Agrafil du 15 décembre 2021

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Sucre: les subventions de l’Inde condamnées à l'OMC

À la suite des plaintes déposées par le Brésil, l’Australie et le Guatemala dans le cadre du mécanisme de règlement des différends au sujet des mesures de soutien interne et des subventions à l’exportation que l’Inde accorde, selon eux, à ses producteurs de canne à sucre et de sucre, l’OMC a estimé, dans trois rapports distincts du Groupe spécial jugeant l’affaire, que «New Delhi a agi d’une manière incompatible avec ses obligations au titre de l’Accord sur l’agriculture». L’OMC dénonce notamment le fait que l’Inde ait accordé à ses producteurs de canne à sucre un soutien interne par produit non exempté excédant le niveau de 10% de la valeur totale de la production de canne à sucre. Elle dénonce aussi l’absence d’engagements de réduction des subventions à l’exportation pour le sucre, tout comme l’absence de notifications au Comité de l’agriculture du soutien interne accordé aux producteurs de canne à sucre après la campagne de commercialisation 1995/96, ainsi que ses subventions à l’exportation de sucre accordées après la campagne de commercialisation 2009/10. Ainsi, conformément à l’Accord sur les subventions et les mesures compensatoires (SMC), l’OMC recommande à l’Inde de retirer ses subventions dans un délai de 120 jours à compter de l’adoption du rapport.

Agrivoltaïsme: l’Afnor prépare un label pour préserver la production agricole

Afnor certification, filiale de l’Association française de normalisation (Afnor), sortira prochainement un label sur les projets agrivoltaïques qui conjuguent enjeux agricoles et énergétiques, en donnant la priorité à l'activité agricole, a-t-on appris auprès de l’entreprise le 14 décembre. «Avec ce label, on vient qualifier les projets agrivoltaïques qui donnent la priorité à la performance agricole dans la durée», indique Jérémie Mella, chef de projet. En clair, il garantira que l’activité agricole ne sera pas sacrifiée à la production d’électricité. Il concernera uniquement les exploitations de cultures (de tous types : viticulture, arboriculture, maraîchage) dans un premier temps. «Ce label est très attendu. Il est nécessaire d’avoir une reconnaissance de l’agrivoltaïsme, car aujourd’hui le terme “ agrivoltaïsme ” est devenu un mot valise pour faire de l’agriwashing», a commenté, dans un entretien avec Agra, Antoine Nogier. Ce dernier est le président de France Agrivoltaïsme, association constituée en 2021, et qui regroupe les familles agricoles, énergéticiennes,  financières et assurantielles de la filière agrivoltaïque. 

ZNT: 70 gardes à vue après une manifestation de la FNSEA Grand bassin parisien

L'antenne régionale de la FNSEA dans le Grand bassin parisien manifestait le 14 décembre devant le Conseil d'État, dont un avis concernant les zones de non-traitement (ZNT) par pesticides doit être appliqué d'ici la fin de l'année par le ministère de l'Agriculture. Entre 200 et 300 agriculteurs s'étaient regroupés devant l'institution, avant d'allumer un feu et d'accrocher aux grilles du bâtiment public une bâche arborant le slogan «Conseil des juges - République des juges». 73 personnes ont été interpellées, dont deux organisateurs de la manifestation, et 68 ont été placées en garde à vue, a appris l'AFP de source proche du dossier. Le motif invoqué serait le non-respect des sommations de dispersion, rapporte la FNSEA Grand bassin parisien. «Certes, on n'avait pas déclaré ce rassemblement, mais on n'a commis aucune dégradation, a expliqué son président Damien Greffin. On expliquait qu'on allait s'en aller vers 8H30 quand on a été encerclés puis arrêtés, pour vérifier [les] identités». Dans un communiqué paru le 14 décembre vers 17h, la fédération menaçait de blocages routiers dans la région si les gardes à vue n'étaient pas levées dans l'après-midi. 25 personnes étaient alors encore détenues.

ZNT: les demandes de la FNSEA et des ONG à l’heure des arbitrages

Après la décision rendue par le Conseil d’État en juillet dernier sur les ZNT, le ministère de l’Agriculture devrait dévoiler ses arbitrages d’ici Noël, apprend-on auprès de l’entourage de Julien Denormandie. Pour l’heure, ni les professionnels ni les ONG n’ont cependant pu consulter de version de travail du texte. Principal point d’attention du syndicalisme majoritaire: les exigences qui seront formulées pour les molécules «suspectées» d’être cancérigènes, mutagènes, ou reprotoxiques (CMR2), pouvant aujourd’hui bénéficier des distances réduites de 3 m. Alors que le Conseil d’État souhaiterait des distances supérieures à 10 m, «il n’est pas envisageable de ne pas avoir accès aux réductions», défend Christian Durlin, élu en charge du dossier à la FNSEA. Deuxième enjeu : l’«information des résidents et des personnes présentes». «Nous regarderons de près les modalités, la fréquence, et le délai de cette communication aux riverains», explique Thibault Leroux chez FNE. Dernier point très scruté : la définition données aux «personnes travaillant à proximité des zones d’utilisation», dont la FNSEA souhaiterait exclure les bureaux fermés. La Confédération paysanne, de son côté, continue d'estimer que les ZNT «sont une fausse solution qui éloigneront les pesticides des riverains sans permettre aux paysans de s'en affranchir», selon Nicolas Girod.

Présidentielle : la Coopération agricole dévoile ses propositions

A la veille de son congrès annuel, la Coopération agricole (LCA) a présenté, le 14 décembre, sa plateforme de propositions à destination des candidats à l’élection présidentielle intitulée «Produire local, agir global: pour une souveraineté alimentaire par une croissance responsable». Les propositions de LCA sont construites autour de trois objectifs: «produire plus», «produire mieux» et «produire durable». Dans le premier volet, elle propose la définition d’une «stratégie nationale pour restaurer notre souveraineté alimentaire avec deux priorités: favoriser l’approvisionnement en produits français de la restauration hors domicile et réduire la dépendance française aux protéines végétales importées». Elle demande également aux candidats de s’engager à «garantir l’absence de distorsion de concurrence entre les États membres [de l’UE]». Dans le volet «produire mieux», LCA soumet l’idée de créer un fonds de transition agroécologique afin de «financer les investissements des entreprises dans la conversion écologique de leur modèle productif». Enfin, la partie «produire durable» propose notamment l’élaboration d’un programme européen de «réduction de l’insécurité alimentaire» et la rémunération «des services écosystémiques rendus par les exploitations agricoles».

Lait : la collecte française aurait atteint son niveau le plus bas depuis 2016

Selon les enquêtes hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte de lait «s’établirait à son niveau le plus bas depuis 2016», note l’institut de l’élevage (Idele) dans sa publication mensuelle Tendances, parue le 14 décembre. «Après un repli de -2,4% en septembre, le décrochage de la collecte se serait poursuivi en octobre, puis en novembre (environ -2% / 2020)», analyse l’institut. Ce décrochage s’expliquerait par «la réduction tendancielle du cheptel» et la baisse de la productivité laitière, «probablement sous l’effet d’une moindre distribution d’aliments concentrés». La hausse du prix de l’alimentation inciterait les éleveurs à rationner certains aliments comme les aliments azotés. À cela s’ajouteraient des fourrages de «qualité moyenne» cette année, notamment l’ensilage de maïs. Ce reflux de la collecte s’observe également chez les autres grands pays producteurs européens. L’Allemagne et les Pays-Bas connaissent une baisse «encore plus prononcée» que la France: -3% en l’Allemagne et -4% aux Pays-Bas en octobre. En Pologne et en Irlande, la croissance de la production ralentit.

Lait: suspectée de pollution, la Société laitière de la Mayenne (Lactalis) relaxée

La Société laitière de la Mayenne, poursuivie pour «déversement par personne morale de substance nuisible dans les eaux souterraines, superficielles ou de la mer» a été relaxée par le tribunal de Laval (Mayenne) le 9 décembre, informe le journal Ouest-France. La filiale du groupe Lactalis était suspectée d’avoir pollué les eaux à proximité de son usine. Entre 2018 et 2020, «quatre signalements» ont été effectués après l’apparition de «mousse blanche» dans la Mayenne, rapporte le quotidien de l’Ouest. Le rapport de l’Office français de la biodiversité, sur lequel se sont appuyé les juges, a conclu que «les limites autorisées [n’ont pas été] dépassées» pendant ces quatre épisodes, tout en pointant «une négligence sur le contrôle de rejets» de substances nuisibles dans les eaux. Selon la direction de l’entreprise, citée par Ouest-France, ces déversements seraient liés à des pannes. Elle assure avoir instauré «un contrôle mensuel» à la suite des premiers signalements.

Lait bio: face au surplus, la CR demande un moratoire sur les conversions

Dans un communiqué du 14 décembre, la Coordination rurale demande la mise en place d’un moratoire sur les conversions des exploitations laitières en bio «afin de les limiter tant que le marché n’aura pas retrouvé un équilibre permettant une juste rémunération des producteurs». «La filière laitière biologique subit sa première grande crise structurelle, conséquence d’une politique libérale à l’égard du bio et d’un recul de la consommation», déclare le syndicat. Il annonce avoir adressé un courrier au cabinet du Premier ministre demandant la création de campagnes promotionnelles pour les produits laitiers bio. Ces cinq dernières années, les volumes de lait bio ont doublé et la consommation n’a pas suivi, ce qui a créé un décrochage entre l’offre et la demande. Cette situation a conduit les industriels à déclasser environ 30% des volumes de lait bio en conventionnel. En 2021, les volumes de lait bio devraient s’élever à 1,24 milliard de litres soit 12% de plus qu’en 2020, selon les estimations de l’institut de l’élevage (Idele), et les nouvelles conversions devraient apporter 100 millions de litres supplémentaires en 2022.

Biocontrôle : les professionnels lancent une identité autour d’un logo

L'association IBMA (entreprises du biocontrôle) a annoncé le 14 décembre le lancement d’une identité autour d’un logo et de messages communs. Il s’agit de «développer la visibilité des solutions de biocontrôle existantes et accélérer la dynamique d’innovation» du secteur, a expliqué en conférence de presse Christophe Zugaj (De Sangosse), co-animateur du groupe de travail. La démarche vise surtout les distributeurs et utilisateurs des produits phytos. Egalement la grande distribution, «qui demande ce type de support pour expliquer en interne ce qu’est le biocontrôle», a ajouté la présidente Céline Barthet. Si IBMA note une «effervescence» autour du biocontrôle, il faut «éviter la confusion» : «beaucoup d’acteurs en parlent» mais la notion n’est «pas encore acquise», selon elle. Raison pour laquelle l’association diffuse aussi un manifeste. Y figure la définition du biocontrôle, qui concerne des macro-organismes, micro-organismes, médiateurs chimiques et substances naturelles. Le manifeste souligne l’ambition d’IBMA à l’horizon 2030: peser 30 % du marché de la protection des plantes (contre 12 % en 2020) et couvrir plus de 50% des usages en agriculture avec au moins deux solutions à modes d’actions complémentaires.

Abeilles : hausse sur un an de la mortalité hivernale 2020-21

Le taux moyen de mortalité des colonies d’abeilles durant l’hiver 2020-2021 s’établirait à 24,8% contre 20,9% en 2019-2020, indique l’Anses le 14 décembre sur la base de son enquête annuelle sur les mortalités hivernales. Le chiffre marque une remontée après deux années de baisse, tout en demeurant inférieure à la forte mortalité de 29% détectée en 2017. «Il nous faudrait des données sur au moins dix ans pour définir une véritable tendance», nuance Marion Laurent, chargée du projet pour l’Anses. Le chiffre, rappelle-t-elle, comprend l’ensemble des colonies faibles, bourdonneuses ou encore les accidents, en plus de colonies mortes dont la proportion s’établit à 15%. La plateforme d’épidémiosurveillance en santé animale (ESA) devrait, poursuit-elle, publier une analyse des facteurs de cette mortalité dès le début de l’année prochaine. Près de 17 383 apiculteurs de toute la France auraient répondu à ce questionnaire volontaire cette année, dont près de 15 850 réponses ont été retenues, soit un taux de participation de 24,4% sur l’ensemble des apiculteurs métropolitains. «Les deux années où nous avons eu le plus de réponses sont aussi celles où nous avons le plus de mortalité», souligne Gilles Salvat, délégué général santé et bien-être animal au sein de l’agence.

Plastique biosourcé: Tereos fournira à Avantium du sirop à haute teneur en fructose

Le sucrier-amidonnier Tereos a signé un accord avec Avantium, entreprise néerlandaise de chimie renouvelable, pour lui fournir du sirop à haute teneur en fructose pour fabriquer du PEF (polyéthylène furanoate), une matière plastique recyclable à 100% végétale. C’est ce qu’ont annoncé conjointement les deux entreprises dans un communiqué le 13 décembre. Le sirop de fructose est le plus souvent produit à partir d’amidon de blé. L'usine d'Avantium, basée à Delfzijl (nord des Pays-Bas), «sera la première usine dans le monde à produire du FDCA (acide furane dicarboxylique) à l'échelle commerciale, avec une capacité de 5000 tonnes par an», précise le communiqué. Le sirop à haute teneur en fructose est l'une des spécialités développées dans l'usine Tereos située à Aalst (Belgique). Celle-ci se consacre à la production «d’une gamme complète d'amidons et de produits sucrants pour l'alimentation humaine et animale, les énergies vertes et les produits pharmaceutiques». Elle ajoute ainsi une diversification d’autant plus opportune que la consommation de cet édulcorant par l'alimentation humaine diminue, précise-t-on chez Tereos. Le PEF pourrait être employé pour tapisser l’intérieur de cannettes de bière en carton remplaçant des cannettes en aluminium, évoque-t-on également chez Tereos.

Semences : Mas Seeds nomme Pierre Flye Sainte Marie comme DG

Le semencier Mas Seeds, filiale du groupe coopératif Maïsadour, a annoncé le 14 décembre la nomination de Pierre Flye Sainte Marie au poste de directeur général. Il succède à Jacques Groison. Pierre Flye Sainte Marie était jusque cet été le DG de Lidea, issu du rapprochement entre les semenciers Euralis et Caussade. Mas Seeds souligne son expérience d’une trentaine d’années dans l’agrofourniture, notamment chez Dow AgroSciences comme vice-président Europe, Moyen-Orient, Afrique et Asie Pacifique en 2014, chez Corteva comme vice-président Europe Afrique jusqu’en 2019, chez Caussade Semences comme DG jusqu’en 2020.

Biotechnologies: Brice-Audren Riché nouveau directeur général du levurier Lesaffre

Le groupe Lesaffre, leader mondial des levures et des technologies de fermentation, annonce la nomination de Brice-Audren Riché au 1er janvier 2022 en tant que nouveau directeur général. Il prendra la succession d’Antoine Baule, arrivé au terme de son mandat. Actuellement directeur général monde de Biospringer, division de Lesaffre spécialisée dans les extraits de levure, il a mené parallèlement le pilotage de la stratégie 2022-2024 du groupe avec Antoine Baule ces derniers mois.