Agrafil du 19 février 2025

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LOA : commission mixte paritaire conclusive, sans les votes de la gauche

Après son adoption le 18 février au Sénat (à 218 voix contre 107), un accord a été trouvé sur le projet de loi d’orientation agricole (LOA) en commission mixte parlementaire (CMP) tard dans la nuit, rapportent des participants. Parmi les sept sénateurs et sept députés qui la composent, dix ont voté pour et quatre contre, tous issus de la gauche (Potier, Trouvé, Tissot et Redon-Sarrazy). Selon deux participants, le texte intégrerait notamment une formulation de compromis sur le sujet des atteintes à l'environnement, et la réintroduction d'objectifs pour la bio. La LOA sera donc bouclée avant le Salon de l'agriculture, comme c'était le souhait exprimé par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, avant l'ouverture de l'événement le 22 février à Paris. La version commune pourrait être soumise aux deux chambres avant samedi - voire dès mercredi à l'Assemblée et jeudi au Sénat, avançaient plusieurs parlementaires ces derniers jours - pour deux ultimes votes qui vaudront adoption définitive. Dans le cas contraire, les délais auraient été nettement rallongés. D'autres sources parlementaires n'excluent cependant pas un report des votes finaux à début mars, après les congés parlementaires. «Je ne voudrais pas commencer ce Salon de l'agriculture en disant aux agriculteurs que les parlementaires ne les ont pas entendus», a toutefois déclaré Annie Genevard.

LOA : le collectif Nourrir s’oppose à l’«impunité des atteintes à la biodiversité»

Point chaud de la commission mixte paritaire (CMP) réunie le 18 février sur le projet de loi d’orientation agricole (LOA), la dépénalisation des atteintes environnementales est un «recul majeur», selon le Collectif Nourrir, rassemblant des organisations d’agriculteurs, consommateurs, environnementalistes. Ce volet du texte, censé répondre à la grogne du secteur, constitue «la pire régression du droit de l'environnement depuis au moins une décennie», a estimé Laure Piolle, animatrice de France Nature environnement (FNE), lors d’une conférence de presse le même jour. La mesure votée au Sénat ne va «pas seulement s’appliquer à l’agriculture», avance-t-elle, citant entre autres le cas d’industriels polluant une rivière et qui «ne pourraient plus être poursuivis». D’après la représentante de FNE, «le message envoyé par les pouvoirs publics, c’est une impunité des atteintes à la biodiversité». La dépénalisation des atteintes environnementales aboutirait à «une multiplication des destructions». Elle serait de plus «en contradiction avec le droit et la jurisprudence européenne». Lors de l’examen au Sénat, Annie Genevard a tenté en vain de rétablir la version de l’Assemblée, moins large et, d’après la ministre, «solide et robuste juridiquement».

Bovins/MHE: rupture d'approvisionnement du vaccin «pour quelques semaines» (entreprise)

L'Hepizovac, seul vaccin sur le marché pour lutter contre la maladie hémorragique épizootique (MHE) chez les bovins, est actuellement «en rupture d'approvisionnement pour quelques semaines», indique son fabricant Ceva Santé animale le 18 février. Par conséquent, «toute commande passée depuis le 13 février 2025 ne pourra vraisemblablement être livrée qu'à partir de fin mars», prévient l'entreprise, qui demande à ses clients, «face à l'afflux très important d'appels téléphoniques», de passer par messagerie électronique: [email protected]. Et d'assurer que les commandes «sont enregistrées en reliquats et les expéditions seront traitées par ordre de réception.» Fin janvier, nos confrères de Réussir Bovins viande avaient déjà repéré que les doses de vaccins financées par l'Etat contre la fièvre catarrhale ovine de sérotype 3 (FCO-3) et la MHE n'étaient plus disponibles. Au 6 février, le GDS de Bourgogne-Franche Comté signalait déjà que l'approvisionnement en vaccins contre FCO-3, FCO-8 et MHE pouvait prendre «plusieurs semaines», avec des délais très variables selon les produits. Au-delà de la protection qu'il offre contre la MHE, le vaccin Hepizovac peut être utilisé pour la certification des animaux à l'export, permettant aux animaux de partir sans PCR vers l’Italie 21 jours après la seconde injection.

FCO: le sérotype 3 passe du statut «exotique» à «enzootique», fin de la zone régulée

Comme attendu, le ministère de l'Agriculture a décidé, dans un arrêté paru le 18 février au Journal officiel, de faire passer le sérotype 3 de la fièvre catarrhale ovine (FCO) du statut d'«exotique» à «enzootique». Arrivé en France en août 2024, ce sérotype est désormais soumis au même régime que les sérotypes 4 et 8, plus anciens. Selon une note du GDS de Bourgogne-Franche Comté, cela signifie une suppression du zonage en vigueur pour lutter contre cette maladie, depuis le 16 février: «Il n’y aura désormais plus de zone régulée ni indemne FCO 3 à prendre en compte pour les mouvements nationaux, qui pourront se faire librement sur tout le territoire». En revanche, «les mouvements internationaux restent soumis à des mesures de protection (vaccination ou analyse + désinsectisation).» Pour la FCO-3, la zone régulée – qui s’étendait sur 150 km autour de chaque foyer – recouvrait la quasi-totalité de la France continentale et de la Corse, à l’exception d’une partie de l’Ariège et des Pyrénées-Atlantiques. Lors d'une visioconférence le 23 janvier, Valérie David, chef du service Santé et bien-être animal à l’Institut de l’élevage (Idele) avait indiqué que la maladie resterait toutefois une maladie «à déclaration obligatoire». Au 13 février, 9 968 foyers de FCO de sérotype 3 étaient recensés par le ministère de l'Agriculture.

Etiquetage de l'origine: l’extension de l'obligation à toutes les viandes pérennisée (JO)

Un an après la fin de l'expérimentation de deux ans, un décret qui pérennise l'extension de l'obligation d'affichage en restauration du pays d’origine (élevage et abattage) à toutes les viandes est paru au Journal officiel du 18 février. «L’étiquetage s'applique aux viandes achetées crues par les restaurateurs et non aux viandes achetées déjà préparées ou cuisinées», rappelle ce nouveau décret. Un précédent décret du 26 janvier 2022, avait déjà étendu cette obligation, mais pour une durée de deux ans, à titre expérimental, alors que seules les viandes bovines étaient concernées jusqu’alors, depuis 2002. Pour rappel, les viandes achetées crues ne sont plus les seules concernées depuis mars 2024. En effet, le décret du 4 mars 2024 étend l’obligation aux viandes transformées comme les nuggets, steaks hachés ou filets de volaille rôtis. Pour autant, l’interprofession de la volaille Anvol a déploré, lors d'une conférence de presse le 18 février, qu'un établissement de restauration puisse échapper à l’obligation si son fournisseur de viande élaborée ne l’informe pas de l’origine des animaux.

Label bas-carbone/élevage: vers une extension aux petits ruminants et aux porcs

Lors d’une réunion du comité des financeurs des crédits carbone qui s’est tenue le 17 février, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a annoncé la révision de deux méthodes d'obtention du label bas-carbone (CarbonAgri pour la polyculture-élevage ; et Grandes Cultures), ainsi que l'ajout d'une nouvelle pour l'élevage porcin. Pour les deux révisions, «l’objectif est de qualifier les bonnes pratiques en s’appuyant sur ce que l’on a pu apprendre des premiers projets», a précisé Mme Pannier-Runacher. Approuvée en 2019, la méthode CarbonAgri, qui concernait originellement l’élevage bovin, va ainsi être élargie aux petits ruminants. «Il s’agissait d’une demande très forte de la part des éleveurs d’ovins et de caprins», souligne Jean-Baptiste Dollé, chef de service environnement au sein de l'Idele, à Agra Presse le 18 février. Parallèlement, l’Ifip (institut français du porc) a soumis une proposition pour une méthode label bas carbone dédiée, qui est «déjà bien avancée», selon M. Dollé. Dans les prochains jours, un arrêté précisant notamment les règles afférentes aux différentes méthodes sera soumis à consultation publique, a confirmé Mme Pannier-Runacher. De point de vue du cadre général du label bas-carbone, l’une des premières évolutions sera d’introduire l’échange ou l’annulation de crédits carbone pour se rapprocher des standards européens », a précisé la ministre de la Transition écologique.

Lait: rebond de la production française, après trois années de recul (interprofession)

A l'occasion d'une conférence de presse le 18 février, l'interprofession laitière (Cniel) a indiqué que la production française rebondissait légèrement, de 1% (à un peu moins de 23 millions de litres), après trois années de repli et une production qui s'approchait presque des 24 millions de litres au début des années 2020. Derrière ce regain se cachent des disparités régionales importantes, avec des baisses au Sud et dans l'Est l'Hexagone, probablement en lien avec l'épizootie de fièvre catarrhale ovine (FCO). En conséquence, la filière a exporté davantage que l'an passé (+9% en volume, +2,5% en valeur). Sur le marché mondial, la présence des grands pays exportateurs est stable depuis 2022, après plusieurs années de hausse. En revanche, les productions des pays asiatiques sont en essor, ce qui a réduit la demande. Le prix payé aux producteurs est relativement stable depuis 2022 autour de 450 € les 1000 litres, contre environ 350 entre 2019 et 2021. Dans les rayons, les produits laitiers ont plutôt bien résisté à l'inflation, et sont portés par les achats de crème et de fromage. Le Cniel observe un léger ralentissement de la croissance des marques de distributeurs, après un pic durant la période d'inflation.

Volaille : première viande consommée en 2024, au profit du poulet importé (Anvol) 

L'interprofession de la volaille de chair Anvol a annoncé ce 18 février en conférence de presse que la volaille était devenue en 2024 la première viande consommée par habitant. Mais l’interprofession a déploré que cette consommation globale, largement dominée par le poulet, ait occasionné une montée en flèche des importations de cette espèce depuis 2019. Précisément, la consommation « apparente » (calculée à partir des de la production nationale et des échanges) de volaille, ramenée au nombre d’habitant est de 31,6 kg/hab, indique Anvol de source Itavi d’après SPP et Eurostat. Le poulet représente à lui seul 24,9 Kg/hab. L’interprofession souligne qu’en France la consommation de poulet a progressé plus vite depuis 2019  que la production: de 24,4% contre 10,6% en cinq ans. Ceci au profit d’importations de filets, cuisses et préparations, essentiellement utilisées par la restauration hors domicile, commerciale ou collective, et les industriels des produits élaborés, plats cuisinés, sandwiches ou plats cuisinés. Près d’un poulet sur deux consommé (48% en tonnes équivalent carcasse en 2024) est importé, rappelle Anvol, principalement du fait de la restauration hors domicile et des industries de seconde transformation.

Agroalimentaire: valeurs boursières européennes au plus bas, grevées par les alcools

Après un fort rebond post-Covid (+16,5% en 2021), les principales valeurs boursières agroalimentaires européennes ont reculé pour la troisième année consécutive (-11% en 2024), atteignant leur niveau le plus bas depuis 2014, rapporte la société d'investissement Unigrains le 18 février, sur la base de son indice IAA 80 (quatre-vingts sociétés cotés de 13 pays européens). La baisse touche les poids lourds du secteur : Nestlé (-24,6%), AB-UnBev (-18,4%), Diageo (-8,3%) et Pernod-Ricard (32,8%). La chute est particulièrement marquée pour le secteur des boissons (-20%), en raison de «l'incertitude politique», des «tensions géopolitiques» et d'une «consommation des ménages en berne», qui ont éclipsé la «baisse de l'inflation, des prix des matières premières et des taux d'intérêt». Les vins et spiritueux (-19,9%) sont autant touchés que la bière (-20,4%), tandis que les boissons sans alcool ont le vent en poupe (+25,5%). La baisse est moins sévère dans le secteur alimentaire hors boissons (-5,7%), d'autant qu'une grand partie de la baisse s'explique par la contre-performance de Nestlé (40% de la capitalisation de cette catégorie) ; en dehors de Nestlé, le secteur est en hausse de 11,7%). D'ailleurs les autres géants de l'alimentaire s'en sortent bien, comme Unilever (+23,8%) et Danone (+10,3%). 

Négociations commerciales : un comité de suivi «aussi tendu que le sont les négociations»

«Retard inhabituel», «niveau de tension extrême», «moral au plus bas»: le comité de suivi des négociations commerciales qui s'est tenu le 18 février sous l'égide des ministres de l'Agriculture et du Commerce a été «aussi tendu que le sont les négociations», affirme Dominique Chargé, président de La Coopération agricole. L'Ania (agroalimentaire) a fait part d'un retard inhabituel dans la signature d'accords commerciaux et s'est félicitée que la ministre de l'Agriculture Annie Genevard ait «tapé du poing sur la table» face à une grande distribution qui demande des baisses de prix «insoutenables» aux fabricants agroalimentaires. Layla Rahhou, déléguée générale de la FCD (distributeurs), pointe, elle, «la responsabilité de l'Etat dans la dégradation des relations pendant les négociations commerciales». «Les négociations cette année semblent plus tendues», a reconnu le ministère du Commerce à l'issue du comité. Selon l'administration, 80% des contrats de PME seraient signés à date, contre moins de 50% pour les contrats de grandes entreprises.

Coopératives agricoles : 31 françaises dans le top 100 européen en 2024 (étude)

Le consultant indépendant Olivier Frey a publié, le 18 février, son enquête annuelle sur les 100 plus grosses coopératives agricoles européennes, réparties dans seize pays. Un classement dans lequel figurent 31 entités françaises dont six dans le top 20 (InVivo, Agrial, Tereos, Sodiaal, Terrena et Axéréal). L’Allemagne affiche quinze représentants et les Pays-Bas, neuf. Ce top 100 cumule un chiffre d’affaires de 314 milliards d’euros en 2023, contre 312,5 en 2022 (+0,5 %) : le top 10 pèse pour 36,8 % du CA total et la France, un peu plus du quart. La première marche du podium reste occupée par l’allemande Baywa, avec un CA de 23,9 Mds€, soit deux fois plus que la première coopérative française InVivo, à 12,4 Mds€ : suivent le danois Arla Foods (13,67 Mds€) et le néerlandais Friesland-Campina (13,07 Mds€). Les coopératives danoises enregistrent le CA moyen le plus élevé (6,6 Mds€), contre 2,79 Mds€ pour les structures françaises. Les plus représentées dans ce top 100 : les coopératives de céréales-appro (27), les coopératives laitières (25) et celles dédiées à la viande (14). À noter qu’aucune coopérative viticole ne figure dans ce classement. Au cours des cinq dernières années, ce sont les coopératives sucrières qui ont enregistré les meilleures performances. (Anne Gilet)

Coopératives/bio : Valsoleil et la Drômoise de céréales créent une filiale dédiée au bio

Suite à la mise en liquidation judiciaire de la SAS Agrobiodrom (400 producteurs de fruits et légumes bio dans la Drôme, l’Ardèche et le Vaucluse), les coopératives Valsoleil et la Drômoise de Céréales ont décidé de reprendre les activités collecte et mise en marché, désormais intégrées dans une nouvelle structure Lorbio, qui devient filiale des deux coopératives ; «20 des 48 salariés ainsi que deux alternants sont repris, précise Jean-Charles Denis, directeur général des deux coopératives, interrogé par Agra Business. La responsabilité opérationnelle de Lorbio est confiée à Simon Cornut, jusque-là responsable de secteur chez Valsoleil. L’enjeu de cette reprise est de pérenniser le débouché des productions du territoire auprès de magasins spécialisés, collectivités locales et grossistes en produits frais bio, et d’offrir la solidité économique nécessaire à l’avenir de cette filière.» Lorbio, c’est un chiffre d'affaires de 13 M€ pour près de 300 variétés de fruits et légumes traités. Valsoleil et la Drômoise de Céréales avaient déjà une activité dans la collecte et la commercialisation de produits bio (céréales, œufs, volailles de chair, fruits...), à hauteur de 38 M€, sur les 300 M€ de CA que pèsent les deux entités. Elles possèdent également une usine spécialisée en nutrition animale bio ainsi qu’un abattoir de volailles qui travaillent ces productions. (Anne Gilet)

HVE: le Conseil d’Etat conforte la réforme de 2022, attaquée par la Fnab et Que Choisir

Dans une décision rendue le 18 février, le Conseil d’Etat a rejeté la requête de la Fnab (producteurs bio) et de l’UFC Que Choisir qui demandaient l’annulation des textes mettant en œuvre la révision de la certification environnementale (décret 2022-1447 et arrêté du 18/11/2022). Sans surprise, les juges ont suivi la recommandation du rapporteur public du 20 janvier, qui estimait que le nouveau référentiel de la haute valeur environnementale (HVE) était «peut être insuffisamment exigeant» sur certains enjeux environnementaux mais constituait «un réel progrès» par rapport à la version précédente. Les juges concluent que le nouveau référentiel (version 4) de la haute valeur environnementale (HVE) n’est pas «entaché d’une erreur manifeste d’appréciation» quant au niveau élevé de performance environnementale d’une exploitation, et que le référentiel n’est pas trompeur pour le consommateur. Ils concluent également que le référentiel ne méconnaît pas le principe d’égalité de traitement entre certifiés et non certifiés. «Le référentiel attaqué permet de certifier la mise en oeuvre de modes de production performants en matière environnementale de sorte que la différence de traitement qui en résulte (…) n’est pas manifestement disproportionnée», expliquent-ils. 

Pesticides: Générations futures demande le retrait du flufenacet au Conseil d’Etat

L’association Générations futures a annoncé, le 18 février, saisir le Conseil d’Etat pour demander le retrait de pesticides à base de la substance active flufenacet, rapporte l’AFP. Pour ce produit très utilisé dans les produits de désherbage pour céréales (blé, orge, seigle), l’approbation communautaire expire le 15 juin 2025 et la Commission européenne propose ensuite de l’interdire. Dans un communiqué le même jour, l’association explique enclencher cette action après avoir adressé la même demande à l’Anses et être sans retour de sa part. Elle justifie ce recours au nom du risque pour la santé et l’environnement. En effet, l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a estimé dans une évaluation du 27 septembre que le flufénacet était un perturbateur endocrinien et que son produit de dégradation, l’acide trifluoroacétique (TFA), un PFAS contaminant majeur de l’eau. Qualifiant la position de la France d’«attentiste» et «inacceptable au regard des preuves déjà disponibles de l’étendue de la contamination de l’eau potable par le TFA», Générations futures demande d’intégrer «sans attendre» le TFA dans le suivi des eaux de surface et souterraines, l’eau potable et la surveillance des denrées alimentaires. Par ailleurs, l’association indique avoir demandé à l’Anses, le 14 février, de procéder au «retrait» de pesticides à base de fluopyram. 

Sécurité sociale : PLFSS 2025 définitivement adopté, plusieurs dispositions pour l'agriculture

Le Sénat a adopté le 17 février en nouvelle lecture, par 225 voix pour et 104 contre, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2025, dont plusieurs articles concernent directement l'agriculture. Le TO-DE a été pérennisé, avec un taux passant de 20% à 25% (article 4), et les Cuma et les coopératives de conditionnement de fruits et légumes peuvent désormais en bénéficier. Le Parlement a ajouté la nécessité pour le gouvernement de fournir un rapport d’évaluation du dispositif avant le 1er octobre 2025. L’article 5 permet aux jeunes agriculteurs, âgés de 18 à 40 ans au moment de leur affiliation, de cumuler les bénéfices de l’exonération partielle de cotisation et de la réduction de taux de cotisation octroyée à tous les travailleurs indépendants et chefs d’exploitation agricole. Très attendue par le monde agricole, la réforme du régime de retraite des non-salariés agricoles, se fondant sur les 25 meilleures années à compter du 1er janvier 2026 (article 22) a aussi été adoptée. Le dispositif est complété par un alignement des taux de cotisations d’assurance vieillesse et les plafonds applicables aux non-salariés agricoles sur ceux applicables aux travailleurs indépendants, «tout en conservant les spécificités du régime que sont l’assiette triennale et l’annualisation des cotisations».

Bioénergies : le fonds KKR monte à 30% d'Enilive, filiale de bioraffinage d'Eni

Le géant italien des hydrocarbures Eni a annoncé le 18 février avoir signé un accord sur la cession au fonds d'investissement américain KKR d'une participation supplémentaire de 5% dans Enilive, sa filiale spécialisée dans le bioraffinage, pour 587,5 millions d'euros. KKR monte ainsi à 30% du capital d'Enilive, dont il avait acquis en octobre une participation de 25% pour 2,9 milliards d'euros. La transaction valorise l'ensemble de la filiale à 11,75 milliards d'euros, indique Eni dans un communiqué. Le PDG d'Eni, Claudio Descalzi, applique ainsi ce qu'il appelle une stratégie "satellitaire" visant à créer des unités indépendantes spécialisées et capables d'attirer des investisseurs de "valeur" et financer ainsi la croissance du groupe. Enilive est spécialisé dans le bioraffinage (permettant la production de biocarburants), la production de biométhane et des solutions de mobilité intelligente, dont la société de partage de véhicules Enjoy. Cette filiale d'Eni possède en outre un réseau de stations-service proposant notamment des carburants issus de matières premières renouvelables. Enilive prévoit de porter sa capacité de bioraffinage à plus de 3 millions de tonnes par an d'ici 2026, soit le double de la fin 2023, et plus de 5 millions de tonnes d'ici 2030. 

Aquaculture: le caviar d'Aquitaine obtient une IGP, la première en UE pour ce produit

Le caviar français d'Aquitaine a obtenu la reconnaissance européenne d'une indication géographique protégée (IGP) après 12 ans de démarches, a annoncé le 18 février la Commission européenne, gage de «transparence» pour la filière et label «stratégique» face à la concurrence internationale, notamment chinoise. Cette IGP, la première en Europe concernant le caviar, permet de «protéger la dénomination caviar d'Aquitaine contre les usurpations» dans toute l'Europe, se félicitent quatre des plus gros producteurs français, tous basés en Nouvelle-Aquitaine (sud-ouest de la France), dans un communiqué. Avec 50 tonnes d'oeufs d'esturgeon produites par an, la France ne peut rivaliser en volume avec la Chine, qui produit quelque 300 tonnes de ce mets emblématique et pèse, à elle seule, environ la moitié du marché mondial, devant l'Italie. Les premières piscicultures d'esturgeons ont vu le jour sur les bassins de l'Isle (affluent de la Dordogne) et d'Arcachon dans les années 1990 et quatre grands producteurs se sont développés en Nouvelle-Aquitaine (Sturgeon, Prunier Manufacture, L'Esturgeonnière et Caviar de France).

Grandes cultures: Jacques Groison nommé directeur général d'Arvalis

Dans un communiqué paru le 18 février, l'institut technique des grandes cultures Arvalis a annoncé la nomination au poste de directeur général Jacques Groison, à compter du 31 mars. Ingénieur en sciences et technologies des industries alimentaires de Polytech Montpellier, Jacques Groison arrive en provenance du groupe coopératif Arterris, où il a exercé en tant que directeur du pôle agricole puis directeur général adjoint. Il a également eu diverses responsabilités dans des groupes semenciers en Europe, aux États-Unis et en Asie. Il a par exemple occupé le poste de directeur général de Mas Seeds, le pôle semencier du groupe Maïsadour. Jacques Groison aura «la responsabilité de coordonner les activités de recherche appliquée d’Arvalis au profit d’une agriculture innovante, économiquement performante et durable», explique le communiqué.