UE/Mercosur: Lula pose un ultimatum, Rome demande aussi un report
Au Brésil, le président Lula qui avait appelé à la responsabilité Emmanuel Macron et Georgia Meloni, a posé une forme d’ultimatum aux Européens. «Si on ne le fait pas maintenant, le Brésil ne signera plus l’accord tant que je serai président», a-t-il menacé, lors d’une réunion ministérielle à Brasilia le 17 décembre. La présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, s’est prononcée, le 17 décembre, en faveur d’un report de la signature de l’accord commercial UE-Mercosur. « Il nous semble nécessaire d’attendre la finalisation du train de mesures complémentaires visant à protéger le secteur agricole et, parallèlement, de l’expliquer et d’en discuter avec nos agriculteurs », a-t-elle indiqué devant le Parlement italien. Alors que certains font pression pour obtenir le feu vert du Conseil de l’UE avant le sommet du Mercosur du 20 décembre, la position de l’Italie pourrait être décisive. De son côté, Emmanuel Macron a rappelé, le 17 décembre en Conseil des ministres, que « la France s’opposerait de manière très ferme » s’il y avait « une volonté de passage en force de la part des instances européennes ». Selon la porte-parole du gouvernement, le président français considère toujours qu’il n’y a « pas de visibilité suffisante sur les trois conditions demandées » (réciprocité, clause de sauvegarde et contrôles). Ces déclarations interviennent à la veille d’un sommet européen où le sujet, sans être à l’agenda, devrait être largement débattu.
Engrais : Bruxelles précise comment elle allège le MACF pour le secteur
La Commission européenne a, comme prévu, officiellement publié le 17 décembre, dans le cadre d’un paquet d’adaptation du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), les «valeurs par défaut» pour le calcul des émissions de CO2 d’un secteur, et notamment ceux, très attendus par les céréaliers européens, concernant les engrais. «Vu la crise agricole, les difficultés que peut rencontrer le milieu, nous avons pris une disposition extraordinaire sur les engrais pour limiter l’augmentation des prix et qu’il n’y ait pas d’impact pour les agriculteurs au moment de l’achat et du stockage de l’engrais importé», a confirmé le commissaire européen Stéphane Séjourné, lors d’une conférence de presse. Ainsi, les engrais se voient appliquer une majoration de seulement 1% alors que les autres produits concernés par ce MACF (acier, aluminium, ciment, électricité et hydrogène) sont soumis à une valeur par défaut de 10% en 2026, 20% en 2027 et 30% en 2028. «Les conséquences sur les prix des engrais importés seront donc extrêmement faibles », assure l’exécutif qui table sur une hausse de 7%, répartie entre l’exportateur, l’importateur, les intermédiaires et les agriculteurs. De plus, le secteur devrait pouvoir bénéficier du dispositif de soutien temporaire de décarbonation annoncé le même jour par la Commission européenne afin de protéger les producteurs de l’UE «vulnérables aux fuites de carbone». Environ 30% des engrais relevant du champ d’application du MACF seront éligibles à ce soutien, selon Bruxelles.
Véhicules électriques/biocarburants : la 2G incluse dans la souplesse de Bruxelles, pas la 1G
L’Union européenne a renoncé le 17 décembre à imposer aux constructeurs de véhicules de passer au tout-électrique à partir de 2035, accordant une souplesse qui ne profitera qu'aux biocarburants de seconde génération, pas à ceux de la première génération. À horizon 2035, les constructeurs devront avoir atteint 90 % de leur objectif de réduction des émissions à l'échappement, et compenser les 10 % restants, par de l'acier « bas-carbone » et des émissions évitées « grâce aux carburants synthétiques et aux biocarburants ». Toutefois, regrette la filière française des biocarburants, les biocarburants de première génération en sont exclus. Seuls les biocarburants issus de déchets et de résidus (annexe IX de la directive Red III) sont concernés, regrettent les quatre associations spécialisées de la FNSEA concernées (AGPM, AGPB, CGB, Fop) dans un communiqué paru le 17 décembre. « En excluant ainsi les biocarburants dits de première génération, [la Commission européenne] réduit artificiellement le champ des solutions disponibles, au risque de rendre inopérante une flexibilité majeure qu’elle prétend vouloir offrir aux constructeurs automobiles comme aux automobilistes. » Elles soulignent notamment que « leur exclusion amputerait massivement les volumes de carburants renouvelables mobilisables ».
Promotion agricole de l’UE: Bruxelles présente un programme 2026 avec un budget à la hausse
La Commission européenne a dévoilé, le 17 décembre, son programme de promotion agroalimentaire pour l’année 2026. Dans le détail, Bruxelles prévoit 205 millions d'euros (M€) en 2026 pour cofinancer des activités de promotion de produits agroalimentaires, « la dotation la plus élevée jamais consacrée » à la promotion. Sur ce montant, 100 M€ sont dédiés aux programmes simples (portés par une seule organisation), dont 42,7 M€ pour le marché intérieur et 52,3 M€ dans les pays tiers. Une somme en légère augmentation par rapport à 2025. Au niveau des programmes multiples (avec au moins deux organisations d'au moins deux États membres, ou d'une ou plusieurs organisations européennes), le budget a été revu à la hausse (55 M€ contre 40M€ en 2024) mais reste loin du niveau de 2023 (84.4 M€). Un montant supplémentaire de 10 M€ est réservé à des actions en cas de crise du marché et un autre du même niveau est destiné aux missions de haut niveau du commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen. Enfin, des fonds seront spécifiquement dédiés à la campagne « Buying European Food Products », annoncée en septembre par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et qui sera lancée au cours de l’année. Les appels à propositions pour la campagne 2026 seront ouverts à partir du 22 janvier et une journée d'information aura lieu les 27 et 28 janvier.
Bio : Bruxelles détaille sa feuille de route pour les deux prochaines années
Après avoir présenté la veille un règlement de simplification de l'acte base de la la législation sur l'agriculture bio, la Commission européenne a publié le 17 décembre une feuille de route qui détaille les ajustements qui devraient être apportés d’ici 2027 par le biais de la législation secondaire mais aussi des interprétations juridiques, des lignes directrices et une FAQ, afin de répondre aux difficultés concrètes de mise en œuvre. Parmi les évolutions qui seront dévoilées dans les prochains mois : la révision des exigences sur la densité d’élevage et la superficie extérieure pour les volailles (3e trimestre 2027), les exigences relatives aux superficies extérieures pour les porcs (pas de date), la suppression de l’obligation d’autorisation préalable des autorités compétentes pour l’utilisation de vitamines d’origine non biologique dans l’alimentation animale (3e trimestre 2026), ou encore l’autorisation de la commercialisation des hydrolats comme produits biologiques (1er trimestre 2026). Bruxelles prévoit aussi en 2026 de lancer une consultation en vue de de mettre à jour le plan d’action pour l’agriculture biologique. Et, lors de la prochaine révision de la directive sur les marchés publics, la Commission européenne s'engage à « examiner comment les marchés publics, tout en respectant les règles du marché unique et les obligations internationales » pourront favoriser l’achat de produits issus de l’agriculture biologique.
Volaille bio : la Fnab inquiète des conséquences de la révision du règlement bio
Au lendemain de la révision du règlement bio européen afin de le simplifier, la Fnab (producteurs bio) s’inquiète, dans un communiqué le 17 décembre, de « potentiels reculs » pour les filières volailles. Elle alerte notamment sur « la limitation de l’accès à l’extérieur pour les jeunes volailles et la suppression du seuil maximal de 1 600 m² pour les bâtiments de volailles de chair ». La fédération de producteurs bio estime que ces mesures sont « favorables à une intensification des modèles d’élevage » et qu’elles « encouragent la spécialisation excessive », ce qui est « à l’opposé des fondements de l’élevage biologique, à savoir des normes élevées de bien-être animal et des unités de production intermédiaires bien réparties sur le territoire ». Elle craint également que cela accentue « les déséquilibres de marché » entre les Etats membres, et que cela déstabilise les filières françaises « historiquement construites autour de l’accès au plein air, de densités confortables par animal et de filières territorialisées ». Par conséquent, la Fnab demande le retrait de ces mesures concernant les productions de volailles.
Bovins/DNC : après l’Italie, un accord d’export similaire pressenti avec l’Espagne (syndicats)
« D’après les informations que nous avons, les Espagnols suivraient l’accord bilatéral tel qu’il a été décliné par l‘Italie » pour recevoir des bovins français vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a indiqué Patrick Bénézit, président de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) le 16 décembre. Entré en application le 8 décembre, l’accord avec l’Italie prévoit un protocole « très dur », selon cet éleveur du Cantal : les animaux peuvent être exportés 28 jours après vaccination et doivent se trouver dans une zone bénéficiant d’une immunité collective (vaccination depuis au moins 60 jours pour 95 % des animaux dans un rayon de 50 km autour de l’élevage). Deuxième débouché des broutards français (109 000 têtes exportées en 2024), l’Espagne n’a pas encore officialisé sa position. « Les échanges sont en cours et, pour l’heure, les Espagnols ne nous ont pas encore fait de retour positif », a indiqué le ministère de l’Agriculture à la presse le 17 décembre. « C’est un pays décentralisé et les régions sont très impliquées dans la politique sanitaire », précisent les services de la Rue de Varenne. « Une consultation interne est en cours, ce qui explique que cela prenne plus de temps. » Par ailleurs, un autre accord d’exportation, moins contraignant, a été signé avec la Suisse.
Bovins/DNC : tous les vaccins pour le Sud-Ouest disponibles « vendredi et samedi » (DGAL)
Les doses prévues pour vacciner les bovins du Sud-Ouest contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) seront « toutes disponibles jeudi [18 décembre] à Toulouse », avant d’être « dispersées vendredi [19] et samedi [20] dans les cabinets vétérinaires », a indiqué la directrice générale de la DGAL (ministère de l’Agriculture), Maud Faipoux, le 17 décembre. Démarrée le 15 décembre, puis élargie le 16 décembre, cette campagne de vaccination préventive porte sur 750 000 bovins de dix départements des Pyrénées et alentours*. Une première tranche de 500 000 doses, issue du stock du ministère, est déjà sur place depuis « la fin de la semaine dernière », a précisé Mme Faipoux lors d’une audition devant les députés de la Coméco. Le complément, provenant d'une partie d'une seconde tranche de 400 000 doses précédemment commandée, sera livré jeudi 18 décembre. « Grâce à la mise à disposition du matériel de l’armée, on a gagné une semaine dans l’acheminent du vaccin » depuis les Pays-Bas, où est situé le laboratoire producteur. Pour la suite, « Nous avons un million de doses en stock dans notre plateforme logistique », a indiqué la fonctionnaire, car « chaque fois que nous consommons nos stocks, nous les remplissons ».
* Pyrénées-Atlantiques, Landes, Gers, Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Tarn, Ariège, Aude, Hérault, Pyrénées-Orientales
Bovins/DNC : les JA veulent modifier les règles de l’UE sur l’export des animaux vaccinés
Dans un communiqué du 16 décembre, les Jeunes agriculteurs demandent « la révision immédiate des règles [européennes] pour permettre la libre commercialisation des animaux vaccinés et immunisés » contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Comme le rappellent les JA, « la réglementation européenne interdit l’export des animaux vaccinés sur une période de 8 (pour les zones vaccinales) à 14 mois (pour les zones réglementées) après que 75 % des animaux, issus de 95 % des élevages, aient été vaccinés ». Seule possibilité pour exporter en provenance de ces zones : passer des accords bilatéraux avec des États membres qui acceptent explicitement de recevoir des bovins vaccinés, comme l’a récemment fait l‘Italie. Par ailleurs, alors que des déplacements illicites d’animaux sont suspectés de disséminer la maladie, les JA demandent de « renforcer les contrôles », dénonçant « la faiblesse des effectifs mis en œuvre pour imposer le respect du protocole sanitaire ». Enfin, comme les éleveurs bovins allaitants (FNB) et laitiers (FNPL) de la FNSEA le 16 décembre, les Jeunes agriculteurs déplorent « le manque d’anticipation dans la fourniture de vaccins ».
Vin : Pernod Ricard cède ses vins effervescents américains Mumm au groupe Trinchero
Pernod Ricard a annoncé le 16 décembre la vente de ses marques de vins effervescents aux Etats-Unis - sous les marques Mumm Sparkling California, Mumm Napa et DVX - au groupe californien Trinchero, sans préciser le montant de la transaction. Celle-ci, qui doit être finalisée au printemps 2026, « ne concerne pas la marque de champagne G.H. Mumm, ni les autres activités internationales de Mumm dans le vin effervescent », précise le groupe de vins et spiritueux dans un communiqué. L'opération « permet au groupe de concentrer ses ressources sur son portefeuille premium de spiritueux et de champagnes internationaux », est-il ajouté. Trinchero, installé dans la Napa Valley (Californie) depuis 75 ans, est l'un des leaders de la production de vin aux Etats-Unis, où les importations de vins et spiritueux européens sont depuis août soumis à des droits de douane de 15 % par l'administration Trump. Aux Etats-Unis, son premier marché, Pernod Ricard a vu ses ventes reculer de 16 % au premier trimestre de son exercice décalé 2025/26, un mouvement amplifié par des ajustements de stocks.
Légumes/agriculture verticale : le leader américain AeroFarms cesse ses activités (presse)
La société américaine d’agriculture verticale AeroFarms va cesser ses activités et fermer son site en Virginie, ce qui entraînera le licenciement de l’ensemble de ses 173 salariés, selon des sources de presse, dont FoodBev. « L’entreprise a informé la semaine dernière le Virginia Department of Workforce Development and Advancement de sa décision, précisant que son principal investisseur avait retiré son soutien financier à la suite d’une restructuration non annoncée et d’un changement de priorités », écrit le média. AeroFarms a indiqué « ne pas avoir réussi à trouver d’autres sources de capitaux et se dit désormais dans l’incapacité de poursuivre ses opérations, à moins d’obtenir de nouveaux financements. » La société avait pourtant réussi à « refinancer sa dette afin de soutenir les opérations en cours sur sa ferme de Danville (Virginie) » et « à lever des fonds propres pour renforcer ses activités existantes et financer les opérations de pré-construction liées à l’ouverture d’une deuxième ferme », comme elle l’indiquant début août 2025. AeroFarms est l’un des plus importants acteurs de l’agriculture verticale outre-Atlantique, faisant pousser sous atmosphère contrôlée des micro-pousses de plantes et de légumes.
Choux-fleurs : face à la crise, des collectivités bretonnes mobilisent leurs cantines
A leur tour, la région Bretagne et les départements d’Ille-et-Vilaine, des Côtes d’Armor et du Finistère, ainsi que l’association des maires du Morbihan apportent leur soutien, dans un communiqué de presse le 17 décembre, aux maraichers bretons qui font face à une crise particulièrement sévère. « Les présidents d’exécutifs locaux et maires s’engagent à soutenir les producteurs en intégrant davantage de choux-fleurs bretons et autres légumes de plein champ, dans les menus des cantines et des lieux de restauration collective dont ils ont la charge », est-il expliqué. Des conditions climatiques anormalement douces ont provoqué une surproduction massive de choux-fleurs et de légumes de plein champ, entraînant un effondrement des prix et une forte fragilisation des exploitations agricoles. Le 12 décembre, cinq groupes de la grande distribution, Auchan, Casino, Carrefour, Coopérative U et Intermarché, avaient appelé les consommateurs à acheter des choux-fleurs français pour soutenir la filière. « La crise est aggravée par une surproduction à l’échelle européenne et une consommation en recul des légumes d’hiver » avaient-elle argumenté.
Grande distribution : Nous anti-gaspi recapitalisé par Créadev, les fondateurs quittent l'entreprise
L’enseigne Nous anti-gaspi annoncé le 10 décembre une augmentation de capital à hauteur de 7 millions d’euros porté principalement par deux actionnaires historiques, les fonds Creadev (famille Mulliez) et Eutopia. La direction connaît aussi un profond changement avec le départ des deux fondateurs Vincent Justin et Charles Lottmann. Damien Defforey deviendra président le 1er janvier 2026. « Il a construit toute sa carrière dans le BtoC : Carrefour, DG de Primark Italy (2014-2018), PDG de C&A France (2018-2022), PDG de Stokomani (2022-2024). Il poursuivra le travail effectué par les fondateurs et mettra en oeuvre un plan de développement ambitieux, inscrit dans un futur proche », indique l’enseigne. Créé en 2018, Nous anti-gaspi exploite 26 magasins en centre-ville et en zone d’activité commerciale ainsi qu’une marque de produits distribuée dans son réseau mais également chez d’autres enseignes partenaires. 234 salariés travaillent pour l’enseigne en Nouvelle Aquitaine, Bretagne, Île-de-France et dans le Nord. 8 ouvertures de magasins sont prévues en 2026, à Bordeaux, Paris et Lyon. Le chiffre d’affaires prévu pour 2025 est de 50 millions d’euros.
Agroalimentaire : la Fiac absorbe le Syndicat des entreprises du surgelé (EGS)
Le Syndicat des entreprises du surgelé (EGS) et la Fédération des industries des aliments conservés (Fiac), membres de Pact’Alim, ont annoncé, le 17 décembre par voie de communiqué, leur fusion. A cette occasion, les EGS se fondent dans une section dédiée « Fiac – Groupe Surgelés » dont Albert Ragon est élu à la présidence. « La Fiac, qui comptait déjà parmi ses membres des entreprises du surgelé, renforce ainsi sa représentativité sur l’ensemble des technologies et des catégories de produits longue conservation : aliments conservés (conserves métalliques, bocaux, barquettes, sachets souples, pots …), aliments déshydratés et aliments surgelés », indique la fédération. « Ce projet fédérateur permettra de mieux faire connaitre les atouts des aliments surgelés » ont déclaré Philippe Carreau, président de la Fiac et Luc Darbonne, président des EGS. Au sein de la Fiac, certains secteurs sont constitués en groupes métiers : FIAC Anchois, FIAC Champignons, FIAC Escargots et achatines, FIAC Foie Gras, FIAC Fruits (y compris compotes et confitures), FIAC Plats Cuisinés, FIAC Légumes et légumineuses, FIAC Maïs doux, FIAC Poissons, FIAC Tomates, FIAC Truffes, FIAC Produits déshydratés, FIAC Produits surgelés.
Coopératives : maintien de la rentabilité d’InVivo, porté par sa branche malt
Le groupe coopératif InVivo a présenté le 17 décembre un exercice 2024-2025 sous le signe de la « résilience ». Son chiffre d’affaires est en baisse, à 11,4 Md€ (contre 11,7 Md€ l’an passé), sévèrement affecté par une moisson historiquement faible. La branche négoce international tombe à 3,1 Md€ (contre 3,3 Md€). Malgré une faible collecte de 4,3 Mt de grains, l’activité en Agriculture se maintient, à 3,6 Md€ (inchangé). La division Agroalimentaire (malt, boulangerie industrielle, meunerie, vin) reste également au même niveau de chiffre d’affaires, à 3,4 Md€. Enfin, le Retail (jardineries, boulangerie artisanale) pèse 1,3 Md€ (stable). « Notre Ebitda, de 3,85 M€, est globalement stable », a souligné la d.g. en charge des Finances Maha Al-Bukhari Fournier. Cet indicateur, témoin de la rentabilité de l’entreprise, est soutenu par la « très bonne performance de Soufflet Malt », qui maintient ses volumes en dépit d’« un marché de la bière qui marque le pas ». Même satisfaction pour Cordier, la branche vin, qui se redresse « dans un contexte très difficile » : « Nos plans d’économies ont permis d’atténuer l’impact de la baisse des ventes ». InVivo récolte par ailleurs les fruits de ses plans de réduction de coûts dans le Retail, qui subit les effets de l’inflation.
Coopératives : Vivescia maintient un résultat positif et lance son plan stratégique 3.0
Sur l’exercice clos au 30 juin 2025, le groupe Vivescia affiche un chiffre d’affaires de 3,8 Md€, en retrait par rapport aux 4,1 Md€ réalisés en 2023-2024. Malgré ce recul, le groupe enregistre un Ebitda de 184 M€, contre 224 M€ en 2023-2024, et 195 M€ lors de l’exercice précédent. La dette nette a légèrement augmenté, passant de 542 M€ lors de la dernière campagne à 550 M€. La coopérative, qui a enregistré un chiffre d’affaires de 1 Md€, a dégagé un résultat net de 4,9 M€. L’assemblée générale, qui s’est tenue le 16 décembre, a par ailleurs été l’occasion de lancer « Vivescia 3.0 », un plan stratégique à horizon 2030. Celui-ci repose sur trois leviers : compétitivité, durabilité et innovation. Vivescia prévoit la cession de l’activité Délifrance (boulangerie viennoiseries pâtisseries surgelées) au groupe familial belge Vandemoortele, dans les semaines qui viennent. Autre annonce : 600 M€ d’investissements à venir, dont 150 M€ pour les métiers de l’agriculture et 200 M€ pour de nouveaux projets de développement. Le groupe a également pris la décision de repositionner des activités industrielles sous la bannière Vivescia Ingrédients, d’accélérer son programme d’agriculture régénérative Transitions. Pour l’heure, 600 agriculteurs sont engagés, pour 500 000 t de céréales et oléoprotéagineux, soit 17 % de la collecte Vivescia. (Elena Blum)
Loi Entraves : débat sur la pétition le 7 janvier, un autre à l'étude, élargi à l'agriculture
Le débat sur la pétition demandant l'abrogation de la loi Entraves, qui avait recueilli cet été plus de deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale, aura lieu en séance publique le 7 janvier. À l’occasion de son examen en commission des Affaires économiques le 5 novembre, les députés avaient consacré l'entièreté de leurs débats à l’acétamipride, au regret de certains, comme le rapporteur de la loi à l’Assemblée, Julien Dive (Les Républicains). Il en sera certainement à nouveau question le 7 janvier ; en séance, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard aura l'occasion de donner la position du gouvernement sur l'opportunité de déposer un projet de loi de réautorisation de ce néonicotinoïde, comme demandé par la droite et la FNSEA. La position n'a pas encore été arbitrée, indique-t-on à Matignon. L'actualité (UE-Mercosur, MACF, DNC...) pourrait aussi s'inviter dans le débat. Et pour lui donner davantage de place, Stéphane Travert, le président de la Coméco à l'Assemblée – qui plaidait il y a quelques semaines pour un débat sur la Pac – pousse finalement pour que se tienne un débat sur « l'agriculture en général ». La date et les modalités ne sont pas arrêtées – le débat pourrait porter notamment sur la question du sanitaire. De son côté, les députés LFI demandent la tenue d'un débat sur la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
Contrôles sanitaires: des députés veulent cibler davantage les importations (rapport)
Dans un rapport adopté par les députés de la commission du développement durable, le 17 décembre, la mission d’information sur les contrôles des produits importés préconise de « cibler systématiquement les importations » lors des contrôles opérés en France (hors contrôles douaniers). Vu la surreprésentation des produits d’import dans les non-conformités, « les autorités de contrôle sectoriel devraient avoir pour préoccupation de cibler a minima la moitié de leurs contrôles sur des produits importés » arguent les co-rapporteurs, Julien Guibert (RN, Nièvre) et Antoine Vermorel-Marques (Droite républicaine, Loire). Ils recommandent de « mettre fin à l’asymétrie des contrôles sanitaires et environnementaux » entre produits tricolores et importés. Pour cela, ils proposent de déployer une partie des effectifs de la DGCCRF, des DREAL et de l’OFB aux postes-frontières pour créer « de véritables "brigades de contrôle des importations" ». En outre, les corapporteurs demandent l’examen en séance publique de la PPL visant à interdire l’importation des produits agricoles non autorisés en France, adoptée le 28 janvier en Coméco et sans avancée depuis.
Arboriculture : Bruno Darnaud quittera la présidence de l’AOP pêches et abricots début 2026
Après quinze années de mandat, Bruno Darnaud, arboriculteur à la Roche-de-Glun (Drôme), quittera début 2026 se fonctions de président de l’Association d’organisations de producteurs (AOP) pêches et abricots de France, à l’occasion de son départ à la retraite, rapporte Réussir Fruits et Légumes. M. Darnaud met en avant les progrès réalisés en matière de structuration de la filière. L’AOP pêches et abricots dispose désormais d’outils de suivi des volumes et des marchés auxquelles elle n’avait pas accès quinze ans plus tôt. Autre motif de satisfaction, l'arrivée au sein de l’organisation d’une nouvelle génération d’arboriculteurs, âgés de 30 à 40 ans. En 2011, la production était à un niveau historiquement bas. Mais ces dix dernières années ont été en revanche plus favorables en pêches-nectarines, avec un taux de rénovation du verger de 6 à 7 %. La situation reste plus contrastée pour l’abricot, où des inquiétudes persistent, même si une professionnalisation accrue des exploitations et une amélioration de la qualité gustative sont observées. Enfin, M. Darnaud se félicite du travail accompli par l’AOP avec la grande distribution pour un basculement le plus rapide possible vers les fruits français en début de saison. « Mais face à la concentration toujours en marche de la grande distribution, renforcer l’AOP devra rester une priorité », avertit-il.