Agrafil du 3 décembre 2025

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UE/Mercosur : les eurodéputés se déchirent autour de la clause de sauvegarde agricole

Alors qu’il espérait être en mesure de faire valider la proposition de clause de sauvegarde agricole renforcée de l’accord UE/Mercosur, le 8 décembre, sans toucher au texte, le rapporteur de la commission du Commerce international du Parlement européen (Cominta), Gabriel Mato, se retrouve confronté au dépôt de 258 amendements. Et le débat en Cominta le 2 décembre a cristallisé les tensions et divisé les élus. Si la plupart des parlementaires du groupe PPE (droite) estiment que ce texte a répondu aux préoccupations agricoles, plusieurs de leurs collègues au centre, à gauche (Verts et La Gauche), voire à l’extrême droite (Patriotes), remettent en cause le caractère démocratique de cette accélération du processus. Au-delà de cet aspect, les opposants estiment que la proposition de Bruxelles ne garantit pas une protection suffisante des filières agricoles. A l’instar de la commission de l’Agriculture, qui a adopté son avis sous forme de lettre le même jour, ils s’interrogent sur les niveaux des seuils de déclenchement, la période d’enquête, le manque de réciprocité ou encore les contrôles. En guise d’ouverture, Gabriel Mato se dit prêt à travailler sur les amendements mais seulement ceux qui ne sont pas incompatibles avec la proposition initiale alors que la Cominta devra se positionner le 8 décembre et que le vote en plénière pourrait se dérouler le 16 décembre avant d'éventuelles négociations en trilogue.

Outre-mer: vers la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité à La Réunion

Le Sénat a voté le 2 décembre pour intégrer au budget la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité à La Réunion, promise ces derniers jours par la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou lors d’un déplacement sur place. Dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, les sénateurs ont souhaité ancrer dans la loi cette promesse gouvernementale. Un amendement socialiste en ce sens a été soutenu de justesse dans l’hémicycle du Sénat. Cette promesse survenait en parallèle d’une autre annonce, celle du report de l’examen d’un projet de loi contre la vie chère en Outre-mer, adopté au Sénat mais toujours pas inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Un report décidé dans le but de «se donner du temps de travail», selon Mme Moutchou à l’AFP. Selon l’Insee, l’écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre jusqu’à 42% entre les départements et régions d’Outre-mer (Guadeloupe et Martinique en tête) et la France hexagonale. Les sénateurs ont par ailleurs voté pour permettre au département de la Réunion de créer une majoration sur le prix des alcools forts, en vue de lutter contre l’alcoolisme.

Bovins/DNC : dans le Doubs, la police disperse les opposants à l’abattage total (presse)

D’après la presse locale, les forces de l’ordre sont intervenues le 2 décembre à Pouilley-Français (Doubs) pour disperser des manifestants qui tentaient d’empêcher l’abattage de tous les bovins d’un élevage, décidé en raison d’une contamination par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) apparue malgré la vaccination du troupeau. À l’appel de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale, « 200 à 300 personnes » étaient présentes au Gaec de Pouilley-Français (« plus de 500 », selon la Conf’), pour certaines « dès le lundi soir », rapporte Ici (ex-France bleu). Comme l’indique le média public, « aux alentours de 11h15, les manifestants ont été évacués et poussés du site à l'aide de boucliers et gaz lacrymogènes ». À l’annonce de la manifestation le 1er décembre, le préfet du Doubs avait pris un arrêté pour interdire le rassemblement et la circulation d’engins agricoles dans la commune. « C’est la première fois depuis le début de la crise de la DNC qu’ordre est donné à la police d’intervenir », note la Confédération paysanne dans un communiqué le 2 décembre. Le syndicat indique avoir déposé, avec la CR, un « référé-liberté contre cette décision d’abattage total ». Selon L’Est républicain, le tribunal de Besançon a rejeté le recours le même jour.

PPA en Espagne : sept autres sangliers contaminés près de Barcelone

Le ministère espagnol de l’Agriculture a indiqué le 2 décembre que sept autres sangliers étaient morts de la peste porcine africaine (PPA) près de Barcelone, dans la même commune, Cerdanyola del Vallès, à proximité de l'endroit où les deux premiers cas espagnols avaient été révélés la semaine précédente. Le total est donc de neuf. La présence du virus a été confirmée par le Laboratoire Central de Vétérinaire d'Algete (Madrid), a précisé le communiqué du ministère. Pour l'heure, les élevages porcins de la zone réglementée d’un rayon de 20 km autour de la zone infectée sont tous exempts de virus. Le 1er décembre, l’Etat espagnol et la région catalane ont déployé la veille 120 agents ruraux ainsi qu'une centaine de soldats de l'UME (Unité Militaire d'Urgence espagnole), épaulés par des drones, pour « effectuer des travaux de désinfection, de prospection, de recherche et de retrait des animaux ». Et une équipe vétérinaire d'urgence de la Commission européenne, composée d'experts épidémiologistes, est arrivée sur place le 2 décembre pour « évaluer les mesures mises en place sur le terrain et émettre des recommandations afin de renforcer les actions permettant de contrôler la maladie le plus rapidement possible », a ajouté le ministère.

Volaille: le français LDC acquiert le spécialiste britannique du canard Green Label

Le volailler français LDC (6,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires) a annoncé, dans un communiqué le 2 décembre, avoir acquis une participation majoritaire dans la société britannique Green Label, présentée comme «producteur et fournisseur réputé de canards et d'autres spécialités de volailles grâce à un large portefeuille de produits crus et transformés sous la marque Gressingham.» Selon le journal des Entreprises, le chiffre d'affaires de Green Label était de 170 millions d'euros en 2024. Cette acquisition, qui a été finalisée le 1er décembre 2025, «soutient la stratégie internationale de LDC en renforçant sa présence au Royaume-Uni aux côtés de sa filiale galloise et de ses importations européennes, permettant ainsi une offre plus large aux clients britanniques», explique LDC. Le volaille français est implanté dans les îles britanniques depuis sa prise de participation en 2021 dans la société Capestone, au Pays de Galles. Green Label compte 700 employés, plus de 250 000 mètres carrés de bâtiments, couvrant la moitié de son approvisionnement. Elle détient également de l'élevage de parentaux, des couvoirs et une usine de transformation située dans la région d'Est-Anglie.

Insectes : le pionnier français Ynsect placé en liquidation judiciaire

Ynsect, producteur et transformateur d’insectes, a annoncé le 2 décembre sa liquidation judiciaire prononcée à l’issue d’une audience au Tribunal de commerce d’Evry tenue la veille. « La société n’a pas réussi à réunir dans les délais les fonds nécessaires au financement de son plan de continuation », précise Ynsect, qui bénéficiait d’une « période d’observation » depuis le 25 septembre. Ses dirigeants vantent toutefois ses forces : 43 salariés, une méthode d’élevage « robuste », un portefeuille « de plus de 400 brevets et des produits uniques aux bénéfices environnementaux et fonctionnels reconnus. » La société fondée en 2011 et dirigée depuis ces derniers mois par Emmanuel Pinto n’a donc pas réussi son pari, « confirmant les difficultés des start-ups des secteurs liés au climat ou à l’agriculture à lever des fonds ». A partir des insectes tenebrio molitor, elle obtenait des protéines et de l’huile destinées à l’alimentation animale. Mais ces produits ne sont pas parvenus à être compétitifs économiquement, ni à convaincre les clients de leur intérêt environnemental. La société était longtemps présentée comme une icône de l’agtech française et était parvenue à mobiliser 600 M$ de fonds, dont des fonds publics issus de Bpifrance.

Cheval : les syndicats agricoles veulent peser davantage dans la filière

Les principaux syndicats agricoles (FNSEA, JA, Coordination rurale, Confédération paysanne) ont envoyé le 21 novembre une lettre ouverte à Annie Genevard, dans laquelle ils déplorent la « représentation symbolique, isolée et minoritaire » de la profession dans l’association « Filière cheval ». Cette association qui regroupe les différents acteurs de la filière voit sa gouvernance renouvelée ; les syndicats agricoles y disposeront d’une place au conseil d’administration, contre neuf pour les autres organisations (acteurs des courses, fédération d’équitation, Conseils du cheval régionaux, etc.). « L’ensemble de l’agriculture serait invité à cautionner des décisions sans disposer du moindre pouvoir réel pour les orienter », dénoncent les représentants agricoles. Ils demandent à la ministre de créer « un Conseil national des agriculteurs professionnels du cheval », placé sous son autorité et réunissant les syndicats, les chambres et l’interprofession Interbev (bétail et viandes). Cette instance devrait, selon eux, « être consultée obligatoirement sur toutes les propositions agricoles, sociales, environnementales, climatiques et sanitaires » de l’association Filière cheval, « disposer d’un droit de veto » et « veiller à ce que les financements publics comme privés bénéficient en priorité aux professionnels qui produisent ».

Obésité : l’OMS recommande l’utilisation des médicaments GLP-1

Une gamme de médicaments, appelés GLP-1 (Ozempic, Wegovy, Mounjaro), efficaces contre le surpoids et la diabète, pourrait aider à lutter contre l’obésité, maladie qui touche plus d’un milliard de personnes dans le monde, a déclaré l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le 1er décembre. Selon l’organisation, plus de 3,7 millions de personnes sont décédées en 2022 de maladies liées au surpoids ou à l’obésité. Or, sans action forte, le nombre de personnes souffrant d’obésité dans le monde pourrait doubler d’ici 2030. « Ces nouveaux médicaments sont un puissant outil clinique qui donne espoir à des millions de personnes », a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse. Selon les directives de l’OMS, ces médicaments GLP-1 peuvent être utilisés chez les adultes, à l’exception des femmes enceintes, « pour le traitement à long terme de l’obésité ». L’OMS souligne toutefois que sa recommandation est « conditionnelle » car davantage de données sont nécessaires, concernant notamment « l’efficacité et l’innocuité » des traitements de long terme. Elle insiste aussi sur le fait que ces médicaments ne peuvent, à eux seuls, changer la donne, et appelle à proposer aux personnes prenant ces médicaments des mesures « comportementales intensives ». Plus globalement, l’OMS plaide pour la mise en œuvre de « politiques robustes » pour « prévenir l’obésité ». 

Machinisme : Emil Frey France regroupe ses activités agricoles et de véhicules industriels

Après avoir racheté plusieurs concessionnaires agricoles dans l’Ouest ces derniers mois, le groupe de distribution automobile Emil Frey France a annoncé, le 2 décembre dans un communiqué, « la création d’une branche entièrement dédiée aux clients professionnels », regroupant ses activités agricoles et de véhicules industriels (camions). Prévue pour être lancée « au premier semestre 2026 », la nouvelle branche pèsera 680 M€ de chiffre d’affaires (avec « une première ambition à 800 M€ ») et emploiera 1 600 collaborateurs. Elle sera dirigée par Christophe Deshayes (actuel président de Renault Trucks Europe). Pour boucler cette opération, le groupe automobile (n°1 en France avec 5,7 Md€ de chiffre d’affaires) « accélèrera la montée au capital du groupe Kertrucks à hauteur de 100 % au premier semestre 2026 ». C’est à travers cette entreprise qu’Emil Frey France avait commencé son incursion dans le milieu professionnel, avant de multiplier les rachats dans le secteur agricole : Bretagri en février 2024, Gabagri en juin 2024 et enfin le groupe Douillet en février 2025. Au-delà d’Emil Frey, ses confrères Dubreuil et Gueudet 1880 nourrissent aussi des ambitions dans la distribution de machines agricoles, avec plusieurs rachats ces derniers mois (lire notre enquête).

Machinisme : démantèlement d’un réseau européen de voleurs de GPS agricoles

Le parquet de Bordeaux a annoncé une série d'interpellations dans quatre villes de Lituanie ayant permis de démanteler un réseau international de vols de GPS agricoles partout en France selon France Bleu Occitanie le 2 décembre. Huit personnes âgées de 20 à 38 ans de nationalité lituanienne ont été arrêtées mercredi 26 novembre, quatre se sont vu notifier des mandats d'arrêt européen et ont été incarcérées « dans la perspective de leur remise à la France », déclare dans le procureur de la République. Ce coup de filet est le fruit d'une année d'investigations suite à la création d’une cellule nationale dédiée réunissant des militaires de la Section de recherches de Toulouse, de la Brigade de recherches d’Auch et des groupements de Haute-Garonne, du Gers et du Tarn-et-Garonne. « Les investigations ont révélé l'existence de réseaux criminels itinérants  reposant sur des équipes de voleurs et des circuits d'exportation vers des receleurs notamment en Lituanie et aux États-Unis. » a-t-il été précisé. 150 faits ont été comptabilisés dans toute la France pour un préjudice estimé à 2,5 M€. Le 21 octobre, deux Moldaves avaient été condamnés à la prison ferme pour les vols de 24 GPS agricoles dans plusieurs départements (Marne, Pas-de-Calais, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne)

Machinisme agricole : un observatoire du parc français en chantier en 2026

Lors d'une conférence de presse à Paris le 2 décembre, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) a indiqué prôner la création d'un observatoire du parc français du machinisme agricole. Selon la profession, après des rencontres avec le ministère de l'agriculture, les travaux de création de l'observatoire débuteront courant 2026. « Nous n'avons pas encore de date prévue quant au rendu », a précisé le président Philippe Largeau. La FNEDT indique qu’aucune donnée réellement fiable n’existe actuellement à ce sujet. Un tel outil permettrait de mieux cerner les besoins de la profession et des agriculteurs, et de faciliter l’atteinte des objectifs de « souveraineté agricole, forestière et de transition écologique », indique la profession dans un communiqué. Plus en détail, l’observatoire élaborerait un inventaire des équipements par type et par territoire, mesurerait le taux d’utilisation par typologie d’acteurs et d’engins, livrerait des indicateurs sur la mobilisation du parc en cas de crise (tempête, crise sanitaire, sécheresse etc.) et s’attacherait à suivre les effets des aides publiques à l’investissement.   

Délégation des cultures : la FNEDT planche sur une assurance intempéries avec les autorités

Lors d'une conférence de presse le 2 décembre, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) a indiqué qu'elle planchait avec les autorités au sujet de la création d’une assurance intempéries pour les entreprises de travaux agricoles et forestiers (ETARF). « Nous avons lancé une réflexion à ce sujet fin 2023 », a précisé le président Philippe Largeau. La FNEDT rappelle que les ETARF sont, comme les agriculteurs, affectées par les aléas climatiques dans leurs travaux. « Dans le Pas de Calais, des ateliers avaient été inondés durant plusieurs semaines », précise le président Philippe Largeau. Conséquence : des salariés se sont retrouvés au chômage technique. Dans un contexte de changement climatique, multipliant ces phénomènes, un système d’assurance leur paraît de plus en plus indispensable. « On veut valider le projet avec les pouvoirs publics pour être crédible. (…) Nous espérons livrer plus de précisions en 2026 », a ajouté le président de la fédération. Autre projet : la FNEDT a signé en mars dernier une convention avec Groupama, afin de déployer des assurances crédit et caution en faveur des ETARF. L’objectif : protéger ces entreprises contre l’allongement des délais de paiement et la hausse des impayés, phénomènes qui se sont intensifiés en 2024. La profession espère un développement accru de ces assurances en 2026.

Entreprises de travaux agricoles : leur nombre continue de progresser, malgré 2024

Lors d’une conférence de presse organisée à Paris le 2 décembre, la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) a signalé une croissance du nombre d’entreprises dédiées aux travaux agricoles, ruraux et forestiers (ETARF) entre 2023 et 2024. Et ce malgré l’année catastrophique de 2024, année de fortes intempéries, ralentissant et réduisant les travaux et donc le chiffre d’affaires des ETARF. Plus en détail, ces entreprises sont désormais 22 764 en 2024, contre 22 432 en 2023. En plus de croître en nombre, elles « grossissent », précise le président de la FNEDT Philippe Largeau. Le nombre de salariés se rapproche de la barre des 160 000, grimpant de 6,5 % annuellement. Pour 2025, les perspectives de rentabilité s’annoncent meilleures, avec les conditions climatiques plus clémentes. Mais cela ne suffira pas à soulager les trésoreries de bon nombre d’entreprises, oblitérées par la catastrophe survenue en 2024. La fédération maintient ses réclamations principales : bénéficier à nouveau du dispositif TO-DE (exonération de charges patronales pour les travailleurs saisonniers) comme en 2016, et l’adoption d’aides à l’usage des machines agricoles, plutôt que de recourir aux aides à l’achat, jugées responsables de la surmécanisation des agriculteurs en France par la profession.

Riz : accord sur une mesure de sauvegarde automatique dans la révision du SPG

Après plusieurs années de négociations et une prorogation du texte, faute de mieux, le Parlement européen et le Conseil de l’UE sont finalement parvenus, le 1er décembre, à un compromis concernant la révision du Système de préférences généralisées. Sujet majeur des préoccupations agricoles, le texte final prévoit bien un mécanisme de sauvegarde automatique spécifique pour les importations de riz dans l’UE. Concrètement, en cas d'augmentation significative de ces importations vers l'UE par rapport aux niveaux historiques, ces importations seront soumises à des droits de douane NPF (nation la plus favorisée) pendant une période déterminée afin d'éviter de graves perturbations sur le marché du riz de l'UE. Mais, selon les organisations et coopératives agricoles de l'UE (Copa-Cogeca), le seuil d’activation (estimé à 562 000 tonnes) a été calculé en utilisant les niveaux d’importation historiquement élevés actuels comme référence, rendant le mécanisme inopérant malgré l’automaticité. Le Parlement et le Conseil de l’UE doivent, à présent, tous deux donner leur feu vert définitif à cet accord provisoire avant qu'il puisse être formellement adopté. La législation s’appliquera à compter du 1er janvier 2027.

Soja : la Chine interrompt les importations en provenance de cinq sites brésiliens (presse)

Selon un article de Bloomberg du 27 novembre (article payant), les autorités chinoises ont annoncé au ministère brésilien de l’agriculture avoir interrompu les importations de soja en provenance de cinq installations brésiliennes, pour des raisons sanitaires. Plus en détail, des inspecteurs chinois auraient trouvé, dans un cargo transportant du soja, des grains de blé traités avec des pesticides. Parmi les cinq sites en question, deux appartiendraient à Cargill, un à Louis Dreyfus Company, un à CHS Agronegocios et un à Tres Tentos Agroindustrial. Les autorités brésiliennes ont tenté de minimiser l’incident, rappelant qu’il ne s’agit que d’une goutte d’eau dans un océan. En effet, d’après elles, le pays dispose toujours de plus de 2 000 installations autorisées à exporter vers la Chine. Cette annonce survient alors que l’Empire du Milieu s’est récemment accordé avec les Etats-Unis au sujet de la reprise du commerce de soja. La Chine a d’ailleurs fait l’acquisition de plusieurs cargaisons de soja états-unien ces derniers temps. L’origine brésilienne reste actuellement la plus compétitive sur le marché mondial, relate néanmoins l’analyste Matt Ammermann, du cabinet d’analyse StoneX, dans un mail reçu par Agra Presse le 1er décembre. Une récolte record est attendue dans le pays.

Légumes d’hiver : le bassin de production de la Manche en crise (syndicat)

La production légumière de la Manche s’enfonce dans la crise depuis plusieurs semaines, s’inquiète la FDSEA Normandie, dans un communiqué de presse fin novembre. « Après une campagne catastrophique, cet été, en pomme de terre primeur, les prix du poireau et des choux payés aux producteurs ne couvrent plus les charges », indique la fédération. Les conditions climatiques favorables occasionnent des volumes importants mis en marché qui ne trouvent pas preneur. La météo clémente ne favorise pas non plus la consommation de légumes d’hiver. Selon le bulletin de veille du Réseau des nouvelles des marchés (ministère de l’Agriculture), les prix relevés en grande distribution pour le poireau (France, entier, vrac) sont passés de 2,46 €/kilo à 1,79 €/kg entre la semaine 46 et 47, soit une baisse de 12,3%. La FDSEA réclame la mise en œuvre urgente de mesures pour soulager le marché avec l’État et les représentants du secteur. Elle n’exclut pas non plus des opérations de contrôle dans les rayons de la distribution. «Les distributeurs doivent eux aussi assurer une continuité en approvisionnement de légumes d’hiver d’origine France dans cette période difficile pour les légumiers de la Manche », plaide le syndicat.  

Tomates : production moyenne en 2025, prix grevés par la concurrence marocaine

La production nationale de tomates pour le marché du frais est estimée à 497 600 tonnes en 2025, en recul de 2 % sur un an, selon le dernier comptage des services du ministère de l’Agriculture (Agreste). La baisse serait marquée dans les bassins Centre-Ouest et Ouest (– 6% sur un an), mais la production serait en hausse dans le bassin Sud-Ouest (+ 7 % sur un an) à la faveur de rendements en augmentation. « La baisse serait imputable à la production sous serre (- 3 % sur un an) et légèrement compensée par une hausse de la production en plein air (+ 2 % sur un an) avec des rendements en progression », note le ministère. La production nationale resterait proche de la moyenne quinquennale (-1 %). De manière assez classique, elle s’est réduite fortement à partir de septembre. L’offre est moins bien valorisée, en particulier sur les petits fruits (- 15 % sur un an et - 19 % par rapport à la moyenne 2020-2024 sur le même mois) qui subissent une forte concurrence de la production marocaine. La situation s’assainit en octobre. En revanche, le marché est peu porteur en gros fruits (prix en baisse de 30 % sur un an et inférieurs de 24 % à la moyenne 2020-2024 sur le même mois) avec des volumes encore conséquents et une consommation manquant de dynamisme.

Irrigation : FDSEA et JA manifesteront contre la hausse de la redevance de l’eau en Alsace

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA) du Haut-Rhin et du Bas-Rhin ont annoncé, dans un communiqué du 27 novembre, une manifestation le 5 décembre devant l’Agence de l’eau Rhin-Meuse pour dénoncer une hausse jugée « insoutenable » de la redevance d’irrigation. Adoptée le 18 octobre 2024 par le Comité de bassin, la nouvelle grille tarifaire prévoit un quasi-triplement du coût de l’eau pour l’irrigation non gravitaire : le tarif passe de 4,71 €/1 000 m³ (2019-2024) à 14,26 € en 2030, soit + 202 %. Les syndicats demandent notamment de présenter leurs arguments lors de la séance du Comité de bassin le 5 décembre, mais aussi d'obtenir une révision rapide de la délibération adoptée le 18 octobre 2024. Selon eux, une telle augmentation « mettrait en péril la viabilité » des exploitations agricoles alsaciennes, alors que la situation économique des exploitants céréaliers est « gravement fragilisée ». Les données de la Chambre d’agriculture font état d’une « chute des prix des céréales depuis 2020, d’une baisse des prix des oléagineux, d’une hausse des charges et d’un renchérissement durable des engrais depuis la guerre en Ukraine », précisent les syndicats. Dans ce contexte, les syndicats estiment que la redevance dépasserait « la capacité contributive » des exploitants.

Vin : le guide Michelin lance les « grappes », une nouvelle distinction

Après les étoiles pour les restaurants et les clefs pour les hôtels, le guide Michelin étend son influence au monde du vin avec le lancement des « grappes », une nouvelle distinction destinée aux domaines viticoles, a-t-il annoncé le 2 décembre. Trois niveaux sont définis : une grappe pour les producteurs de « grande qualité », deux grappes pour les domaines d'« excellence » et trois grappes pour les producteurs d'« exception ». Comme pour les restaurants et les hôtels, une mention « recommandé », pour des vignobles qui n'auraient pas atteint la grappe, complétera le dispositif. Pour établir cette hiérarchie, cinq critères seront évalués : la qualité de l'agronomie, reflet « du travail dans la vigne », la maîtrise technique en cave, l'identité du vin, mesurant son caractère « inimitable », son équilibre, « promesse d'harmonie », et enfin sa constance à travers plusieurs millésimes. Les visites et évaluations seront réalisées par une équipe d'experts salariés, pour garantir « l'indépendance ». « Il s'agit d'une approche qui ne se prétend pas exhaustive », a assuré le directeur Gwendal Poullennec. Les toutes premières grappes concerneront le Bordelais et la Bourgogne et seront dévoilées en 2026. Le guide prévoit ensuite d'étendre la sélection à d'autres régions viticoles de France et dans le monde dans les prochaines années.

Agritourisme : les Vignerons indépendants réclament une loi-cadre

Les Vignerons indépendants ont réclamé le 2 décembre une loi-cadre en faveur de l’agritourisme et de l’oenotourisme, quelques mois après des initiatives gouvernementales pour développer les deux activités. Citant l’exemple de l’Italie, « où une loi-cadre a permis de multiplier par 4 à 5 le volume de séjours agritouristiques en une quinzaine d’années », ils estiment qu’en France, « un cadre simplifié et sécurisé » doperait l’activité de « +40 % en 10–12 ans », selon un communiqué. Et de formuler trois types demandes. L’une est de « reconnaître l’agritourisme et l’œnotourisme comme activités agricoles » dans le Code rural, avec une définition nationale incluant hébergement, restauration simple, visites, dégustations et activités pédagogiques, et un relèvement des plafonds de recettes accessoires à 150 000 € (contre 100 000 €). Le syndicat appelle à « créer un guichet unique agritourisme et faciliter l’usage du bâti agricole pour l’accueil (salles, chais, hébergements légers) ». Un dernier axe concerne l’adaptation des normes : ouvrir une catégorie « ERP agritourisme » (établissement recevant du public), avec des seuils adaptés aux petites jauges rurales, et ajuster les règles d’hygiène, d’assurance et d’emploi à la petite restauration agricole et à l’accueil ponctuel. Pour rappel, le gouvernement avait, le 13 juin, présenté une feuille de route pour l’œnotourisme, puis, le 24 juillet, annoncé une mission parlementaire sur l’agritourisme.

Cadmium/engrais: la publication des travaux de l’Anses repoussée à 2026

Initialement annoncés pour la fin d’année, les travaux de l’Anses sur le cadmium seront finalement « plutôt pour début 2026 », a indiqué l’Anses le 1er décembre en précisant ne pas encore avoir de date précise. L’Anses réalise actuellement une « évaluation globale de l’exposition humaine au cadmium » afin de « mieux caractériser la contribution des sources sur l’imprégnation » de la population française. In fine, l’Anses souhaite « pouvoir prioriser des leviers d’action pour réduire l’imprégnation ». Le cadmium est un métal retrouvé naturellement dans les sols, mais sa présence peut être augmentée par l’utilisation d’engrais agricoles notamment. Lors de précédents travaux, l’Anses a identifié que l’alimentation est la principale source d’exposition, notamment le pain, les légumes, les pommes de terre et produits élaborés, ou encore les algues. L’Anses a aussi identifié une sur-imprégnation de certaines catégories de consommateurs, avec : 0,6% des adultes dépassant la dose journalière « tolérable » ; de même que 14% des enfants de 3 à 17 ans, et « jusqu’à 36% » des moins de 3 ans. Fin 2023, le ministère de l’Agriculture avait mis en consultation publique un projet de décret pour abaisser la teneur maximale en cadmium des engrais phosphaté de 60 mg/kg à 40 mg/kg, ce qui demeurait au-dessus du seuil de 20mg/kg proposé par l’Anses en 2021. 

Plan pollinisateurs : Contrat de solutions désormais «reconnu dans le paysage»

Invité le 2 décembre pour les sept ans de Contrat de solutions (filière protection des cultures), Michel Perret, chargé de mission au ministère de la Transition écologique s'est déclaré satisfait de la performance de l'association dans l'animation de l'axe 6 du Plan pollinisateurs (2021-2026), dédié à au « partage des pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs ». D'après le fonctionnaire, l'organisation qui regroupe 44 structures professionnelles (syndicalisme agricole majoritaire, recherche, conseil, intrants, machinisme...) est désormais « reconnue dans le paysage de la pollinisation ». En vue du renouvellement du Plan pollinisateurs, Michel Perret estime que, après une « phase de recensement » des solutions, l'organisation a un rôle à jouer dans la « diffusion » des bonnes pratiques chez les agriculteurs. C'est l'un des axes de développement de Contrat de solutions, a indiqué sa directrice, Clotilde Bois-Marchand. L'organisation souhaite notamment accélérer son implication dans la formation (initiale et continue). Des journées ont déjà été organisées dans des lycées, comme en Pays de la Loire, avec l'appui du coordinateur régional des plans Ecophytos et pollinisateurs.

Chambres : en Pays de la Loire, Conf’ et CR pointent un appel d’offres « très orienté »

« Le réseau FRSEA-JA se finance sur le dos des agriculteurs » à travers la chambre d’agriculture des Pays de la Loire, accusent la Confédération paysanne et la Coordination rurale dans un communiqué commun le 26 novembre. Selon eux, une « subvention annuelle de 92 380 € » a été versée aux JA des Pays de Loire en 2025, « sans plus de précisions ». Il s’agit d’un marché public sur la communication autour du métier d’agriculteur vers le grand public (scolaires notamment), remporté par les JA, indique leur président régional Hugo Davy à Agra Presse. Il arrive à échéance fin 2025 et a fait l’objet d’un nouvel appel d’offres, aujourd’hui clôturé (440 000 € pour 2026-2029). Son cahier des charges est « très orienté au bénéfice du syndicat Jeunes Agriculteurs », déplorent la Conf’ et la CR, car il « valorise principalement la couverture territoriale du réseau et la proportion de jeunes adultes au sein du réseau ». « Le marché public était ouvert à tous », rappelle M. Davy. Un second appel d’offres, ouvert jusqu’au 22 décembre, porte sur des « prestations intellectuelles » dans les domaines de l’urbanisme, de l’eau et des dégâts de gibier (1,26 M€ sur deux ans). Il a été précédemment remporté par la FRSEA, qui a candidaté de nouveau. « Les chambres n’ont pas l’expertise de ces dossiers dans les territoires », indique son président Dominique Rousseau à Agra Presse, évoquant une « procédure très transparente et très contrôlée ».

Relations commerciales : la centrale d’achat européenne Concordis opérationnelle

Les distributeurs Carrefour, Coopérative U et RTG International ont annoncé que leur « alliance à l’achat » nommée Concordis Trading était opérationnelle « à l'issue des délais réglementaires d'examen du projet par les autorités de la concurrence », selon un communiqué. Le premier conseil d'administration de Concordis Trading, réuni le 1er décembre, « a donné mandat à Eureca Trading et à CWT Partners, au nom de chacun des partenaires concernés (RTG International ne faisant pas encore partie de CWT Partners), de mener, pour son compte, les négociations de conditions d'achat et de services internationaux, avec les plus gros industriels européens. » L’annonce de ce lancement coïncide avec la date de début des négociations commerciales, le 1er décembre, date à laquelle les industriels doivent envoyer aux distributeurs leurs conditions générales de vente. Les centrales d’achat européennes, rassemblant des distributeurs à l’échelle du continent, sont régulièrement accusées de représenter un contournement des lois françaises Egalim. Les parties prenantes de Concordis tiennent à préciser que « ces négociations seront menées dans le cadre strict d'un code de bonne conduite, favorisant des plans d'affaires ambitieux, promouvant des relations respectueuses des parties et protégeant les filières agricoles. »

Élevage : l’auvergnat Alexandre Carcouet élu président de la FFCB (négociants en bestiaux)

Selon un communiqué du 1er décembre, le conseil d’administration de la FFCB (commerçants en bestiaux) a élu le 28 novembre le comité directeur de l’organisation, lequel a choisi comme président Alexandre Carcouet, pour un mandat de trois ans. Après plusieurs rachats de sociétés, son entreprise SAS Carcouet Bétail, basée à Charbonnières-les-Vieilles (Puy-de-Dôme), compte aujourd’hui dix salariés. Âgé de 41 ans, Alexandre Carcouet est aussi président de la fédération des commerçants en bestiaux d’Auvergne-Rhône-Alpes et siège au comité régional d’Interbev (interprofession). Au niveau national, il a notamment été président de la commission « Jeunes » de la FFCB (2013-2020). Il succède à Dominique Truffaut (atteint par la limite d’âge), qui a présidé la FFCB durant six ans. À l’issue d’une « refonte des statuts » du syndicat, 36 administrateurs ont été élus « au cours de l’été », avant l’élection des neuf membres du comité directeur le 28 novembre. Les élus se réuniront les 22 et 23 janvier 2026 au pôle de Lanaud (Haute-Vienne) pour plancher sur les « chantiers prioritaires » de la mandature, dont « la règlementation du métier » et la communication.

Erratum sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC)

Contrairement à ce qui était écrit dans l’Agrafil daté du 2 décembre, le cas de DNC dans le Doubs n’a pas engendré la création d’une nouvelle zone réglementée, mais a agrandi la zone préexistante dans le Jura. Il reste donc actuellement deux zones réglementées en France : Pyrénées-Orientales et Jura/Ain.