1 circulant dans le monde ». La HAS désigne les groupes exposés qu’il s’agirait de vacciner afin d’éviter avant tout le développement de formes sévères : éleveurs de volailles (et de bovins, le cas échéant), techniciens et vétérinaires avicoles et personnel d’abattage d’urgence, personnels de laboratoires exposés au virus. Par ailleurs, la HAS réitère sa recommandation de vacciner contre la grippe saisonnière les professionnels exposés aux virus influenza porcins et aviaires, afin de réduire le risque de co-infection avec des virus influenza humains.

Influenza aviaire : des mesures d’urgence attendues dans deux régions de Pologne

Lors du briefing de mi-journée de la Commission européenne ce 14 avril, la porte-parole en charge de la Santé et de la sécurité sanitaire Eva Hrncirova a annoncé que des mesures d’urgence seraient mises en place cette semaine en Pologne pour lutter contre l'influenza aviaire, en accord avec les autorités nationale et régionales et en s’appuyant sur les informations des services vétérinaires. « Il est question de protection plutôt que de restriction », a-t-elle répondu à un journaliste polonais qui l’interrogeait sur le risque de limiter les exportations du pays. D'après une dépêche Reuters du 11 avril, qui cite un message de la Commission européenne, la prévention et les mesures de contrôle seraient renforcées dans deux régions où l’influenza aviaire progresse vivement depuis janvier, afin d’empêcher la contamination à tout le pays. Ces deux régions sont la Mazovie (autour de Varsovie) et la Grande-Pologne (autour de Poznań). Selon le bulletin de la plateforme française ESA (Épidémiosurveillance en santé animale) du 8 avril, l’incidence de l’influenza en Pologne augmente depuis début janvier. En effet, douze nouveaux foyers ont été détectés entre les 31 mars et le 3 avril dans des élevages de dindes, de gallus (poules/poulets) et de palmipèdes en Grande-Pologne.

Nutri-Score : une PPL pour exempter les produits du terroir d’une éventuelle obligation

Une proposition de loi visant à protéger les produits sous signes officiels de qualité, les produits fermiers et les produits traditionnels d’une éventuelle obligation d'apposition du Nutri-Score a été déposée le 2 avril au Sénat par Jean-Claude Anglars (Aveyron, LR) et Jean-François Longeot (Doubs, Union centriste). Comme l'indique l’exposé des motifs, « alors que l'Union européenne n'a pas entériné le retrait définitif d'une obligation du Nutri-Score ou d'un étiquetage nutritionnel uniformisé, il est de la responsabilité de la France de garantir un cadre législatif conforme aux intérêts de ses producteurs, de ses consommateurs et de son patrimoine gastronomique ». Cet abandon avait été révélé fin février par une enquête de Radio France. Selon la PPL, seraient exemptés : les produits alimentaires sous signe officiel de qualité – AOP, AOC, IGP, STG (spécialités traditionnelles garanties), Label rouge – et ceux dotés d'une mention valorisante « produit fermier », « produits de la ferme » ou « produit à la ferme », ainsi que les produits bruts au sens du règlement européen et les « denrées alimentaires présentant des caractéristiques traditionnelles » reconnues par l'UE. En France, la nouvelle version du Nutri-Score a récemment été validée.

Durabilité des entreprises : les institutions européennes conviennent d'un report des directives

Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE se sont mis d’accord le 14 avril pour reporter de deux ans l’application de la directive concernant la publication d’informations en matière de durabilité des entreprises (CSRD) et d’un an la mise en œuvre de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD). Les deux institutions avaient déjà validé, chacune de leur côté, cette proposition faite au mois de février par la Commission européenne. Durant ce nouveau délai accordé aux entreprises, les institutions européennes vont se pencher sur une révision ciblée des législations en question. Il s’agira notamment pour la CSRD de réduire son champ d’application. Seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et qui ont soit un chiffre d’affaires supérieur à 50 M€ soit un bilan supérieur à 25 M€ y seront soumises (contre 250 salariés et 50 M€ de chiffre d’affaires ou 25 M€ de bilan initialement prévus) ; 80 % des entreprises initialement concernées devraient donc y échapper.

Défaillances d’entreprises : l’agriculture en hausse de 14,5 % au premier trimestre (Altares)

Le groupe Altares a dévoilé, le 10 avril, les chiffres des défaillances d’entreprises agricoles en France pour le premier trimestre 2025 : elles progressent de 14,5 %, comparé aux trois premiers mois de 2024. Ainsi, 396 structures (activités de culture, d’élevage, de chasse, pêche et forêt) sont en défaillance, sur un total de 17 845 tous secteurs confondus (+4,4 %). Dans le détail, selon l'étude, pour le secteur agricole, 191 sont en redressement judiciaire, 187 en liquidation et 18 en procédure de sauvegarde. Selon Altares, les activités de cultures résistent plutôt bien (+3 %) en dépit de tensions toujours très fortes en viticulture (+75 %). L’élevage est sévèrement touché (+29 %), notamment les exploitations de vaches laitières (+53 %). Pour le secteur de l’industrie agroalimentaire, bonne nouvelle en revanche : si 432 entreprises sont en défaillance au cours du premier trimestre (271 liquidations judiciaires, 154 redressements et 7 procédures de sauvegarde), ce chiffre recule de 7,7 % en un an. Autre fait marquant : une forte disparité régionale. Toutes activités confondues, la Corse et les Pays de la Loire sont les plus touchées, contrairement à la région Grand Est, à la Bourgogne-Franche-Comté, à Paca et au Centre-Val de Loire, qui voient le nombre de défaillances reculer ou au moins, se stabiliser.

Coopératives : pour Terrena, 5,6 Md€ de CA en 2024, mais une rentabilité en baisse

Le 14 avril, Éric Forin, directeur général du groupe Terrena (18 000 adhérents, 13 000 salariés dont 400 technico-commerciaux) a, en conférence de presse, fait le point sur l’exercice passé. « Avec un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2024, contre 5,5 Md€ en 2023, notre résultat est en légère progression, malgré une météo qui a impacté la collecte (1,5 Mt, -30 %) », confiait-il. Dans le détail, selon un communiqué de presse, le pôle Agricultures et filières enregistre un chiffre d’affaires de 2,199 Md€, l’activité « carné » 1,251 Md€, la volaille 985 M€, les alliances 825 M€ et les autres filières 320 M€. 89 % du chiffre d’affaires est réalisé en France et 30 %, grâce aux « belles marques du groupe », comme Père Dodu, La Nouvelle Agriculture, Douce France ou Nature de France. Le 3 juin, lors de l’assemblée générale, le conseil d’administration proposera de reverser 7,9 M€ aux adhérents. En 2024, l’Ebitda du groupe atteint 160 M€, contre 166 M€ en 2023, et le résultat net, 29,6 M€ comparés aux 31,4 M€ de 2023. Des chiffres qui permettent au groupe de continuer à investir : 170 M€ pour 2025 (113 M€ en 2024), notamment dans la rénovation des silos (180 M€ sur huit ans) ou la modernisation des bâtiments d’élevage de poules pondeuses. Pour l’avenir du bio, Terrena se veut « confiant » et a, pour l’heure, débloqué 5 M€ sur trois ans pour soutenir ses adhérents. (Anne Gilet)

Eau/climat : l’agence de l’eau Seine-Normandie met en œuvre son 12e programme d’intervention

L’agence de l'eau Seine-Normandie inaugure son 12e programme d'intervention « Eau, climat & biodiversité » (2025-2030) en attribuant 122 M€ d'aides, dont 9,43 M€ concernent l’agriculture. Cela sous forme de subventions pour 95 % et 5 % d’avances remboursables à taux zéro. « Au total, 39 % des crédits 2025 sont engagés », précise l’Agence dans un communiqué début avril. Un exemple de financement : un projet à Verzy (Marne) de solutions fondées sur la nature pour faire face aux effets du ruissellement sur les coteaux viticoles (259 395 € d’aides) en protégeant les vignes et la ressource en eau. Au global, ce 12e programme est doté d’un budget de 4,7 Md€ pour six ans, dont 3,7 Md€ d’aides aux projets. Cela inclut 398 M€ pour la « lutte contre les pollutions d’origine agricole », 98 M€ pour la « sobriété et gestion quantitative », 108 M€ pour la « protection de la ressource en eau » ou encore 399 M€ pour la « restauration et préservation des milieux, habitats et écosystèmes ». Le programme précédent (2019-2024) était doté d’une enveloppe d’aides de 3,84 Md€, dont 305 M€ d’« aide à l’agriculture », 340 M€ pour la « restauration des milieux » ou encore 60 M€ pour la « gestion quantitative ». Au cours de sa dernière année, 2024, le 11e programme a déployé 700 M€ d'aides, dont 86,01 M€ pour l’agriculture.

Chlordécone : le ver de terre, très contaminé et potentiel bio-indicateur du sol (étude)

Des chercheurs du Cirad ont étudié la présence de chlordécone dans sept espèces d’invertébrés présents dans les sols contaminés de Martinique. Leurs travaux, publiés en septembre dans le journal Environnemental Pollution, font apparaître des taux de concentration « très élevés » chez les vers de terre, avec une contamination « dix à vingt fois supérieure » à celle du sol. Ces résultats s’expliqueraient par le fait que les vers de terre sont détritivores et dépourvus d’exosquelette. En comparaison, le mille-pattes, détritivore mais doté d’un exosquelette, présente une contamination « presque cinq fois supérieure » à celle du sol. Quand l’escargot, dépourvu d’exosquelette mais herbivore, présente « des concentrations quinze fois inférieures au milieu ». Cette sensibilité du ver de terre à la chlordécone fait dire aux scientifiques que l’invertébré pourrait servir de bio-indicateur de contamination des sols. « Réaliser des dosages dans les vers de terre permettrait de détecter la chlordécone dans les sols peu pollués. C’est une piste de recherche qui est actuellement explorée dans le cadre du projet Chlor2nou », indique l’écologue Mathieu Coulis, cité dans un article sur le site web du Cirad.

Endives : nouvelle baisse de la production française de 5 % en 2024 (producteurs)

Les volumes produits par la filière endives pour 2024 sont orientés une fois de plus à la baisse : 117 500 tonnes, selon le périmètre de l’Association des producteurs d’endives français (Apef), contactée par Agra Presse en marge de son assemblée générale le 11 avril. Cela reflète un recul de 5 % par rapport à 2023 (qui était déjà inférieure de 10 % à 2022). Du côté de la consommation, l’Apef regrette une perte du nombre de consommateurs et une baisse du taux de pénétration des ménages en 2024. En revanche, sur la période 2024, les surfaces semées enregistrent une augmentation de 7 % par rapport à 2023, avec 8 700 ha pour une récolte en 2025. Ce qui pourrait laisser espérer une production de l’ordre de 125 000 tonnes. Les mois de janvier et février de cette année sont encourageants sur le retour des consommateurs d’après les panels Kantar, selon l’Apef. Avant, ceux-ci semblaient en effet avoir été « refroidis » dans leurs velléités d’achat par une offre faible et une notable augmentation des prix. Ces données sont peu ou prou confirmées par celles d'Agreste (ministère de l’Agriculture) : en janvier 2025, même si les prix ont été inférieurs de 31 % à ceux de la campagne 2023-2024, ils ont été supérieurs de 11 % à la moyenne des prix 2020-2024 sur le même mois.

Agriculture urbaine : en Angleterre, chute du premier producteur de salades et de basilic

L’entreprise anglaise d’agriculture verticale Jones Food Company (JFC), basée à Lydney (Gloucestershire), a été placée sous administration judiciaire, selon les informations exclusives du Fresh Produce Journal. L'entreprise, qui a fermé ses portes le 7 avril, gérait deux établissements produisant une gamme de salades et d’herbes aromatiques. Le premier, situé à Scunthorpe (Lincolnshire), fournissait environ 30 % du basilic coupé du Royaume-Uni. La seconde unité avait ouvert l’an dernier à Lydney et prévoyait une production de 1 000 tonnes par an. JFC vendait sa production sous ses propres marques : Home Grown chez le distributeur Asda et Lēaf sur le site internet Ocado, son principal actionnaire. Ce dernier avait investi 3,65 millions de livres sterling supplémentaires (4,05 M€) dans l'entreprise en avril 2023. Les dirigeants de JFC avaient identifié la nécessité d'un financement additionnel pour soutenir les plans de l'entreprise pour 2023 et 2024, y compris 4,5 millions de livres sterling (5,2 M€) de financement lié aux actifs. JFC s’ajoute à la longue série d'entreprises agricoles verticales à faire faillite outre-Manche  comme Eider VF, dans le Worcestershire, ou Future Crops Cooperative.

Artichaut : en Espagne, la Murcie espère une production 2025 de bonne qualité

La région de Murcie, en Espagne, table sur un potentiel de production en artichauts de 81 000 tonnes, en recul par rapport aux dernières années, rapporte le site Mercados, le 8 avril. Toutefois, Antonio Galindo, président de l’association « Alcachofa de España » (artichauts d’Espagne), souligne que « les pluies des dernières semaines dans la région de Murcie ont grandement profité aux cultures, et les artichauts de cette saison sont d'une qualité extraordinaire », à l’occasion d’un lancement de campagne à Torre Pacheco. Il a aussi annoncé la participation de l'association au nouveau programme européen Cute-Fresh, visant à promouvoir la consommation de fruits rouges et de légumes verts sur les marchés espagnol, français et allemand entre 2025 et 2028 (budget de 54 000 € cofinancé par l’Union européenne). Fraises de France et « +Brocoli » (association professionnelle espagnole du brocoli) sont aussi partie prenante. Alcachofa de España regroupe 29 entreprises, coopératives, associations et institutions bancaires, représentant l'ensemble de la filière de production d'artichauts (frais, en conserve et surgelés). La culture d’artichaut couvre 5 000 hectares en Murcie, ce qui en fait la première région productrice en Espagne.

Fleurs : l’Union nationale des fleuristes reconnue organisation patronale représentative

L’Union nationale des fleuristes (UNF) annonce avoir été reconnue comme organisation patronale représentative au sein de la branche, à la suite de la mesure d’audience 2025 conduite par le ministère du Travail, dans un communiqué le 11 avril. « Nous sommes heureux de pouvoir désormais participer pleinement au débat collectif et d’y prendre part avec la vision que nous défendons : celle d’un métier en mouvement, engagé dans les transitions écologiques, économiques et sociales à venir, soucieux d’un dialogue social constructif et respectueux », commente Pascal Mutel, président de l’UNF. En 2022, le syndicat avait lancé un livre blanc sur la traçabilité des fleurs coupées (nationales et d’importation). Le sujet est récemment revenu sur le devant de la scène avec l'enquête de l'UFC-Que choisir sur les résidus de pesticides et la nécessaire segmentation de l’offre (voir notre enquête). L’UNF entend dialoguer avec l’autre syndicat professionnel (Fédération française des artisans fleuristes, aussi organisation patronale représentative) : « À plusieurs reprises, nous avons exprimé notre souhait d’un dialogue ouvert et d’une coopération raisonnée, dans l’intérêt commun des professionnels que nous représentons », précise Pascal Mutel, convaincu que « la confrontation objective des visions renforce l’intelligence collective de notre secteur ».

Fruits et légumes : la CDF (commerçants) demande une lutte renforcée contre la vente à la sauvette

La Confédération des commerçants de France (CDF) a rencontré le 10 avril des représentants du ministère de la Justice à propos de la montée en puissance de la vente à la sauvette, indique-t-elle sur LinkedIn. Selon la CDF, le phénomène ne se limite plus aux grandes métropoles et touche tout le territoire : « Les filières sont désormais structurées, avec des logiques de réseau, proches du fonctionnement mafieux : trafic, blanchiment, coercition, emprise territoriale. Cette activité entraîne une recrudescence de violences dans l’espace public : rixes entre vendeurs, agressions, menaces sur les commerçants… ». Les conséquences économiques sont lourdes : 800 000 € par an pour les commerçants de fruits et légumes à Paris. Le syndicat a demandé certaines mesures : renforcement des forces de l’ordre, pouvoir de saisie par la police municipale, encadrement des accès au MIN avec sanction des revendeurs et grossistes « alimentant les filières illégales ». En mars, un réseau de vente à la sauvette de fruits et légumes à Paris avait été condamné.

Plastique/agrofournitures : Adivalor élargit sa collecte à de nouveaux intrants

L’organisme de valorisation des déchets d’agrofourniture Adivalor va élargir son activité à de nouveaux intrants agricoles. Depuis « début avril », Adivalor collecte de nouveaux emballages de produits de nutrition animale et de désinfection, indique son directeur général Ronan Vanot. Un gisement annuel estimé à « une centaine de tonnes ». « Historiquement, on avait déjà les gros types d’emballages – bidons, fûts, seaux, big bag, sacs plastique, sacs papier. Là, on intègre aussi les octabin – qui sont des énormes cartons –, les sacs qui intègrent de l’aluminium, des sachets alumisés, des boîtes en polystyrène ». Au-delà, Adivalor espère inclure d’autres emballages à partir du 1er avril 2026 : les gaines semi-rigides, dont le gisement représente « autour de 2 000 t » ; les filets anti-insectes et climatiques, pour un gisement « de l’ordre a priori d’un millier de tonnes » ; les emballages de semences potagères (« moins d’une centaine de tonnes ») ; et les emballages des plastiques agricoles, dont l’étude de gisements n’est pas finie. En 2024, Adivalor a collecté « autour de 114 000 t de plastiques agricoles et 25 000 t d’emballages ».