Législatives: Jean-Baptiste Moreau écarté au premier tour, Dive frôle le même sort
Le Rassemblement national et ses alliés ont obtenu, ce 30 juin, 34 % des voix, le Nouveau Front populaire 28,1 % et la coalition présidentielle 20,3 %, selon les premières estimations de l’institut Ipsos Talan pour France Télévisions, Radio France, France 24-RFI et LCP-Assemblée nationale. Quelques candidats agricoles ne verront pas le second tour. Alors qu'il avait été sorti de justesse au second tour en 2022, l'ancien député et éleveur Jean-Baptiste Moreau, qui se présentait sous les couleurs d'Ensemble (majorité présidentielle) a été sorti sèchement ce dimanche (télécharger les résultats des principaux candidats agricoles - sauf Ile-de-France). Reconverti dans le lobbying, l'ancien rapporteur de la loi Egalim est arrivé 4e avec 17,47% des voix. Dans l'Aisne, le député spécialiste des questions agricoles, Julien Dive (Les Républicains) a failli subir le même sort. En cours de soirée, les premiers résultats donnaient son adversaire Philippe Torre (RN) la majorité absolue - il terminera finalement à 47%, devant Julien Dive à 35,5%. Plusieurs autres candidats agricoles sont sortis dès le premier tour: les trois agriculteurs de Reconquête, Vincent Lhopiteau (Eure-et-Loir) avec 1,84%, Olivier Cleland (Seine-Maritime) avec 1,4% et Frédéric Bort (Hérault) avec 2,5% ; chez Ensemble, ce sont à nouveau l'éleveur Vincent Guillermin (Ensemble, Ain) avec 10,82%, et la viticultrice Salomé Fontaine (Ensemble, Aube) avec 8,96%, qui échouent ; chez LR, c'est le jeune juriste Pierre-Elie Guyon qui est écarté en Mayenne (9,15%).
Législatives: Biteau de justesse devant Babault, qui refuse de se retirer au 2nd tour
Dans la deuxième circonscription de Charente-Maritime, l'agriculteur et ex-eurodéputé écologiste Benoît Biteau s'est positionné de justesse en deuxième position, avec 26,94% des voix, derrière un candidat du Rassemblement national et devant la députée sortante Modem (majorité présidentielle) Anne-Laure Babault (25,33%). Dans la soirée, la députée - qui avait été chargée d'une mission parlementaire de préfiguration d'une loi Egalim 4 - a déclaré, sur X, qu'elle est «la seule à pouvoir faire face au RN car la seule à avoir des réserves de voix». Et d'appeler Benoit Biteau «à se retirer en responsabilités». Invité sur TF1 le 30 juin, le président du Modem n'a pas donné de consigne de désistement systématique lorsque ses candidats se trouveraient en troisième position, là où un candidat RN se qualifierait au second tour : «Il faudra regarder, circonscription par circonscription, les positions antérieures des candidats qui se présentent pour l'alliance», a-t-il jugé. Et d’annoncer: «Chaque fois que nous serons troisièmes, il faudra que l'on regarde au cas par cas.» Comme Benoit Biteau, une autre candidat agricole de la gauche s'est retrouvé en 2e position devant un candidat de la majorité : Mathilde Hignet (LFI, Ille-et-Vilaine), avec 32%. Quant à l'ex-porte-parole de la Confédération paysanne en Charente, Carole Ballu, elle est arrivée troisième, et devrait se désister au profit du candidat de la majorité.
Législatives: Pannier-Runacher et Fesneau arrivent 2e, avec désistement à gauche en vue
Rien n'est gagné pour les deux ministres de l'Agriculture. Pour sa première candidature aux élections législatives, la ministre déléguée de l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher s'est placée deuxième (21,5 %) derrière le Rassemblement national (37,31%), dans sa circonscription du Pas-de-Calais. Elle a battu l'éleveur écologiste Alexandre Cousin (17,5%), qui s'est qualifié au second tour, mais devrait se désister, selon les consignes de vote données par les leaders du Nouveau front populaire (NFP). Avec un meilleur score (34,5%) mais dans une configuration similaire, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau s'est placé deuxième dans sa circonscription du Loir-et-Cher, derrière le Rassemblement national (35,2%). Il devrait aussi bénéficier d'un désistement du candidat du gauche. Plusieurs autres candidats de la majorité parlementaire sont dans ce cas de figure : l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Travert (Ensemble, Manche) qui termine 2e derrière le RN avec 33% ; l'éleveuse Sandrine Le Feur (Ensemble, Finistère) avec 30,63% des voix ; l'agricultrice et rapporteur de la LOA ; Nicole Le Peih (Ensemble, Morbihan) avec 26% des voix, Richard Ramos (Modem, Loiret) avec 31% ; l'ex-secrétaire d'Etat à la biodiversité Bérengère Abba (Haute-Marne) avec 28,8%, le député Jean Terlier (Ensemble, Tarn) avec 28,60%.
Commission européenne : les Vingt Sept choisissent von der Leyen, Macron aimerait Breton
Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont validé, le 27 juin à l’occasion d’un Sommet européen, le choix des principaux postes clés de la prochaine mandature. Comme attendu, la candidature d’Ursula von der Leyen (PPE, droite) est proposée pour un second mandat à la tête de la Commission européenne, sous réserve d’approbation du Parlement européen, et celle de la Première ministre estonienne Kaja Kallas (Renew, centre) pour la fonction de haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Les Etats membres ont également élu l’ancien Premier ministre portugais Antonio Costa (S&D, socialiste) comme président du Conseil européen pour la période allant du 1er décembre 2024 au 31 mai 2027. En amont de la réunion, Emmanuel Macron a fait part à son groupe politique de son souhait de voir Thierry Breton, actuel commissaire au Marché intérieur, obtenir à nouveau un poste au sein du prochain Collège des commissaires alors que de son côté, l’Irlande a choisi son actuel ministre des Finances, Michael McGrath, comme candidat. Adoubée par les Etats membres, Ursula von der Leyen doit à présent obtenir une majorité au Parlement européen pour poursuivre son travail à la tête de l'exécutif européen.
Conseil européen : la place des agriculteurs parmi les priorités de l’agenda stratégique
Parallèlement à la nomination des principaux postes clés de la prochaine mandature, les Vingt-sept ont adopté lors du Conseil européen du 27 juin, l’agenda stratégique 2024-2029 qui fixe les grandes priorités de l’UE pour les cinq prochaines années. Clé de voute de l’action européenne, les négociations budgétaires du prochain cadre financier pluriannuel devront prendre en compte les éléments inclus dans ce document. L’agriculture y est explicitement mentionnée puisque l’UE s’engage à promouvoir «un secteur agricole compétitif, durable et résilient, qui continue d'assurer la sécurité alimentaire», démontrant un changement de langage par rapport à 2019. L’agenda stratégique met principalement l’accent sur le renforcement de la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire mais aussi sur la défense «de communautés rurales dynamiques». A noter également qu’en matière de commerce international, le document évoque une politique «ambitieuse, solide, ouverte et durable» afin de conclure «des accords commerciaux équitables» sans qu'il ne soit explicitement fait mention de réciprocité.
Eau/climat: vers un doublement des surfaces touchées par la sécheresse en 2100 (Inrae)
La température annuelle en France hexagonale augmentera de 4°C en moyenne en 2100, par rapport à la période 1976-2005, selon les projections dévoilées par l’Inrae le 28 juin dans le cadre de son projet Explore2 sur l’eau et le climat. Une «forte incertitude» demeure sur le cumul annuel des précipitations, en revanche apparaît «une tendance plus claire à échelle des saisons» avec une pluviométrie en hausse en hiver et en baisse en été, selon le coordinateur scientifique Eric Sauquet. Ce constat sur la pluviométrie se répercute logiquement sur le débit des cours d’eau: Il y a «de fortes incertitudes sur l’évolution du débit annuel» mais «une majorité des projections s’accordent sur une baisse de ces débits pendant les période estivale», a indiqué Eric Sauquet. D’après les projections, l’évapotranspiration augmentera d’environ 25%. La surface de la France touchée par une sécheresse météorologique (déficit de précipitations)- aujourd’hui de type décennal- va doubler, celle touchée par une sécheresse du sol pourrait tripler. La sécheresse hydrologique sera plus marquée notamment dans le sud de la France avec un changement médian du débit d'étiage mensuel quinquennal (QMNA 5) «de l’ordre de -40%».
Viande: avec l’inflation, la consommation rechute en 2023, sauf pour les volailles
Après deux années de hausse grâce au rebond économique post-Covid, la consommation totale de viande est repartie à la baisse en France en 2023, selon une note de synthèse FranceAgriMer/SSP (ministère de l’Agriculture) publiée le 27 juin. Calculés par bilan*, les volumes consommés dans l’ensemble des circuits de distribution ont reculé de 1,4% l’année dernière (-1,7% par habitant). Seules les volailles sont en croissance (+3,5%, à 2 Mtéc), grâce à la reprise de la production après l’influenza aviaire et à la détente des prix de l’alimentation animale, qui a permis de mieux maîtriser l’inflation. Ce rebond concerne en particulier le poulet (+3,7%) et le canard (+13%), visé par la campagne de vaccination. «La consommation de volailles de chair retrouve sa trajectoire de hausse observée depuis vingt ans» (+3,9% par an). Au contraire, les viandes bovine et porcine, pénalisées par l’inflation, atteignent leur plus bas niveau depuis vingt ans: 1,45 Mtéc pour le bœuf (-3,7%/2022) et 2,09 Mtéc pour le porc (-3,7%) – qui reste la viande la plus consommée. Les importations, quant à elles, suivent les tendances de consommation (-6% en bœuf, -5,9% en porc, +4,4% en poulet). À l’exception notable de la viande ovine, pour qui la part des importations s’accroît (+2 points) malgré une production et consommation en baisse (-4,2%, à 149 Mtéc). * Production - exportations + importations
Loup: la justice annule un arrêté préfectoral de tirs dans le Var
Le tribunal administratif de Toulon a annulé un arrêté préfectoral qui autorisait des tirs contre le loup pour protéger un troupeau de brebis dans le Var, a appris l’AFP auprès du tribunal le 27 juin. En novembre 2022, le préfet du Var avait autorisé un éleveur d'un Gaec situé près du camp militaire de Canjuers à effectuer des «tirs de défense renforcée» pour protéger son troupeau d'environ 650 brebis. L'association de défense des animaux One Voice avait demandé l'annulation de cet arrêté. Dans le jugement, consulté par l'AFP, les juges ont considéré qu’il n'est pas démontré que «des mesures de protection effectives et proportionnées auraient été prises pour défendre le troupeau», alors que ces mesures sont obligatoires avant que le préfet puisse délivrer une autorisation de tir. Un diagnostic de vulnérabilité réalisé en 2021 par le Cerpam (Centre d'études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée) préconisait l'installation d'aménagements pastoraux ou encore l'amélioration du «travail des chiens de protection» dans cet élevage. Des recommandations qui n’auraient pas été mises en œuvre, selon le jugement. Dans une affaire similaire, le tribunal administratif de Besançon a aussi annulé mi-juin deux arrêtés de tir.
Ovins/caprins: conditions simplifiées pour accéder à l’aide aux petits ruminants en Corse (JO)
Un arrêté est paru au Journal officiel le 26 juin qui simplifie les conditions d’accès à l’aide aux petits ruminants en Corse, en supprimant la condition liée au ratio de productivité de l’exploitation. Cette disposition entre en vigueur dès la campagne 2024, pour laquelle les dossiers ont déjà été déposés. L’aide aux petits ruminants (aide couplée de la Pac) a été introduite dans la programmation 2023-2027, en remplacement des aides ovine et caprine. «À l’expérience de la campagne 2023, la modulation du paiement de l'aide en fonction du ratio de productivité de l'exploitation (…) s'avère inadaptée à l'aide aux petits ruminants», explique le cabinet du ministre de l’Agriculture à Agra Presse. Ce critère était «inspiré de l’aide ovine», mais il n’apparaît pas adapté à la Corse vu la présence «d'exploitations caprines structurellement moins productives et donc systématiquement défavorisées». Sa suppression «permet de simplifier les demandes d'aide des éleveurs» en réduisant la saisie de données, relève le ministère. Par ailleurs, l’arrêté supprime la mention de «qualité de nouveau producteur», qui «permettait uniquement de bénéficier d'une dérogation au respect du ratio de productivité».
Champagne/saisonniers : un procès pour traite d'êtres humains en 2025
Ils sont soupçonnés d'avoir logés des vendangeurs dans des conditions indignes: une société de prestation de services, sa gérante et deux hommes ayant participé au recrutement seront jugés à Châlons-en-Champagne en 2025 pour traite d'êtres humains, a annoncé le 28 juin le parquet. Le 15 septembre 2023, en marge des vendanges en Champagne, l'inspection du travail avait contrôlé un site d'hébergement de vendangeurs utilisé par une société de prestation viticole à Nesle-le-Repons (Marne) et y avait découvert des «conditions indignes (matelas au sol, douches de fortune avec très peu d'eau chaude, installation électrique défectueuse)», rappelle la procureure de Châlons-en-Champagne Annick Browne dans un communiqué. Une «cinquantaine de travailleurs étrangers, la plupart en situation irrégulière» étaient hébergés sur place. Le préfet de la Marne avait pris un arrêté d'insalubrité. Le 26 mars 2025, la société de prestation de services et sa gérante devront répondre devant le tribunal de «traite des êtres humains, conditions d'hébergement indignes, travail dissimulé, emploi de salariés sans titre de travail et rétribution inexistante ou insuffisante», liste Mme Browne.
Poires : une prévision de récolte européenne stable, la France proche de son potentiel
La production européenne de poires en 2024 devrait être similaire à celle de l’année précédente, en dessous de deux millions de tonnes, a-t-il été indiqué à l’occasion du congrès Interpera, au Portugal le 28 juin. Pour mémoire, la récolte 2023 était en retrait de 25% par rapport à la précédente. D’une manière générale, les conditions météorologiques instables entraînent une baisse des prévisions pour la récolte. En France, la prévision pour 2024 est proche du potentiel normal pour les variétés d’été (Williams et Guyot) mais plus irrégulière en Conférence (variété en forte baisse au niveau européen) ou Angys, souligne l'ANPP dans un post LinkedIn. La Belgique estime une baisse de près de 30 % à 241 000 tonnes (345 000 tonnes en 2023) alors le Portugal reprend des couleurs (123 000 t, +15%). L’Espagne est annoncée à la baisse (141 000t, -14%). Les Pays Bas ne donnent pas de chiffres à cette heure, mais prévoient néanmoins une baisse de la récolte. Pour mémoire, la récolte néerlandaise avait atteint 358 000 tonnes. L’Italie, non plus, n’a pas donné de prévisions à Interpera (la production avait atteint 134 000 tonnes en 2023). Ces chiffres sont toutefois à prendre avec précaution au début de la période estivale.
Bières : Kronenbourg rentre au capital de la Brasserie du Pays Flamand
Kronenbourg et la Brasserie du Pays Flamand (marque Anosteké) ont annoncé, le 27 juin, dans un communiqué, leur partenariat avec à la clé un investissement de 25 millions d’euros sur cinq ans et une prise de participation minoritaire de la part du géant de la brasserie. La Brasserie du Pays Flamand, située dans le Nord et positionnée sur le segment de la bière premium, produit actuellement 70 000 hectolitres de bière par an, va, à terme, monter ses capacités à 200 000 hectolitres. La création de plusieurs dizaines d’emplois est prévue. Les deux partenaires se sont engagés à respecter une politique de développement durable que ce soit pour l’approvisionnement en matières premières, le réemploi des emballages, la consommation d’eau ou encore le respect de la biodiversité. Cet investissement intervient dans une situation compliquée par les petites brasseries indépendantes. Dans un communiqué de presse du 7 février, le Syndicat national des brasseries artisanales et indépendantes (SNBI) en avait appelé au gouvernement, décrivant ses adhérents comme «au bord du gouffre». D'après une enquête menée auprès de ses 2 500 adhérents, le syndicat estimait que 67 % des brasseries rencontraient des difficultés, 60 % étaient inquiètes à court terme et 10 % envisageaient une fermeture en 2024.
Agroécologie: une coalition de 300 organisations et Etats plaident pour plus d'investissements
Une coalition d'environ 50 Etats (UE, Brésil, Cameroun…), d’agences internationales, d’institut de recherche et d’organisations de la société civile s'est engagée le 27 juin à promouvoir des investissements tournés vers des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement et moins consommatrices d'engrais et pesticides. Réunie à Rome au siège du Fonds international de développement agricole (Fida), la Coalition pour l’agroécologie a présenté sa stratégie 2024-2030 qui consiste entre autres à «accroître, en quantité et en qualité, les investissements en faveur de l'agroécologie». Le financement au secteur atteint actuellement 44 milliards de dollars par an mais devrait être «multiplié par dix», estime la coalition. Lancée dans le sillage du Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSS) en 2021, celle-ci vise à amplifier les efforts en faveur de la transformation des systèmes alimentaires. Entre obésité, émissions d'azote ou sous-alimentation, les systèmes agroalimentaires actuels font peser des coûts cachés sur la santé, l'environnement et la société s'élevant à plus de 10.000 milliards de dollars par an, a rappelé le président du Fida, Alvaro Lario.
Porc: Christiane Lambert prend la présidence des industriels de la charcuterie
Comme pressenti, l'éleveuse de porcs et ex-patronne de la FNSEA, Christiane Lambert, va prendre le 1er juillet la présidence de la fédération des industriels de la charcuterie (Fict), a annoncé le 28 juin cette organisation qui défend les intérêts de PME et de poids lourds du secteur, comme Fleury Michon. Encore présidente (jusqu'à fin septembre) du Copa (syndicats agricoles majoritaires européens), Christiane Lambert se dit dans un communiqué «convaincue qu'il ne peut y avoir d'agriculture forte sans industrie forte». L'éleveuse du Maine-et-Loire part pour un mandat d'un an, elle envisage de rester deux ans. «J'ai toujours défendu la chaîne alimentaire dans son ensemble. Je trouve très intéressant de pouvoir transformer en France», a expliqué l'éleveuse à l'AFP. «On a beau avoir les porcs les plus jolis de France, s'il n'y a pas un transporteur, un abatteur, un découpeur, un conditionneur, un charcutier, un boucher, et puis un magasin et un consommateur, on ne fera rien», a-t-elle relevé.