Pratiques commerciales: le rapporteur parlementaire veut renforcer la proposition de Bruxelles
Dans son projet de rapport, diffusé le 29 avril, sur le règlement pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales transfrontalières, l'Italien Stefano Bonaccini (S&D) suggère un certain nombre de renforcements par rapport à la proposition initiale de la Commission européenne présentée en décembre. Son principal ajout: la création d'un système de notification en réseau des alertes relatives à une pratique commerciale déloyale de dimension transfrontière entre les autorités nationales de répression des fraudes. Lorsqu'un membre de ce réseau dispose d'informations indiquant qu'une pratique commerciale déloyale de dimension transfrontalière pourrait avoir lieu, il pourrait en informer la Commission via le système d'alerte, laquelle transmettrait immédiatement ces informations aux membres du réseau. La Commission européenne pourrait aussi compléter cette notification par des informations susceptibles de faciliter une action rapide des autorités chargées de l'application de la loi. Stefano Bonaccini estime également que le règlement devrait s'appliquer aux pratiques commerciales déloyales impliquant des acheteurs ou des fournisseurs établis en dehors de l'UE. La Commission européenne avait présenté en décembre sa proposition de règlement suite aux manifestations agricoles de l'hiver 2023-2024 et sous pression de la France qui demandait un «Egalim européen». Les États membres ont, de leur côté, déjà adopté leur position.
Commerce équitable : les ventes d’Agri-Ethique ont bondi de 75% l'an passé
Le label de commerce équitable Agri-Ethique France (AEF) s’approche du milliard d’euros, atteignant 911 M€ de chiffre d’affaires en 2024, en hausse de 75% par rapport à 2023. Ce montant correspond à la somme des produits porteurs du label AEF vendus en 2024. Cette forte progression s’explique par « la croissance des ventes de produits, l’ajout du label sur de nouveaux produits et l’arrivée de nouvelles marques au sein d’AEF », explique Ludwig Tanchot, responsable du développement d’AEF, sans oublier un probable effet inflationniste. « Ce succès est le signe d’un changement profond des attentes des consommateurs : ils veulent consommer responsable, local et équitable », analyse AEF dans un communiqué. 1050 références produits portent le label AEF en 2024, contre 773 l’année précédente, issues de marques telles que la Boulangère, Brets, Labeyrie (pour ses produits végétaux) et Croustipate ou de réseaux comme les boulangeries Ange. Les trois quarts des ventes sont faites grâce aux filières végétales pour ce label lancé en premier pour la filière blé, farine, pain. Pour 2025, AEF compte bien ajouter deux filières aux 48 déjà existantes : le canard avec Labeyrie et une autre filière qui sera dévoilée au cours de l’année.
OFB: les syndicats de fonctionnaires reprennent le mouvement de contestation
L’intersyndicale de l’Office français de la biodiversité (OFB) a décidé de réactiver le mouvement de protestation qui a conduit à une grève des agents le 31 janvier. « Des actions et des manifestations sont à prévoir, en élargissant notre mouvement. Nous reviendrons vers vous bientôt pour vous proposer de nouvelles modalités de mobilisation et de protestation », annonce-t-elle dans un communiqué le 30 avril. L’intersyndicale estime « inutiles et nuisibles » les dix mesures de sortie de crise présentées le 17 avril par les ministres de la Transition écologique et de l’Agriculture lors d’un déplacement dans les Yvelines (lire ici et là). Des mesures validées en interne par Matignon dès la fin février, et peu surprenantes vu ce qui avait déjà été validé en coulisses ou envisagé dans le cadre d’une convention avec les chambres d’agriculture début 2024. A l’évènement du 17 avril, l’intersyndicale regrette « l’absence du directeur général » de l’OFB, et l’impossibilité pour les représentants des personnels d’échanger avec les ministres car « tenus à distance ». Elle demande « une entrevue avec la ministre de l’Agriculture » pour lui « rappeler » ses revendications.
Contrôle unique : la CR bloque une réunion d'information à Montauban
Des agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont déversé à l'aube le 30 avril une quinzaine de bennes de paille, de troncs, pommes et autres déchets végétaux devant un lycée agricole de Montauban pour dénoncer les multiples contrôles de leurs fermes, ont constaté des journalistes de l'AFP. Devant le lycée, où devait initialement se tenir une réunion d'information sur la mise en place du « contrôle unique » des exploitations agricoles, une trentaine de manifestants, bonnets jaunes vissés sur la tête, ont déployé des banderoles de la CR proclamant : « Contrôle tes narcotrafiquants avant de contrôler les paysans », « Stop aux fermes qui ferment » ou encore « Stop aux contrôles, nous sommes paysans, pas délinquants ». L'action, qui a conduit à l'annulation de la réunion pédagogique des services de l'État, a été immédiatement condamnée par le préfet du Tarn-et-Garonne, Vincent Roberti, qui a déploré, dans un communiqué, que la CR ait ainsi « bloqué un outil de formation des agriculteurs » et « empêché des agriculteurs qui le souhaitaient de bénéficier de cette information ». « On en a marre qu'on nous convie à des réunionites pour discuter de la longueur et de l'épaisseur de la chaîne qu'on nous met au cou », a déclaré à l'AFP Christian Schievene, coprésident de la CR du Tarn-et-Garonne.
Chambres d’agriculture : Édouard Legras (CR) finalement président dans le Loir-et-Cher
À l’issue d’un second vote le 30 avril, Édouard Legras, candidat de la Coordination rurale, a été élu président de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher (la 12e pour la CR), annonce l’institution dans un communiqué. Céréalier à Villerbon, au nord de Blois, M. Legras est aussi président départemental de la CR. Ce second scrutin se tient après que le tribunal administratif d’Orléans a annulé l’élection, début mars, d’Arnaud Bessé (FDSEA) à la tête de la chambre. Arrivée en tête du vote du collège 1 (chefs d’exploitation) début janvier, la CR avait saisi la justice. Le 30 avril, « trois tours ont été nécessaires pour élire le nouveau président », rapporte La Nouvelle République, relevant que « les votes ont (…) changé » par rapport au précédent scrutin. Dans un communiqué, la CR nationale indique que M. Legras « entend rassembler l’ensemble des forces vives de la chambre », citant « celles du salariat agricole, de la propriété foncière et forestière ». Et d’ajouter que le nouveau président « souhaite mobiliser toutes les compétences au sein de la chambre en valorisant son personnel ». Dans une déclaration envoyée à la presse, M. Legras annonce que l’ensemble des syndicats « ont trouvé une entente » et que le bureau « est en cours de constitution », évoquant « une équité » entre la CR et la FDSEA, ainsi que la présence de la Confédération paysanne.
Salon de l'agriculture : trois ans de travaux, mais « l'intégralité des mètres carrés » préservée
Privé pendant trois ans (éditions 2026, 2027, 2028) de deux pavillons d'exposition de la Porte de Versailles (les numéros 2 et 3) pour cause de travaux, le Salon de l'agriculture ne réduira pas pour autant les surfaces commercialisées aux exposants, indique son président Jérôme Despey. « Nous gardons l'intégralité des mètres carrés, la même surface sera commercialisée. » Dispersés jusqu'ici dans les pavillons 3, 5, et 7, les stands des régions, de l'outre-mer et de l'international, ainsi que le Concours général des produits, seront regroupés dans le pavillon 7, dédié aux « produits », indiquent les organisateurs dans un communiqué paru le 30 avril. C'est ce hall – qui n'était pas complètement exploité jusqu'ici – qui permettra en grande partie de compenser les fermetures des halls 2 et 3. Seul le Sia Pro quitte ce pavillon 7, pour rejoindre le numéro 5, où il suivi par les services et institutionnels, traditionnellement présents dans le pavillon 4. Ce hall 4 sera quant à lui dédié aux cultures végétales, chiens et chats jusqu'ici installés dans le pavillon 2.2. À l'issue des travaux, le salon se verra agrandi d'un nouveau pavillon, numéro 8, accolé au numéro 3.
Colza: la coopérative Cérèsia investit dans sa première unité de trituration, dans l'Aisne
Le groupe coopératif Cérèsia (734 M€ de chiffre d’affaires, 1,6 Mt de collecte) annonce, le 29 avril, engager « un projet structurant pour l’avenir de l’agriculture régionale » avec « l’implantation d’une unité de trituration de colza sur le site de Chevresis-Monceau, dans l’Aisne ». Cette unité, la première du groupe, transformera 10 000 tonnes de graines (soit 10 % de la collecte de colza de la coopérative) en 3000 t d’huile et 7000 t de tourteaux protéinés, et sera opérationnelle début 2026. « Ce projet s’inscrit pleinement dans notre volonté de valoriser les productions locales, de renforcer la souveraineté alimentaire en réduisant la dépendance aux importations de soja OGM ou d’huile de palme, et de proposer des alternatives durables aux éleveurs de notre région pour les rendre plus autonomes », explique Stéphane Michel, directeur de Talian, filiale du groupe Cérèsia qui porte le projet. L’unité utilisera un procédé de trituration à froid, garantissant une haute valeur nutritive du tourteau avec une teneur résiduelle en huile de 10 à 12 %. Une installation photovoltaïque viendra compléter le dispositif, renforçant la logique de production circulaire bas carbone.
Acétamipride: l'Allemagne l'autorise, à titre dérogatoire, sur betterave
L'office fédéral allemand de la protection des consommateurs et de la sécurité alimentaire (BVL) a récemment décidé d'étendre à titre dérogatoire le domaine d'application de plusieurs substances actives, dont le néonicotinoïde acétamipride, afin d'aider les producteurs de betterave sucrière et de pomme de terre à lutter contre les cicadelles vecteurs de maladies bactériennes responsables du syndrome des basses richesses (SBR). Fin mars, ce sont quatre molécules (acétémapride donc, ainsi que flupyradifurone, lambda-cyhalothrine et deltamethrine) qui ont été autorisées sur la betterave à sucre pour une période de 120 jours. Et le 23 avril, le BVL a étendu l'autorisation de ces quatre matières actives, ainsi que de l'esfenvalérate, dans la culture de pommes de terre, rapporte l'ambassade de France en Allemagne. La diffusion de ces affections bactériennes s’accélère avec le changement climatique notamment en Allemagne. Au mois de février, des eurodéputés avaient demandé à la Commission européenne de lancer un plan d'action pour lutter contre ces maladies.
Céréales : la Banque mondiale prévoit une baisse des prix en 2025
La Banque mondiale table sur une baisse des cours mondiaux des céréales en 2025, d’après un rapport publié le 29 avril. Plus en détail, l’institution prévoit un effritement annuel de son indice de prix des grains de 11 % en moyenne. Le reflux serait essentiellement porté par le riz, en raison de la progression de la production mondiale et particulièrement de l’Inde, qui a d’ailleurs assouplit ses restrictions à l’exportation. Les cours du blé tendre devraient également reculer, mais dans une moindre mesure, conséquence de stocks mondiaux attendus en légère baisse d’un an sur l’autre. Néanmoins, le contexte de tensions commerciales internationales pourrait peser sur la demande, alerte l’organisme international. L’indice des prix du maïs devrait de son côté régresser de 2 %, compte tenu de la baisse des cours mondiaux du pétrole, qui pèsent sur ceux de l’éthanol, produit à partir de graines jaunes. Ensuite, la Banque mondiale s’attend à ce que les surfaces de maïs aux Etats-Unis progressent cette année, du fait « de prix davantage rémunérateurs pour les producteurs locaux par rapport au blé et au soja constatés ces derniers mois ».
Bière : Heineken sous-traitera la Fischer à Meteor, pour la maintenir en Alsace
Le brasseur Heineken a annoncé mardi 29 avril avoir confié à la brasserie familiale alsacienne Meteor la «fabrication en sous-traitance de l'ensemble des volumes» de sa marque Fischer, jusque-là produits à Schiltigheim (Bas-Rhin) dans une usine qui doit fermer en fin d'année. «Cette décision fait suite à l'engagement pris par Heineken, lors de l'annonce du projet de fermeture de la brasserie de Schiltigheim (en 2022, ndlr), de maintenir la production de sa marque Fischer en Alsace», indique le groupe dans un communiqué. L'identité alsacienne de la bière Fischer, brassée dans la région depuis 1821, demeure un argument de vente pour la marque. «Je me réjouis que cette marque emblématique, profondément enracinée dans l'histoire et l'identité de Schiltigheim, continue à être brassée en Alsace. C'est une bonne nouvelle pour notre patrimoine brassicole régional», a réagi sur Facebook la maire de Schiltigheim, Danielle Dambach (EELV). Celle-ci a cependant exprimé de nouveau son «profond regret face à la fermeture annoncée de la brasserie de l'Espérance à Schiltigheim, site historique au coeur de notre ville et de la mémoire collective de générations de Schilikois».
Energies renouvelables : le régulateur prône un « ajustement » des objectifs
Emmanuelle Wargon, présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE), a déclaré le 30 avril à l'AFP qu'il faudra « peut-être ajuster » à la baisse le rythme de développement des énergies renouvelables, afin de « tenir compte du décalage » du côté de la demande en électricité. « La CRE a une position constante : elle considère qu'il est urgent de publier la PPE pour accélérer la sortie des énergies fossiles et permettre aux filières d'anticiper. Il est nécessaire d'électrifier à la fois pour le climat et pour garantir la souveraineté », a-t-elle ajouté. Selon elle, « dans cette perspective, il faut donc continuer à développer les énergies renouvelables, en attendant la mise en service du nouveau nucléaire », pas avant 2038 au mieux, « et soutenir la demande d'électricité ». Dans une déclaration aux Echos le même jour, Mme Wargon indique également qu'« il faudra peut-être ajuster à la baisse certaines cibles en matière d'offre électrique, car la demande a pris du retard ». « Nous devons continuer à mobiliser le parc nucléaire et hydraulique historique, mais il y a un peu de marge du côté des autres énergies renouvelables », déclare-t-elle.
Affichage environnemental/biodiversité : les bienfaits de la bio mis en avant (étude)
Une étude de l'Inrae et de l'Ifremer publiée le 30 avril conclut que les labels biologiques en agriculture sont les plus vertueux pour la biodiversité. « L’analyse des cahiers des charges atteste de l’effet positif des labels d’agriculture biologique (règlement européen Bio, Demeter et Nature et Progrès) sur la biodiversité car ce sont ceux qui intègrent le plus de pratiques identifiées comme favorables, de manière exigeante et ambitieuse », résume l’Inrae dans un communiqué de presse. L'étude, qui porte aussi sur les domaines de la pêche et de l'aquaculture, s'est intéressée à 13 labels relevant d’une certification publique ou privée (Siqo, label rouge, AOP Comt2, Bleu-blanc-cœur, HVE, Rainforest alliance, MSC…). Commanditée par les ministères de la Transition écologique, de l’Agriculture et l’Ademe pour construire le volet biodiversité de l’affichage environnemental, elle explore deux pistes méthodologiques pour quantifier les impacts de la production agricole : l’indicateur CONTRA-BiodivLabel, qui « prédit » la biodiversité par unité de surface selon l’occupation des terres et les cahiers des charges ; et la méthode Biodiversity Value Increment from Agricultural Statistics (BVIAS), qui estime les pratiques « effectivement » mises en œuvre.
Carottes : fin de campagne, tonnages similaires à l'an passé, malgré la météo
La campagne 2024-2025 des carottes françaises se termine sur un tonnage récolté similaire à la saison précédente, selon les prévisions arrêtées le 1er avril par les services du ministère de l’Agriculture (Agreste). Malgré des conditions climatiques peu favorables (forte pluviométrie, gel en janvier), le marché du frais atteint 340 000 tonnes (333 600 tonnes en 2023-2024). Cependant, « cette stabilité globale couvre des disparités selon les bassins » souligne Agreste : - 4 % sur un an dans le bassin Sud-Ouest (126 200 tonnes) avec des rendements en baisse, mais + 10 % dans le bassin Ouest à la faveur d’une augmentation des surfaces (96 500 tonnes). En janvier, les fortes pluies ont compliqué les travaux agricoles (difficultés d’accès aux parcelles) et favorisé l’apparition de maladies qui ont affecté la qualité du produit. En février et mars, la situation s’est améliorée. Sur le premier trimestre 2025, , les cours sont légèrement supérieurs à la moyenne quinquennale (+ 3 %), toutefois ils sont inférieurs de 23 % à ceux de la campagne précédente. A noter, la bonne tenue des exportations : en cumul de mai 2024 à février 2025, en comparaison de la même période de la campagne précédente, elles sont en hausse de 65% à 97 300 tonnes (navets compris).
Salades : fin de campagne, volumes en recul de 4%, surtout en batavia et laitues pommées
Selon les prévisions arrêtées au 1er avril 2025 par les services du ministère de l’Agriculture (Agreste), la production française de laitues pour la campagne 2024-2025 atteindrait 398,6 millions de têtes, en baisse de 4% par rapport à 2023-2024, soit 14,6 millions de têtes en moins. La baisse est particulièrement marquée en batavia (-4%) et autres pommées (-7%,). Elle l’est moins en romaines (-2%). Seules, les laitues à couper enregistrent une petite hausse (+2%,) . Les surfaces nationales implantées seraient en légère baisse par rapport à la campagne précédente (- 1 %), à 6 639 hectares, avec notamment une diminution de 4 % des surfaces dans le bassin Sud-Est « consécutive à une réduction du nombre de rotations chez certains petits producteurs au profit d’une production de concombre ». Le marché a été plus porteur au début de l’année 2025 qu’au mois de décembre 2024 : les volumes sont réduits en raison de renoncements à une deuxième rotation, d’arbitrages au niveau des intrants sous serres (sur les traitements ou le chauffage) ou de dégâts climatiques (gelées, forts vents) sur les surfaces de plein champ. Dans ce contexte, les prix augmentent pour atteindre des niveaux élevés en mars (+ 69 % sur un an, + 51 % par rapport à la moyenne quinquennale).
Spiritueux : les ventes de Rémy Cointreau en chute de 17,5 % pour 2024-2025
Le groupe de spiritueux Rémy Cointreau a annoncé le 30 avril un chiffre d'affaires annuel de 984,6 M€ en repli de 17,5 % pour son exercice décalé 2024-25, affecté par des « conditions de marché complexes » en Chine et une baisse des ventes aux Etats-Unis. L'activité du groupe, très dépendant du succès du cognac, est en repli de 18 % à taux de change et périmètre constants. Sur l'exercice 2024-2025, achevé fin mars, la région Amériques a subi une baisse de 20,2 %, « traduisant la poursuite des efforts de déstockage (...) dans un marché affecté par un ralentissement de la consommation », explique Rémy Cointreau, qui constate cependant une amélioration au 4e trimestre avec « une forte reprise de la croissance des ventes ». En Asie-Pacifique, les ventes ont plongé de 18,2 %, un recul lié d'abord à la Chine. Le cognac, qui représente environ les deux tiers du chiffre d'affaires du groupe, a reculé de 21,4 % en 2024-2025. Sur le seul 4e trimestre janvier-mars), il est en baisse de 30,8 % sur un an. Le groupe évoque un « recul important des ventes en Chine, impactées par une base de comparaison exceptionnellement élevée, la non-accessibilité du "duty free chinois" (suspendu pour le cognac dans les aéroports du pays, NDLR), et des conditions de marché difficiles ».
Lait de brebis : en congrès, la filière face à « perspectives 2025 fragiles »
France Brebis Laitière (FBL), association à vocation interprofessionnelle du lait de brebis, s’attend à une année 2025 incertaine. « Les perspectives 2025 restent (...) fragiles, en lien avec une consommation française toujours à la peine, une situation sanitaire française et européenne préoccupante (FCO…) et une situation géopolitique mondiale marquée par les incertitudes », indique FBL dans un communiqué daté du 29 avril. « La guerre commerciale avec les Etats-Unis pourrait impacter les exportations tandis que les différents sérotypes de la FCO ont déjà fait des dégâts, et nous ignorons encore les conséquences potentielles de la FCO 1 présente en Espagne, non loin de notre bassin de production des Pyrénées-Atlantiques », souligne Sébastien Bouyssière, animateur de FBL. La campagne 2023/2024 avait marqué une amélioration par rapport aux années post-Covid, grâce aux coûts de production qui ont commencé à baisser, notamment l’alimentation, et un prix du lait à la hausse. Toutefois, la production reste toujours en retrait à 288 millions de litres en 2023/2024 par rapport à 304 millions de litres en 2021/2022. Réunie à Bastia (Haute-Corse) le 25 avril en assemblée générale, FBL a défini plusieurs chantiers pour l’année 2025 : mettre en application son Plan de souveraineté en filière ovine, réfléchir à la construction d’un outil global de conseil et de pilotage de la filière ovin lait (projet Consol) et poursuivre les travaux sur la reconnaissance officielle de FBL.
Lait de brebis : Jean-Marc Chayrigues nommé président de France Brebis Laitière
France Brebis Laitière (FBL), association à vocation interprofessionnelle du lait de brebis, a désigné son nouveau président en la personne de Jean-Marc Chayrigues à l’occasion de son assemblée générale du 25 avril, tenue à Bastia (Haute-Corse). Il succède à Beñat Saint-Esteben, désigné en 2024. Directeur approvisionnement lait de brebis France de la Société des Caves (roquefort Société, Lactalis) et président du collège Industrie laitière de FBL, Jean-Marc Chayrigues sera secondé dans son activité par Sébastien Rossi, vice-président de FBL pour le collège Producteurs et Beñat Saint-Esteben, vice-président de FBL pour le collège Coopératives laitières. FBL est présidé chaque année par un représentant d’un des trois collèges. Jean-Marc Chayrigues « inscrit son mandat dans la continuité des actions structurantes initiées ces dernières années : suivi économique et accompagnement des acteurs de la filière à la contractualisation, déploiement de la Charte lait de brebis, stratégie d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, bien-être animal, qualité sanitaire et nutritionnelle du lait, etc. », selon FBL. La réflexion autour de la reconnaissance de l’association en tant qu’interprofession nationale du lait de brebis constitue un des principaux chantiers de l’année 2025.
Viande : le géant brésilien BRF acquiert sa première usine en Chine
Le brésilien BRF, géant du poulet et du porc, a annoncé le démarrage de la construction d’un nouveau site en Arabie saoudite et compte finaliser l’acquisition de sa première usine en Chine. D’après un communiqué du 21 avril, BRF a investi environ 160 M$ – en joint-venture avec la société publique HPDC – dans une usine située à Jeddah, deuxième ville d’Arabie saoudite. Prévu pour démarrer mi-2026, le site emploiera 500 personnes pour une capacité de production de 40 000 t par an. La production – effectuée dans un premier temps à partir de matières premières brésiliennes – sera « principalement destinée au marché saoudien, avec la possibilité d’exporter dans d’autres pays de la région ». Il s’agira du septième site de BRF au Moyen-Orient, où le groupe est présent depuis 50 ans. En Chine, le groupe brésilien compte finaliser « dans les prochains jours » l’acquisition de sa première usine, dans le Henan, selon une déclaration d’un de ses cadres à Reuters. Le montant de ce projet déjà annoncé en novembre 2024 : plus de 80 M$ (dont 36 M$ d’investissements pour doubler la capacité de production, à 60 000 t). Jusque-là, BRF ne disposait que de bureaux commerciaux en Chine, premier marché d’exportation pour les protéines brésiliennes.
Algues vertes : les députés posent les conditions d’une valorisation économique
Dans ses conclusions présentées le 30 avril, la mission flash de l’Assemblée sur la valorisation des algues proliférantes (algues vertes, sargasses) pose les contours d’une « politique complémentaire » aux politiques publiques visant à enrayer l’apparition de ces algues, principalement dues aux pollutions agricoles. Concernant les débouchés, la mission constate que les marchés de l’alimentation et de l’amendement des sols à base d’algues sont « à maturité » et « ne demandent qu’à se développer ». En revanche, il conviendrait de lancer des « projets pilote » concernant les débouchés en cosmétique/pharmacie, emballages/construction et production de biogaz, car « la recherche n’est pas toujours aboutie et la rentabilité économique reste à prouver ». Ensuite, pour que les algues vertes et sargasses soient valorisables il faut les dépolluer des matières dangereuses pour la santé, mais les recherches ne sont pas non plus abouties à ce sujet. En attendant, la mission propose « renverser la politique fondée sur le ramassage » en récoltant les algues avant leur échouage. Elle alerte aussi sur le préalable « indispensable » de trouver une technique de « stabilisation » des algues une fois récoltées, pour que les industriels puissent disposer d’un stock toute l’année alors que la récolte est saisonnière.
Matignon : le conseiller agricole de François Bayrou sur le départ
Nommé en septembre par Michel Barnier, et conservé par François Bayrou, l'actuel conseiller du Premier ministre sur l'agriculture et l'alimentation, Michel Stoumboff, va quitter prochainement ses fonctions, indique Matignon, confirmant une information du média Contexte. La date de son départ n'est pas précisée, ni le nom de son remplaçant. Avant d'arriver à Matignon, ce haut fonctionnaire avait été conseiller technique de Michel Barnier de 2007 à 2009, lorsqu'il était ministre de l'Agriculture de François Fillon. Ingénieur général des ponts, des eaux et forêts, Michel Stoumboff avait ensuite passé près de dix ans dans l'administration déconcentrée du ministère de l'Intérieur, et six ans comme Draaf de la région Bretagne. Il était récemment remonté à Paris, en juillet, pour devenir adjoint de la DGALN (aménagement, du logement et de la nature) au ministère de la Cohésion des territoires.
Agenda de la semaine agricole du 5 mai 2025
Mardi 6 mai
Conférence de presse de Max Havelaar France
Débat Basic/Institut Veblen sur la «souveraineté alimentaire»
Visioconférence de l'OFB sur les captages
Conférence de presse sur le projet Arsene de Terrena (lupin), en Loire-Atlantique
Les députés de la commission du Développement durable examinent la PPL Entraves
Mercredi 7 mai
Forum blé tendre, à La Rochelle
Conférence de l'Académie d'agriculture sur le revenu des agriculteurs