Agrafil du 17 février 2026

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Loups : Genevard présente de nouveaux assouplissements de l'arrêté-cadre sur les tirs

Comme attendu, la ministre de l'Agriculture et le ministre délégué à la Transition écologique ont annoncé, à l'occasion d'un déplacement en Haute-Marne, le 16 février, de nouveaux assouplissement de l'arrêté cadre sur les tirs de loups, tel qu’il a été mis en consultation en décembre, et dont la parution prévue en janvier a été retardée. La principale annonce est la possibilité pour tous les éleveurs de recourir aux lieutenants de louveterie et à la brigade loup, sans conditionnalité. Le projet d'arrêté réservait cette option aux seuls élevages ayant mis en place des mesures de protection. Deuxième annonce: le plafond annuel de prélèvement de loups, que le ministère avait annoncé faire passer de 19 à 21%, pourra finalement atteindre 23%, si le nouveau plafond est déjà atteint en fin d'année. De source syndicale, trois autres changements sont opérés : la durée de validité des tirs de défense en zone prédatée sera finalement de cinq ans pour les élevages protégés, contre une durée de trois ans envisagée dans le premier projet d'arrêté. Par ailleurs, des tirs de prélèvements seront autorisés sur action de chasse, mais les professionnels craignent qu'ils ne le soient qu'à partir de juillet. Enfin, la conditionnalité des indemnités en cercle 2 («survenue possible de la prédation») pour les troupeaux non protégés a été supprimée.

Lait infantile : difficulté à établir le lien avec les décès, selon le ministère de la Santé

Les autorités sanitaires françaises ont prévenu qu'il serait peut-être difficile d'établir avec certitude la cause des décès et des hospitalisations de bébés ayant consommé des laits concernés par la vaste vague de rappels en cours. « Il est un petit peu tôt pour se prononcer (...) pour définir cette notion d'imputabilité », a admis le ministère de la Santé lors d'un point le 16 février sur les retraits-rappels des laits infantiles avec le ministère de l'Agriculture et l'Anses. Trois décès ont été signalés chez des bébés ayant consommé des laits visés par les rappels en France, seul pays européen dans ce cas, ainsi qu'une dizaine d'hospitalisations. A ce stade, aucun lien de cause à effet n'a été établi et des analyses sont en cours. Les investigations ne donneront pas forcément de réponse tranchée, selon le ministère de la Santé. « La présence de toxine dans les selles ne permet pas à elle seule de conclure », car les symptômes « sont vraiment très peu spécifiques » et peuvent être liés à une gastro-entérite, a notamment exposé sa représentante. Interrogée sur les critères qui permettraient d'établir un lien, elle a renvoyé au « travail qui sera réalisé dans le cadre médico-légal » avec « l'ensemble des éléments que recueilleront les professionnels de santé autour d'un cas ».

Etats-Unis : publication d’un projet de loi agricole républicain contesté par les Démocrates

Le président de la commission de l’Agriculture à la chambre des représentants des Etats-Unis, le républicain Glenn Thompson, a dévoilé, le 13 février, une proposition de loi agricole intitulé « Farm, Food, and National Security Act 2026 ». Se fondant sur la « One Big Beautiful Bill » promulguée en juillet, ce « Farm Bill 2.0 » vise notamment à augmenter les plafonds des prêts garantis pour les exploitations agricoles, les financements pour les programmes de promotion des exportations et à améliorer les outils de gestion des risques pour les cultures spécialisées. En réponse à une loi californienne sur le bien-être animal, le projet précise que les États ne peuvent imposer de normes de production aux produits fabriqués hors de leurs frontières. Le texte prévoit aussi une uniformisation de l'étiquetage des pesticides, en interdisant aux États d'exiger des étiquettes d'avertissement plus strictes que les normes fédérales. Mais la proposition suscite d’ores et déjà le rejet des membres démocrates de la commission dont la principale, Angie Craig, évoque un texte « creux rempli de clauses toxiques » qui « ne répond pas aux enjeux auxquels sont confrontés les agriculteurs et les travailleurs ». Glenn Thompson précise que l’examen du texte débutera le 23 février.

Négociations commerciales : 33 M€ d'amende contre la centrale d'achat européenne d'E.Leclerc

La centrale d’achat européenne Eurelec, dont font partie E. Leclerc, Rewe et Ahold Delhaize, a été sanctionnée par le DGCCRF (fraudes) d'une amende de 33,5 millions d'euros pour n'avoir pas respecté la date limite fixée pour boucler les négociations commerciales avec certains fournisseurs français, soit le 1er mars 2025. La répression des fraudes a relevé « 70 manquements à son obligation de signature des conventions conclues avec ses fournisseurs français au plus tard le 1er mars 2025 », selon un communiqué publié sur son site internet le 16 février. Elle rappelle que, « dès lors que la négociation commerciale porte sur des produits destinés à une commercialisation en France, et quel que soit le droit du contrat, les accords sont soumis aux dispositions du titre IV du livre IV du code de commerce. Ce n’est pas la première fois qu’Eurelec est sanctionnée par la DGCCRF. Elle avait déjà écopé d'une amende record de 38 millions d'euros en 2024 pour des motifs similaires, quatre ans après une précédente amende de 6,34 millions d'euros. Cette nouvelle sanction intervient alors que les négociations commerciales entrent dans leur dernière ligne droite et que les centrales d’achat européennes sont régulièrement mises en cause pour contourner les lois françaises.

Centrales d'achat européennes : Genevard veut faire évoluer le droit (presse)

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a déclaré qu’elle voulait « faire évoluer le droit européen » sur les centrales d'achat européennes (presse) dans une interview donnée au Parisien le 16 février. « Les hausses (de tarifs demandés par les industriels, NDLR) sont (...) généralement justifiées et le contournement de la loi française via les centrales d'achat européennes n'est plus possible. Nous devons donc faire évoluer le droit européen, avec (le ministre des PME et du Commerce) Serge Papin. C'est ce sur quoi j'échangerai avec les commissaires européens » au Salon de l'agriculture, indique Annie Genevard. Certaines enseignes de la grande distribution exercent un « chantage mortifère » sur les industriels de l'agroalimentaire dans le cadre des négociations commerciales, dénonce la ministre. « Or, si les négociations sont violentes, elles sont destructrices de valeur pour toute la chaîne, pour la rémunération des industriels, et donc pour le prix d'achat des produits agricoles. À l'arrivée, ce sont les agriculteurs qui vont trinquer », juge Annie Genevard. « Certaines enseignes menacent de déréférencer certaines marques faute d'accord. J'estime que c'est un chantage mortifère pour l'agroalimentaire », ajoute-t-elle. 

Grande distribution : le chiffre d’affaires d’E. Leclerc a progressé de 2,4% l'an passé

Le chiffre d’affaires d’E. Leclerc a augmenté de 2,4% en 2025 par rapport à 2024 pour atteindre 51,1 milliards d’euros, a-t-il annoncé le 16 février. En 2024, le chiffre d'affaires du premier distributeur de France (24,4% de parts de marché) avait augmenté de 2,6% pour atteindre 49,9 milliards d'euros. « L'écart avec nos concurrents se resserre, mais ils ne sont pas près de nous rattraper », a estimé dans Les Echos le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc. E. Leclerc a notamment vu ses marques distributeur grimper de 1,9% l'an dernier pour atteindre 12,1 milliards d'euros, essentiellement dans l'alimentaire. Par ailleurs, « nous avons identifié un potentiel de 600 magasins de proximité que l'on ouvrira d'ici à 2030», a relaté aux Echos Michel-Edouard Leclerc, évoquant l'existence actuelle d'une centaine de E. Leclerc Express, avec « différents formats, qui vont de 300 à 1000 m2 ». Sur leurs objectifs pour 2030, « cela inclut des grandes métropoles - Paris n'est pas forcément notre priorité, car les espaces sont rares et très disputés ». « Il faut ajouter les centres-villes délaissés, les petites villes, mais aussi les villages. Pour ces derniers, les drives piétons et les camions E. Leclerc se révèlent une très bonne option », a-t-il ajouté.

Grandes cultures : avec les fortes pluies, blés et colzas à la peine en Vendée

« Depuis le 10 janvier, il est tombé plus de 350 mm de pluie, soit le tiers des volumes annuels, constate Jean-Luc Lespinas, responsable du service agronomie de la Cavac. Et la météo prévoie encore au moins 40 mm en ce début de semaine. Bon nombre de parcelles non drainées sont aujourd’hui inondées. » Pour la coopérative vendéenne, le constat est amer d’autant que les implantations des céréales et du colza à l’automne se sont déroulées précocement, dans d’excellentes conditions, avec des surfaces en hausse. « Le potentiel était là, confirme-t-il. Les colzas n’aiment pas avoir les pieds dans l’eau. Dans le bocage, certaines parcelles sont rouges avec des pivots qui pourrissent. Des retournements vont sûrement avoir lieu avec davantage de semis de tournesol au printemps. » Pour les blés, peu de retournement à prévoir car les situations financières des exploitations restent compliquées : en-dessous de 110 plantes par m2, la situation s’avère pourtant très délicate. « Le potentiel est déjà amputé, assure-t-il. Les reliquats azotés étaient importants avant l’hiver, du fait de récoltes moindres en maïs, mais là, tout est lessivé. Il va falloir remettre de l’azote. On va perdre en nombre de talles. » L’institut technique Arvalis pointe également d’éventuelles carences en soufre : un apport à réaliser, si besoin, en même temps que le premier passage d’azote. (Anne Gilet)

Céréales : bonnes conditions de cultures en France au 9 février, selon FranceAgriMer

Dans son bulletin hebdomadaire Céré’Obs publié le 13 février, FranceAgriMer (FAM) estime que les cultures de céréales d’hiver françaises se développent globalement dans de bonnes conditions. Dans le détail, lors de la semaine s’étalant du 3 au 9 février, 91 % des blés tendres d’hiver croissent dans des conditions bonnes à très bonnes, contre seulement 73 % l’an dernier à pareille époque. Le stade épi 1 cm est même atteint dans 1 % des cas, contre 0 % en 2025 et en moyenne lors des cinq dernières années. Le stade début de tallage est atteint dans 92 % des cas, contre 79 % l’an passé, et 87 % en moyenne sur 2021-2025. Cela témoigne d’une certaine avance dans le développement des plantes. En orge d’hiver, le taux de cultures se développant dans des conditions bonnes à très bonnes atteint 88 %, contre 68 % en 2025. En blé dur, il s’élève à 87 %, contre 84 % l’an dernier sur la même période. Signalons l’avancement des semis d’orge de printemps, faits à 30 %, contre 18 % l’an dernier à la même époque, et 23 % en moyenne lors des cinq dernières années. D’importantes pluies sont survenues ces derniers jours, et d’autres sont attendues prochainement, susceptibles de modifier les chiffres de FAM.

Tomate : l'AOP nationale renforce sa charte de qualité et la rebaptise « Serres d’Avenir »

A l’occasion d’une conférence de presse le 12 février, l’AOPn Tomate et concombres de France a présenté « Serres d’avenir », la dernière mouture (et le nouveau nom) de leur charte nationale de qualité, dont la première version date de 1998. Cette démarche collective, reconnue équivalente au niveau 2 de la Haute Valeur Environnementale, depuis 2018 et compatible avec les exigences de la loi Egalim — se renforce en 2025 avec l'intégration de nouveaux critères environnementaux et sociaux. structurées autour de 10 piliers (biodiversité, protection biologique intégrée, gestion de l'eau, décarbonation, RSE…). « Par exemple, en termes d’énergie, nous avons mis en place des pratiques permettant de réduire l'utilisation d'énergie fossile et avons développé un outil de calcul du bilan environnemental, basé sur celui de l’Ademe, permettant à chaque producteur de faire son propre bilan » explique Yann Le Cunff, responsable de projet à l’OPn Tomates et concombres de France.  Le nom et le logo « Serres d’avenir » seront dans un premier temps réservés au BtoB mais, la filière n’exclut pas à terme de le présenter aux consommateurs. En 15 ans, selon l’AOPn, la filière a baissé ses émissions de gaz à effet de serre 57% pour produire 1 kg de tomates. 77% des surfaces sont équipés de systèmes de recyclage de l'eau, ce qui entraine consommation d'eau 3 à 4 fois inférieure à celle des cultures de plein champ

Banane : la filière française conteste un rapport européen sur les aides du Posei (presse)

La filière de la banane française rejette les conclusions d’un rapport de la Cour des comptes européenne qui pointe du doigt le niveau des aides européennes qui lui sont accordées. Dans un entretien publié le 12 février dans l’hebdomadaire martiniquais Antilla, le président de la coopérative Banamart, Jean-Claude Marraud des Grottes, estime que le rapport « fait l’impasse totale sur notre réalité » et prévient qu’une réduction du soutien européen « reviendrait purement et simplement à condamner la filière ». Depuis 2012, la filière est touchée par la cercosporiose noire, une maladie majeure des bananiers causée par un champignon microscopique. « À partir de 2014, nous avons dû faire face simultanément à l’interdiction de l’épandage aérien et à la suppression de plusieurs molécules de traitement. Les producteurs espagnols et portugais n’ont pas ce problème », précise M. Marraud des Grottes. Aujourd’hui, plus de 40 % des fonds de ce programme européen destinés aux régions ultrapériphériques sont consacrés au secteur de la banane, principalement à destination d’une poignée de grands producteurs antillais. Plus précisément, l’aide européenne par kg de bananes produites aux Antilles serait désormais deux fois plus élevée que dans les autres régions ultrapériphériques (Canaries, Madère). 

Kiwi : le Vietnam ouvre son marché aux exportations grecques

Le Vietnam va autoriser l’importation de kiwi grecs, à chair verte et à chair jaune, à partir du 1er mars, après l’aboutissement de négociations entamées en 2016 entre les ministères de l’Agriculture des deux pays. « L’ouverture du marché du marché vietnamien au kiwi grec est le fruit d’un effort systématique et pluriannuel mené par les services phytosanitaires du ministère de l’Agriculture, en étroite collaboration avec les organismes de production et d’exportation du pays », a salué Konstantinos Tsiaras, ministre grec du Développement rural et de l’Alimentation, dans un communiqué du 15 février. M. Konstantinos estime que cette décision constitue « une nouvelle étape essentielle » dans l’exportation et le renforcement de la présent de la production agricole grecque sur les marchés internationaux. Les exportations devront obligatoirement être accompagné d’un certificat phytosanitaire officiel délivré par les autorités grecques. Les cargaisons seront également soumises à un traitement frigorifique, effectué soit avant expédition, soit pendant le transport, avec mention sur les documents d’expédition. Cette ouverture s’inscrit dans la stratégie d’Athènes visant à diversifier ses débouchés à l’export et à accroître la valeur ajoutée de sa production fruitière. 

Enseignement agricole : un bachelor agro lancé par l’école Purpan avec huit lycées

Prévu dans la loi d’orientation agricole de mars 2025, un bachelor agro est lancé par l’école d’ingénieurs Purpan et huit lycées agricoles d’Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Ce diplôme de niveau Bac +3, ouvert à partir de la rentrée 2026, vise à « former des cadres intermédiaires capables de piloter les transitions durables des filières agricoles et agroalimentaires, tout en offrant une passerelle vers l’enseignement supérieur, notamment les écoles d’ingénieurs », selon un communiqué de l'établissement composante de l'Université de Toulouse. Il s’adresse principalement aux étudiants titulaires d’un BTS agricole. La formation, d’une durée d’un an, se déroule en alternance (deux tiers du temps en entreprise). « Le bachelor agro, coconstruit avec nos lycées partenaires, incarne une formation hybride et innovante : deux années au lycée pour maîtriser les fondamentaux techniques, suivies d’une année à Purpan pour développer des compétences en management, entrepreneuriat et accompagnement des transitions » (numérique, agroécologique, climatique…), déclare le directeur général de l’école Purpan Michaël Mourez, cité dans le communiqué.

Grèce : reprise des manifestations d’agriculteurs devant le Parlement grec

Des milliers de manifestants et près de 70 tracteurs se sont rassemblés devant le Parlement grec, le 13 février dans le centre d’Athènes. Ils réclament notamment des allègements fiscaux et le soutien de l’État alors que les agriculteurs helléniques font face à de longs retards dans le versement des subventions, provoqués par un scandale de détournement d’aides agricoles de l’UE. Ils subissent également la pression des prix bas, de la hausse des coûts énergétiques et de la crise climatique. A cela s’ajoute pour les éleveurs grecs l’abattage de plus de 470.000 moutons et chèvres en raison d’une épidémie de variole. « Nous continuerons le combat jusqu’au bout », a ainsi déclaré le syndicaliste agricole Costas Tzelas devant la foule, selon des propos rapportés par l’AFP. Cette mobilisation intervient quelques semaines après d’importants blocages d’agriculteurs qui ont paralysé les routes et les aéroports entre la fin novembre 2025 et janvier 2026. Les agriculteurs et éleveurs avaient finalement réduit leur mouvement de protestation après des promesses du gouvernement en matière de revenu, de prix du carburant ainsi qu’une couverture pour les pertes de production.