Engrais azotés : la France va « chercher à annuler l'impact du MACF » en céréales
À l'issue de leur rencontre le 12 novembre à Toulouse, les élus de la FRSEA Occitanie ont rapporté à nos confrères de Réussir que le président de la République se serait montré « optimiste » quant à un retrait des engrais azotés du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), qui doit entrer en vigueur en janvier 2026. « La France va chercher à annuler l'impact du MACF pour la filière céréalière », confirme seulement l'Élysée, sans préciser de calendrier ni de mode opératoire. Même si une majorité était trouvée en ce sens, l'agenda parait serré au niveau européen. Prudent, Matignon indique à Agra Presse que « les marges de manœuvre sont en cours d'expertise ». La question du MACF est à l'ordre du jour du prochain Conseil européen du Commerce, le 24 novembre. La ministre de l'Agriculture Annie Genevard l'évoquera aussi lors du point commerce du Conseil des ministres de l'Agriculture ce 17 novembre. « Je confirme que le sujet de l'effet de la mise en œuvre du MACF sera redoutable pour l'économie des filières céréalières. Je poserai donc le sujet sur la table en ces termes », indique-t-elle à Agra Presse. Questionné sur une éventuelle compensation nationale (fiscalité, aides), l'Élysée indique que la question est « en cours d'expertise ». Le syndicalisme majoritaire demande depuis plusieurs mois un retrait des engrais du mécanisme, ou un mécanisme de compensation.
Bio : les députés réhaussent le plafond du crédit d'impôt et le prorogent à 2028
A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, les députés ont adopté un amendement socialiste prévoyant le renforcement du crédit d’impôt bio avec un plafond rehaussé à 6 000 €, contre 4 500 € actuellement. En conséquence, le cumul de ce crédit d’impôt en faveur de l’agriculture biologique réhaussé avec l’aide conversion en AB serait permis à hauteur de 7 000 € (contre 5000 actuellement), précisent les auteurs dans l'exposé des motifs. La dépense publique supplémentaire liée à cet amendement est estimée par ses auteurs à environ 46,5 millions d’euros. Pour la financier, ils expliquent que «l’État, en modifiant le taux de transfert du Pilier I vers le Pilier II de la PAC par la révision à mi-parcours de la PAC en juillet, a libéré 47.5 millions d’euros de crédits issus de la ligne de cofinancement. Mesures agroenvironnementales et climatiques (MAEC) et aides à l’agriculture biologique». L’amendement prévoit enfin la prolongation du crédit d’impôt jusqu’en 2028 (contre 2027 tel que prévu dans le projet de loi de finances initial) «afin de donner davantage de visibilité aux exploitants engagés dans cette démarche, tout en respectant le bornage temporel de trois exercices fiscaux privilégié par l’administration.» Les députés doivent encore examiner la prorogation du crédit d'impot HVE, qui avait été rejetée en commission.
Gestion des aléas/PLF: les députés confirment pour l'instant l'élargissement de la DEP
Lors de l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2026 en séance publique le 13 novembre, les députés ont adopté une partie des amendements visant à élargir le champ d’application de la DEP (déduction pour épargne de précaution) - les autres amendements restent à discuter. En l'état du droit, une réintégration partielle de la DEP est prévue à hauteur de 70 %, en cas de sinistres climatiques, sanitaires ou naturels faisant l’objet d’une indemnisation par les assurances multirisques agricoles, le FMSE, la solidarité nationale ou le dispositif des calamités agricoles pour les pertes de fonds. Les députés ont adopté l'amendement proposant que seules 50 % des sommes déduites au titre de l’épargne de précaution soient réintégrées dans le résultat fiscal de l’exploitation. Plusieurs amendements concernant la DEP qui avaient été adoptés en commission restent à discuter en séance. Les députés avaient notamment élargi la DEP au cas de survenance d’un aléa économique, caractérisé par une baisse de la valeur ajoutée « d'au moins 10 % ». Le plafond de la DEP avait été relevé de 150 000 € à 250 000 €. D’autres amendements RN et EPR visaient à répondre aux sinistres sanitaires de toute nature : la DPE avait été étendue à l’indemnisation dans le cadre d’un programme national ou européen autre que celle du FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental).
Installation : les chambres vont tester France Service Agriculture au premier semestre 2026
Les chambres d’agriculture vont lancer « une phase de test » du futur guichet France services agriculture (FSA) du 1er janvier au 30 juin 2026, avant leur lancement prévu le 1er janvier 2027, a annoncé Guillaume Lefort, vice-président de Chambres d’agriculture France, le 13 novembre en conférence de presse. Deux départements seront désignés comme pilotes dans chaque région, afin de pouvoir prendre en compte les spécificités des différents territoires. « Deux à trois partenaires » seront choisis par département, en partenariat avec les conseils régionaux, afin de réaliser l’accueil et l’accompagnement des porteurs de projet et des cédants. Le président de Chambre d’agriculture France Sébastien Windsor fixe deux objectifs à cette expérimentation : « Être plus performant que ce que l’on sait faire aujourd’hui » et « challenger » les futurs agriculteurs pour s’assurer de la solidité de leur projet. La phase de test sera dotée de 30 000 € par région, issus des fonds propres des chambres dans l’état actuel des débats budgétaires. À l’image d’autres missions qui seront exercées par les chambres en 2026, les élus consulaires souhaitent au contraire que cette expérimentation soit financée par une hausse de leurs ressources (lire ci-dessus).
Chambres d'agriculture : le réseau pousse pour des ressources indexées sur l’inflation
Dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, une douzaine de députés (socialistes, macronistes, DR, Modem et Liot) ont déposé des amendements identiques demandant d’indexer les ressources des chambres d’agriculture sur l’inflation, afin qu’elles puissent financer les nouvelles missions qui leur sont attribuées. Les députés proposent de relever de 1,1 % le plafond de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti (TATFNB, environ 40 % du budget des chambres), soit un accroissement de 3,6 M€. « Annie Genevard nous a dit qu’elle s’est battue pour maintenir le budget des chambres dans le PLF, mais sans réévaluation liée à l’inflation », a indiqué Sébastien Windsor à la presse le 13 novembre. Or, « financer de nouvelles missions comme France services agriculture sur nos fonds propres, c’est une ligne rouge pour nous », martèle-t-il. Les amendements au PLF indiquent que le déploiement de France services agriculture, prévu début 2027, coûtera au moins 4,4 M€ pour le seul accueil des cédants et porteurs de projet. S’y ajoutera le coût d’un système d’information dédié (800 000 €), à « développer dès 2026 ». Les chambres assureront aussi à partir de l’année prochaine les missions d’identification animale actuellement remplies par les EDE.
UE-Royaume-Uni : feu vert des États membres à des négociations sur les normes SPS
Les États membres de l’UE ont validé, le 13 novembre, l’ouverture de négociations formelles avec le Royaume-Uni afin de conclure un accord dans le domaine sanitaire et phytosanitaire (SPS), ainsi que sur l’interconnexion des systèmes d’échange de quotas d’émission. Cette décision fait suite aux engagements pris au mois de mai par la Commission européenne et le gouvernement britannique. L’objectif de l’accord SPS est de réduire les contraintes liées aux échanges de produits agricoles entre l’UE et le Royaume-Uni en harmonisant les normes sanitaires et phytosanitaires de la Grande-Bretagne sur celles de l'UE ce qui supprimerait la plupart des certificats et contrôles nécessaires aux échanges d’animaux, de végétaux et de produits dérivés. Les deux parties avaient convenu en mai que le Royaume-Uni s’alignerait progressivement sur les règles européennes pertinentes. Londres devrait également être impliqué en amont des futures décisions phytosanitaires de l’UE, sans toutefois siéger avec les États membres.
UE/Mercosur : les organisations agricoles poursuivent leur mobilisation contre l’accord
La FNSEA continue de maintenir sa pression sur l’exécutif au sujet du rejet français de l’accord commercial UE-Mercosur. À l’issue de sa rencontre avec le chef de l’État, le 12 novembre, son président Arnaud Rousseau a même pris date. « La FNSEA sera présente massivement à Bruxelles le 18 décembre, lors du rassemblement des chefs d’État lors duquel le Mercosur devrait être abordé. Si le Président [Emmanuel Macron] exprime devant ses homologues un non au Mercosur, (...) nous saurons saluer son action », a-t-il ainsi affirmé à l’AFP. Reste à savoir si la position française sera suffisante pour atteindre la minorité de blocage au Conseil de l'UE. Au niveau européen, les représentants d’un large spectre d’acteurs du paysage agricole (producteurs, filières, travailleurs), d’ONG et de chercheurs ont une nouvelle fois dénoncé les conséquences négatives du traité commercial, à l’occasion d’un « briefing technique » organisé par le Copa-Cogeca (organisations agricoles et coopératives) le 13 novembre. Ces organisations mettent en avant les risques graves qu’il fait peser à la sécurité alimentaire et la durabilité et rejettent le manque de protection des mesures de sauvegarde renforcées, vues comme « un outil de communication pour vendre l’accord ».
Maladies animales: les députés défiscalisent les indemnités d'abattage
A l'occasion de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2026 en séance publique le 13 novembre, les députés ont adopté un amendement socialiste visant à exonérer complètement de fiscalité les indemnités versées en cas d'abattage sanitaire, sans distinction entre les animaux. Le dispositif actuel vise la seule plus-value sur les animaux affectés à la reproduction, expliquent les auteurs dans l'exposé des motifs. Et d'ajouter : il «permet certes d’étaler l’imposition des indemnités sur plusieurs années, mais il reste insuffisant face à l’ampleur des crises et à la diversité des situations des éleveurs». Cette demande avait déjà été formulée par la FNSEA en 2024, sans succès. Par ailleurs, l'amendement supprime la condition de renouvellement du cheptel. «Une grande partie de ces indemnités intervenant dans le cadre d’un abattage total prescrit par l’administration, de nombreux éleveurs et éleveuses ne peuvent pas reprendre la même activité, expliquent les députés. Ces indemnités visant à compenser un préjudice subi, il n’y a donc pas lieu de les conditionner à la reprise d’une activité économique identique.» Via une proposition de loi (PPL) déposée le 16 septembre, le député macroniste Freddy Sertin (Ensemble pour la République, Calvados) veut instaurer l’exonération totale de l'ensemble des indemnités perçues au titre des crises sanitaires (abattage, pertes économiques, pertes dues à la prédation), «sous réserve d’un réinvestissement des sommes dans l’outil de production ».
Bovins/DNC : nouveaux foyers dans les PO et le Jura, la France dépasse les 100 cas
Ces derniers jours, plusieurs foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ont été confirmés dans les zones réglementées déjà établies dans le Jura et les Pyrénées-Orientales, apprend-on dans la presse locale. Dans le Jura, sept bovins ont été abattus à Écleux le 10 novembre. Les animaux avaient été vaccinés, mais « étaient certainement en phase d'incubation de la maladie », avance Éric Druot, président de la FDSEA du Jura à France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Avec ce septième cas dans le département depuis l’apparition de la maladie le 11 octobre, environ 340 animaux ont été euthanasiés, selon le média public. Ce nouveau foyer y décale de plusieurs semaines la levée de la zone réglementée, synonyme d’interdictions de mouvements d’animaux. Quant aux Pyrénées-Orientales, elles comptent désormais 14 foyers, pour plus de 400 bovins abattus, rapporte L’Indépendant. Le département pyrénéen est le théâtre d’une large mobilisation contre le principe d’abattage total des lots d’animaux infectés (lire notre enquête). En Espagne, où la maladie était apparue plus tôt, 18 foyers sont comptabilisés, tous en Catalogne ; le dernier remonte au 17 octobre, selon la plateforme française ESA. D’après le dernier bilan du ministère de l’Agriculture au 11 novembre, la France compte désormais 101 foyers.
Influenza aviaire : un foyer détecté dans un élevage de canards en Dordogne
La chambre d’agriculture de Dordogne a annoncé le 13 novembre qu’un foyer d’IAHP (influenza aviaire hautement pathogène) a été confirmé le même jour dans un élevage de « plus de 10 000 canards » à Vergt, touchant ce département pour la première fois de l’année. « La détection du virus a été établie après des prélèvements effectués dans le cadre de la surveillance active de la vaccination », a-t-elle indiqué. « Avec ce premier élevage contaminé et compte tenu des vols migratoires actuels, la plus grande prudence est nécessaire. Il en est de la responsabilité de chaque acteur de la filière avicole de limiter les mouvements et interventions en élevage, et de respecter les mesures de biosécurité », recommande-t-elle sur sa page Facebook. Depuis le 22 octobre, la France est placée en risque élevé d'IAHP, le plus haut échelon, qui entraîne notamment le confinement de volailles. Dans le Sud-Ouest, seul le Lot-et-Garonne a pour l’heure un cas d’influenza dans un élevage commercial en cette saison 2025-2026. La Vendée, avec sept foyers détectés ces derniers jours dans des élevages de canards, et dix foyers en moins d’un mois, est le département le plus touché.
Élevage plein air : une députée LFI veut « protéger » ses spécificités dans le Code rural
Dans son rapport spécial sur le budget de la mission Agriculture du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, la députée La France insoumise (LFI) Manon Meunier propose d'« inscrire l'élevage en plein air dans le Code rural » afin de « reconnaître ses spécificités et de le protéger, notamment par l’obtention de normes de biosécurité adaptées ». En commission des Affaires économiques, le 22 octobre, elle a expliqué qu'il pourra en découler des « normes de biosécurité – qui relèvent du domaine réglementaire – adaptées et, pour peu que leurs effectifs augmentent, les directions départementales de la protection des populations pourront individualiser davantage le suivi des éleveurs ». Dans cet esprit, le député Stéphane Travert (macroniste) a approuvé l'idée qu'il « n’est pas normal qu’un éleveur en plein air soit soumis aux mêmes déclarations sanitaires qu’un producteur de porcs en bâtiment ». Présentée le 4 novembre, une étude initiée par la DGAL (ministère de l'Agriculture) dresse des pistes d'adaptation des règles de biosécurité aux élevages en plein air de porcs et de volailles. Elle conclut notamment à « l’intérêt d’intégrer une approche fondée sur l’analyse de risque dans la réglementation, afin de prendre en compte la diversité des contextes d’exposition ».
Elevage : le Canada ouvre un bureau de promotion des viandes en Chine
Le gouvernement canadien s’est félicité dans un communiqué le 3 novembre de l’ouverture d’un bureau de promotion de la viande (porcine et bovine) à Pékin, devant rapprocher les exportateurs canadiens des intermédiaires chinois. Il ouvre grâce, entre autres, « au soutien financier du programme Agri-marketing d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) », est-il précisé. Le communiqué rend aussi compte de la rencontre entre le ministre canadien de l’Agriculture et de l’agroalimentaire, Heath MacDonald, et le ministre chinois de l’Administration générale des douanes, Sun Meijun, qui sont convenus de renouveler le protocole d’accord entre leurs autorités (Agence canadienne d’inspection des aliments ACIA et Douanes chinoises). Le ministre canadien a également souligné l’importance de rétablir l’accès au marché chinois pour les produits agricoles canadiens. La Chine est la deuxième destination des produits agricoles, aquatiques et alimentaires du Canada. Les importations chinoises de produits canadiens étaient de 7,2 Md$ US en 2022 (source Global Trade Tracker 2023). Elles sont essentiellement constituées de produits de grandes cultures et de 241 700 t de viande de porc non désossée (chiffre 2022).
Alimentation animale/déforestation : les fabricants insistent pour un report du règlement
En conférence de presse le 13 novembre, le Snia (fabricants privés d’aliments) a argumenté en faveur d’un report de douze mois de l’application du règlement européen contre la déforestation (devant s’appliquer au 1er janvier), comme l’ont demandé une majorité de ministres de l’Agriculture le 27 octobre à Luxembourg. Tout en saluant les simplifications que propose la Commission européenne (en particulier l’exemption d’une grande partie des petits opérateurs), les industriels estiment qu’une année supplémentaire est nécessaire pour étudier sereinement les moyens d’alléger la charge administrative induite, que le président du Snia, François Cholat juge « aberrante » à l’égard du soja, qu’il soit importé ou français. Ils suggèrent aussi de « prendre de la hauteur » au vu des tractations internationales en cours. La période de tolérance proposée par la Commission est loin de les satisfaire : « Six mois sans contrôle, ce n’est pas responsable », a appuyé le directeur Stéphane Radet, invoquant les questions de responsabilité commerciale. Quant au risque de déforestation engendré directement par les importations françaises de soja pour l’alimentation animale, le Snia met en avant la faible estimation de l’observatoire Duralim (0,08 % du tonnage produit en France).
Alimentation animale : la production remonte, mais la capacité d’investir reste faible
Portée par l'élevage de volaille et bovins, la production française d’aliments composés pourrait atteindre objectif sectoriel de 20 Mt sur la campagne en cours, a indiqué le Snia (fabricants privés) en conférence de presse le 13 novembre. En dépit de la stagnation des aliments pour porcs, la production totale a progressé de 0,9 % en 2024-2025, et doit encore gagner 1 % en 2025-2026. Les industriels ont toutefois déploré la faible capacité d’investissement du secteur. « Cette reprise [après la chute de 2021 à 2022] est cependant fragilisée par les risques d’épizootie en France et reste dépendante de l’avenir et donc de l’attractivité des activités d’élevage. » Le syndicat a pointé les difficultés à investir pour consolider le secteur et poursuivre ses recherches et développements en matière de décarbonation et de performance environnementale des filières d’élevage. Ainsi, selon les observations financières du Crédit agricole en octobre, les capacités d’autofinancement des entreprises du secteur plafonnent à 1,3 % de leur chiffre d’affaires, un niveau insuffisant selon le Snia.
Céréales : les stocks d’orges baissent encore, les exportations restent élevées (FranceAgriMer)
Dans ses bilans mensuels publiés le 13 novembre, FranceAgriMer a, une nouvelle fois, revu à la baisse ses prévisions de stocks nationaux d’orge pour la fin de la campagne commerciale 2025-2026, compte tenu d’un flux d’export qui maintient un certain dynamisme. Dans le détail, les réserves sont attendues à 1,7 Mt environ ce mois-ci, contre plus de 1,9 Mt en octobre. Néanmoins, ce niveau reste élevé par rapport à d’habitude, étant donné que les stocks français se situent plutôt autour des 1 Mt ces dernières années. De leur côté, les expéditions hexagonales vers les pays tiers ont été relevées de 240 000 t sur la période, à 3,25 Mt. « Les exportations françaises de céréales restent dynamiques en ce début de campagne commerciale, grâce à notre bonne compétitivité. (…) En orge, si les chargements vers la Chine semblent s’estomper, ceux vers le Moyen-Orient restent élevés », a précisé Habasse Diagouraga, chargé d’études économiques, lors d’une conférence de presse. D’importants volumes sont en cours d’expédition vers l’Arabie Saoudite, le Qatar, Oman, la Jordanie, le Maroc et la Tunisie, ajoute le spécialiste de FranceAgriMer. Les bilans concernant les autres céréales ont peu évolué.
Vin : Inter Oc diffuse des prix d’orientation en bio et HVE
L’interprofession Inter Oc a annoncé le 13 novembre avoir finalisé deux « accords de durabilité » sur les vins IGP pays d’Oc bio et HVE, l’amenant à diffuser des prix d’orientation. Cette « première dans le monde viticole », qui a reçu le 15 juillet un avis favorable de la Commission européenne pour les récoltes 2025 et 2026, concerne six cépages (merlot, cabernet-sauvignon, chardonnay, sauvignon, grenache, cinsault), d’après un communiqué. « Le prix d’orientation est un repère indicatif, non contractuel, destiné à guider producteurs et metteurs en marché vers un niveau de prix économiquement viable, c’est-à-dire permettant de couvrir les coûts de production tout en assurant la pérennité des pratiques durables », souligne Inter Oc. Il découle de travaux en commissions réunissant vignerons coopérateurs, vignerons indépendants et metteurs en marché, sur la base d’analyses menées par les centres de gestion Cerfrance, selon le communiqué. Concernant l’accord bio, les coûts de revient sont établis en fonction de trois rendements « représentatifs des réalités de la production biologique » (45 hl/ha, 55 hl/ha et 70 ou 75 hl/ha). S’agissant de l’accord HVE, Inter Oc définit un prix d’équilibre, basé sur les coûts de production, et un tunnel de prix d’orientation.
No-low : le « gin » désigne uniquement une boisson alcoolisée, selon la CJUE
Dans un arrêt publié le 13 novembre, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) affirme qu’« une boisson sans alcool ne peut être vendue comme du gin », indique-t-elle dans un communiqué. Cette désignation est « réservée à une boisson alcoolisée spécifique ». Une association allemande de lutte contre la concurrence déloyale avait attaqué en justice l’entreprise PB Vi Goods pour lui faire interdire son « virgin gin alkoholfrei » (virgin gin sans alcool). À ses yeux, une telle désignation est contraire au droit de l’UE, selon lequel « le gin devrait être produit par aromatisation d’un alcool éthylique d’origine agricole avec des baies de genévrier, son titre alcoométrique volumique minimal devant s’élever à 37,5 % ». La CJUE lui donne raison : « Le droit de l’Union interdit clairement de présenter et d’étiqueter une boisson (…) comme du « gin sans alcool », par le fait même que cette boisson ne contient pas d’alcool », d’après le communiqué.
Boissons : Red Bull visé par une enquête de Bruxelles pour entrave à la concurrence
La Commission européenne a annoncé le 13 novembre mener une enquête contre le fabricant autrichien de boissons énergisantes Red Bull pour entrave à la concurrence. Bruxelles dit disposer d'éléments indiquant que le groupe aurait développé une stratégie à l'échelle européenne visant à « réduire la compétition sur les boissons énergisantes de plus de 250 ml » au niveau des ventes réalisées en magasins (supermarchés, stations-service, etc.), selon un communiqué. Plus précisément, Red Bull est soupçonné d'inciter les distributeurs à arrêter de commercialiser les produits concurrents ou à les désavantager. Il pourrait aussi profiter du fait que certains magasins lui délèguent l'assortiment, la mise en rayon et la promotion des boissons énergisantes qu'ils commercialisent, pour favoriser ses propres produits. Les enquêteurs de la Commission européenne avaient mené en mars 2023 des inspections dans les locaux de l'entreprise. À l'époque, le groupe autrichien avait confirmé à l'AFP cette inspection et assuré qu'il coopérait pour répondre aux questions soulevées. Red Bull, boisson contenant de la taurine, des vitamines et de la caféine, a été créée dans les années 1980 par l'homme d'affaires autrichien Dietrich Mateschitz, décédé en 2022. Il s'était associé à un entrepreneur thaïlandais, Chaloe Yoovidhya, afin d'adapter au marché européen une boisson similaire lancée en Thaïlande par ce dernier.
Bananes : hausse des vols à La Réunion, sur fond de flambée des prix
Depuis plusieurs semaines, la presse locale réunionnaise rapporte une recrudescence des vols de bananes sur l'île, dans un contexte de flambée des prix sur le marché local après les passages des cyclones Belal et Garance. Mi-octobre, le média L'info rapportait qu'une personne avait été interpellée en flagrant délit et placée en garde à vue pour un préjudice estimé à près de 3 000 €. Le Quotidien relate durant la même période une tentative de vols pour un montant de 260 € par une personne qui aurait sévi « depuis quelques jours » et revendait son butin « à la sauvette ». Ou encore le cas d'un agriculteur qui « s’est retrouvé nez à nez avec cinq individus qui étaient en train de mettre la main sur une quinzaine de régimes ». Selon le média, certains agriculteurs les ont surnommés « les go-fast de la banane ». Cette recrudescence intervient dans un contexte très particulier pour l'île. Les prix de la banane ont explosé après le cyclone Garance en février. Selon France Info, le prix des bananes avait atteint 9,90 €/kg en juin. De plus en plus d'agriculteurs se muniraient de caméras de vidéosurveillance.
Distribution : la famille Saadé acquiert 4 % du capital de Carrefour
La famille Saadé, propriétaire de l'armateur marseillais CMA CGM, est entrée au capital de Carrefour à hauteur d'environ 4 %, devenant son deuxième actionnaire, a annoncé le groupe Carrefour le 12 novembre. Rodolphe Saadé entrera à cette occasion le 1er décembre au conseil d'administration du groupe, en remplacement d'Eduardo Rossi, qui représentait Peninsula, la holding de la famille du milliardaire brésilien Abilio Diniz décédé en février 2024. Devenue première actionnaire de Carrefour en mars 2024, Peninsula était récemment repassée en deuxième position avec une participation de 8,5 %, qu'elle a finalement cédé, a annoncé le distributeur dans un communiqué. La société Galfa, détenue par la famille Moulin-Houzé (Galeries Lafayette), reste le premier actionnaire de Carrefour, à hauteur d'environ 9,5 %. Pour entrer au capital du deuxième distributeur alimentaire français, la famille Saadé a créé une nouvelle entité, Carrix, qu'elle co-détient avec CMA CGM, a précisé Carrefour dans son communiqué. Elle remplacera Peninsula comme administrateur indépendant « pour la durée restante de son mandat soit jusqu'à l'Assemblée générale 2028 » et « sera membre du comité stratégique du Conseil d'administration », est-il ajouté.
Agenda de la semaine agricole du 17 novembre 2025
Vendredi 14 novembre
La Cour des comptes rend son arrêt sur les élus CR de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne
Déplacement d'Annie Genevard dans le Rhône (soutien à l'arboriculture, DNC)
Lundi 17 novembre
Conseil des ministres de l'Agriculture de l'UE (Pac, commerce)
L'Assemblée vote sur la première partie (recettes) du PLF 2026
L'Assemblée débute l'examen en séance de la 2e partie (dépenses) du PLF 2026
Carrefour de l'agrivoltaïsme, organisé par Enerplan et France Agrivoltaïsme
Mardi 18 novembre
Les députés de la Coméco examinent la PPL LFI sur l'acétamipride et la loi Entraves
Congrès électif de la Coordination rurale, jusqu'au 19 novembre à Auch
Congrès du maïs, jusqu'au 19 novembre, à Orléans
Salon des maires de France, jusqu’au 20 novembre
Salon de la biodiversité et du génie écologique, jusqu’au 20 novembre
Salon Prod&Pack (emballages) à Lyon, jusqu’au 20 novembre
L'Anses publie son rapport annuel sur l'antibiorésistance
Assises de l’export alimentaire par le CNPA (promotion des produits agricoles et alimentaires)
Assemblée générale de Valoralim (emballages de l’agro-fourniture)
Le grossiste Vivalya présente à ses clients sa décarbonation
Conférence de presse du salon Wine Paris
Conférence de presse du Salon Millésime bio (vins)
Mercredi 19 novembre
Le Sénat examine en commission le PLFSS 2026 (sécurité sociale)
Conférence de presse de l'Année internationale du pastoralisme
Rencontre annuelle d'Eliance (services à l'élevage), jusqu'au 20
Les députés auditionnent en commission le secrétaire général à la planification écologique (SGPE)
Conférence de TSE sur les retombées locales de l'agrivoltaïsme, au Salon des maires
Conférence de presse de Solagro sur Agriterre
Jeudi 20 novembre
Sommet de l’agroécologie de Bordeaux sur la biodiversité du sol
La Société bretonne de volaille (SBV - groupe LDC) fête ses dix ans
Tereos inaugure un nouveau moulin à Nesles (amidonnerie) dans la Somme
Vendredi 21 novembre
Colloque GPN (protéines végétales)
Conférence de l'Iris sur les dynamiques croisées du climat et des conflits
Dimanche 23 novembre
Salon Exp’Hôtel à Bordeaux, jusqu’au 25 novembre