UE-Mercosur : Ursula von der Leyen confiante de parvenir à une signature dès janvier
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est dite, le 19 décembre, « confiante » sur le fait de parvenir à signer l'accord commercial avec les pays du Mercosur en janvier, après un report provoqué la veille par la France et l'Italie sur fond de mobilisation agricole. La date d’une signature dès le 12 janvier au Paraguay est évoquée par certains. Mais il faudrait d’ici là qu’un vote des ambassadeurs de l’UE puisse être organisé, sachant que celui qui était prévu le 19 décembre a été annulé. À l'issue du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l'UE, le président français Emmanuel Macron a demandé que le texte « change de nature », avec davantage de garanties pour les agriculteurs. Il a notamment souligné avoir appelé « avec l'Italie, la Pologne, l'Irlande et plusieurs autres partenaires (…) la Commission à apporter des garanties sur le maintien des revenus de nos agriculteurs dans la future Pac ». Mais Emmanuel Macron a aussi reconnu que la réponse européenne à ces demandes sur les clauses de sauvegarde, la réciprocité et le renforcement des contrôles avançaient « dans la bonne direction ». Le Parlement européen, réuni en plénière du 19 au 22 janvier, va notamment devoir se prononcer sur l'accord trouvé sur ce dossier entre les négociateurs des institutions européennes en trilogue le 17 décembre. Un compromis qui ne reprend toutefois pas en totalité les amendements qu’avaient adoptés les eurodéputés, en particulier l’obligation en matière de réciprocité des normes.
Bovins/DNC : pas d'inflexion de Lecornu après sa rencontre avec les syndicats
À l'issue de sa rencontre avec les syndicats agricoles (hors Modef), le 19 décembre, Sébastien Lecornu a adressé, à la demande de la FNSEA, un courrier réexpliquant la stratégie sanitaire mise en place pour lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), consistant notamment à abattre la totalité d’un foyer quand un cas est détecté. « N’éliminer que les bovins présentant des symptômes fait courir un risque majeur de propagation du virus », affirme M. Lecornu, alors que la Coordination rurale et la Confédération paysanne, les deux syndicats opposés à cette stratégie d’abattage, avaient signalé des « ouvertures » le 19 décembre après leur rencontre avec le Premier ministre. Il fait passer aussi le montant d’un fonds d’urgence, annoncé en début de semaine, de 10 à 11 M€, destinés aux petites exploitations les plus en difficulté. Plus de 7 M€ d’acomptes ont été versés aux éleveurs dont les vaches ont été abattues depuis juin. La lettre donne par ailleurs un calendrier précis pour la vaccination de 750 000 bovins dans dix département du Sud-Ouest, « conduite sous un mois ». Le Premier ministre ajoute avoir demandé aux préfets de suspendre les contrôles de l’État dans les exploitations à vacciner, quand la Coordination rurale demandait un moratoire sur tous les contrôles par l’État des agriculteurs. Il annonce aussi un déplacement des ministres de l’Agriculture et du Commerce extérieur en Italie, principal acheteur des veaux français, la semaine prochaine.
Manifestations : accalmie mais pas de trêve pour les syndicats après l'entrevue avec Lecornu
Après s'être entretenu le 19 décembre avec Sébastien Lecornu, et avoir pris connaissance de son courrier, la FNSEA a adressé une nouvelle lettre au Premier ministre le 20 décembre pour lui demander « un cap » pour l’agriculture, en attendant le prochain rendez-vous début janvier. « Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous. » Le compte n’y est pas » dans le courrier du Premier ministre, a réagi la FNSEA, qui soutient la stratégie sanitaire actuelle, mais demandait au gouvernement des « garanties » sur la taxe carbone européenne appliquée aux engrais (MACF). Un courrier « pas suffisant » non plus pour leurs alliés des Jeunes agriculteurs, a expliqué sur France 2 leur président Pierrick Horel. « On fera des actions coup de poing ça et là d’ici à Noël, mais pas de blocages routiers pour nous. » « Les annonces, globalement, sont assez faibles. Ce ne sont que des promesses (...) Il est indispensable que l’État se mette à réfléchir » sur le protocole d’abattage, a réagi samedi le secrétaire général de la Coordination rurale, François Walraet, sur France Inter. Les sections départementales sont libres de continuer leur blocage, mais il a appelé les siennes à « faire une pause » pendant Noël. La Confédération paysanne avait prévenu vendredi qu’elle n’appellerait pas à lever les blocages, mais les nouvelles actions et manifestations prévues ce week-end sont moins nombreuses que durant la semaine.
Bovins/DNC : les manifestations refluent, hormis dans le Sud-Ouest
La mobilisation des agriculteurs, opposés notamment à la politique gouvernementale d’abattage massif des bovins en cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a reflué après une semaine de manifestations, avec moins d’une dizaine de barrages maintenus le 21 décembre selon la gendarmerie, essentiellement dans le Sud-Ouest. Huit axes routiers ou autoroutiers restaient bloqués dans la matinée du dimanche 21 décembre, dont l’A63 près de Bordeaux, l’A64 entre Toulouse et Bayonne, l’A65 entre Pau et Bordeaux ou l’A75 en Lozère, selon les gendarmes. La veille, 50 actions mobilisant 1 619 personnes avaient été comptabilisées par le ministère de l’Intérieur dans toute la France, contre 93 actions vendredi, 110 jeudi et 80 mercredi. À Cestas, au sud de Bordeaux, la Coordination rurale de Gironde (CR 33) a rouvert samedi une bretelle de l’A63 pour permettre aux vacanciers d’enjamber le barrage, établi depuis dimanche dernier et maintenu dans le sens Sud-Nord. « On reste, peut-être jusqu’à lundi ou mardi, on ne sait pas », a déclaré dimanche à l’AFP Ludovic Ducloux, coprésident de la CR 33, malgré les appels du gouvernement à une « trêve de Noël ».
Bovins/DNC: Venteau s'en prend à Genevard, quatre anciens ministres la défendent
À l'issue de son entretien avec le Premier ministre le 19 décembre, le président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a indiqué qu'il avait une « pointe d'espoir » que le Premier ministre fasse évoluer le protocole sanitaire de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), fustigeant les prises de position des conseillers de Matignon. La CR demande toujours une vaccination à l'échelle nationale et l'arrêt de l'abattage total. Concernant la mobilisation elle-même, l'éleveur n'a pas appelé à une levée des blocages, s'en remettant à la liberté de chaque fédération départementale, tout en soulignant la « fatigue » de ses « troupes ». Évoquant la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, qu’il a qualifiée de « dépassée, M. Venteau a déclaré : « Elle adore le Doubs, je n'ai plus de commentaire à faire. Le blocage s'est fait aux premières rencontres ». De leur côté, dans une tribune parue le 20 décembre sur le site de La Tribune dimanche, quatre anciens ministres de l’Agriculture (Michel Barnier, Stéphane Travert, Julien Denormandie et Marc Fesneau) apportent leur « soutien » au protocole sanitaire du gouvernement. Pour eux, l’abattage total constitue « une mesure rempart, tragique sans aucun doute, mais d’abord une mesure de protection ».
Bovins/DNC : la proposition des JA pour mieux contrôler les mouvements
À l'occasion de leur rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu le 19 décembre, les Jeunes agriculteurs (JA) ont demandé un durcissement des contrôles des mouvements d'animaux, pour limiter la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). « Il faut cibler les exploitations qui ne jouent pas le jeu », a déclaré le président des JA à la sortie de l'entretien. Techniquement, le syndicat demande notamment que la déclaration des mouvements d'animaux se fasse préalablement au départ, et non ultérieurement, comme actuellement. Matignon ne s'est pas prononcé sur cette proposition, et promet de l'examiner. Cette demande intervient alors que des déplacements illicites d’animaux sont suspectés d’être à l’origine des derniers foyers de DNC en Occitanie. De son côté, lors de l’annonce de la vaccination élargie dans les Pyrénées le 12 décembre, le ministère de l’Agriculture avait promis dans son communiqué des « contrôles routiers renforcés ». Le 19 décembre, les JA ont aussi présenté leur demande d’une « révision immédiate des règles [européennes] pour permettre la libre commercialisation des animaux vaccinés et immunisés ». Cette requête, déjà formulée dans un communiqué du 16 décembre, n’a pas encore été arbitrée par les services du Premier ministre.
Pesticides : la Cour de justice de l'UE considère la réautorisation de la cyperméthrine illégale
La Cour de justice de l’UE a conclu, dans un arrêt du 18 décembre, que la Commission européenne avait agi illégalement en réapprouvant la cyperméthrine en 2021 (jusqu’en 2029). La CJUE, saisie par l’association PAN Europe, estime que le renouvellement de l’approbation cet insecticide a été accordé « sur la base d’une mesure d’atténuation des risques pour les arthropodes non ciblés dans les zones hors champ dont le caractère réaliste n’a pas été démontré ». Elle pointe également des lacunes dans le dossier de réapprobation, ainsi que l’absence d’évaluation de la toxicité à long terme. PAN Europe se félicite de ces conclusions, sachant qu’il s’agit de « la première fois qu'une organisation de la société civile saisit la plus haute juridiction de l'UE d'une affaire d'autorisation de pesticide » en ayant recours au règlement d'Aarhus qui a permet aux ONG d'accéder à la justice pour contester les autorisations de pesticides au niveau de l'UE. D’autres procédure de ce type sont en cours, notamment contre l’autorisation du glyphosate.
Victimes des pesticides : délais de prise en charge triplés pour Parkinson et des hémopathies
Deux décrets parus le 19 décembre au Journal officiel (JO) allongent le délai de prise en charge (DPC) de la maladie de Parkinson et des hémopathies malignes chez les agriculteurs et salariés agricoles, quand ces maladies sont liées à l’exposition aux pesticides. Pour rappel, le DPC est le délai maximal entre la fin de l’exposition au risque et le diagnostic de la maladie. Le premier décret porte le DPC « de sept à 20 ans » pour la maladie de Parkinson. Le deuxième décret porte le DPC « de dix à 30 ans » pour les hémopathies malignes, avec une durée minimale d’exposition inchangée de dix ans. Le ministère de l’Agriculture suit ainsi les recommandations de l’Anses, exprimées dans une note d’appui scientifique et technique publiée le 9 septembre. Ces changements entreront en vigueur le 1er janvier. Les deux décrets modifient en conséquence les tableaux des maladies professionnelles du régime agricole, n°58 pour la maladie de Parkinson, et n°59 pour les hémopathies malignes.
Pesticides/ZNT : les sénateurs rejettent la PPL écolo sur les chartes départementales
En première lecture le 18 décembre, le Sénat a vidé de sa substance la PPL écologiste visant à mieux informer et protéger les riverains des pesticides, aboutissant à son rejet. Les sénateurs ont adopté deux amendements supprimant chacun des deux articles de la PPL. Ils ont aussi rejeté un amendement socialiste prévoyant l’élaboration d’un rapport gouvernemental pour faire un « bilan » des chartes départementales d’engagement. Ce faisant, ils ont suivi l’avis du rapporteur de la Coméco, Pierre Cuypers. Ce dernier a estimé que l’article 1 – qui proposait de renforcer le dispositif d’élaboration des chartes - n’est pas souhaitable, car il risque de « rigidifier » et de « complexifier » le dispositif, qui est par ailleurs « en place dans presque tous les départements ». Il a aussi signalé que, concernant l’information préalable des résidents, « une décision du Conseil d’État est attendue en 2026 sur la soixantaine de contentieux en cours ». Concernant l’article 2, qui proposait notamment de créer le registre national des usages de phytosanitaires demandé par l’Anses, Pierre Cuypers a estimé qu’il faut s’en tenir au respect de la règlementation européenne, qui oblige à la numérisation des registres en 2027. Avant le rejet des sénateurs, cette PPL avait aussi recueilli un avis défavorable du gouvernement.
Bio : la Fnab va aider le Conservatoire du littoral à « accélérer » le développement de la bio
La Fnab (producteurs bio) et le Conservatoire du littoral ont lancé un « partenariat stratégique » pour « accélérer » le développement de l’agriculture biologique dans les espaces littoraux et lacustres, selon un communiqué commun le 18 décembre. Ils promettent d’« accompagner » les agriculteurs à faire évoluer leurs pratiques et à se convertir en bio, de « valoriser des modèles agricoles vertueux » pour la biodiversité et le climat, et de « renforcer les dynamiques territoriales ». « Aujourd’hui, 22 % des surfaces agricoles sous responsabilité du Conservatoire du littoral sont bio, mais avec ce partenariat, on peut aller plus loin », déclare la directrice adjointe Hélène Syndique, citée dans le communiqué. Créé en 1975, le Conservatoire du littoral achète des parcelles situées sur le littoral et proches de grands lacs (de plus de 1 000 ha, NDLR) menacées par l’urbanisation ou dégradées, pour les conserver et les aménager via des partenaires locaux (collectivités territoriales, associations, établissements publics). Le Conservatoire préserve actuellement 18 % du littoral français, soit 220 000 ha, selon son site internet. De plus « 16 % des sites » sous sa responsabilité sont dédiés à des activités agricoles.
Budget 2026 : pas d’accord en CMP, vers une loi spéciale la semaine prochaine
Les sept députés et les sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP) vendredi 19 décembre n’ont pas trouvé d’accord sur le projet de loi de finances (PLF) pour 2026, rapporte l’AFP. Cet échec écarte la perspective d’un texte adopté avant la fin de l’année, un échec – au moins provisoire – pour le Premier ministre Sébastien Lecornu. Face à ce scénario, le gouvernement avait déjà annoncé qu’il présenterait une loi spéciale pour permettre le prélèvement des impôts et assurer la continuité de l'État, avant une reprise des débats sur le budget début 2026. Cette procédure exceptionnelle, déjà activée l’an dernier après la chute du gouvernement Barnier, devrait être examinée par les deux chambres au début de la semaine prochaine. Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé réunir, à partir de lundi, les principaux responsables politiques pour les « consulter sur la marche à suivre pour protéger les Français et trouver les conditions d'une solution ». L’Assemblée avait rejeté le PLF en votant contre sa première partie sur les recettes, à l’exception d’un seul député centriste. Le Sénat avait, lui, adopté le texte du gouvernement, mais dans une version profondément remaniée, comprenant notamment de nombreuses hausses d'enveloppes pour l'agriculture.
Influenza aviaire : guichet ouvert le 12 janvier pour les indemnités de 2024-2025
À compter du 12 janvier 2026 (à 14h), les éleveurs de volailles et de poules pondeuses des zones réglementées contre l’influenza aviaire en 2024-2025 pourront déposer une demande de couverture de leurs pertes économiques sur le portail de FranceAgriMer, a annoncé l’organisme public dans un communiqué le 18 décembre. Le guichet se refermera le 27 février 2026 à 14h. Cette aide, annoncée le 17 novembre par la ministre de l’Agriculture, vient compenser les pertes liées à l’arrêt de la production dans les exploitations en raison des interdictions de mises en place et de mouvements de volailles (elle n’est pas une indemnisation pour dépeuplement sanitaire). Ces pertes économiques, subies pendant les mesures de restrictions sanitaires ayant conduit à des vides prolongés, sont indemnisées à hauteur de 90 %, est-il précisé. Comme annoncé, l’enveloppe totalise 4 M€. Lors de la campagne 2024-2025 (du 1er août 2024 au 31 juillet 2025), la France a connu 15 foyers d’influenza aviaire, qui ont été entourés d’une zone réglementée de 10 km.
Influenza aviaire : l’Omsa suggère des solutions de prévention écologiques
Dans une « déclaration sur l’impact de la grippe aviaire sur la faune sauvage à l’échelle mondiale » publiée le 18 décembre, l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale, ex-OIE) alerte sur le fait que cette maladie animale a entraîné depuis 2021 à l’échelle planétaire « une perte de biodiversité sans précédent et des préoccupations majeures relevant de l’approche Une seule santé ». Elle recommande d’explorer activement des « solutions fondées sur la nature, visant à renforcer la résilience écologique et à maintenir les barrières naturelles limitant le passage des agents pathogènes », donnant pour exemples le « soutien aux populations naturelles de charognards afin d’améliorer l’élimination biologique des carcasses infectées », « la restauration et la protection des zones humides et des habitats côtiers pour réduire la concentration des oiseaux migrateurs », « le maintien de paysages hétérogènes entre eaux douces et zones côtières favorisant la dispersion des densités d’alimentation et de repos », ainsi que « la réduction des points de rassemblement artificiels pouvant servir de foyers viraux ».
Volailles : les importations de l'UE refluent de 5,4 %, notamment grâce à l'influenza au Brésil
Sur une année 2025 presque complète (jusqu’au 14 décembre), l’UE a importé 5,4 % de volailles en moins qu’en 2024 (en volume), signale l’Itavi dans sa lettre d’information de décembre. L’institut technique donne comme principale explication la fermeture du marché communautaire aux volailles du Brésil, premier fournisseur de l’UE, du fait de l’apparition d’un cas d’influenza aviaire au Brésil en mai. Alors que l’UE a levé son embargo le 2 octobre, les volumes importés du Brésil en octobre et novembre sont restés inférieurs de 53 % à ceux de la même période de 2024. Pour l’année complète, les importations de volailles brésiliennes sont en retrait de 13 %. Face au retrait du Brésil, l’Ukraine, deuxième pays fournisseur en 2024, a été entravée par le rétablissement des droits de douane en juin. Les importations de volailles ukrainiennes se sont stabilisées en 2025, en dépit d’un redressement en fin d’année à la faveur de la baisse des approvisionnements brésiliens. L’augmentation des volumes en provenance de Thaïlande a propulsé ce pays au deuxième rang des pays fournisseurs de l’UE. Mais la hausse de 13 % des importations thaïlandaise et 46 % de celles de Chine n’ont pas compensé le retrait brésilien.
Lait : les labels peinent à convaincre les acheteurs de leur valeur ajoutée (sondage)
Moins d’un tiers des consommateurs (30 %) estiment qu’il est très important qu’un produit laitier porte un label (Siqo, bio, marques collectives, etc.), une mention ou un score lors d’un achat, selon l’étude Worldpanel de Numerator présentée par le Cniel (interprofession laitière) le 18 décembre. De même, ils restent peu enclins à payer davantage pour un produit alimentaire portant un label, une mention ou un score : en 2025, ils sont 35 % à être opposés à payer plus un produit porteur d’un label qu’ils connaissent, contre 36 % en 2023 et 26 % en 2020. Tous produits confondus, le label bio jouit d’une très forte notoriété, mais il est distancié en termes d’image en se classant 15e parmi 28 logos testés auprès des sondés. Pour les produits laitiers, les consommateurs sont bien plus partants pour des produits fabriqués en France ou porteurs du Nutri-Score, que pour ceux porteurs du logo AB (bio). Alors que près d’un consommateur français sur deux « ne croit pas au bio », la multiplication des logos, labels, marques collectives ou scores semble nuire à la lisibilité de l’offre en magasins. Une mention comme « zéro résidus de pesticides » est plus incitative à l’achat que le logo AB.
Poires : l’ANPP dénonce un cas de fraude « caractérisée » de francisation
L’Association nationale pommes poires (ANPP) indique, dans un communiqué du 19 décembre, avoir identifié des pratiques frauduleuses de francisation de poires étrangères mises sur le marché comme étant d’origine France. Selon elle, les fruits concernés proviennent essentiellement de Belgique. Début octobre, l’ANPP a lancé un programme d’analyses visant à vérifier l’origine réelle des poires commercialisées comme françaises. À l’issue de ces contrôles, plusieurs entreprises ont été formellement identifiées pour avoir commercialisé des poires étrangères sous une origine France trompeuse. L’association précise que ces pratiques reposent sur l’achat des poires importées, achetées à bas prix, revendues au prix de l’origine France. Les entreprises concernées ont été signalées à la DGCCRF, et les distributeurs officiellement informés. L’ANPP indique attendre désormais de leur part des mesures « immédiates et concrètes » afin de faire cesser ces pratiques. « Cette fraude (…) porte atteinte à la transparence du marché, à la confiance des consommateurs et à la juste rémunération des producteurs français », souligne l’ANPP. Elle précise enfin se réserver le droit d’engager toute action judiciaire nécessaire à l’encontre des opérateurs frauduleux, et appelle l’ensemble des acteurs de la distribution à « garantir une information loyale sur l’origine des fruits commercialisés ».
Olives espagnoles : l'OMC autorise l'UE à imposer des contre-mesures aux États-Unis
L’UE a reçu le 19 décembre le feu vert de l’organe de règlement des différends de l’OMC (ORD) pour imposer des contre-mesures l’égard des États-Unis dans le cadre de son différend sur les olives de tables espagnoles pour un montant estimé à 13,65 M$ par an. L'UE a indiqué lors de la réunion que « la liste des produits américains concernés sera établie ultérieurement ». Mais, pour les représentants du secteur, c’est surtout le retrait immédiat des droits de douane américains qui serait l’issue la plus favorable. L’ORD avait rendu, le 29 octobre, une décision confirmant que Bruxelles pouvait exiger des compensation à Washington, qui impose depuis 2018 des droits de douane compensateurs sur les olives mûres originaires d’Espagne. Washington considère en effet que les paiements directs de la Pac constituent une subvention disproportionnée octroyée aux oléiculteurs espagnols. Une décision qui a entrainé une chute de 70 % des exportation espagnoles d’olives vers les États-Unis, qui constituaient avant cela le premier marché.
À nos abonnés : possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil, l'Agra Business et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.
Erratum sur le scénario de l'Iris et la culture de PPAM sauvages
Dans sa note pour le ministère de la Défense, l'Iris imagine un scénario « blé russe contre base militaire en Côte-d'Ivoire », et non au Sénégal. Toutefois, de même qu'au Sénégal, le riz est la première céréale consommée en Côte-d'Ivoire. Par ailleurs, les producteurs qui viennent de se lancer dans la culture d'espèces sauvages sont certes catalans, mais français et non espagnols.